La Russie affirme que ses troupes avancent dans une région stratégique de l’est du pays

La Russie et l’Ukraine se disputent le contrôle d’un centre stratégique dans l’est de l’Ukraine. La Russie affirme que ses troupes progressent à Pokrovsk, tandis que l’Ukraine assure qu’elle tient ses positions. Moscou soutient avoir encerclé les troupes ukrainiennes dans plusieurs districts, ce que Kiev nie. Selon l’agence Reuters, la Pologne négocierait un accord pour importer du gaz naturel liquéfié américain afin d’approvisionner l’Ukraine et la Slovaquie. Parallèlement, la Lettonie et l’Ukraine ont signé un mémorandum visant à renforcer leur coopération en matière de défense. Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la Russie pourrait reprendre ses essais nucléaires si les États-Unis le faisaient, suite à l’appel du président américain Trump en faveur de la reprise des essais. Un vice-ministre russe des Affaires étrangères a déclaré que les conditions pour une rencontre entre Poutine et Trump n’étaient pas encore réunies. CGTN
Russie/USA. Et si Trump et Poutine avaient conclu un accord en Alaska ?

TRIBUNE. Les trois heures d’échange entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur une base militaire en Alaska n’ont abouti à aucun « deal » ou avancée concrète. C’est en tout cas ce qu’a affirmé le président américain au sortir de la réunion avec son homologue russe. « Il n’y a pas d’accord », a-t-il déclaré. Volodymyr Zelensky et ses soutiens européens, qui craignaient que Russes et Américains décident du sort de l’Ukraine sans eux, ont poussé un ouf de soulagement. « C’est une très bonne nouvelle qu’il n’y ait pas eu d’accord, pour l’Ukraine et pour les Européens », estime Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris. De mon point de vue, il y a eu accord de principe entre Trump et Poutine sur la question ukrainienne. C’est dans l’ambiguïté du langage diplomatique utilisé par les deux présidents (surtout Donald Trump) que niche le diable. Eh oui ! En diplomatie, il ne suffit pas d’écouter ce qui est dit pour comprendre. Il est crucial d’examiner ce qui n’est pas dit dans les propos afin d’identifier les sous-entendus et les implicites. L’utilisation des termes volontairement vagues, polysémiques ou ouverts à interprétation multiple est essentielle quand on veut transmettre des messages délicats ou critiques. Deux aspects sont à considérer dans l’examen de la position russe : 1) la détermination de la Russie à conserver les territoires partiellement ou totalement conquis ; 2) les raisons profondes du conflit. Selon le Kremlin, il n’y aura pas d’accord avec les États-Unis sur la fin du conflit si les parties ne s’accordent pas sur ces questions fondamentales. Or à en croire Vladimir Poutine, Donald Trump désire « contribuer à la résolution du conflit ukrainien » et affiche « son désir d’en comprendre l’essence et d’en saisir les origines ». Autrement dit, Trump comprend mieux la position de la Russie, sans nécessairement la partager. Mais le meilleur est à venir. Dans son allocution, Poutine a également dit espérer que «L’ENTENTE» trouvée, selon lui, avec Trump puisse ouvrir « la voie à la paix en Ukraine », sans en préciser la teneur. « Nous espérons que Kiev et les capitales européennes prendront tout cela avec un esprit constructif et ne créeront pas d’obstacles ni ne tenteront de saper les progrès escomptés par des provocations ou des intrigues en coulisse », a poursuivi le président russe. Mais de quelle «entente» parle-t-il ? En tout cas, on comprend mieux les propos de Poutine en écoutant Donald Trump. Ce dernier a déclaré lors de la même conférence de presse : « Nous n’y sommes pas, mais nous avons fait des progrès », avant d’ajouter vaguement : « Il n’y a pas d’accord jusqu’à ce qu’il y ait un accord ». Cette phrase, à elle seule, dit tout et rien. L’ambiguïté du langage diplomatique n’est pas un simple défaut de communication, mais bien une stratégie délibérée qui permet de préserver des marges de manœuvre, d’éviter des ruptures brutales et de maintenir le dialogue entre acteurs dont les intérêts sont parfois irréconciliables. Mais le président américain ne s’arrête pas là. Il ajoute qu’ils (Poutine et lui) se sont « mis d’accord sur de nombreux points » sans livrer plus de détails. « Il n’en reste que très peu, certains ne sont pas très importants, mais l’un d’entre eux est probablement le plus important », a-t-il ajouté, tout aussi énigmatique. Pour couronner le tout, il a mis la pression sur Volodymyr Zelensky en déclarant sur Fox News qu’un accord pour mettre fin à la guerre « dépendait vraiment du président » ukrainien. Autrement dit, ce n’est plus Poutine le problème, mais Zelensky qui est invité à la Maison-Blanche ce lundi. Voilà pourquoi les principaux dirigeants de l’Union européenne sont en panique et ont décidé d’accompagner « bébé » Zelensky à Washington. Une «panique» qui en dit long sur la réalité de ce qui se passe en coulisse. Pour Donald Trump, qui est accusé injustement de tout concéder à la Russie, à défaut d’être un «agent russe», annoncer l’existence d’une entente ou même d’un accord de principe, au sortir de la réunion avec Poutine, aurait été imprudent, voire improductif. Il fallait donc montrer que les États-Unis n’ont rien cédé et entendent mêler l’Ukraine aux discussions. Ce lundi, on en saura davantage. Petite réflexion pour conclure : quand on est petit, voire insignifiant, on ne se mêle pas des linges sales des deux grandes puissances en jouant le sous-traitant de l’une au détriment de l’autre. Par Patrick Mbeko
USA/Russie. La diplomatie du mépris avec une Europe humiliée et une Ukraine sacrifiée

TRIBUNE. L’entretien qui vient de se dérouler entre Donald Trump et Vladimir Poutine en dit long sur la nature des rapports de force qui régissent encore aujourd’hui la politique internationale. Lors de cet échange, Vladimir Poutine a exigé la fin du « réarmement » de Kiev et a réclamé auprès de son homologue américain l’arrêt total de l’aide occidentale à l’Ukraine avant d’envisager une trêve. Cette position marque une humiliation politique évidente, non seulement pour l’Ukraine, mais aussi pour l’Europe. Cette situation rappelle étrangement l’un des moments les plus sombres de l’Histoire : la Conférence de Berlin de 1884-1885, où les puissances coloniales ( la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique et d’autres ) se sont partagé l’Afrique sans la moindre présence des peuples africains à la table des décisions. Des frontières tracées arbitrairement ont déchiré des royaumes et des civilisations entières, uniquement au profit des ambitions économiques et politiques occidentales. Ce partage a ouvert la voie à un siècle d’exploitation des ressources africaines : or, diamants, cuivre, pétrole… L’Afrique a été réduite à un simple réservoir de richesses pour les puissances coloniales. Aujourd’hui, l’Ukraine devient à son tour l’objet d’un marchandage entre grandes puissances. À l’image de l’Afrique hier, son sort se négocie sans elle, dans le mépris total de sa souveraineté et de son droit à exister librement. La demande de Poutine illustre bien cette logique de domination où la paix ne sert que d’alibi aux ambitions stratégiques des plus forts. L’Histoire se répète : tant que les décisions se prendront entre puissants, en sacrifiant les peuples sur l’autel des intérêts géopolitiques, aucune paix durable ne sera possible. La vraie paix ne se construit pas dans l’ombre des négociations secrètes, mais dans le respect du droit des peuples à choisir eux-mêmes leur destin. Par Modeste Zoubabela
Jean-Luc Melenchon : l’impuissance absolue des européens devant la conclusion de la guerre d’Ukraine met en lumière une défaite totale et sans espoir

PARLONS-EN. « L’impuissance absolue des européens devant la conclusion de la guerre d’Ukraine met en lumière une défaite si totale et sans espoir qu’on en reste sidéré », affirme Jean-Luc Melenchon dans une tribune sur son blog constatant que la paix en Europe est négociée en Arabie saoudite sans la présence des premiers concernés, Ukrainiens et Européens. La gueule de bois à l’Élysée Ce jeudi, le président Macron recevait les responsables des partis représentés à l’Assemblée nationale. Ce n’était pas pour rompre son étrange silence sur l’affaire Bétharram, mais pour traiter des conséquences de la mise à l’écart de l’Europe par le tandem Trump-Poutine. L’extrême droite RN, désinvolte, avait mandaté Louis Aliot, maire de Perpignan, dont la principale qualification sur le sujet semble être d’avoir été invité à la cérémonie d’investiture de Donald Trump… La plupart des gens présents autour de la table ont été des faucons partisans de la guerre à outrance, de l’usage des armes de tir en profondeur et de toutes les gesticulations qui ont tenu lieu de politique européenne depuis trois ans. Ils ont été tous unis dans un même refus de la solution diplomatique et des garanties de sécurité mutuelle. Évidemment, ils ont été tous hostiles à toute lucidité sur le caractère désastreux pour l’Union européenne des sanctions économiques contre la Russie. Ils continuent à l’être en votant allègrement un seizième plan de sanctions, que personne n’appliquera plus évidemment, car les quinze précédents n’ont jamais empêché plus de quatre mille entreprises européennes et mondiales de continuer leurs activités en Russie. Les autres sont parties et ont été dûment remplacées par d’autres. La chambre de commerce des Français pourra sans doute un jour présenter un bilan de ce suicide de notre présence parfois séculaire. Représentés par le coordinateur du mouvement Manuel Bompard, les insoumis sont évidemment dans une toute autre situation. Le ralliement du président à la thèse du non-alignement, annoncé au cours de la réunion, est évidemment une démonstration de la bascule qui fait son chemin dans les esprits après la débâcle instituée par la convergence USA-Russie. La gueule de bois pousse aux bonnes résolutions ? Bompard a souligné à juste titre, dans son intervention à la sortie de la rencontre, que ce nouveau non-alignement présidentiel collait mal avec ses références continuelles au cadre de l’Otan dont il avait dit pourtant naguère qu’elle était en état de mort cérébrale. Dans les zigzags, tout dépend du moment où l’on rencontre le président. À cette heure, si elle aboutit sur un accord avec la Russie, la manœuvre entreprise par Trump à propos de l’Ukraine sera un coup terrible pour l’Europe. Non pas tant à cause du résultat matériel obtenu par les deux compères. Mais surtout parce qu’il sera prouvé que la politique européenne a bien été la suite de non-sens que nous avons dénoncés mille fois comme adversaires du traité de Lisbonne qui tient lieu de Constitution européenne. Certes, il y a eu la concurrence libre et non faussée, le libre-échangisme commercial, l’interdiction de l’harmonisation fiscale et sociale par le haut, le refus de la clause de non-régression, l’indépendance de la banque centrale interdite de prêt direct aux États et focalisée sur la seule stabilité de la monnaie. Certes, toutes ces merveilles ont rempli les poches des agioteurs, des actionnaires et des corrompus. Certes, les salariés pris à la gorge ont été humiliés, poussés à accepter des reculs sociaux très profitables pour les puissances d’argent. Quant aux peuples, leur situation est résumée par la dénatalité spectaculaire du vieux continent. L’avenir s’éteint irrémédiablement parce qu’il n’intéresse plus ou bien parce qu’il est encore plus déprimant que le présent. Ici, je veux laisser le bilan économique de côté. Nous l’avons fait tant de fois ! Le présent confirme toutes nos thèses sans exception. Mais l’impuissance absolue des européens devant la conclusion de la guerre d’Ukraine met en lumière une défaite si totale et sans espoir qu’on en reste sidéré. La paix en Europe est négociée en Arabie saoudite sans la présence des premiers concernés, Ukrainiens et Européens. Invraisemblable. Les Glucksmann, Bernard Henri-Lévy, Jadot, Cohn-Bendit et autres va-t-en-guerre illuminés ont prôné une ligne d’action directement répétée des éléments de langage des ambassades de Biden. Ils ont disparu ! Mais je les mentionne pour faire le lien entre cette déroute historique (les nouveaux munichois sont servis) et celle de Biden lui-même sous la forme de Kamala Harris. Le néolibéralisme de centre droit ou de centre gauche, c’est une seule et même chose à l’intérieur d’un pays et sur le plan international. C’est le club des Gamelin de l’histoire, chefs des déroutes les plus improbables. Le PS propose même de taper dans la caisse des actifs russes sous séquestre pour continuer la guerre aux côtés des Ukrainiens. Les actifs ? C’est illégal. N’importe quoi pour faire semblant… La guerre bidon après la censure bidon ? Mais là, on joue la peau des peuples. Continuer la guerre ? Il faut deux cent mille combattants sur les 3 400 kilomètres de frontière commune entre l’Ukraine et la Russie, disent les experts ukrainiens. Qui va les fournir ? Et pour combien de temps ? Avec quelles armes ? Quelles munitions ? Rien de tout cela n’existe. À part la France nucléarisée, tous les autres sont nus comme des vers devant quelque agresseur que ce soit. Il va de soi que les amoureux transis de l’oncle Sam ne feront jamais le moindre bilan des conditions dont tout cela s’est mis en place, depuis les provocations européennes sur l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN à Bucarest en 2008. Mais, bien sûr, l’idée d’une invasion de l’Europe par la Russie est un de ces trompe-l’œil dont raffolent les gros malins. Ça leur donne une posture avantageuse, tout menton en avant. Mais surtout, ça permet de justifier une entrée sans complexe dans l’économie de guerre. Car tel est le nouveau facteur de développement européen en panne sèche quant au reste. L’Allemagne, en récession depuis deux ans, n’a qu’un secteur en expansion réalisant des beaux résultats : l’industrie d’armement. Tout le monde s’y est mis semble-t-il. « Quand la Russie produit mille chars, nous n’en
Russie/Ukraine. Prenons garde

TRIBUNE. L’Ukraine, Nation avec un Président de la République, M. Volodymyr. Zelensky, est en guerre contre une autre Nation, la Fédération de Russie, avec un Président, M. Vladimir Poutine. La guerre dure trois ans. Elle fait, au fil du temps, des destructions et des victimes, de part et d’autre, dans les deux camps en conflit. Le monde entier, grâce aux médias, sans cesse croissants, est témoin des opérations de guerre. Elles donnent froid au dos, par leurs effrayantes violences. Que les USA, par le biais du Président Donald Trump, travaillent à ramener la paix entre les belligérants, il faut saluer l’effort américain dans cette démarche. Mais qu’au final, les négociations en vue de conclure la paix, se déroulent entre le Président Donald Trump et le Président Vladimir Poutine, excluant de fait, la participation aux pourparlers et à la signature, le Président Volodymyr Zelensky, la démarche est faussée. Une démarche qui pourrait être lourde de conséquences pour la paix de la sous région, la Nation ukrainienne et, par extension, pour la sécurité mondiale. De tels accords de paix ouvriront la porte à des jurisprudences qui seraient incontrôlables, en raison de leur caractère injuste et restrictif. Donc partial. Or toute partialité, dans ce genre de situation, est frustrante, créant conséquemment l’effet de résistance. Imaginons, demain, un cessez le feu suivi d’un accord de paix à l’Est de la République Démocratique du Congo, quelle qu’en soit la forme, sans l’implication et le paraphe du Président Antoine Tshissekedi. Demain, un conflit frontalier entre la République du Congo et le Cameroun, se concluant par un accord entre les deux pays, sans la participation et la signature, soit du Président Denis Sassou Nguesso ou du Président Paul Biya, selon le cas. Ni les Congolais, encore moins les Camerounais ne se tairont comme des carpes. Et l’on est pas certain que les Ukrainiens se mueront dans le silence, si jamais les Présidents Donald Trump et Vladimir Poutine procèdent comme ils se hâteraient de s’y activer. Prenons garde. Depuis l’ère des décolonisations, celles-ci n’existent formellement que sur les papiers, tout en étant encore dans l’esprit des puissances enclines aux velléités de reconquête des territoires pour des motifs d’expansionnisme et de domination. Un expansionnisme, toujours là, depuis la nuit des temps. Prenons garde. Paris 17 février 2025 Ouabari Mariotti
Après l’Ukraine, est-ce le tour de la RD Congo ?

TRIBUNE. Dans une de mes précédentes publications du mois passé, je vous disais qu’une quelconque défaite de l’OTAN en Ukraine signera le déclin de l’hégémonie occidentale qui a duré deux millénaires depuis les conquêtes d’Alexandre le Grand jusqu’à l’hégémonie de l’empire américain et de ses satellites. Et cela aura des conséquences incalculables pour les équilibres géopolitiques du monde et pour l’environnement sécuritaire en Afrique en général et en RDC en particulier. 1. Les effets collatéraux de la défaite de l’OTAN en Ukraine. La victoire de Trump a entraîné de soi la déflagration de l’OTAN avec une politique de rapprochement avec Poutine et d’abandon de l’Europe qui est désormais privé du bouclier militaire américain. En attendant d’en avoir un dans quatre ans avec la fin du deuxième et dernier mandat de Trump ou encore dans une décennie avec la reconstruction d’une Europe de la Défense, l’heure est au réalisme. L’Union européenne a posé deux actes qui ne seront pas sans conséquences sur la RDC. Primo la rencontre de membres de l’UE à Bruxelles hier vendredi a levé l’option de renouer avec la Russie et d’acheter le pétrole et le gaz russes en vue de juguler la crise énergétique européenne. En sourdine, la défaite des européens implique une perte considérable de deux pays riches en matières premières ( l’Ukraine et la Russie) dont ils ont voulu s’emparer pour s’assurer une bonne réserve minière en faveur de leur industrie technologique. Cette défaite les oblige d’ouvrir ailleurs de nouveaux fronts militaires dans d’autres pays qui présentent ce profil de richesse minière. Et la guerre du Rwanda et de la RDC nous indique vers où se déplace l’épicentre de cette violence internationale. Dans un post précédent, je vous expliquais que le second mandat de Trump sera un mandat va-t’en-guerre surtout vis-à-vis des pays qui offrent des opportunités capables de satisfaire ses nouveaux alliés de Hign Tech. La boulimie états-unienne en matières premières et la volonté affichée de l’UE de se reconstruire sur le plan technologique et militaire demandent une grande disponibilisation des minerais dits rares et qui sont en abondance au Sahel et en République Démocratique du Congo qu’ils considèrent comme un no man’s land, une terra nullius où tout simplement leur chasse gardée. 2. Des signes annonciateurs de la guerre L’on observe des faits non négligeables depuis la prise de Goma la semaine dernière. D’abord d’un côté la gué-guerre entre le gouvernement sud-africain qui a décidé de renforcer ses effectifs en RDC puis hier soir le président angolais qui a annoncé vouloir s’en prendre au Rwanda pour le déloger des territoires congolais qu’il occupe. D’autrefois part, il y a l’entrée dans la danse de l’état hébreu qui a promis de combattre au côté du Rwanda et de l’Union européenne qui a ouvertement promis de renforcer son aide militaire au Rwanda dans son éventuel combat contre l’Afrique du Sud sur le territoire congolais. La réunion de l’EAC à Nairobi et le sommet extraordinaire de la SADC hier 31 janvier à Harare s’inscrivent dans cette logique guerrière. Les choses évoluent très vite et il importe de ne pas nous laisser manipuler. Ouvrez bien les yeux : ni l’Afrique du Sud ni l’Angola ne nous donnent la certitude qu’ils combattent pour nous. Le premier détient de gros intérêts économiques chez nous à l’instar des puissances otaniennes et le deuxième est affilié à l’administration américaine et joue le rôle d’une seconde marionette américaine à l’instar de Paul Kagame. Mais l’élément déclencheur de l’Afrique du Sud et pour lequel lui en veut à mort l’OTAN est double : le fait d’avoir pris fait et cause pour la Palestine contre Israël soutenu par les forces otaniennes jusqu’au point de traîner l’état hébreu devant les juridictions internationales. Le second c’est son adhésion au BRICS qui est une organisation internationale en confrontation directe contre les intérêts otaniens. Battre l’Afrique du Sud en RDC devient une priorité pour faire taire toute velléité d’émancipation d’autres pays africains et remettre tout le monde au rang de soumission. 3. Et ces éléments de convergence très troublants Pour me résumer, la défaite de l’OTAN en Ukraine, le besoin des minerais rares de l’OTAN pour maintenir son hégémonie technologique et la volonté de plier les derniers alliés de la RDC convergent à l’éventualité d’une translation du foyer de guerre de l’Ukraine vers le territoire congolais. En ce sens les déclarations du président burundais dans la vidéo ci-dessous sont prémonitoires d’une guerre de grande envergure qui impliquera beaucoup de puissances étrangères et qui pourra mettre un terme à l’existence du Congo en tant que nation. Sachez que cette guerre imminente en RDC risque d’être la dernière chance de l’auto-affirmation de l’influence de l’Occident sur l’échiquier international et constitue par là une question de vie ou de mort pour l’hégémonie occidentale. Elle sera très atroce et très meurtrière. Le peuple congolais en paiera le prix très fort et risque de subir ce qu’a subi le peuple ukrainien, à savoir la perte quasi complète de l’intégralité de son territoire, de son autodétermination et de sa souveraineté. À ce propos, l’on observe malheureusement que des signes avant-coureurs de la grande guerre à venir en RDC sont les mêmes qu’en Ukraine . Comme en Ukraine avant le déclenchement de la guerre en 2022, des gros contrats ont été signés, des alliances ont été conclues par des puissances étrangères avec le Rwanda. Comme l’Ukraine livrée aux multinationales occidentales, la RDC a été elle aussi déjà dépecée et vendue aux potentats comme le souligne Al Gore dans son brillant ouvrage “ Le Futur” et par conséquent plusieurs portions du territoire n’appartiennent plus à la RDC, des parcs ne nous appartiennent plus, des réserves forestières, des lacs ne sont plus sous la souveraineté de l’État congolais. Il y a des territoires, des concessions minières, des régions minières qui ne nous appartiennent plus. Bref la guerre qui a commencé à l’Est du Congo peut être comprise comme la phase finale d’une planification bien huilée. Une autre ressemblance et, non de moindre, regarde Volodymyr Zelensky et Félix
Ukraine, Syrie et Georgie : Le triple revers de l’OTAN et la marche vers un nouveau monde…

TRIBUNE. Beaucoup de dépêches annoncent ce matin la débâcle de Salomé Zourabichvli, l’ex-diplomate française devenue “miraculeusement” présidente de la Géorgie et qui est vomie par le peuple géorgien. Avec la prestation de serment il y a 4 jours de Mikheïl Kavelachvili, le nouveau président de la Géorgie, lors d’une courte cérémonie au Parlement, la page de la proeuropéenne Salomé Zourabichvili est tournée même si elle conteste la légitimité du nouveau président. Elle a tout de même eu la décence de quitter le palais présidentiel. La chute de l’ex-présidente de la Géorgie installée par des manœuvres des puissances occidentales pour contenir la Russie est un en soi un grand signe de temps. Pourquoi? Parce que le meilleur regard de ce qui arrive en Géorgie doit être holistique, notamment en l’inscrivant dans un angle plus vaste de ce qui se déroule en Ukraine et en Syrie. Malgré le tout dernier financement par Joe Biden en faveur de l’armée ukrainienne à hauteur de 2,5 milliards de $, les bombardements russes de ces derniers jours sont en train d’accélérer de façon inexorable l’effondrement du régime de Zelensky qui est en voie d’être lâché et par l’armée ukrainienne visiblement affaiblie, décimée et démotivé, et par ses partenaires occidentaux qui ne croient plus à une possible victoire ukrainienne et pousse plutôt Zelensky à la table de négociation. En Syrie par contre le nouvel homme fort Al-Charaa, à peine installé au pouvoir par l’OTAN, est en train de désorienter ce dernier en prenant des choix politiques complètement inattendus, en l’occurrence cette grave décision de maintenir les bases militaires russes sur le sol syrien et ce, au grand dam de forces otaniennes qui avec la chute d’Al Assad, croyaient avoir réussi à défenestrer Poutine du flanc méditerranéen. Revers de l’OTAN en Ukraine où le plan de destabilisation de la Russie est en voie d’échouer. Échec de l’OTAN en Géorgie où sa lieutenante installée là-bas a été chassée par des révoltes populaires. Échec en gestation en Syrie où l’homme de main pro-occidental, semble jouer au petit malin en se retournant contre ses anciens maîtres. Triple échec de l’OTAN qui ressemble au printemps de l’Afghanistan qui a mis en déroute les forces soviétiques. Ne perdons pas de vue que la déconfiture de l’URSS en Afghanistan signait en même temps la fin de l’hégémonie soviétique et la chute du Mur de Berlin avec les conséquences que l’on sait sur l’effondrement de l’empire soviétique et sur la perte de ses zones d’influence. Mutatis mutandi, si ces trois échecs otaniens venaient à se confirmer, je crains que l’Occident ne soit plus le même comme avant. Un nouveau rapport de forces internationales est en train de se dessiner lentement mais sûrement et le centre de commandement du monde est en passe de connaître une grande bascule. Le processus géopolitique qu’on est en train de vivre est dix fois plus puissant que ce qu’on a vécu avec la disparition de l’URSS en 1989, sa désagrégation territoriale et la bascule du monde vers un unilateralisme dont seuls les USA détenaient le monopole. La dynamique en face de nous avec la chute de l’Ukraine et de ses succédanés va plus loin qu’un simple affrontement militaire. Il signe la fin d’un monde occidentalocentrique tel qu’il a existé depuis la domination de la Grèce antique d’Alexandre le Grand jusqu’à ce jour. Ce bloc hégémonique durant deux millénaires et demi va de plus en plus s’asphyxier sous le poids de la dette interne, de chômage, de paupérisation des classes moyennes et de déficit de ressources énergétiques. Tous ces facteurs vont l’enfoncer dans une lente agonie qui le rendra incapable d’imposer sa volonté au reste du monde. C’est donc une mort non point comme disparition physique mais plutôt en terme d’identité et d’influence géostratégique et géopolitique sur le reste du monde. Ce triple échec dû à la succession d’erreurs d’analyse et de calcul de l’élite politique occidentale cache un autre secret : celui d’accélérer ces grands bouleversements d’un nouveau monde avec non plus un mais plusieurs centres de pouvoir et l’avènement désormais inévitable d’un monde multipolaire. En ces premiers jours de la nouvelle année 2025, il revient au continent africain et aux congolais de la RD Congo de se donner un nouveau regard sur la marche actuelle du monde et de chercher à reconfigurer leur logiciel gouvernemental pour ne plus se prendre pour d’éternels esclaves d’un système qui est en train de disparaître. Germain Nzinga
Mon Dieu, le cas Ukraine pourrait faire école

TRIBUNE. Par devers les gesticulations et autres longues tirades théoriques de la Communauté Internationale, l’Ukraine, dans sa configuration d’Etat Ukrainien, s’efface, peu à peu, de la carte du monde, face à l’irrésistible avancée des troupes russes contre l’armée ukrainienne, dans le grave conflit qui oppose les deux camps. Est manifeste la détermination du Président Vladimir Poutine de réaliser son projet sur l’Ukraine et d’y atteindre tous les objectifs fixés quoiqu’il en coûte. Et l’on sait le prix lourd qu’en ont déjà payé les populations des zones de combat. Dans cette guerre qui dure près de trois ans, entre la Russie et l’Ukraine, tout porte à croire, au regard des positions acquises par la Russie, que l’on tendrait vers des négociations, sous l’égide de la Communauté Internationale, entre les deux parties. Une Communauté Internationale qui, nul n’en doute, au nom de la paix, fera le jeu des acquis et prétentions russes pour garantir la sécurité de la Russie face à l’Occident. Et à coup sûr, l’Ukraine actuelle ne serait plus, au final, l’Ukraine de demain, la Russie campant sur l’émiettement de l’espace ukrainien pour mieux faire disparaitre l’Ukraine, en tant qu’Etat-Nation. Un règlement qui pourrait, royalement, ouvrir la porte à une ère de revendications territoriales de certains pays sur d’autres. Les Etats et Royaumes, à travers le monde, visant l’expansion territoriale ou économique au delà de leurs frontières ne manquent pas. En Afrique, des cas de cette attitude sont connus. Oh! Ciel, épargnes nous d’inutiles autres guerres. De leurs bureaux, aux airs conditionnés, les repas complets fournis, les Chefs d’Etats et autres Chefs d’Etat Major des Armées commandent et dictent des ordres incitant à la guerre. Et sont sur les fronts pour combattre, servir leurs patries et remplir leurs obligations de services militaires, les soldats. Ceux-ci n’en peuvent plus, selon les sorts cruels que leur réservent les champs de batailles, d’en être les victimes, de laisser des veuves, des orphelins et des familles dans d’atroces souffrances. Tout ceci mis bout à bout, l’Organisation des Nations Unies(ONU) est à remodeler pour lui insuffler un contenu plus rationnel, plus humanitaire et plus juste. Instituée, le 24 octobre 1945, par la ratification de la Charte des Nations Unies, signée le 26 juin 1945, par les représentants de 51 Etats, l’ONU regroupe 193 Etats, depuis le 14 juillet 2011. Par ces temps d’instabilité mondiale, la persistance des conflits inter-Etats et l’inefficacité de l’ONU dans le règlement desdits conflits, celle ci coûte inutilement chère aux Nations qui la composent. Aujourd’hui, contre toute épreuve, s’impose la requalification de l’ONU. Et elle urge. La République du Congo pourrait s’offrir l’audace d’être le lanceur d’alerte de cette requalification en créant au Ministère des Affaires Etrangères une Commission Ad Hoc qui en initierait la mouture initiale du projet. S’en suivrait un lobbyng de soutien par les Représentations Diplomatiques Congolaises à l’étranger auprès des Pays où elles servent les intérêts congolais. Dans un contexte où l’ONU est décriée en raison de son impuissance avérée, il y a de fortes chances que le projet congolais fasse des émules s’il est bien construit. L’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions. Et, comme l’affirmait Napoléon Bonaparte, « en politique, l’audace est le plus beau calcul du génie. » Ouabari Mariotti Ancien Secrétaire Général Par Intérim Du Ministère des Affaires Etrangères Paris 30 novembre 2024