
La Banque mondiale annonce qu’elle va apporter 700 millions de dollars pour renforcer l’accès à l’eau et à l’assainissement et améliorer les moyens de subsistance des communautés forestières en République démocratique du Congo.
L’institution financière internationale « a approuvé récemment le financement de deux projets destinés à accroître l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans certaines provinces de la République démocratique du Congo (RDC) et à améliorer les moyens de subsistance des communautés forestières », a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Selon Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC, « ces investissements stratégiques permettront d’accroître le capital humain et de créer de nouvelles opportunités économiques et des emplois dans certaines des régions qui en ont le plus besoin en appréhendant de manière globale les défis du développement« .
Ce dernier estime: « si l’on veut réduire l’incidence de la malnutrition, des retards de croissance et des maladies comme la diarrhée, il faut impérativement combler les lacunes en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement. C’est également indispensable pour créer des conditions équitables pour les femmes et les filles. »
Approuvé le 9 juin, le projet relatif à l’eau constitue la première phase du programme d’accès aux services d’eau et d’assainissement (PASEA), qui s’étendra sur une durée de 11 ans, avec une enveloppe totale de 1,25 milliard de dollars, a souligné la Banque mondiale dans son communiqué.
Il est à préciser que, « dans le cadre de la première phase, un crédit de 400 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) servira à améliorer l’accès aux services d’approvisionnement en eau et d’assainissement de base dans les provinces du Kasaï, du Kasaï-Central, du Kasaï-Oriental et du Kwilu, et à renforcer les capacités des secteurs public et privé pour la fourniture de ces services », selon la même source.
D’après les explications de l’institution, cette phase a pour objectif de donner accès à des services d’eau potable de base à 2,9 millions de personnes et à des services d’assainissement de base à 2 millions de personnes.
La Banque mondiale est persuadée que « le PASEA améliorera plus particulièrement les conditions de vie des femmes et des filles, avec des services d’eau et d’assainissement à domicile, la création d’emplois et la prise en compte des besoins en matière d’hygiène menstruelle dans le but d’accroître la scolarisation des adolescentes ».
Elle précise que le projet s’attachera à développer des services d’eau adaptés aux changements climatiques et alimentés par l’énergie solaire, et à renforcer les capacités provinciales, la participation du secteur privé et la décentralisation.
Approuvé le 2 juin, le projet pour la restauration des forêts et des savanes est pour sa part financé par un crédit de 290 millions de dollars de l’IDA et par un don de 10 millions de dollars provenant du Fonds pour des modes de cuisson propres (CCF) du Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique (ESMAP).
Comme le souligne l’organisation internationale, « il a pour objectif de soutenir les efforts de conservation des forêts en RDC dans le cadre d’une approche plus large du paysage qui met l’accent sur les besoins des populations, fait reculer la pauvreté et préserve les services écosystémiques ».
Selon Africa Olojoba, chef de la division Environnement, ressources naturelles et économie bleue pour la Région Afrique de l’Est et australe à la Banque mondiale, « ce projet de grande envergure s’appuie sur les activités lancées par le Programme d’investissement forestier [FIP]. (Aussi), en développant l’agroforesterie et le reboisement dans les zones de savane dégradées, il permettra de répondre à la forte demande locale en combustibles ligneux et en denrées alimentaires durables.«
En plus d’introduire des pratiques de gestion durable sur 640 000 hectares de terres afin de restaurer et de conserver les paysages forestiers tout en améliorant les moyens de subsistance et la résilience de près de 1,2 million de personnes, ce projet devrait également améliorer l’accès à des modes de cuisson propres pour 2,5 millions de personnes dans les zones urbaines et périurbaines. Ce qui, estime la Banque mondiale, aidera la RDC à s’affranchir de l’utilisation du bois comme source d’énergie et en procurant des avantages multiples aux populations, y compris sur le plan de la santé.
Pour rappel, la RDC possède notamment la deuxième plus grande zone de forêt tropicale au monde et plus de la moitié des ressources en eau douce de l’Afrique subsaharienne.
Adrien Thyg
Journaliste au sein de notre Rédaction.



