
TRIBUNE. Poutine est formidable. Il a provoqué un changement géostratégique mondial que personne n’aurait imaginé il y a encore quelques semaines, bousculant un confort qui durait depuis 30 ans. La plupart des pays avaient relégué l’équipement militaire au second plan, concentré sur la concurrence économique entre nations et blocs.
Il n’y a pas si longtemps Macron virait de façon spectaculaire son chef d’Etat major, le général de Villiers, qui avait commis la faute de se plaindre bruyamment des coupes budgétaires dans l’armée française. Aujourd’hui ce général de Villiers murmure à qui veut, « je vous l’avais dit ».
Qui eût cru que les nations les plus neutres militairement depuis la seconde guerre mondiale, telles que la Suède et la Finlande soient désormais agitées par un débat parlementaire interne sur l’entrée dans l’OTAN? Cette Otan qu’Emmanuel Macron jugeait dépassée il y a encore quelques mois. Avec la Géorgie et la Moldavie qui ont demandé formellement leur adhésion à l’UE, ce qu’ils n’osaient pas à cause des menaces russes (les mécanismes de sécurité partagée sont presque les mêmes que l’OTAN), Poutine qui voulait limiter l’alliance atlantique, est entrain de recevoir le boomerang à la gueule.
Vous l’aurez compris, je trouve Macron pas très bon en matière internationale. Non. Je le pressentais déjà depuis sa campagne. Il est bon en affaires sociales, croyant que faciliter la création d’emploi et augmenter le pouvoir d’achat répondrait à tous les problèmes de notre temps. Il est à l’image d’un angélisme qui a pris pied en Occident ces dernières années croyant qu’on pouvait gagner la paix par le commerce. Un spécialiste américain des relations internationales disait il y a quelques années que deux pays qui ont des McDonald’s ne peuvent pas se faire la guerre. On l’appelle la doctrine McDo. Sous entendu que si la société de consommation est bien réglée, tout le monde comprendrait son intérêt à la paix. Ils se sont trompés! Les 20 prochaines années seront une course aux armements comme on ne l’a jamais vu sous la guerre froide.
On en revient à la bonne vieille formule: qui veut la paix, prépare la guerre.
Par Hervé Mahicka
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