USA. À PROPOS DE LA MÉTHODE D. TRUMP
PARLONS-EN. Lorsqu’on le voit parler, on est très tenté de juger Donald Trump d’erratique, d’irrationnel ou d’incohérent. Pourtant ce n’est pas le cas. Il y a de la cohérence dans son incohérence, une vision très claire dans le méli-mélo de ses déclarations. Il sait, lui, où il veut parvenir.
Ce qui déroute chez lui, c’est son discours, pas sa méthode. Cette dernière est limpide et voici en quoi elle consiste : demander toujours plus que ce qu’il est réellement possible d’obtenir, pour finir par obtenir bien plus que ce qu’on aurait pu espérer par une négociation classique.
Ses adversaires dénoncent ses exagérations, soulignant qu’il n’a pas obtenu ce qu’il promettait. C’est vrai. Mais ils oublient l’essentiel : il obtient systématiquement plus que ce qu’ils auraient eux-mêmes pu obtenir “normalement”. Il parle fort, frappe fort, tout en maintenant ses interlocuteurs dans une incertitude permanente.
Voyez par exemple de quelle manière il a soumis les européens à son diktat. Dès son retour au pouvoir, Trump a mis la pression sur les Européens. Attaques verbales, menaces économiques, critiques frontales sur l’OTAN : la panique s’est installée. Les résultats sont là. Concrètement les États européens après une série de coups de semonce, ont fini par suivre ses injonctions: hausse des budgets de défense, appui diplomatique discret et militaire à ses plans de paix, et silence gêné face à la guerre commerciale qu’il impose. Ils s’insurgent en façade, mais se rangent dans les faits.
De fait, dans les quatre mois qui ont suivi sa prestation de serment pour son deuxième mandat, Trump a réussi à rallier les Européens à ses objectifs, malgré les tensions. Il n’a aucun état d’âme pour le sort de ses alliés de l’OTAN. Il privilégie uniquement son intérêt et lui seul.
Ses partenaires boudent, ses ennemis aboient mais lui avance vers le cap qu’il s’est fixé. Dans sa politique sur Europe, sur la Russie ou sur la RD Congo, il pose ainsi ses pions pour ce qui s’annonce comme le cœur de son mandat, à savoir : l’affrontement avec la Chine. Et si sa méthode semble brouillonne, elle suit une trajectoire claire. Trump met en œuvre une politique mûrement réfléchie et impose son agenda.
Reste aux parties en concertation avec lui de redoubler de vigilance; de comprendre en profondeur sa méthode et sa capacité presque instinctive d’instrumentaliser ses partenaires pour son propre succès diplomatique ou politique. Et fidèle à son slogan de campagne, « Make America Great Again » (Rendre sa grandeur à l’Amérique ») il est prêt à tout pour la prospérité du peuple qui l’a élu pour un second mandat et ce, quoi qu’il advienne de bon ou de mauvais à ses partenaires. Face à lui, la confiance ne suffit point. La méfiance non plus. Il faut plutôt s’armer soi-même d’une solide stratégie à long terme pour lui survivre.
Comprenne qui pourra!
Par Germain Nzinga

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