ONCOLOGIE/“Les Amis du Ruban Rose” en sensibilisation tous azimuts: la sécurité du patient ne se négocie pas

SANTE. « La sécurité du patient ne se négocie pas. Elle commence par le bon diagnostic, posé au bon moment, pour engager le juste traitement, au moment décisif », a déclaré la présidente de l’Association Les Amis du Ruban Rose, Mme Latifa Cherif, lors d’une rencontre tenue samedi 31 octobre à Casablanca, consacrée à la sécurité des patients en oncologie.

Organisée à l’initiative de l’Association Les Amis du Ruban Rose et des Laboratoires Roche Maroc, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la clôture d’Octobre Rose et fait écho à la Journée mondiale de la sécurité des patients, célébrée le 17 septembre.

Le temps d’échanges a réuni des représentants institutionnels, des professionnels de santé, des associations de patients, des cliniciens ainsi que des acteurs de la santé numérique et du secteur pharmaceutique. Deux axes ont été au cœur des débats : l’optimisation du parcours patient et la transformation numérique.

Un enjeu qui dépasse le cadre médical

« Dans le cadre des grandes réformes de notre système de santé, la sécurité du patient s’impose comme le pilier fondamental de la qualité des soins », a déclaré Latifa Cherif dans son mot d’ouverture. Elle a ajouté : « Bien au-delà de la seule pharmacovigilance, elle englobe l’ensemble du parcours de prise en charge : la prévention des erreurs et des retards de diagnostic, le bon usage des technologies, jusqu’à la continuité des traitements ».

Prévenir les ruptures et éviter les pertes de chance

L’un des premiers sujets abordés a concerné la sécurisation de toutes les étapes de la prise en charge du patient. Intitulé « Parcours patient et sécurité des soins », le premier panel a notamment traité de la fluidité du parcours, de la continuité thérapeutique et de l’équité territoriale dans l’accès aux soins.

Les échanges ont porté sur l’importance du dépistage précoce, de la rapidité de l’orientation des patients vers les structures adaptées, de la coordination entre les professionnels et les établissements de santé, de la prévention des erreurs et des ruptures d’information ainsi que de la surveillance des traitements et de leur tolérance.

Les panélistes ont souligné l’importance de la coordination entre les structures de santé et de la transmission des informations médicales pour éviter les retards de diagnostic et de traitement susceptibles de compromettre les chances des patients. Latifa Cherif a ajouté : « Pour qu’un traitement soit véritablement sûr, son accès ne doit pas être interrompu par des barrières géographiques, économiques ou administratives, qui privent le patient de son droit fondamental à une prise en charge ininterrompue ».

La transformation numérique : un levier pour sécuriser les soins

Le deuxième panel, intitulé « Santé et numérique », a mis en lumière les outils numériques susceptibles d’améliorer la qualité et la continuité des soins. Les débats ont notamment porté sur la prévention des interactions médicamenteuses, les dispositifs de déclaration des événements indésirables, la télémédecine, le suivi à distance et les conditions d’une utilisation responsable des innovations numériques.

Parmi les leviers évoqués, les participants ont insisté sur l’importance du dossier médical partagé. Cet outil pourrait faciliter l’accès aux informations médicales du patient par les différents professionnels impliqués dans sa prise en charge, comme les oncologues, les médecins traitants, les radiologues ou encore les pharmaciens. Cela réduirait le morcellement des données médicales, les examens redondants et les risques liés à une circulation insuffisante de l’information, ont-ils expliqué. 

« Le numérique en santé ne doit pas être un gadget technologique, mais un véritable bouclier protecteur », a déclaré Mme Cherif. Elle a expliqué : « Le dossier médical partagé sécurise directement l’acte médical en mettant fin au morcellement des données : l’oncologue, le médecin traitant, le radiologue et le pharmacien ont accès en temps réel au même historique », a-t-elle souligné.

Le directeur général de Roche Maroc, Anis El Mekaoui, a pour sa part souligné que « la sécurité ne s’arrête pas à la conformité technique des produits ». D’après lui, elle se construit tout au long de la prise en charge, avec une rapidité d’orientation dès les premiers signes, une coordination étroite entre les soignants et une utilisation responsable des innovations numériques.

Le patient, acteur à part entière de sa prise en charge

La sécurité des soins passe aussi par l’information, l’écoute et la participation des patients. Les panélistes ont insisté sur la nécessité de reconnaître l’expérience vécue par les malades, ainsi que leur implication dans les décisions thérapeutiques. Ils ont également souligné le rôle des associations dans la remontée des difficultés du terrain.

A ce propos, Anis El Mekaoui a rappelé qu’« aucune avancée scientifique ou thérapeutique n’a de sens si elle ne s’ancre pas dans l’écoute concrète des patientes et des patients ».

Les intervenants ont également insisté sur l’importance d’associer  pleinement les patients à leur prise en charge, expliquant qu’une information claire, une écoute attentive et leur participation aux décisions médicales contribuent à prévenir certains risques évitables.

Une responsabilité collective

« Les défis d’aujourd’hui, notamment face aux maladies chroniques et à la complexité croissante des parcours de soins, exigent de nous non pas de la perfection individuelle mais une culture collective », a souligné la présidente de l’Association Les Amis du Ruban Rose.

Le directeur général  de Roche Maroc a, pour sa part, estimé que « la sécurité des patients est un objectif que nous partageons tous, et elle exige une mobilisation collective. L’innovation, d’où qu’elle vienne, doit être mise à son service ». 

Pour Latifa Cherif, « la sécurité du patient ne commence pas au bloc opératoire ou lors de l’administration d’une perfusion. Elle englobe la prévention de tous les risques et préjudices évitables tout au long de l’expérience de santé, dès la suspicion diagnostique, à chaque prescription, et jusqu’au suivi à long terme ». La présidente a conclu en soulignant  que cette mobilisation a permis de créer « cette passerelle essentielle entre l’expérience intime des patientes et les réalités institutionnelles ».

Alain Bouithy

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha