Le CCSRS confirme la robustesse du système financier marocain

Rentabilité en hausse et solvabilité largement au-dessus des normes en 2025

Le système financier marocain continue de faire preuve de résilience, a affirmé le Comité de Coordination et de surveillance des risques systémique (CCSRS) qui souligne la solidité de ses fondamentaux et des marges prudentielles globalement confortables.

Pour la troisième année consécutive, le secteur bancaire a poursuivi la consolidation de ses performances financières. « À fin décembre 2025, le résultat net agrégé sur base sociale s’est établi à 19,2 milliards de dirhams, en progression de 22,2% par rapport à l’année précédente, sous l’effet notamment de la hausse du produit net bancaire et de la baisse du coût du risque », a indiqué mardi 7 juillet le CCSRS.

Selon les explications du Comité, présidé par le Wali de Bank Al-Maghrib,  cette performance renforce la solidité des établissements de crédit, le ratio moyen de solvabilité ressortant à 16,1% et celui des fonds propres de catégorie 1 à 13,5%, des niveaux largement supérieurs aux exigences réglementaires.

Dans un communiqué publié à l’issue de sa vingt-troisième réunion tenue au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat, le CCSRS précise que les exercices de stress tests continuent, par ailleurs, de confirmer la résilience des principales banques face à des scénarios de chocs macroéconomiques sévères. Il ajoute que le ratio de liquidité à court terme demeure également supérieur au minimum réglementaire.

La même source indique que les résultats du suivi et des évaluations effectuées sur les infrastructures des marchés financiers continuent de confirmer leur forte résilience, aussi bien sur le plan financier que sur le plan opérationnel, et montrent qu’elles présentent toujours un niveau de risque faible pour la stabilité financière.

Les assurances affichent une rentabilité record en 2025

Par ailleurs, les exercices de stress tests font également état de la poursuite de la dynamique de croissance du secteur des assurances dans un contexte économique globalement favorable. En effet, « à fin 2025, le chiffre d’affaires du secteur a atteint 63,2 milliards de dirhams, en progression de 7,5%, porté à la fois par la branche vie (8,4%) et la branche non-vie (6,6%) », a fait savoir le Comité, précisant que la branche vie a notamment confirmé le regain de son dynamisme amorcé l’année précédente, soutenue par la bonne tenue de l’activité épargne dont la collecte a progressé de 8,9%.

L’autre point examiné lors de cette réunion porte sur la rentabilité du secteur qui « a dégagé un résultat net de 5,3 milliards de dirhams, en hausse de 21,4%, soutenu principalement par la bonne performance du résultat financier ». Le CCSRS précise que cette évolution favorable a permis au rendement des fonds propres (ROE) d’atteindre 11,1%, soit son niveau le plus élevé des dix dernières années.

Soulignant la bonne performance du marché financier, le Comité a noté le fort renforcement des plus-values latentes qui ont atteint 62,5 milliards de dirhams. « Le ratio des plus-values latentes sur les placements s’est ainsi établi à 23,8%, également à un niveau historique, porté principalement par la progression des valorisations boursières dans un contexte marqué par deux années consécutives de forte hausse de l’indice MASI », a-t-il constaté.

A noter que l’amélioration marquée des plus-value latentes et de la rentabilité a permis de renforcer les éléments constitutifs de la marge de solvabilité du secteur, dont le ratio réglementaire a progressé de 54,7 points pour atteindre 409,4%, selon le communiqué.

Enfin, s’agissant du secteur de la retraite, le Comité indique que « l’application de la deuxième et dernière tranche des augmentations salariales issues du dialogue social du 29 avril 2024 a permis d’améliorer certains indicateurs financiers des régimes du secteur public ».  Il constate néanmoins  que ces derniers continuent d’enregistrer des déséquilibres structurels et que leur viabilité à long terme n’a pas connu d’amélioration significative.

Le CCSRS estime, dans ce contexte, que la réforme systémique du secteur, fondée sur la mise en place de deux pôles public et privé, demeure indispensable pour instaurer une tarification équilibrée afin de résorber une grande partie des engagements non couverts et assurer la soutenabilité financière des régimes à long terme.

Alain Bouithy

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