RDC. Voici comment cette province a été “spirituellement” vaincue…

PARLONS -EN. En prenant de la hauteur sur l’histoire événementielle de la RDC, il sied de relever trois dates significatives en train de marquer un tournant décisif dans une province réputée dans le passé être très liée à son identité culturelle.

1. LE 20 NOVEMBRE 2022 : ce jour où le pouvoir ancestral a été arraché par la violence.

Nous sommes au village Kisielele dans le secteur de Kingatoko dans le Lukaya. La journée domenicale a plutôt bien commencé quand au début de l’après-midi, deux jeeps de militaires des FARDC armés jusqu’aux dents, débarquent au village. Ils déclarent être envoyés par le ministre provincial de l’intérieur pour installer de force un nouveau chef coutumier à la place d’un chef installé selon les us et coutumes ancestrales.

Chez les Bakongo, en effet, le pouvoir coutumier matrilinéaire se transmet par la lignée de la famille maternelle et ce, depuis les temps anciens. Ce jour-là ce fut un tout jeune homme inconnu de la population qui débarque au village, un jeunot ne sachant même pas parler la langue locale mais bénéficiant des faveurs de la hiérarchie de l’Etat qui exige qu’il soit installé comme nouveau chef coutumier.

Pour se faire entendre, il utilise les voies de la force et de l’intimidation. Les militaires se mirent à battre à mort le chef coutumier local dont les images de son visage tout en sang feront le tour de réseaux sociaux. En paraphrasant les Écritures saintes, je dirais que les violents ont voulu s’introduire dans le royaume ne kongo et ont voulu s’en emparer par la force ( cfr. Mt 12, 12).

Les ennemis de cette province tout comme du Congo savent que, pour s’emparer de la capitale, ils doivent violer le sacré, aliéner la terre ancestrale pour finalement s’octroyer de nombreux hectares des concessions de terre d’une manière frauduleuse et ce, aux fins d’encercler la capitale kinoise par le Bandundu et le Kongo central. Un tel agent imposé d’en haut et n’ayant aucune compassion pour les populations locales, ferait bien l’affaire.

2. LE SAMEDI 18 MARS 2023 :

le jour de la contrefaçon

Ce samedi 18 mars là est encore passé quasi inaperçu aux yeux du commun de mortel et pourtant quelque chose de très significatif s’est produit avec l’installation officielle de l’évêque principal des Églises de réveil du Congo dans la province du Kongo Central.

Ce qui étonna plus d’un, ce fut d’abord le fait qu’un tel événement spirituel se fasse non dans un lieu de culte mais dans un flat hôtel. Deuxième constat c’est l’identité même du délégué de Kinshasa qui attire l’attention. Toute l’opinion informée de la RDC sait que le monsieur est au four et au moulin, pour embrigader l’ensemble des églises de réveil congolaises dans le soutien d’un certain “ candidat” aux prochaines élections présidentielles de décembre 2023.

Puis ces habits des évêques catholiques endossés sur ces nouveaux évêques des églises de réveil, lesquelles églises sont supposées marcher aux antipodes du rituel catholique et qui démontrent , au-delà de leur contrefaçon spirituelle, la volonté de créer délibérément la confusion pour mettre au pilori ceux qui peuvent servir de contrepoids aux prochains travaux de la CENI. Très difficile dans ces conditions que ces serviteurs de Dieu embobinés dans la politique politicienne puissent encore servir à la province comme des garants spirituels capables de pouvoir défendre avec impartialité la justice de Dieu et les droits du peuple souverain.

3. LE DIMANCHE 7 MAI 2023 :

Ce jour de la domestication des pouvoirs locaux.

Depuis l’ère coloniale jusqu’à ce jour, la province du Kongo central est réputée être réfractaire aux velléités d’oppression du pouvoir central et a toujours déclaré sa volonté de s’auto-déterminer chaque fois que ses intérêts fondamentaux sont bafoués. Sur ces entrefaites, Ne Muanda Nsemi dans un meeting en 2012 devant ses adeptes à Matadi affirmait : “Le Kongo central va devenir indépendant et voter pour son président. Le Kassai va devenir indépendant et va voter pour son président. Le Katanga et l’Equateur/Mongala vont eux aussi devenir indépendants et voter chacun son président respectif…”.

C’est probablement pour barrer la route à un tel discours sécessionniste et surtout pour mettre sous son contrôle direct, ce leader mystico-politique ( le seul craint et pris en considération par Kinshasa parce que largement écouté au KC et capable de mobiliser la province) que le régime actuel a multiplié les tentatives d’embrigader Ne Muanda Nsemi dans l’Union sacrée de la Nation. Mainteneur c’est chose faite, son pouvoir spirituel et politique est désormais “domestiqué “ au profit de celui à la mouvance duquel il est tenu de marcher et de battre campagne, moyennant la libération des Makesa, l’octroi des postes politiques et probablement des avantages matériels.

Quoi qu’il en soit, via cet accaparement par force de son passé ancestral, via cette contrefaçon visible du pouvoir spirituel et via la domestication de toute velléité contre ce plan qui entend soumettre la RDC depuis 1997, une évidence se fait jour : la province de Kimbangu et de Kasa Vubu est visiblement dépossédée de quelque chose de très intime, quelque chose de très profond qui constitue son essence spirituelle. Elle semble spirituellement vaincue avant d’être attaquée militairement et, croyez-moi, à moins d’un brusque sursaut patriotique ne kongo, elle le paiera au prix fort dans les mois qui viennent.

Par Germain Nzinga

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *