Ukraine, Syrie et Georgie : Le triple revers de l’OTAN et la marche vers un nouveau monde…
TRIBUNE. Beaucoup de dépêches annoncent ce matin la débâcle de Salomé Zourabichvli, l’ex-diplomate française devenue “miraculeusement” présidente de la Géorgie et qui est vomie par le peuple géorgien.
Avec la prestation de serment il y a 4 jours de Mikheïl Kavelachvili, le nouveau président de la Géorgie, lors d’une courte cérémonie au Parlement, la page de la proeuropéenne Salomé Zourabichvili est tournée même si elle conteste la légitimité du nouveau président. Elle a tout de même eu la décence de quitter le palais présidentiel.
La chute de l’ex-présidente de la Géorgie installée par des manœuvres des puissances occidentales pour contenir la Russie est un en soi un grand signe de temps.
Pourquoi? Parce que le meilleur regard de ce qui arrive en Géorgie doit être holistique, notamment en l’inscrivant dans un angle plus vaste de ce qui se déroule en Ukraine et en Syrie. Malgré le tout dernier financement par Joe Biden en faveur de l’armée ukrainienne à hauteur de 2,5 milliards de $, les bombardements russes de ces derniers jours sont en train d’accélérer de façon inexorable l’effondrement du régime de Zelensky qui est en voie d’être lâché et par l’armée ukrainienne visiblement affaiblie, décimée et démotivé, et par ses partenaires occidentaux qui ne croient plus à une possible victoire ukrainienne et pousse plutôt Zelensky à la table de négociation.
En Syrie par contre le nouvel homme fort Al-Charaa, à peine installé au pouvoir par l’OTAN, est en train de désorienter ce dernier en prenant des choix politiques complètement inattendus, en l’occurrence cette grave décision de maintenir les bases militaires russes sur le sol syrien et ce, au grand dam de forces otaniennes qui avec la chute d’Al Assad, croyaient avoir réussi à défenestrer Poutine du flanc méditerranéen.
Revers de l’OTAN en Ukraine où le plan de destabilisation de la Russie est en voie d’échouer. Échec de l’OTAN en Géorgie où sa lieutenante installée là-bas a été chassée par des révoltes populaires. Échec en gestation en Syrie où l’homme de main pro-occidental, semble jouer au petit malin en se retournant contre ses anciens maîtres.
Triple échec de l’OTAN qui ressemble au printemps de l’Afghanistan qui a mis en déroute les forces soviétiques. Ne perdons pas de vue que la déconfiture de l’URSS en Afghanistan signait en même temps la fin de l’hégémonie soviétique et la chute du Mur de Berlin avec les conséquences que l’on sait sur l’effondrement de l’empire soviétique et sur la perte de ses zones d’influence. Mutatis mutandi, si ces trois échecs otaniens venaient à se confirmer, je crains que l’Occident ne soit plus le même comme avant. Un nouveau rapport de forces internationales est en train de se dessiner lentement mais sûrement et le centre de commandement du monde est en passe de connaître une grande bascule.
Le processus géopolitique qu’on est en train de vivre est dix fois plus puissant que ce qu’on a vécu avec la disparition de l’URSS en 1989, sa désagrégation territoriale et la bascule du monde vers un unilateralisme dont seuls les USA détenaient le monopole.
La dynamique en face de nous avec la chute de l’Ukraine et de ses succédanés va plus loin qu’un simple affrontement militaire. Il signe la fin d’un monde occidentalocentrique tel qu’il a existé depuis la domination de la Grèce antique d’Alexandre le Grand jusqu’à ce jour.
Ce bloc hégémonique durant deux millénaires et demi va de plus en plus s’asphyxier sous le poids de la dette interne, de chômage, de paupérisation des classes moyennes et de déficit de ressources énergétiques. Tous ces facteurs vont l’enfoncer dans une lente agonie qui le rendra incapable d’imposer sa volonté au reste du monde. C’est donc une mort non point comme disparition physique mais plutôt en terme d’identité et d’influence géostratégique et géopolitique sur le reste du monde.
Ce triple échec dû à la succession d’erreurs d’analyse et de calcul de l’élite politique occidentale cache un autre secret : celui d’accélérer ces grands bouleversements d’un nouveau monde avec non plus un mais plusieurs centres de pouvoir et l’avènement désormais inévitable d’un monde multipolaire.
En ces premiers jours de la nouvelle année 2025, il revient au continent africain et aux congolais de la RD Congo de se donner un nouveau regard sur la marche actuelle du monde et de chercher à reconfigurer leur logiciel gouvernemental pour ne plus se prendre pour d’éternels esclaves d’un système qui est en train de disparaître.
Germain Nzinga

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