
OPINION. La légende urbaine veut que ça soit Malamine Kamara, à qui De Brazza confit la station de Nkuna Ntamo qu’il vient de créer sur la rive droite du Stanley Pool. Ce Malamine Kamara qui va courageusement résister à Stanley et préserver pour la postérité les intérêts de la France en Afrique Équatoriale.
Dans ses mémoires De Brazza, Malamine Kamara fait parti des 10 Laptots (nom donné aux indigènes employés comme piroguiers, porteurs, matelots ou hommes de mains) que l’explorateur français recrute à Dakar lors de son deuxième voyage en décembre 1879. Malamine Kamara n’était jamais allé en Afrique équatoriale et n’avait jamais été en contact avec les Téké. Par quel miracle a t il appris la langue de Makoko en moins d’une année et a donc pu servir d’interprète?
Dans son Livre « Brazza et la fondation de l’AEF » René Maran nous donne le nom de l’interprète de Makoko : Ossiah. Sans plus de précision sur son identité. Ossiah faisait il parti de la cour de Makoko? Avait-il été recruté au Ntamo? Mais surtout où Ossiah a t il appris la langue du Blanc?
En réalité le contact des Batekes avec le monde occidental ne datent pas de Brazza. Le Mpumbo ou le Ntamo (le lieu où le fleuve Congo se transforme en lac) était mondialement connu comme un grave centre commercial où on échangeait de l’ivoire, du Rafia, du cuivre et des esclaves. Dans son livre « La Traite Négrière sur la baie de Loango pour la colonie de Suriname Arsene Francoeur Nganga nous parle des « Mpumberos » des habitant du Mpumbo d’après l’appellation que leur avait donné les portugais et qui venaient commercer sur la côte et jusqu’à Mbanza Kongo. En fait plusieurs écrits font état de la présence de missionnaires blancs à l’intérieur des terres depuis le 15eme et 16eme siècle, bien avant l’arrivée de l’explorateur français.
On peut donc dire que certains Batekes connaissaient la langue du blanc. Makoko lui même comprenait peut-être ce que Makoko lui disait. On est donc très loin de la légende urbaine qui présente le Roi comme un ignorant qui ne savait pas à qui il avait affaire. N’oublions pas non plus que c’est Makoko qui a envoyé un messager en avant du français. Et que sans l’aide des africains De Brazza ne serait pas arrivé avant Stanley sur la rive droite du Fleuve Congo planter le drapeau de son pays.
L’histoire de notre pays est riche et mérite d’être raconter, en 2023 la suite de la vidéo de la Piste des Caravanes.
Par Guillaume Kouka
Pagesafrik est un site d’information indépendant consacré à l’actualité du Congo (Brazzaville et Kinshsa) et de l’Afrique en général.



