
Présentation du Projet de Loi de finances rectificative 2026
Mardi 14 juillet 2026 à Brazzaville, les deux Chambres du Parlement ont pris acte du Projet de Loi de finances rectificative de la République du Congo, pour l’année 2026. C’était au cours de deux séances plénières tenues à l’Assemblée nationale puis au Sénat, et présidées, respectivement, par le Premier Vice-président, Léon Alfred Opimbat, et Pierre Ngolo. En présence de Christian Yoka, Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille Public, qui a eu le privilège de présenter ce Projet de texte, au nom du Gouvernement.
Ce Projet est arrêté, en recettes à la somme 2.778 milliards 016 millions, contre 2.550 milliards 540 millions de francs CFA en Loi de finances initiale et, en dépenses à la somme de 2.561 milliards 069 millions, contre 2.320 milliards 167 millions de francs CFA initialement.
En trésorerie et en financement, les ressources sont estimées à la somme de 1.595 milliards 360 millions contre 1.240 milliards 360 millions de francs CFA, en Loi de finances initiale et, en charges, à la somme de 1.812 milliards 306 millions, contre 1.470 milliards 732 millions de francs CFA initialement. Le budget de l’Etat rectifié de l’exercice 2026 dégage un excédent budgétaire prévisionnel de 216 milliards 947 millions de francs CFA contre 230 milliards 373 millions de francs CFA en loi de finances initiale. En matière de financement, la Loi de finances rectificative projette un déficit estimé à 216 milliards 947 millions de francs CFA, résultant de la différence entre les ressources de trésorerie qui s’élèvent à1.595 milliards 360 millions de francs CFA et les charges de trésorerie qui s’établissent à 1 812 milliards 306 millions de FCFA. Ce déficit, a expliqué le Ministre des sera résorbé par l’excédent budgétaire prévisionnel dégagé ci-dessus.
Dans sa présentation, Christian Yoka a rappelé le contexte qui a motivé ce collectif budgétaire. Le 24 avril 2026, a-t-il dit, une nouvelle équipe gouvernementale avait été mise en place, à la suite de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars de l’année en cours. Ce changement de Gouvernement s’était traduit par la reconduction de certains ministères, la création de nouveaux départements ministériels et la recomposition de certains départements existants.
En conséquence, le Décret n° 2026-179 du 8 mai 2026, portant ouverture de crédits d’avance au titre du présent exercice, a été publié pour prendre en compte les effets induits par la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale. Ces effets impliquent l’ajustement de crédits budgétaires initialement ouverts par la Loi n° 42-2025 du 31 décembre 2025, portant Loi de finances pour l’année 2026.
Le Décret ci-dessus cité a été pris en application des dispositions de l’article 58 de la Loi organique n° 36-2017 du 3 octobre 2017, relative aux Lois de finances, qui stipule qu’ « un Projet de loi de finances rectificative est déposé au Parlement par le Gouvernement si l’équilibre financier défini par la Loi de finances initiale est modifié en fonction de l’évolution de la conjoncture et, notamment, de l’intervention des Décrets d’avance ou d’annulation des crédits ; si les recettes constatées en cours d’année sont largement inférieures ou supérieures aux prévisions initiales ; et si de nouvelles mesures législatives ou réglementaires affectent l’exécution du budget de manière substantielle».
Autres paramètres pris en compte dans l’élaboration du Projet
Pour élaborer ce Projet de Loi de finances rectificative, a poursuivi le membre du Gouvernement, il a fallu prendre en compte aussi l’évolution du contexte international récent, qui est marqué par de vives tensions géopolitiques au Moyen-Orient, caractérisées par le conflit militaire entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël. Lesquelles tensions ont occasionné une hausse des cours mondiaux du pétrole, au cours du premier semestre 2026, laissant ainsi présager une amélioration des recettes pétrolières. La conclusion d’un Accord de paix entre les différents belligérants, à la fin du premier semestre, a entraîné l’inversion de la tendance des cours du pétrole et, partant, l’atténuation des résultats escomptés pour la fin de l’année 2026. Toutefois, a fait observer Christian Yoka, les violations répétées de cet Accord laissent planer une incertitude sur les estimations des résultats projetés à la fin de l’exercice 2026.
En ce qui concerne les hypothèses initialement retenues dans la loi de finances initiale, le Ministre des Finances a indiqué qu’elles ont été révisées ainsi qu’il suit : le taux de croissance économique a été maintenu à 5,5 %, tandis que le taux d’inflation a été porté à 2,7 %, contre 3,0 % initialement projeté ; le prix du brut de pétrole congolais, établi à 60,3 dollars le baril dans La loi de finances initiale, a été révisé à 67 dollars le baril, soit une hausse de 11 %, la production pétrolière demeurant estimée à 105,0 millions de barils et le taux de change retenu à 550,0 francs CFA pour un dollar ; la production gazière demeurant estimée à GNL : 137 812 429 Millions British Thermal Units-MMBTU- (7,4$/MMBTU) ; GPL WING WAH : 334 800 tonnes (500$/tonne) ; GAZ CEC : 985 000 Kilos Standard Mètres Cubes- KSM3(135$/KSM3) ; GAZ CED : 65 700 KSM3 (80$/KS M3).
S’agissant des objectifs poursuivis par le Projet de Loi de finances rectificative 2026, l’Autorité monétaire congolaise a affirmé qu’ils demeurent les mêmes que ceux de la Loi de finances initiale. Ces objectifs s’alignent sur les orientations du Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) 2026-2028. Ils se déclinent ainsi qu’il suit : consolidation des recettes publiques, par la digitalisation des processus, la réduction des exonérations fiscales et l’optimisation des recettes issues des ressources naturelles (pétrole, forêt, mines) ; rationalisation et efficience des dépenses publiques, par une gestion rigoureuse des dépenses de fonctionnement ; gestion de la dette publique, par la poursuite des efforts de réduction du niveau de la dette ; renforcement de la résilience de l’économie, par le développement des secteurs hors pétrole et la reconstitution du fonds de stabilisation à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).



