Congo/Quand Ziana TV reconstitue l’histoire des Kulunas : révélations, responsabilités et fragilité du pouvoir Sassou Nguesso

Congo/Quand Ziana TV reconstitue l’histoire des Kulunas : révélations, responsabilités et fragilité du pouvoir Sassou Nguesso

PARLONS-EN. Dans son émission La Matinale, l’animateur Brice Landry Decaux a livré une série de révélations qui ont relancé le débat sur l’origine du phénomène des Kulunas, ces bandes de jeunes délinquants également connus sous le nom de Bébés Noirs. À travers son analyse, Ziana TV ne fait pas qu’éclairer un phénomène social : elle met en lumière les zones d’ombre d’un système politique qui, depuis des décennies, semble avoir laissé prospérer – voire créer – des groupes de violence urbaine pour servir des intérêts obscurs. Les premières révélations : la vidéo d’Aimé Hydevert Mouagni Tout commence avec une vidéo publiée par Aimé Hydevert Mouagni, député de la majorité présidentielle, dans laquelle il affirme que durant le régime de Pascal Lissouba, lui et ses amis avaient reçu pour mission – de la part de hauts responsables du Parti Congolais du Travail (PCT), voire de Denis Sassou Nguesso lui-même – de commettre des actes d’insécurité à Brazzaville. Ces déclarations, devenues virales sur les réseaux sociaux, ont entraîné sa suspension de l’Assemblée nationale, la perte de son immunité, son arrestation et son incarcération. Libéré provisoirement pour raisons médicales, il s’est envolé pour la Turquie, avant de se retrouver aujourd’hui en France où il mène une vie discrète. Mais ces révélations ne sont pas un accident. Elles s’inscrivent dans une longue histoire de violences urbaines dont l’origine semble remonter au cœur même du pouvoir. Retour dans les années 1980 : les premières disparitions sous Sassou Nguesso Contrairement à ce que certains affirment, le phénomène du banditisme urbain ne naît pas sous Lissouba. Dès les années 1979-1980, au début du premier règne de Denis Sassou Nguesso, Brazzaville est secouée par de mystérieuses disparitions, notamment celle des enfants de Moukondo. Ces drames installent un climat de peur qui marquera durablement la capitale. Jean-François Ndenguet et la génération des Bébés Noirs Sous le magistère du général Jean-François Ndenguet, ancien directeur général de la Police nationale, le phénomène prend une nouvelle ampleur. Ndenguet aurait créé ses propres Bébés Noirs, les dotant d’armes et de munitions. Leurs exactions – viols, braquages, mutilations, assassinats – plongent plusieurs quartiers de Brazzaville dans la terreur. Le plus célèbre d’entre eux, le capitaine de police Romuald Manounou, surnommé « Morgan », est arrêté en 2022 et condamné à sept ans de prison pour association de malfaiteurs, abus de fonction, arrestation arbitraire et extorsion. Pourtant, malgré cette condamnation, il est aujourd’hui libre… et en France, avec la bénédiction silencieuse d’une partie des autorités congolaises. Un phénomène qui se poursuit… en toute impunité Même après la chute de figures comme Hydevert Mouagni ou Morgan, les Kulunas continuent d’opérer avec la même brutalité. Brazzaville reste sous la menace d’un phénomène qui semble prospérer au vu et au su des autorités, sans aucune réponse structurelle du gouvernement. La rumeur du coup d’État : révélatrice d’un régime en crise Une rumeur attribue à plusieurs hauts responsables proches de Sassou Nguesso la préparation d’un coup d’État. Parmi les noms cités : Dominique Okemba, Jean-François Ndenguet (actuellement discret à l’étranger) et Jean-Jacques Bouya Et selon certaines sources, Pierre Oba serait également impliqué : dans son village, des armes, des munitions, 4 000 machettes, ainsi que des documents compromettants auraient été découverts. lors d’une perquisition, menée par des éléments de la DGSP. Un détail qui interroge : les Kulunas brazzavillois utilisent justement des machettes dans leurs opérations. Face à ces soupçons internes, Sassou Nguesso se retrouve dans une impasse stratégique : comment arrêter des proches disposant d’appuis dans l’armée, la police, la gendarmerie et d’autres institutions ? Le général Serge Oboa entre en scène Le général Serge Oboa, chef de la sécurité présidentielle, n’est pas impliqué dans le complot supposé. Son action commence lorsqu’un de ses éléments est agressé par des Kulunas. Il lance alors des opérations punitives contre ces gangs dans plusieurs quartiers. Sassou Nguesso saisit l’occasion pour éliminer les grands Kulunas liés à Jean-François Ndenguet. Une liste contenant leurs noms et adresses aurait été remise aux autorités par Morgan en échange de son évasion. Mais au lieu d’ouvrir une enquête qui pourrait remonter jusqu’aux commanditaires situés au sommet de l’État, le pouvoir opte pour une issue brutale : des exécutions extrajudiciaires et la destruction des maisons des chefs de gang présumés. Une conclusion dérangeante : un phénomène créé par le pouvoir L’analyse de Ziana TV met au jour une vérité que beaucoup soupçonnaient : le banditisme urbain des Kulunas n’est pas un phénomène spontané, mais une création politique, instrumentalisée successivement par différents clans du pouvoir pour : semer la peur, garder le contrôle, neutraliser des adversaires, et masquer des luttes internes au sommet de l’État. Avec l’exécution de certains Kulunas, le silence prolongé des autorités, et l’absence totale d’un débat parlementaire sur un phénomène pourtant central dans la vie quotidienne des Congolais, il est désormais évident qu’aucune lumière ne sera faite sur ce système. Faute d’information fiable, les autorités congolaises devront accepter que rumeurs, fantasmes et suppositions populaires prennent le dessus. C’est dans cet espace de non-dit que s’impose l’idée, largement répandue, que les Kulunas sont une création du pouvoir, un instrument destiné à gouverner dans la peur. Les exécutions sommaires, les destructions de maisons et les disparitions ciblées ne visent pas à restaurer la sécurité. Elles servent surtout à effacer les traces d’un système qui fabrique ses propres monstres… puis élimine ceux qui deviennent gênants. Deux questions demeurent : Deux interrogations majeures surgissent inévitablement de cette reconstitution et frappent par leur simplicité autant que par leur force. Premièrement : Comment un régime qui contrôle l’armée, la police et la gendarmerie peut-il être menacé par quelques gangs, si ceux-ci ne sont pas son propre produit ? Un pouvoir disposant de tous les leviers de la force publique, des renseignements et de l’appareil coercitif d’État ne peut logiquement pas trembler devant des groupes de jeunes armés de machettes — sauf si ces groupes sont issus de son propre système, utilisés ou tolérés pour servir des objectifs politiques précis. Deuxièmement : Comment des piliers aussi puissants du régime Sassou

Dérive sécuritaire et exécutions sommaires : les généraux Sassou, Oboa et Boka en difficulté ( lecture en 5 minutes)

Dérive sécuritaire et exécutions sommaires : les généraux Sassou, Oboa et Boka en difficulté ( lecture en 5 minutes)

HAUT ET FORT. En procédant aux exécutions sommaires des « kulunas », l’action de la DGSP et de la GR quoiqu’applaudie par 83% des congolais ou salutaire pour « raison d’État », met M. Sassou en porte à faux avec la Constitution congolaise de 2015, l’Etat de droit, les traités internationaux et une partie de l’opinion qui est apeurée. Selon l’article 8 de la Constitution : « La personne humaine est sacrée et a droit à la vie. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. […]. La peine de mort est abolie. » La sacralité de la vie et l’abolition de la peine de mort ainsi énoncées suscitent des interrogations sur le fondement juridique de l’opération menée par les éléments de la direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) et de la garde républicaine (GR) qui ont pour rôle respectivement, de protéger le président et sa famille ainsi que les institutions et leurs animateurs. En effet, la DGSP et la GR se sont mises en mouvement comme des appareils de répression sans cadre légal incluant la police et la gendarmerie. En principe et selon toute logique, l’armée n’intervient que pour faire face à une agression extérieure et détruire l’ennemi conformément à son propre protocole d’engagement qui établit de facto un régime d’exception juridique. Cette situation qui divise les populations entame de plus belle l’ordre juridique et ternit l’image du Congo à l’extérieur. S’agit-il de manière voilée, d’une opération visant à étouffer les contestations du peuple martyrisé comme le disent moult personnes ? La réponse est oui et non. Pour justifier, par exemple, sa gestion scabreuse par le passé, le système Sassou n’hésitait pas d’utiliser les ninjas de Pierre Oba, d’Isidore Mvouba et d’Adélaïde Moundélé Ngolo sous l’égide de Mantsanga et Cie pour faire le sale boulot dans le département du Pool et sur le Cfco. Il sied de dire que depuis un demi-siècle, au Congo, les revenus pétroliers irriguent un cercle restreint d’acteurs liés par le sang, l’alliance ou la dépendance, transformant ainsi l’État en guichet clanique. La nomination du général Serge Oboa (S.O) à la tête de la DGSP et sa parenté avec J.J. Bouya illustre cette logique : la sécurité présidentielle et l’infrastructure publique se trouvent sur l’axe le plus riche et le plus dangereux (…) que nous évoquions il y a une dizaine de jours. Selon nos informations, cette opération fait suite à un ème accrochage entre la police et la DGSP couplé à l’assassinat de Bruno Obambi. Le Commandant en chef Denis Sassou qui aime se cacher, a donné son quitus à Oboa et à Boka mais sans note officielle. Normalement, M. Sassou devrait prendre un décret envoyant la GR et la DGSP appuyées la gendarmerie et la police comme ça été fait : Dans cette opération, MM. Sassou, Oboa et Bouka utilisent la doctrine de Bandenbekämpfung, doctrine de terreur très violente d’extermination et de destruction institutionnalisée lors de la Seconde guerre mondiale, sous le régime nazi pour lutter contre les bandits et autres. Cette opération bien qu’elle soit la toute première action du quinquennat de M. Sassou est applaudit par 83% de la population qui a maille à partir avec les Kulunas. Cependant, les exécutants de celle-ci tombent sous le coup de la loi et renvoient en l’air la présomption d’innocence. Ils situent le Congo, d’un côté, dans une administration hypertrophiée dans ses bras coercitifs mais atrophiés dans ses services. De l’autre côté, dans des règles écrites substituées par des règles relationnelles à partir desquelles la parenté l’emporte sur le mérite et la proximité sur l’institution. Le ministère de l’intérieur, la police, la gendarmerie et la justice sont court-circuités dans leurs missions et attributions par des réseaux parallèles où la loyauté clanique pèse davantage que la hiérarchie administrative. Nous l’avons déjà dit, le pouvoir se concentre dans le clan présidentiel, et l’autorité civile est rognée par une présidentialisation rampante de la sécurité. Dans ce contexte, le communiqué de la DGSP, appelant la population à dénoncer les Kulunas contre primes sonnantes et trébuchantes, est la manifestation de cet accaparement . En s’adressant directement aux citoyens, reprécisons le, l’organe présidentiel écarte la police et la gendarmerie. En transformant la collaboration civique en transaction, il installe un régime de suspicion généralisée. La citoyenneté devient marchandisée, la solidarité convertie en opportunisme. Plus encore, la DGSP et la GR fabriquent l’ennemi dont elles ont besoin : le terme « Kulunas », importé de Kinshasa, englobe indistinctement gangs structurés, jeunes marginaux et parfois opposants politiques. Cette catégorisation floue légitime la répression et étend la compétence présidentielle à des domaines jadis dévolus à la justice ordinaire. ( la suite mardi avant de revenir sur le dossier Figa) Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Congo/TRIBUNE. Une semaine au pandémonium !

Congo/TRIBUNE. Une semaine au pandémonium !

OPINION. Même après avoir bu une dame-jeanne de whisky, le pire des poivrots aurait encore assez de discernement pour dire sa consternation devant la réponse que Mr Mboulou entendait apporter aux problèmes sécuritaires qui traumatisent les congolais. La carte d’identité soumise au contrôle dès 21 h, quel aveu d’impuissance ? Des enquêtes sérieuses pour pénétrer les milieux des délinquants et les démanteler semblent plus adaptées, qui ne le comprend pas. Le dire d’un ton martial n’est pas non plus dissuasif. Pourquoi ne pas organiser les Etats généraux de la Police afin de permettre aux policiers de définir leur nouvelle doctrine ? Des jeunes congolais qui déstabilisent la sécurité des citoyens, on n’y peut rien ! Si des djihadistes inspirés rentrent au pays, qu’en serait-il ? Les congolais n’en peuvent plus des impuissances de ce pouvoir : Des pillards en milliards jamais arrêtés, des kulunas non maîtrisés, l’eau, l’électricité, l’école et l’hôpital sans réponses ! C’est à se demander que veut dire gouverner, mieux protéger les biens et les personnes. Et le gouvernement puisque semble-t-il il y en a un, prend-t-il la dimension des choses ? Si oui, où sont les mesures énergiques ? Les inondations outre qu’elles tuent font des sinistrés, là aussi l’état ne fait rien. La France où l’essentiel des cadres ont étudié répond dans le genre avec le plan ORSEC (plan d’urgence polyvalent français de gestion de crise qui organise sous l’autorité du préfet, la mobilisation, la mise en œuvre et la coordination des actions de toute personne publique et privée concourant à la protection générale des populations). L’initier ne demande pas un génie particulier, sinon copier. Rien que copier. Aussi, nul n’est besoin d’étaler ici le mépris et la pitié que m’inspirent les responsables et militants du PCT et apparentés, qui défendent maladroitement M. Lucien EBATA, un compatriote qui vend du pétrole à l’Etat congolais en brandissant son passeport canadien et négocie avec le FMI pour le compte du Congo avec un passeport diplomatique congolais. Si les congolais prenaient conscience qu’une bonne partie du pétrole qu’ils mettent dans leur lampe, n’est pas celui extrait du sous-sol de Pointe-Noire, et que derrière toutes les pénuries qu’ils subissent, il y’a un petit gang autour du Président qui se gavent de milliards, ils feraient moins de louanges à tous ces petits médiocres qui se prennent pour des cracks. Des citoyens congolais, conseillers du Président de la République qui vendent du pétrole à l’Etat congolais, on ne peut même plus parler de conflit d’intérêts, c’est véritable MAFIA. Oui, entendre ces saltimbanques parler de marche vers le développement, quelle crétinerie ? Que Dieu bénisse le Congo-Brazzaville. Laurent DZABAPrésident du Mouvement Panafricain et Citoyen

Message au ministre de l’intérieur de la République du Congo

Message au ministre de l’intérieur de la République du Congo

À Monsieur le Ministre de l’Intérieur Vous avez tenu un discours en ce début d’année qui semble avoir traversé les frontières et acquis l’assentiment d’une grande partie de nos compatriotes. Intervention au cours de laquelle vous avez suggéré (menacé ?) d’introduire des contrôles au-delà de 21 heures avec pour mission, d’appréhender tout individu non-détenteur d’une pièce d’identité qui s’aventurerait hors de chez lui. Ceci pour lutter contre la recrudescence des cas d’incivisme, et prévenir les délits commis par les tristement célèbres bébés noirs encore appelés Kulunas. Il faut croire que vos intentions sont nobles. Sans doute devrait-on applaudir. Heureusement pour vous, votre message est parvenu aux oreilles d’un esprit éclairé. Voici ce qu’il vous répond. En prélude à l’instauration d’une loi, d’une règle susceptible de modifier les habitudes, il serait de bon aloi de consulter le peuple et de toujours y associer des mesures d’accompagnement, des alternatives pour s’assurer du consentement d’une majorité. En passant outre ces préalables, la loi risque de susciter la controverse, voire s’exposer à un rejet massif. Et vous, en tant que principal instigateur, passerez pour un amateur au mieux ou pour un tyran au pire. J’ose croire que vous n’êtes ni l’un ni l’autre. L’épisode du COVID-19 avec son lot de privations progressivement bafouées par une population exsangue ne vous a-t-il donc rien enseigné ? Bien entendu, nous gardons en tête qu’une loi aussi juste soit elle, ne fera presque jamais l’unanimité. Mais la raison se doit de primer.   Si vous résidez en République du Congo comme c’est le cas pour près de 90 % de Congolais, vous êtes donc sans ignorer le calvaire qui est celui de nos compatriotes qui s’engagent dans le processus d’obtention d’une pièce d’identité ou d’un document administratif. Entre lourdeurs administratives, pannes récurrentes des machines, absences d’agents de l’État, absence de réseau informatisé, ruptures de stock, coupures de courant, commissions occultes, nul ne sait où donner de la tête. Nous avons tous en mémoire la révolte de nos jeunes frères bacheliers qui ont dû camper des jours durant devant la préfecture pour se voir délivrer un passeport.   Je vous invite à faire une descente au tribunal de grande instance de Brazzaville. Vous vous rendrez vite compte de la mafia et du désordre qui entourent la délivrance du casier judiciaire et du certificat de nationalité. Des individus se disant démarcheurs, opérant sans mandat étatique pour le bénéfice d’on ne sait qui, s’amusent à convoyer des documents sensibles moyennant paiement au vu et au su des maitres de la loi. J’ai été témoin d’une scène ubuesque dans laquelle des sujets étrangers se sont vus délivrer lesdits documents sur présentation de documents justificatifs à l’origine douteuse. Ce genre de pratique est à proscrire dans un état sérieux, géré par des gens sérieux. Cette supposée injonction si elle est maintenue ouvrira la voie à plusieurs abus, notamment des forces de l’ordre qui se verront pousser des ailes et excéder de zèle en outrepassant leur mandat. Mettez-vous à la place de ces honnêtes citoyens qui souhaiteraient effectuer une promenade nocturne à la corniche. Songez à ces restaurateurs, ces gérants d’établissements hôteliers, de bars, de discothèques, ces femmes de joies qui réalisent le plus gros de leur chiffre d’affaires la nuit. Il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de la débauche, mais de mettre en lumière un fait. N’oubliez pas ces commerçants qui doivent quitter leur domicile tard la nuit ou très tôt le matin pour quérir de la marchandise fraîche. Ayez de la pitié pour ce compatriote pris d’une migraine à minuit et qui ne pourra se procurer une thérapie dans une pharmacie de nuit située à quelques mètres de chez lui, car ne disposant pas d’une pièce d’identité. Pensez à toutes ces autres urgences familiales, médicales qui pourraient ne pas être réglées ou dont le dénouement serait retardé du fait de cette loi mortifère. Vous conviendrez avec moi que, de même que tous les Allemands ne sont pas nazis, de même que tous les arabo-musulmans ne sont pas d’obédience ‘‘Al-qaidienne’’ tous les noctambules et ‘‘Ma tamboula mpipa’’ du Congo ne sont pas Kulunas. Ne faites pas ce malheureux amalgame.  Nous avons déjà la désagréable impression de ne pas choisir librement nos dirigeants. Alors de grâce, ayez la décence de nous laisser vaquer librement à nos occupations lorsque celles-ci ne vont pas à l’encontre des règles élémentaires de bienséance.   Il est particulièrement aisé et dangereux de porter un jugement sur une situation lorsque l’on ne dispose pas de la totalité des faits. Pour cela, il nous faut remonter l’histoire afin de produire une opinion objective. Je souhaiterais rappeler aux amnésiques et à tous ceux qui font semblant de l’être, que la déperdition de la jeunesse congolaise prend son origine dans les années 2000 au lendemain du coup d’État de 1997 et de la longue période d’instabilité qui a succédé. Le phénomène des bébés noirs qui a pris son apogée autour des années 2010 n’est qu’une des nombreuses manifestations du mal-être et du manque de perspectives qui sont le quotidien de nos jeunes compatriotes. Certains parmi nous ont naïvement pensé qu’après l’opération ‘‘Mbata ya bakolo’’ tout rentrerait dans l’ordre. Que nenni. Nous avons assassiné la famille qui demeure l’unité fondamentale d’une nation, la base de toute société. Nous avons asphyxié l’éducation nationale, enterré notre culture pour embrasser celle ‘‘plus moderne, plus sexy’’ des autres et échangé nos aires de loisirs sains contre des lieux de culte et de beuverie. Une fois de plus je vous convie à l’université, au lycée, au collège et à l’école primaire où vous constaterez la vétusté des programmes scolaires, leur manque de diversité, de pertinence, ainsi que leur inadéquation avec le marché du travail et les défis qui sont les nôtres. Obtenir un diplôme universitaire en République du Congo reste un véritable parcours du combattant, tant le chemin est tortueux et jalonné de grèves, d’absences répétées d’enseignants, d’atteintes à l’intégrité des portemonnaies (d’où les fameux NET= notes économiquement transmissibles), et d’atteintes à l’intégrité sexuelle d’étudiantes (et

Congo/Société : un projet d’éradication du phénomène Bébés noirs et Kulunas et leur réinsertion sociale a fait l’objet d’une concertation

Congo/Société : un projet d’éradication du phénomène Bébés noirs et Kulunas et leur réinsertion sociale a fait l’objet d’une concertation

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a organisé, le 29 décembre dernier, en partenariat avec les forces vives, la société civile, l’église, les institutions publiques, une réunion de concertation sur la problématique du phénomène Bébés noirs et Kulunas dans les quartiers de Brazzaville et Pointe-Noire, sous le thème « Droits de l’homme, paix, sécurité dans les quartiers : lutte contre le phénomène des bébés noirs et Kulunas ». Cette concertation qui a pour objectif, trouver des pistes de solutions pour éradiquer le banditisme des rues, notamment, le phénomène des bébés noirs et plus spécifiquement, la restauration de la sécurité durable dans les quartiers et les villages, la réinsertion sociale, scolaire, citoyenne, économique des bébés noirs et Kulunas convertis. Sans oublier, le respect, notamment par la jeunesse, des droits de l’homme et des lois de la République du Congo. « Ce projet est conçu suivant une autre approche de solutions solidaires durables basée sur l’éducation aux droits de l’homme et à la citoyenneté, la mobilisation et la participation communautaires, et le partenariat interacteurs ‘ regroupement, institutions, autorités locales, ONGs, confessions religieuses, familles, écoles, partenaires techniques et financiers) pour aborder autrement, ensemble, le phénomène des bébés noirs et Kulunas », a déclaré Mme Yvette Marie Yolande Ambendet-Mbeto, trésorier de la Commission nationale des droits de l’homme, représentant le président de cette institution empêché. La réunion de concertation s’est basée autour de la problématique du phénomène des bébés noirs et des Kulunas dans les grandes villes (Pointe-Noire et Brazzaville) afin de trouver des pistes de solutions pour leur réinsertion sociale, scolaire et économique dans la société congolaise. Au cours de ces échanges, l’on a suivi tour à tour les témoignages des bébés noirs et Kulunas convertis. Au centre de leurs préoccupations, l’emploi, réinsertion sociale et scolaire et l’apprentissage de métiers. « Il ne suffit de nous apporter ce dont nous avons besoin, cela fera qu’on se détourne de nos activités de violence et de banditismes », a déclaré l’un des anciens gangs. De sa part, le Pasteur Bertrand Chaidaï Ngapoula de l’église « Assemblée Pain de vie de Talangaï, qui a pris en charge quelques-uns des leaders de certains gangs (Arabes et Américains), interpelle les autorités de le soutenir afin d’arriver à éradiquer ce fléau car seul, il ne peut pas au regard de la complexité de la tâche qui l’incombe. Au terme de cette réunion de concertation, les participants vont formuler les suggestions et recommandations aux autorités compétentes pour la mise en œuvre de ce projet. Ainsi, suivant les modalités de cette mise en œuvre dudit projet, les activités de réinsertion envisagées prendront en charge, prioritairement, la première vague pilote des bébés noirs et Kulunas du quartier 65, zone1 de l’arrondissement de Talangaï de Brazzaville. Wilfrid Lawilla

Le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) demande l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur les fosses communes de Maluku et la disparition des enfants de la rue, communément appelés « Schégués », et des « kulunas » à Kinshasa

Le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) demande l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur les fosses communes de Maluku et la	 disparition des enfants de la rue, communément appelés « Schégués », et des « kulunas » à Kinshasa

Le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) souligne l’obligation de la justice qu’il faut rendre à tous nos martyrs et héros qui ont été tués dans notre pays. On n’efface jamais un tableau aussi sombre des massacres d’un peuple. Quel est ce pouvoir qui peut avoir le courage d’effacer un bilan macabre de plus de 8.000.000 de morts. Nous mettons ce pouvoir au défi. Tout pouvoir qui tentera d’effacer le sang de nos martyrs et héros, c’est ce pouvoir qui sera ridiculement effacé un jour par le sang de nos martyrs et héros. Nous disons que personne ne peut se moquer du sang de plus de 8.000.000 de Congolaises et Congolais massacrés sauvagement. Et aucun deal ne peut effacer la justice. C’est cela un Etat de droit. Ce sang réclame justice et la justice aura bel et bien lieu. La vie humaine est sacrée dans notre société et personne ne peut porter atteinte à la vie d’une personne.      C’est dans ce contexte que le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) revient sur les dossiers de fosses communes de Maluku datant de mars 2015  et ceux  des enfants de la rue qui ont disparu depuis 2006 et les «  kulunas », notamment les jeunes qui ont disparu lors de l’opération Likofi entre novembre 2013 et novembre 2014. Environ 421 corps ont été enterrés dans des fosses communes dans la nuit du 18 au 19 mars 2015. Ces fosses communes sont venues après le massacre et la disparition de nos compatriotes lors des manifestations de janvier 2015 à Kinshasa. Depuis 2006, il y a une disparition suspecte des enfants de la rue appelés communément schégués. Lors de l’opération « Likofi » qui signifie en lingala « coup de poing », il y a eu des abus graves, des éliminations extrajudiciaires et des disparitions de plusieurs compatriotes jusqu’à ce jour.      Les kulunas, ayant  été responsables d’une vague de vols à main armée et d’autres actes criminels graves dans la capitale du pays, Kinshasa, depuis 2006, une opération policière de grande envergure a été menée de manière barbare de novembre 2013 à novembre 2014. Ces kulunas étaient réputés pour leur recours à des machettes, des tessons de bouteilles ou des couteaux pour menacer et parfois agresser des personnes afin de leur extorquer de l’argent, des bijoux, des téléphones portables et d’autres objets de valeur. Chose plus grave, certains leaders politiques ont également utilisé ces mêmes  kulunas pour les protéger ou pour intimider leurs opposants en périodes électorales. L’opération Likofi a conduit à des abus criminels graves et à des règlements des comptes qui n’avaient rien à avoir avec cette opération qui a pris une allure terroriste. Beaucoup d’innocents ont été tués et qui ont disparu jusqu’à ce jour.      Il faut aussi une enquête approfondie sur les sévices subis par les personnes qui sont dans les fosses communes et sur d’autres qui ont disparu pour savoir s’il n’y a pas aussi un volet des assassinats pour alimenter le commerce terrible et terroriste des organes humains.      Le CMDC demande une enquête internationale indépendante sur les fosses communes de Maluku, les massacres et disparitions de nos compatriotes à Kinshasa depuis les élections de 2006. Le Gouvernement Congolais devrait prendre ses responsabilités maintenant pour faciliter toutes ses enquêtes. Sa non coopération pour la justice aura des conséquences dramatiques pour ce gouvernement. On ne peut éteindre longtemps un volcan actif, il finit par faire irruption.    Le CMDC demande à toutes les forces congolaises de se mobiliser au pays et dans la diaspora pour la justice à rendre à tous nos martyrs et héros. Personne ne le fera mieux à notre place. Le pays n’a pas besoin de slogans inutiles de l’Etat de droit. Le peuple congolais veut un vrai Etat de droit dans les faits et doit se mobiliser pour cela. Le Peuple Congolais a le devoir sacré de tenir à l’œil le gouvernement congolais pour qu’il ne tente pas d’effacer le tableau sombre de nos martyrs. Nous devons faire attention à certains discours mensongers et scandaleux sur la réconciliation. Cette dernière fait partie de la justice. Si une tentative de réconciliation a pour objectif d’effacer les massacres des populations congolaises, ce n’est pas de la réconciliation, mais de la trahison par une stratégie diabolique d’impunité. Comme le disent beaucoup de nos leaders, un peuple qui oublie ses morts, est un peuple déjà mort.     L’Etat congolais a été incapable de mener des enquêtes sincères sur les massacres et les disparitions parce qu’il est complice. Maintenant, le CMDC demande à l’Etat congolais de prendre ses dispositions pour faciliter une enquête internationale indépendante sur les massacres et les disparitions de nos populations, et surtout le trafic d’organes humains. Le CMDC prend à témoins le Peuple Congolais et toutes les organisations internationales et régionales dont l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Union Africaine (UA) et l’Union Européenne (UE). Fait à Paris, le 22 mars 2019 Pour le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise                                                                                 Jerry IZOUELE DJAMBA Rapporteur du CMDC