
ÇA VAUT LE DETOUR. Le Bénin offre aujourd’hui une leçon politique que beaucoup de pays africains gagneraient à observer avec lucidité : un pays ne se transforme pas durablement par le copinage politique, le tribalisme ou la parentocratie, mais par la compétence, la vision et la confiance accordée aux meilleurs profils.
Comme le souligne souvent le politologue Blanc Constant Ebara Pea, le copinage politique, le tribalisme et la parentocratie figurent parmi les principales causes du sous-développement, de la mauvaise gouvernance et du retard structurel de nombreux États africains.
Il y a encore dix ans, Romuald Wadagni n’était pas une figure politique connue au Bénin.
Il évoluait dans le secteur privé international, notamment chez Deloitte, entre la France, les États-Unis et plusieurs pays africains.
Je me suis récemment interrogé sur l’historique de la relation entre Patrice Talon et Romuald Wadagni : les deux hommes se connaissaient-ils bien avant 2016 ?
Selon plusieurs sources, Patrice Talon aurait repéré Wadagni à travers des rencontres avec la diaspora béninoise et des réseaux de compétences économiques à l’étranger. À cette période, Talon cherchait avant tout des profils technocratiques capables de porter son programme de réformes économiques après son arrivée au pouvoir en 2016.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que :
- Ils ne semblent pas avoir été des compagnons politiques de longue date ;
- Wadagni n’était ni militant historique ni cadre du système Talon avant 2016 ;
- Leur relation s’est construite autour du travail, de la compétence, de la confiance et des résultats.
Avec le temps, cette collaboration professionnelle est devenue très étroite.
Romuald Wadagni lui-même parle d’un rapport « père-fils », expliquant qu’ils ont travaillé pendant près d’une décennie dans une confiance totale.
C’est justement ce qui rend cette relation particulière.
Elle n’est pas née d’un vieux compagnonnage politique traditionnel, ni d’un lien tribal ou familial, mais d’une rencontre entre un homme d’affaires devenu président et un technocrate de la finance devenu progressivement héritier politique.
Au-delà des débats politiques, cette expérience béninoise rappelle une vérité essentielle : aucune nation ne peut progresser durablement en écartant ses compétences au profit des appartenances ethniques, des fidélités aveugles ou des réseaux d’intérêts.
L’Afrique regorge de talents, de cadres brillants et de compétences de haut niveau, aussi bien sur le continent qu’au sein de la diaspora. Le véritable défi est de créer des États capables d’identifier ces profils, de leur faire confiance et de leur donner les moyens de servir la nation.
Car lorsqu’un pays choisit la compétence plutôt que le clan, il pose déjà les bases de son développement.
Tout mon respect et toute mon admiration à Patrice Talon, pour avoir compris qu’aucune nation ne peut se développer durablement en s’appuyant uniquement sur les logiques de clan, de copinage ou d’appartenance ethnique.
Le véritable patriotisme, c’est aussi savoir reconnaître les compétences, faire confiance aux meilleurs profils et placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des calculs politiques.
Le Bénin offre aujourd’hui un exemple qui mérite réflexion à travers toute l’Afrique.
Paraclet Milos
Secrétaire national chargé des relations internationales de la Convergence Citoyenne
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