Santé : l’Afrique a enregistré 20552 nouveaux cas de COVID-19, soit une chute de 97 %

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Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l'Afrique.

La Docteure Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique a animé, ce 26 janvier 2023, une conférence de presse en ligne, accompagnée de Mme Wilhelmina Jallah, Ministre de la santé du Libéria, et du professeur Tulio d’Oliveira, du Centre pour l’innovation et la riposte aux épidémies (CERI) à l’Université Stellenbosch, en Afrique du Sud.

Au cours de cette conférence de presse, la directrice régionale de l’OMS-Afro s’est exprimée sur l’évolution de la pandémie sur le continent africain. « L’Afrique sort de la période des fêtes de fin d’année sans une hausse significative des cas de COVID-19, pour la première fois depuis le début de la pandémie du Covid-19 ».

A en croire Mme la Directrice de l’OMS-Afro, cette stabilité s’explique par un faible taux de contamination au niveau du continent. « Un total de 20 552 nouveaux cas a été enregistré au cours des trois premières semaines de janvier 2023, ce qui représente une chute de 97 % par rapport à la même période de l’année dernière ».

« Cependant, une augmentation des cas a été notifiée en Afrique du Sud, en Tunisie et en Zambie au cours des deux dernières semaines. La baisse du nombre de nouveaux cas signalés peut être partiellement due aux faibles taux de dépistage de la COVID-19, mais il est essentiel de noter que les hospitalisations pour des formes graves de la maladie ainsi que les décès ont considérablement diminué. À la date du 22 janvier 2023, 88 décès associés à la COVID-19 ont été signalés dans la Région, contre 9096 pour la même période en 2022 ».

Selon Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS-Afro c’est « Pour la première fois depuis que la COVID-19 a bouleversé nos vies, le mois de janvier n’est pas synonyme de hausse du nombre de cas. L’Afrique entame la quatrième année de la pandémie avec l’espoir de sortir du mode de réponse d’urgence ».

« Toutefois, les variants étant toujours en circulation, il est important que les pays restent en alerte et mettent en place des mesures pour détecter et combattre efficacement toute nouvelle hausse des infections », a-t-elle ajouté.

D’avis des conférenciers, en 2022, l’Afrique n’a pas connu de pics pandémiques majeurs, les flambées ont duré en moyenne trois semaines avant de s’estomper. En revanche, en 2021, le continent a connu deux vagues pandémiques provoquées par des variants plus transmissibles et plus mortels.

La faible transmission du virus devrait se poursuivre dans les mois à venir, avec de possibles hausses occasionnelles au regard du ralentissement progressif du nombre de nouveaux cas observé au cours de l’année écoulée, Toutefois, il reste essentiel que les pays maintiennent leurs capacités à détecter et à répondre efficacement à toute flambée inhabituelle de cas.

Faible taux de vaccination

Au cours de l’année 2022, les chiffres sur le terrain sont mitigés, seuls 29 % de la population du continent ont terminé la série primaire de vaccination au 22 janvier 2023, contre 7 % en janvier 2022, en dépit des efforts intensifiés par les pays africains pour élargir la vaccination.

Cependant, le taux de vaccination des adultes âgés de 18 ans et plus est passé de 13 % en janvier de l’année dernière à 47 % actuellement.

Toutefois, seuls quatre pays de la Région africaine ont vacciné plus de 70 % de leur population, 27 ont vacciné entre 10 et 39 %, tandis que 11 ont couvert entre 40 et 70 % de leur population. La vaccination des populations à haut risque a connu quelques progrès avec 41 % des travailleurs de la santé entièrement vaccinés dans 28 pays et 38 % des personnes âgées dans 23 pays, mentionne le rapport.

« Pour étendre davantage la couverture vaccinale, en plus des campagnes de vaccination, il est important d’intégrer la vaccination contre la COVID-19 dans les services de soins de santé de routine qui prennent en compte les besoins des plus vulnérables. Jusqu’à présent, 12 pays africains ont commencé à intégrer la vaccination contre la COVID-19 dans les services de santé habituels ».

La Directrice de l’OMS-Afro, Matshidiso Moeti a indiqué que. « La trajectoire de la pandémie évoluant, notre approche doit également évoluer. Nous aidons les pays à mettre en place des moyens efficaces pour que les vaccins contre la COVID-19 soient disponibles, accessibles et fournis à long terme ».

« Nous savons par expérience que d’énormes insuffisances en matière de vaccination peuvent être l’occasion parfaite pour la résurgence d’infections évitables par la vaccination. Même si les cas de COVID-19 sont en baisse, la pandémie peut prendre un tournant inattendu. Mais nous pouvons compter sur les vaccins pour éviter une issue désastreuse. »

La vaccination contre la COVID-19 reste essentielle pour se protéger contre les formes graves de la maladie et le décès, car le virus continue de circuler et de muter.

Des avancées significatives et des efforts à fournir

Le Botswana et l’Afrique du Sud sont les seuls pays en Afrique à avoir détecté le sous-variant d’Omicron XBB.1.5, l’une des sous-lignées ayant des implications pour la santé publique. Le séquençage génomique a ralenti à mesure que les taux de dépistage de la COVID-19 ont baissé. Au cours de la semaine dernière, seuls trois pays ont atteint le seuil de référence de l’OMS de cinq tests pour 10 000 habitants par semaine, contre 25 à la même période en 2022.

Cette année, 1896 séquences ont été soumises contre 7625 séquences à la même période l’année dernière. Le séquençage est essentiel pour assurer le suivi des variants et contribuer à la préparation d’une réponse rapide et efficace.

Il sied de noter que, outre les principaux conférenciers, cette conférence a connu la participation des experts du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, tels que le Dr Thierno Baldé, Responsable des opérations de riposte à la COVID-19, la Dre Phionah Atuhebwe, Responsable de l’introduction des vaccins, et le Dr Patrick Otim, Responsable des urgences sanitaires à l’unité de gestion des événements graves.

Wilfrid Lawilla / Bureau OMS-Afro

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