
POLITIQUE. « Le PDCI-RDA est aux portes du pouvoir… Nous avons l’immense responsabilité d’enseigner la paix aux jeunes dont certains n’ont pour référent que les coups d’État, rébellions, violences, tribalisme. »
Ces mots, prononcés par Tidjane Thiam le 17 octobre 2026 lors du colloque international du RDA organisé à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, ne sont pas une simple formule de circonstance. Ils formulent une exigence politique et morale qui dépasse le cadre partisan pour s’adresser à la Côte d’Ivoire et, plus largement, à l’Afrique francophone.
Une génération a grandi dans un environnement où la violence politique, les ruptures institutionnelles, les rébellions et le tribalisme ont trop souvent constitué les principaux référents. Pour de nombreux jeunes, l’histoire récente ne s’est pas écrite uniquement à travers les urnes, le dialogue et le travail, mais aussi à travers les armes, les exclusions et les fractures identitaires. Cette réalité n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de décennies de crises dont les effets se prolongent encore dans les esprits et les comportements. Le constat du Président Tidjane Thiam est lucide : la paix n’est pas un acquis qui se transmet de lui-même, elle s’enseigne.
Le PDCI-RDA, héritier d’une tradition fondée sur la paix, le dialogue, le travail et la solidarité, porte aujourd’hui une responsabilité particulière. Approcher les portes du pouvoir ne signifie pas seulement préparer une alternance. Cela impose de préparer les conditions d’une gouvernance qui rompe durablement avec les cycles de violence. Enseigner la paix, ce n’est pas seulement condamner les coups d’État ou les rébellions. C’est former une jeunesse capable de concevoir le pouvoir comme un instrument de service, et non comme une ressource à conquérir par la force. C’est transmettre des référents nouveaux : le respect des institutions, le dialogue républicain, la primauté du mérite sur l’appartenance, et la conviction que les divergences se règlent dans le cadre démocratique.
Cette exigence concerne l’ensemble de l’Afrique francophone. Trop de pays de la sous-région continuent de payer le prix de ruptures successives, de contestations armées et de polarisations identitaires. Les jeunes qui n’ont connu que ces références risquent de reproduire les mêmes schémas s’ils ne sont pas accompagnés par une éducation civique exigeante et par des exemples concrets de leadership responsable. Le renouvellement démocratique ne peut se limiter à un changement de majorité. Il doit s’accompagner d’un travail de fond sur les mentalités, les pratiques politiques et les modèles proposés aux nouvelles générations.
Pour la Côte d’Ivoire, cette responsabilité est d’autant plus aiguë qu’elle a déjà connu les blessures de la violence et des divisions. Enseigner la paix, c’est préparer une jeunesse qui ne considère plus le tribalisme comme un mode d’organisation politique, ni la violence comme un moyen d’expression légitime. C’est aussi rappeler que la stabilité n’est pas l’absence de débat, mais la capacité à gérer les désaccords sans remettre en cause les fondements de la République.
Le message de Tidjane Thiam appelle donc à un engagement collectif. Les partis politiques, les institutions, les familles, les éducateurs et les médias ont tous un rôle à jouer dans la transmission de référents pacifiques et républicains. Pour le PDCI-RDA, cette mission fait partie intégrante du projet de renouvellement qu’il porte pour la Côte d’Ivoire. Elle s’inscrit dans la continuité de l’héritage du Président Félix Houphouët-Boigny et dans la volonté de construire une société où la jeunesse trouve dans le dialogue, le travail et la solidarité des raisons de croire en l’avenir.
Enseigner la paix n’est pas un slogan. C’est une exigence concrète. Elle suppose des actes : des élections transparentes, inclusives, justes et impartiales ; un débat public respectueux ; une justice indépendante ; des opportunités équitables pour tous ; et une politique qui refuse l’instrumentalisation des origines. Le tribalisme se nourrit de l’injustice ressentie. On le combat en construisant un État où chacun se sent traité avec égalité. La paix durable est la fille de la justice.
C’est pourquoi enseigner la paix constitue une condition nécessaire pour que l’alternance démocratique, lorsqu’elle adviendra, soit durable et bénéfique pour tous. C’est à cette tâche que les forces politiques responsables doivent désormais s’atteler.
C’est cette vision nouvelle que porte Tidjane Thiam, dans l’héritage de Félix Houphouët-Boigny : la compétence au service de l’intérêt général, le dialogue plutôt que la force, et l’ambition d’une Côte d’Ivoire apaisée qui offre à sa jeunesse un horizon. Pour des millions d’Ivoiriens, il incarne une espérance.
Par Hamed Koffi Zarour
Cadre Militant du PDCI-RDA, Inspecteur du Parti
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