Congo – imbroglio à tous les étages : le compas s’ouvre à 360°, dans un monde en ébullition (lecture en 5 mins)

PARLONS-EN. La publication de la deuxième partie de notre article annoncée pour ce lundi a failli être repoussée en raison de la densité de l’actualité internationale qui remue la planète avec les frappes nucléaires Israélo-américaines sur l’Iran en vue, redoutées par plusieurs services spéciaux occidentaux, comme l’indiquent leurs BRQ que nous venons de consulter ; le voyage de M. Sassou en Russie qui fâche la France et qui n’a rien apporté au Congo. Mais nous avons tenu à poursuivre nos investigations sur un certain nombre de champs dont celui de la franc-maçonnerie au Congo aujourd’hui et pour cause…

Trois jours avant le retour de M. Sassou au bercail, le ministre français des affaires étrangères, Jean Noël Barrot, s’appuyant sur le rapport technique du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (Primature française), a menacé, à l’Union européenne, de sanctions contre les polit-technologues « политтехнологи » qui « offrent des solutions d’ingénierie politique pour procurer un avantage partisan à la Russie» sur le Congo. Ce rapport indexe les polit-techno d’user de manipulation de l’information ou d’ingérence politique via leurs proxy. Pour le Congo, Françoise Joly est citée en tête dans les hauts lieux. Bien que soutenue autrefois par la DGSE et Kouchner, elle ne se prive pas de manger à tous les râteliers, jusqu’à tenir en laisse M. Sassou qui, tel un mouton de panurge, va en vadrouille en Russie. Les nombreux voyages dans ce pays n’apportent toujours rien de palpable au peuple congolais qui est à l’agonie. Même la fameuse sécurité, il ne faut pas se leurrer, n’a aucune substance. La Russie a bien lâché Maduro, Bachar, Kadhafi, Condé, etc. 20 chefs d’États seulement ont effectué le déplacement de Saint Petersbourg. Le capitaine IB et autres ont préféré rester chez eux plutôt que de saigner à blanc leur trésor. Nous reviendrons sur les péripéties du pouvoir avec les mensonges de Bruno Jean Richard Itoua-Lucifer et le nouveau scandale de Christian Yoka.

Sur les questions liées à la franc-maçonnerie et sur celle du départ de Anatole Collinet Makosso de la résidence d’Alexis Vincent Gomes, leur signification et la réponse se trouvent illustrées dans les propos d’André Milongo qui disait :  » tout est à refaire au Congo, même l’Église.. », par extension, même la franc-maçonnerie. S’intéresser à la franc-maçonnerie, au Kiébé kiébé, et Ossa a Pâlé au Congo n’est pas futile. Ce sont leurs adeptes qui ont mis à terre les finances, l’armée, l’université, les hôpitaux, E2C…Ils en portent la responsabilité.

Parlant justement de la Grande Loge du Congo (GLC), son convent de décembre 2025 n’a pas réussi à trancher sur les rites qui ont enfanté deux nominations controversées en onze mois. Ce qui s’est joué sur les colonnes ressemble moins à une refondation qu’à un effondrement, et c’est dans ce paysage en ruine qu’il faut juger l’acte qui se joue en cette fin d’année 2026.

Et le compas s’ouvrit à 360° !

Dans la logique d’effondrement, le Colonel-major AET Ayayos Ikounga Rémy, matricule 1862 de la promotion Victor Doté, remplace le Vice-amiral Jean Dominique Okemba au poste de Député Grand Maître de la GLC. Voila un ancien apprenti d’il y a 20 ans qui chasse déjà son Vénérable de sa chaire. Une descente de charge brutale et inélégante de surcroît face à laquelle plusieurs maçons anciens nous ont affirmé illico entrer en « Sommeil » pour éviter de partager le fardeau de cette faillite innommable. Claude Dohou, actuel député de la GLNF depuis 2024, n’en serait plus à un myosotis près. Après avoir conduit à la scission et à l’allumage des feux de la GL-AMF d’Alain Juillet, précédés par le divorce d’avec le Grand Prieuré de France, il enfonce la GLC dans le fracas des métaux et des fraternelles. Désormais quatre factions se regardent en chiens de faïence, loin de toute fraternité, épées tirées, quasi-prêtes à s’entretuer : les traditionnalistes anciens (surtout Kongo, sur le déclin, comme Bakabadio à la suite de Lounana, Souza…), les ethno-tribaux d’Oyo-Tchikapika-Ollombo ( Bouya, Oboa Ominga…), les réguliers écrasés et enfin les impénitents aux dents longues (Denis Christel Sassou Nguesso, Edgard Nguesso…). Au milieu, la nomination de Maître Alexis Vincent Gomes comme Pro Grand Maître (PGM) touche à l’architecture de l’Ordre lui-même. Celle d’Ayayos est celle d’un uniforme qui succède à un uniforme à la Députation, ce qui prolonge une logique déjà connue. Nos recherches indiquent que le titre de PGM a été conçu pour une Grande Loge dont le Grand Maître est trop haut placé dans la sphère profane pour pouvoir conduire les travaux. La Grande Loge Unie d’Angleterre l’emploie depuis le XVIIIe siècle chaque fois qu’un prince du sang occupe le trône maçonnique. Le Grand Maître garde la dignité. Le PGM gouverne en son nom, avec une autorité (supposée) réelle sur les ateliers, les patentes et la discipline. Cette formule repose sur un aveu implicite : la plus haute charge ne peut pas être exercée à plein temps par celui qui la porte car il est président de la République. Cette confusion entre le sommet de l’État et le sommet de l’Ordre a nourri précisément la guerre des factions décrite plus haut. Chaque arbitrage rituel y est devenu un arbitrage de pouvoir, et chaque conversion de décors est devenue une faveur. Le PGM Gomes peut-il rompre ce mécanisme avec ce new député ? Il peut aussi n’être qu’un étage de plus sur un édifice qui penche à plus de 45°. Même si le choix de la personne a envoyé un signal car c’est un juriste rompu au contradictoire et pas un sécuritate, à la lecture des textes et au poids des formes, le signal est lisible mais insuffisant.

Des questions sur l’avenir

Avec un Grand Maître, un PGM et un Député Grand Maître, la GLC a désormais trois étages : la dignité, le gouvernement et l’administration. Mal ordonnés, ils multiplieront les guichets et rendront la responsabilité introuvable. Le Député, issu de la pourriture Sécuritate, doit exécuter sous le contrôle du PGM, et non l’inverse. Si les Constitutions ne le disent pas, il faut les amender. Le PGM aura-t-il les moyens de la régularité ? Avant le Convent, un moratoire sur les conversions de décors, un audit des équivalences et une commission de régularité étaient réclamés. Rien de ce qui a filtré n’indique que cela a été fait. Ils ont pourtant la feuille de route naturelle d’un juriste. Un avocat sait qu’une règle sans procédure reste une intention. Les frères qui se mettent en sommeil ne partent pas par lassitude. Ils attendent un signe. Ce signe tient en trois actes : un organigramme qui précise qui contrôle qui, une commission de régularité installée dans l’année et un calendrier connu de tous les ateliers. Avec eux, la GLC pourrait rallumer ses colonnes. Sans eux, le compas restera ouvert à 360°, et ses branches refermées ne traceront plus rien. Le Congo dans sa configuration actuelle ferait le saut de l’ange vers la faillite finale du régime. Mvouba, comme l’oiseau  » Ntsekosso  » qui est en train de pérorer sur la constitution, gagnerait en parlant du tribalisme qui sévit au Congo. Même dans la franc-maçonnerie, les sudistes sont oubliés. Ayayos, élevé par son oncle Martial de Paul Ikounga, est un pseudo Kongo.

L’imbroglio est immense dans ces cercles maçonniques. Et cela déteint sur M. Sassou dont le discours devant Poutine, laisse penser à une personne qui doit prendre sa retraite ou, le cas échéant, limoger ses conseillers.
(A suivre)

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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