La crise des déchets menace la croissance et le tourisme dans la région MENA

Le fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement La production de déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) s’élève actuellement à plus de 155 millions de tonnes par an, selon la Banque mondiale qui prévient que ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. « La hausse de la production de déchets menace de plus en plus la santé publique, l’environnement et l’industrie touristique », souligne l’institution financière internationale dans un nouveau rapport s’appuyant sur de nouvelles données issues de 19 pays et 26 villes. La région génère davantage de déchets par habitant que la moyenne mondiale Selon le document, intitulé «Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord», la région MENA génère plus de déchets par personne que la moyenne mondiale et ce fléau occasionne, chaque année, 7,2 milliards de dollars de dommages à l’environnement. Quand bien même les taux de collecte des déchets sont relativement élevés (près de 80% en moyenne), l’organisme international juge la situation assez préoccupante d’autant plus que«le recyclage et le traitement restent nettement à la traîne». La Banque mondiale appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire Il faut dire que «moins de 10% des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, ce qui favorise la pollution de l’air, du sol et de l’eau et la prolifération des déchets marins, tout en entraînant de graves risques pour la santé», explique la Banque mondiale dans son rapport. La même source indique que la région présente également le plus grand volume par habitant de rejets plastiques en mer, la Méditerranée comptant parmi les mers les plus polluées au monde. Ce qui n’est pas pour améliorer les choses. Pour Almud Weitz, directrice régionale dans la division Infrastructures de la Banque mondiale, « l’amélioration des services de gestion des déchets est indispensable pour réduire la pollution, protéger les populations et garantir que les villes restent des moteurs de croissance et d’opportunités», insiste-t-elle rappelant que les centres urbains de la région MENA sont en première ligne face au défi des déchets. Convaincue qu’un changement modeste peut faire une grande différence, la directrice régionale dans la division Planète de la Banque mondiale, Mesky Brhane, affirme pour sa part qu’«une réduction de 1% de la production de déchets pourrait permettre à la région d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars par an». Selon elle, «la modernisation des systèmes de gestion des déchets et l’adoption de solutions d’économie circulaire peuvent protéger la santé publique, renforcer le tourisme et bâtir des villes plus écologiques». Le rapport, qui appelle à investir davantage dans la gestion des déchets et l’économie circulaire, plaide pour des actions différenciées selon les économies. D’après le document, les économies à revenu élevé peuvent réduire considérablement la mise en décharge et déployer des solutions circulaires pour traiter les déchets en amont ; tandis que celles à revenu intermédiaire peuvent parvenir à une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation des déchets. Quant aux Etats fragiles et touchés par un conflit, la Banque mondiale estime qu’ils « peuvent privilégier des approches techniquement simples et peu coûteuses, en s’appuyant en particulier sur la communauté ». Dans son rapport, l’institution assure que 83% des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie et que « la transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, en particulier dans les services de gestion des déchets et le recyclage, tout en transformant la crise actuelle en un moteur de croissance durable », conclut-il. Alain Bouithy Chiffres clés, impacts et leviers de transformation · La région MENA génère plus de déchets par personne et par jour que la moyenne mondiale (0,9 contre 0,79 kg/personne/jour). · La production de déchets dans la région s’élève actuellement à 155 millions de tonnes par an, et ce chiffre doublera d’ici 2050 si rien n’est fait pour y remédier. · La mauvaise gestion des déchets entraîne des coûts de dégradation de l’environnement estimés à 7,2 milliards de dollars par an. · À lui seul, le gaspillage alimentaire cause chaque année 60 milliards de dollars de pertes économiques. · La crise des déchets menace la santé, la croissance et le secteur du tourisme. · Actuellement : · Le passage à un modèle d’économie circulaire pourrait permettre à la région MENA de récupérer 83 % des déchets qu’elle produit, tout en créant des emplois de meilleure qualité. · Une réduction de 1 % de la production de déchets permettrait d’économiser 150 millions de dollars par an. · Dans l’ensemble de la région, le secteur de la gestion des déchets solides emploie environ 400 000 personnes dans l’économie formelle et compte autant de travailleurs informels. (Source Banque mondiale)
Climat et environnement: La chaleur extrême touche des centaines de millions de personnes dans le monde

La chaleur extrême, avec des températures diurnes et nocturnes dangereusement élevée, s’est poursuivie au mois d’août, touchant des millions de personnes à travers le monde. Selon l’agence météorologique de l’ONU (OMM), cette situation caniculaire souligne l’importance des alertes précoces et des plans d’action contre la chaleur. Une mise à jour du Centre météorologique mondial de Pékin, publiée le 5 août, indique qu’au cours de la semaine dernière, les températures maximales ont dépassé 42 °C dans certaines régions d’Asie occidentale, du sud de l’Asie centrale, de la majeure partie de l’Afrique du Nord, du sud du Pakistan et du sud-ouest des États-Unis, avec des pics locaux dépassant 45 °C. Les températures maximales dans le sud-ouest de l’Iran et l’est de l’Iraq ont localement dépassé les 50 °C, provoquant des perturbations dans l’approvisionnement en électricité et en eau, l’éducation et le travail. Entre 40 et 47 °C au Maroc Le Service météorologique national du Maroc a émis une alerte canicule pour des températures comprises entre 40 et 47 °C pour la semaine du 4 août. « En général, pendant l’été, la combinaison d’une chaleur extrême près de la surface et d’un air froid en altitude peut entraîner des précipitations extrêmes et des crues soudaines dévastatrices sur les reliefs élevés, affectant davantage la vie des populations, les infrastructures et provoquant des glissements de terrain », a déclaré Omar Baddour, responsable de la surveillance climatique à l’OMM. Le Japon a enregistré un nouveau record national de température de 41,8 °C (107,2 °F) le 5 août, battant le record de 41,2 °C établi le 30 juillet. Au cours de cette vague de chaleur prolongée et exceptionnelle, plusieurs dizaines de nouveaux records ont été enregistrés dans les stations météorologiques, tant pour les températures maximales diurnes que pour les températures minimales nocturnes. Dans plusieurs régions de l’hémisphère nord, les températures maximales ont oscillé entre 38 et 40 °C, certaines zones dépassant même les 42 °C. Tueur silencieux Le début du mois d’août poursuit ainsi une tendance notée en juillet. Selon le service Copernicus sur le changement climatique de l’Union européenne, juillet 2025 a été le troisième mois de juillet le plus chaud au niveau mondial (après juillet 2023 et 2024). Le sud-est de l’Europe a été confronté à des vagues de chaleur et à des incendies de forêt, avec une température record de 50,5 °C en Turquie. En dehors de l’Europe, les températures ont été les plus élevées par rapport à la moyenne dans l’Himalaya, en Chine et au Japon, selon le bulletin mensuel du service Copernicus sur le changement climatique. « Les chaleurs extrêmes sont parfois qualifiées de tueur silencieux, mais avec la science, les données et les technologies actuelles, le silence n’est plus une excuse. Chaque décès dû à des chaleurs extrêmes peut être évité », a déclaré Ko Barrett, Secrétaire général adjoint de l’OMM. Selon des estimations modélisées, entre 2000 et 2019, environ 489.000 décès liés à la chaleur sont survenus chaque année, dont 45 % en Asie et 36 % en Europe. À l’échelle mondiale, il est reconnu que les diagnostics et les déclarations officiels des maladies, blessures et décès liés à la chaleur sont sous-estimés. Feux de forêt La chaleur extrême a alimenté des feux de forêt dévastateurs, faisant des victimes et détériorant la qualité de l’air. Les pompiers de Chypre, de Grèce et de Turquie ont lutté contre les feux de forêt, qui ont contraint les habitants à fuir leurs maisons, fait plusieurs victimes et rempli le ciel d’épais panaches de fumée. Si l’incendie qui s’est déclaré mardi dans une forêt de la station balnéaire de Tarifa, dans l’extrême sud de l’Espagne s’est stabilisé, des feux continuent de ravager le département français de l’Aude. Parti mardi d’un village entre Carcassonne et Narbonne, le plus gros incendie de l’été en France a ravagé au moins 16.000 hectares mercredi soir, « plus que la commune de Paris », selon les autorités françaises. En Amérique du nord, le Canada connaît l’une des pires saisons de feux de forêt jamais enregistrées en termes de superficie brûlée. Au 3 août, plus de 6,6 millions d’hectares avaient brûlé, selon le Centre interagences des incendies de forêt du Canada. Ce chiffre dépasse la moyenne sur 25 ans, qui est d’environ 2,2 millions d’hectares, mais reste inférieur aux plus de 12,3 millions d’hectares brûlés à cette date en 2023, une année record. ONU
Entretien avec la plasticienne cubaine Martha Limia : « Le sujet de mon travail est lié à l’interaction de l’homme avec son environnement»

Dans l’univers pictural de l’historienne de l’art et plasticienne cubaine Martha Limia, le geste est sûr, magistral, poétique et émouvant. Le regard vacille sans cesse émerveillé entre ses sculptures où chacune d’une seconde à l’autre suscite une vision nouvelle. Ainsi se révèle-t-elle multiple, polymorphe, créatrice d’un univers pictural unique, comme toutes les grandes œuvres qui, qu’elles soient dramatiques, symphoniques, poétiques ou littéraires, sont si riches que l’on peut soi-même les déchiffrer et les interpréter de façons diverses. Dans cet entretien, Martha nous explique les tenants et les aboutissants de cet art qu’elle nous donne à voir et à apprécier. Pages Afrik : Dans vos œuvres la frénésie technique s’explique par l’usage à profusion des matériaux qui ne font généralement pas partie des matériaux traditionnels de la sculpture. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi ce choix ? Martha Limia : Généralement, j’aime travailler avec des matériaux qui ne font généralement pas partie des matériaux traditionnels de la sculpture comme les métaux, les pierres, voire les résines, les cartons ou les produits chimiques créés en laboratoire. Je préfère les matériaux qui proviennent de la nature et qui n’ont subi aucun processus industriel même minimal, et qui peuvent être facilement malléables par mes mains, comme le rafia, le bambou, le ratan, le sisal, les cordes, les tissus, etc. Parallèlement à ce type de matériaux, il y a les techniques pour les travailler qui ne relèvent pas du terme artistique, mais de celles que l’on qualifie aujourd’hui d’artisanales, celles qui sont utilisées dans le tissage, la vannerie, l’architecture ambiante….En bref, je parlais des expressions artistiques liées aux cultures anciennes qui sont encore utilisées aujourd’hui.Je dois dire que dans le monde de l’art, ce type d’art est aujourd’hui appelé tapisserie pour les éléments plats ou bidimensionnels qui ont une longue histoire en tant que catégorie d’art, et sculpture souple pour les éléments tridimensionnels qui ont été introduits plus récemment. Vos œuvres sont d’une diversité étonnante. Quels sont les thèmes que vous aimez aborder généralement ? En tant qu’historienne de l’art qui s’intéresse à l’anthropologie, à l’ethnologie et aux cultures anciennes, le sujet de mon travail est lié à l’interaction de l’homme avec son environnement. J’aime opérer avec les émotions, les peurs, les rêves, les amours, reflétés dans les histoires, les fables, la poésie, les chants, les proverbes, les rituels, etc. Toutes ces actions humaines qui montrent la fragilité, la force, l’incertitude, le pouvoir ou le contrôle de la nature, les victoires et les échecs de l’homme dans ses aventures sur la terre, et principalement l’imagination que l’homme a exprimée. Qu’est-ce qui vous motive dans le choix de ce travail précisément sur ces thèmes ? Est-ce en rapport à vos origines ? Exactement ! Étant née à Cuba, ma première approche de ce type de thèmes a été les pratiques religieuses héritées de l’Afrique. Approfondissant cet intérêt, je me suis lancée dans l’étude de l’Afrique et de sa diaspora. Aujourd’hui, je suis au Maroc où la culture amazighe a survécu pendant des siècles et des siècles, ce qui m’offre la possibilité d’entrer en contact avec cette autre partie de l’Afrique et ses mystères vivants. Comment définissez-vous votre propre style ? Stylistiquement, je peux dire que mon travail peut être inséré parmi les pratiques contemporaines ouvertes à l’expérimentation de nouvelles formes pour concevoir l’Art. J’ai combiné d’anciennes techniques de réalisation avec un système contemporain de réflexion sur l’art, ses fonctions et ses possibilités. Dans la seconde moitié du siècle dernier, certains artistes ont commencé à rénover l’approche des techniques de tissage. Ce qui a entraîné un mouvement vers la façon dont nous voyons les anciennes tapisseries. Ils commencent à passer des scènes réalistes et bucoliques à une utilisation moderne et plus abstraite de la couleur, de la taille des fils et des motifs. Pourriez-vous nous citer quelques noms de ces artistes? Des artistes comme la Colombienne Olga de Amaral, la Mexicaine Marta Palau (avec qui j’ai eu l’honneur de travailler), et surtout la Polonaise Magdalena Abakanowicz, considérée comme l’une des figures les plus importantes et pionnières de ce mouvement pour sa conversion de l’art bidimensionnel à la sculpture, créant la nouvelle modalité de la « Soft Sculpture » et d’autres encore, transforment complètement cette forme d’art ancienne et démodée en une forme d’expression totalement nouvelle. Quid de cette forme d’art aujourd’hui ? Aujourd’hui, ce type d’art est accepté et pratiqué dans le monde entier, y compris lors de la célèbre biennale Textil de Lodz, en Pologne, à laquelle j’ai participé lors de 12 éditions. Dans mon cas particulier, je pense que ce qui me distingue des autres est mon intérêt pour l’expansion des techniques utilisant les nœuds, la vannerie, y compris le crochet, le macramé et tout ce que je trouve utile d’un point de vue formel, et pour l’introduction du symbolisme afin de leur donner une manière profonde d’exprimer des idées et des concepts. Propos recueillis par Ayoub Akil
Maroc-République du Congo: Renforcement de la coopération dans les domaines de l’environnement et du développement durable

Le Maroc et la République du Congo ont signé, mardi (27 août, DNR) à Rabat, un mémorandum d’entente (MoU) pour renforcer la coopération bilatérale dans les domaines de l’environnement et du développement durable. La signature de ce mémorandum s’inscrit dans le cadre de la visite de travail au Maroc de la ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, pour faire le point sur l’état d’avancement de l’opérationnalisation de la Commission Climat du Bassin du Congo (CCBC) et du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo (F2BC), les préparatifs pour l’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds et du 4ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CCBC, ainsi que la participation de la CCBC à la COP29. Signé par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, et Mme Soudan-Nonault, également secrétaire exécutive de la CCBC et du F2BC, ce mémorandum d’entente vise à renforcer la coopération entre les deux pays dans les domaines d’intérêt commun notamment la gouvernance environnementale. Il porte également sur l’évaluation environnementale et stratégique, la lutte contre les effets du changement climatique, particulièrement les contributions nationales, la gestion des ressources, la biodiversité et l’économie verte et bleue, l’assainissement liquide et la gestion intégrée des déchets. A cette occasion, Mme Benali a indiqué, dans une déclaration à la presse, que cette rencontre marque une étape importante dans l’opérationnalisation de l’échange d’expériences et d’expertises entre les deux pays dans les domaines de l’environnement et du développement durable, notamment en matière de financement climatique pour attirer davantage de financements au continent africain, notamment au Maroc et au Congo. Cette entrevue a été l’occasion aussi de se pencher sur divers dossiers en lien avec notamment le recyclage des déchets et l’économie bleue et verte, a-t-elle ajouté, notant qu’il s’agit de projets importants pour le développement durable des deux pays. Mme Benali a, en outre, souligné que les partenariats entre les pays africains permettent d’élaborer des projets de renforcement de leur transition énergétique et leur développement. De son côté, Mme Soudan-Nonault a affirmé que ce mémorandum contribuera à renforcer davantage la coopération avec le Maroc dans les domaines de l’environnement et du développement durable, ajoutant qu’il porte sur plusieurs domaines d’intérêt commun, tels que la lutte contre les effets du changement climatique, la biodiversité et l’économie verte et bleue. « Cet accord s’inscrit dans le cadre de l’opérationnalisation de la Commission du climat du bassin du Congo et marque une étape structurante dans notre action commune pour préparer la COP29 », a-t-elle relevé. La CCBC est l’une des trois commissions climat africaines créées lors du 1er Sommet africain de l’Action en faveur d’une co-émergence continentale, tenu à l’Initiative de SM le Roi Mohammed VI, en marge de la COP22 à Marrakech. MAP
Le Niger et les Pays-Bas relancent leur coopération dans les domaines de l’hydraulique, de l’assainissement et de l’environnement
Le Colonel Maizama Abdoulaye, Ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de l’Environnement du Niger, a reçu hier matin en son cabinet Son Excellence Monsieur Paul Tholen, Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Niger. Cette rencontre marque la reprise officielle de la coopération bilatérale entre les deux pays, après une interruption suite aux événements du 26 juillet 2023. La délégation néerlandaise, composée de conseillers et d’experts, est en visite de travail au Niger du 16 au 19 avril 2024. Cette visite vise à relancer la coopération dans les domaines de l’hydraulique, de l’assainissement et de l’environnement, des secteurs clés pour le développement durable du Niger. Les discussions entre le Ministre Maizama Abdoulaye et l’Ambassadeur Paul Tholen ont porté sur l’ensemble des activités du ministère et notamment sur le Programme de Planification Stratégique pour la Gestion Durable des Ressources Naturelles de la Vallée du Niger 2022-2027. Ce programme, financé par le Royaume des Pays-Bas depuis 2022, vise à la régénération des ressources naturelles, à la restauration des terres dégradées et à la création d’emplois pour les communautés bénéficiaires. L’Ambassadeur Paul Tholen a réaffirmé l’engagement des Pays-Bas à soutenir le Niger dans ses efforts de développement durable. Il a annoncé que son équipe tiendra des séances de travail avec les experts du ministère pour formuler des propositions concrètes permettant la relance des activités précédemment suspendues. Le Ministre Maizama Abdoulaye a assuré le diplomate néerlandais du soutien du Gouvernement du Niger pour la reprise et la mise en œuvre efficiente des activités menées par le Royaume des Pays-Bas au Niger.
Roch Régis Bikoua : C’est au Maroc que j’ai pris conscience de l’importance de la protection et de l’assainissement de l’environnement

Le Maroc est très engagé dans la lutte contre le changement climatique, rappelle l’écrivain et président de l’Association Espoir pour l’avenir climatique, Roch Régis Bikoua. Pour l’auteur congolais, c’est tout naturellement que son choix s’est porté sur ce pays qu’il connaît bien, pour y avoir vécu durant de longues années, pour promouvoir son livre : «Un regard sur l’environnement au Congo». Pagesafrik/Libé : Vous êtes au Maroc dans le cadre de la promotion de votre livre « Un regard sur l’environnement au Congo ». Mais avant d’en parler, pourquoi avoir choisi de le promouvoir au Maroc ? Roch Régis Bikoua : La promotion du livre « Un regard sur l’environnement au Congo a commencé au pays et continuera partout dans le monde. Ceci étant, à l’international, mon choix s’est d’abord porté sur le Maroc pour plusieurs raisons :Le Maroc est ma deuxième famille, un pays ouvert au monde entier et surtout très accueillant et le peuple marocain est très attaché à sa patrie et à son environnement. L’attachement du peuple marocain à l’assainissement de l’environnement est un élément important que j’ai constaté de mes propres yeux quand j’y ai été étudiant. Il faut aussi noter que c’est un pays qui est très engagé dans la lutte contre le changement climatique. Pour preuve, le Maroc est le seul pays qui a la plus grande centrale solaire du monde et c’est aussi le seul pays dans la sous-région qui est en phase avec les objectifs de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre, adoptés à la COP21 en 2015 à Paris. C’est à Marrakech en 2016, lors de la 22ème Conférence des parties (COP22) que le programme des Nations unies pour l’environnement avait lancé, pour la toute première fois, l’initiative mondiale pour les tourbières dans le but de protéger et valoriser le stockage de carbone, considéré comme le plus important réservoir de carbone organique. L’initiative vise, tout en maintenant en état les services des écosystèmes, a assuré des moyens de subsistance aux populations riveraines de ces réservoirs. Et vous savez comme moi que le bassin du Congo est aujourd’hui reconnu comme le premier réservoir d’espoir pour l’avenir climatique qui attire autant de regards au niveau mondial. En passant, je vous signale que c’est dans ce pays que j’ai pris conscience de l’importance de la protection et de l’assainissement de l’environnement au point d’écrire 4 livres sur l’environnement dont celui-ci est le premier à être publié. Votre livre s’intéresse à l’environnement au Congo. Pourquoi avoir choisi cette thématique ? Tout est parti quand j’ai pris conscience de l’environnement qui est essentiel à la vie de l’homme. C’est de cette façon que j’ai commencé à faire des recherches sur les principaux problèmes de l’environnement dont la pollution, le changement climatique et la déforestation. Et c’est ce qui m’a convaincu de créer une association me permettant de contribuer à l’assainissement et à la protection de l’environnement, dénommée « Espoir pour l’avenir climatique » dont l’idéal est de mettre en compétition tous les pays africains en matière de préservation de leur environnement respectif puis en faire le continent le plus écologique du monde. Le Maroc est ma deuxième famille, un pays ouvert au monde entier et surtout très accueillant et le peuple marocain est très attaché à sa patrie et à son environnement Roch Régis Bikoua Le Congo va abriter très prochainement le Sommet des trois bassins. Votre livre est-il en phase avec la tenue dudit sommet ? Le livre est bel et bien en phase avec la tenue du sommet des trois bassins car il dresse l’état des lieux de la situation environnementale du Congo dont il faut protéger en priorisant les Objectifs de développement durables des Nations unies (ODD). Ce sommet des trois bassins est tellement utile que cela va permettre enfin aux participants de faire le point global sur les 17 Objectifs de développement durables des Nations unies à l’horizon 2030 et ce, en tenant compte de la situation actuelle des 6 populations du bassin du Congo, surtout les autochtones et les populations riveraines de la sous-région qui est l’espoir pour l’avenir planétaire. En lisant la première partie de mon livre, vous allez vous rendre compte de l’importance de protéger la biodiversité du Congo et les pays limitrophes conformément aux ODD des Nations unies. Etes-vous satisfait de l’accueil réservé à votre livre ? Le livre se comporte tellement bien au point d’être retenu pour des recherches universitaires au niveau du Conseil littéraire africain ainsi qu’à la Francophonie. Pourquoi doit-on s’impliquer dans la protection de l’environnement ? Je me réjouis du fait qu’aujourd’hui la voix écologique du Congo se fait désormais entendre à l’échelle mondiale, et de ce fait, le gouvernement congolais est appelé à donner une forte cadence aux Congolais pour faire de la protection et de l’assainissement de l’environnement, un état d’esprit, une vie, un comportement de tous les jours et mettre le Congo sur le chemin de la compétition écologique conformément aux idéaux de l’Association Espoir pour l’avenir climatique. En tant que président de cette Association : pouvez-vous nous en parler ? L’Association « Espoir pour l’avenir climatique » en sigle AEAC, a vu le jour en octobre 2014 et a pour objectifs de:-Contribuer à l’assainissement et à la protection de l’environnement afin de lutter contre la pollution et les maladies;– Rechercher l’utilisation et l’application des technologies liées aux énergies renouvelables. L’association a pour ambition de mettre en compétition tous les pays africains en matière d’assainissement et de protection de leur environnement respectif puis en faire le continent le plus écologique au monde. Son siège international est à Brazzaville. Et aujourd’hui l’association est en train de mettre les coordinations nationales dans chaque pays africain en vue d’atteindre ses ambitions. Propos recueillis par Alain Bouithy
En maximisant les recettes tirées des ressources naturelles, les pays africains pourraient engranger d’importants bénéfices sur le plan des finances publiques et de l’environnement

Dans un contexte de transition énergétique et de hausse de la demande de métaux et de minéraux, les pays d’Afrique subsaharienne pourraient mieux tirer parti de leur richesse en ressources naturelles pour financer leurs programmes publics, diversifier leur économie et élargir l’accès à l’énergie. Africa’s Resource Future, le nouveau rapport de la Banque mondiale publié aujourd’hui, révèle que les pays africains n’engrangent en moyenne que 40 % environ des recettes qu’ils pourraient potentiellement tirer de leurs ressources naturelles. En d’autres termes, alors que ces pays sont plombés par une croissance atone et une dette élevée, les gouvernements pourraient plus que doubler les recettes tirées des minerais, du pétrole ou du gaz en adoptant de meilleures politiques, en mettant en œuvre des réformes, en investissant pour améliorer l’administration des finances publiques et en favorisant une bonne gouvernance. Par ailleurs, il est essentiel de mieux taxer l’exploitation des ressources naturelles pour faire supporter aux producteurs le coût total de leur impact environnemental et social, y compris pour l’extraction pétrolière. L’absence d’une telle taxation peut constituer une subvention implicite à la production et accroît donc les émissions de carbone. « Maximiser les recettes publiques sous forme de redevances et d’impôts payés par les industries extractives privées, tout en attirant de nouveaux investissements, permettrait d’augmenter la marge de manœuvre budgétaire et de supprimer les subventions implicites à la production, avec à la clé un double dividende pour les populations et la planète », explique James Cust, économiste senior au sein de la Région Afrique de la Banque mondiale et codirecteur de la publication. La perspective d’une augmentation des recettes est particulièrement bienvenue dans des pays qui sont dans l’incapacité de réaliser des investissements de développement pourtant indispensables, en raison du coût élevé des emprunts et du service de la dette. La transition mondiale vers l’abandon des combustibles fossiles crée une demande sans précédent pour différents métaux et minéraux comme le cobalt, le lithium, le cuivre, le nickel et les terres rares, nécessaires au déploiement des technologies vertes que sont les éoliennes, les panneaux solaires et les batteries. Et si beaucoup de ces matières premières se trouvent en abondance en Afrique, l’expérience montre que la richesse en ressources naturelles ne se traduit pas automatiquement par une croissance et une prospérité inclusives. Les minéraux, le pétrole et le gaz représentent au moins un tiers des exportations de la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, mais ces derniers ont eu du mal par le passé à convertir cette richesse en croissance durable. La dépendance de la région aux cours mondiaux des matières premières a conduit à une gestion inadaptée des ressources publiques lorsque les prix sont élevés, et à des crises économiques et budgétaires quand ceux-ci chutent. Les pays riches en ressources ont globalement moins bien résisté aux chocs économiques que ceux qui en possèdent moins, ce qui rappelle les risques de la « malédiction des ressources ». Le ralentissement de la croissance dans certains pays dotés d’abondantes ressources naturelles a également été corrélé à des progrès insuffisants dans la réduction de la pauvreté. Le nouveau rapport sur l’avenir des ressources en Afrique fournit aux décideurs politiques des recommandations pratiques pour conjurer cette « malédiction ». Outre la nécessité de capter l’intégralité de la valeur des rentes tirées des ressources tout en continuant à attirer les investissements du secteur privé, les gouvernements devraient se préparer à la prochaine chute des prix des matières premières en investissant ces recettes dans le capital productif, c’est-à-dire dans la santé et l’éducation et dans les infrastructures qui sont à la base d’une économie plus diversifiée et résiliente. Parmi les autres recommandations, le rapport souligne les opportunités liées à la mise en œuvre de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui prévoit l’élimination progressive de 90 % des droits de douane au cours des cinq à dix prochaines années. Il serait également utile de stimuler l’intégration régionale et d’harmoniser les taxes et redevances minières dans l’ensemble de la région. « Une approche régionale des industries extractives permettrait de constituer des chaînes de valeur qui, au-delà de la seule extraction, créeraient plus de richesses et d’emplois pour les habitants des pays disposant de ressources abondantes, souligne Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé-et-Principe, et codirecteur de la publication. À cet égard, la ZLECAf et une plus grande intégration commerciale et économique régionale offrent une occasion sans précédent de développer la chaîne de valeur, de la mine au marché, sur le continent. En effet, le développement axé sur les ressources sera facilité par un meilleur accès à des marchés plus importants et par la capacité de mettre en commun les ressources, les compétences et les avantages compétitifs. » Pour parvenir à une transition juste pour l’Afrique, et pour le monde entier, les pays de la région devront réussir à tirer équitablement parti des retombées économiques associées à l’exploitation des ressources naturelles. Assurer une bonne gouvernance et une gestion macrobudgétaire saine des recettes tirées de ces ressources, tout en se préparant à un avenir sobre en carbone : ces enjeux sont au cœur de la transition et doivent jouer un rôle central dans la transformation économique de l’Afrique.
Communiqué de presse conjoint des ministères français et congolais de la Transition écologique et de l’Environnement, du développement durable et du bassin du Congo
A l’occasion du séjour de travail en France de Anatole Collinet Makosso, Premier ministre, Chef du gouvernement de la République du Congo, ce dernier a eu lundi 30 août une réunion de travail bilatérale avec la ministre de la Transition écologique de la République Française Barbara Pompili en présence de la ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, dans le cadre de la préservation des forêts du Bassin du Congo, second poumon écologique mondial et des tourbières des lacs Télé et Tumba, au Congo et en République démocratique du Congo. Fondée sur la convergence des intérêts à préserver cet écosystème fragile pour les besoins de l’humanité et l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris, les deux délégations ont convenu de la nécessité d’accompagner le Congo dans ses actions climatiques d’adaptation. Elles ont également échangé sur les objectifs et la gouvernance du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, outil financier de développement durable partagé entre les pays membres de la Commission Climat du Bassin du Congo. Les deux parties ont également discuté des nouveaux défis de préservation posés par la découverte récente d’une zone de tourbières parmi les plus anciennes et les plus vastes au monde avec une superficie de 165.000km2, lesquelles capturent 30 milliards de tonnes de CO2, soit l’équivalent de quatre années entière d’émissions de carbone de toute la planète. Enfin, les deux parties sont convenues de l’impératif d’appliquer de façon concrète l’article 6 de l’Accord de Paris, qui doit autoriser les pays à réaliser des échanges de réduction d’émissions afin de faciliter l’atteinte de leurs objectifs climatiques sans affecter l’ambition de l’Accord.