Maroc. Tenue du conseil d’administration de la Caisse de compensation sous la présidence de la ministre de l’Economie et des finances

Le Conseil d’administration de la Caisse de compensation s’est réuni, mardi 15 novembre 2022 à Rabat, sous la présidence de la ministre de l’Economie et des finances, madame Nadia Fettah, déléguée par le chef du gouvernement. Ce Conseil se réunit dans une circonstance exceptionnelle caractérisée par de fortes fluctuations des prix des matières premières au niveau des marchés internationaux, la Caisse de compensation ayant continué au cours de l’année 2022 à jouer le rôle qui lui est dévolu pour assurer la stabilité des prix des matières subventionnées et soutenir le pouvoir d’achat des citoyens. Après l’ouverture de ses travaux, le Conseil d’administration a approuvé le procès-verbal de sa réunion tenue le 04 février 2022. Par la suite, les membres du Conseil ont été informés des activités du Fonds de compensation pour l’année 2021 et des recettes des secteurs aidés pour la période du 1er janvier au 31 octobre 2022. Après cela, les membres du Conseil d’administration ont examiné le rapport de l’auditeur externe et du contrôleur d’État au sein de l’établissement pour l’année 2021 et le reste des points à l’ordre du jour de cette session. Enfin, les membres du Conseil d’Administration ont approuvé les résultats de l’exercice fiscal du Fonds de Compensation pour l’année 2021 et un ensemble de décisions. En conclusion, le Conseil d’Administration de la Caisse de Compensation a adressé un message de fidélité et de loyalisme à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu lui l’assiste.
Maroc. La compensation du gaz butane en hausse et celle du sucre en baisse

La charge globale de compensation au titre des subventions à la consommation a atteint 5,07 milliards de dirhams au cours des quatre premiers mois de l’année 2020, selon les derniers chiffres publiés par la Caisse de compensation. Elle s’était élevée à 4,64 milliards de dirhams durant la même période de l’année 2019. Par composante, « la charge de la subvention du gaz butane relative aux quatre premiers mois de l’année 2020 s’est élevée à 3.923 millions de dirhams, contre 3.450 millions de dirhams comparée à la même période de l’année 2019, soit une augmentation de 14% », a-t-elle indiqué. Selon l’institution publique, relevant du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, cet accroissement s’explique essentiellement par « la hausse des cours du gaz butane au premier trimestre de l’année 2020 et par conséquent l’augmentation des prix de la subvention unitaire ». Il est à souligner que cette hausse des prix a été accompagnée de celle des volumes distribués au cours des quatre premiers mois de 2020 et qui se sont élevés à 929.736 tonnes contre 846.827 tonnes durant la même période de l’année écoulée, a indiqué la Caisse de compensation dans son dernier bulletin d’information. L’évolution des quantités de gaz butane a connu ainsi une augmentation de l’ordre de 10%, suite à la forte demande exceptionnelle de butane au début du confinement, relève la même source. En ce qui concerne la charge de compensation du sucre, il ressort des chiffres publiés par la Caisse que son évolution, aussi bien en quantités qu’en valeur, a connu au cours des quatre premiers mois de l’année une diminution de 4% comparée à la même période de l’année 2019. Ainsi qu’elle le souligne dans son dernier bulletin d’information, « la charge de compensation relative au sucre s’est élevée à 1.146 millions de dirhams pour la période allant du mois de janvier à avril de l’année 2020 contre 1.189 millions de dirhams pour la même période en 2019 ». A noter que la régression de l’évolution de la charge de compensation du sucre a également été marquée par la baisse des quantités de ce produit dont le volume est passé de 417.580 tonnes durant les quatre mois de l’année 2019 à 402.455 tonnes au cours de la même période de l’année 2020. Ce qui correspond à une régression de l’ordre de 4%. Dans son dernier rapport, publié le 5 juin dernier, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait indiqué que l’Indice FAO des prix du sucre s’est inscrit en hausse de 7,4% en s’établissant en moyenne à 155,6 points en mai. Soit une hausse de 10,7 points par rapport à avril. « Cette progression des prix internationaux du sucre en glissement mensuel est largement attribuable aux récoltes plus faibles que prévu dans certains des principaux pays producteurs, en particulier en Inde, le deuxième plus gros producteur mondial de sucre, et en Thaïlande, le deuxième plus gros exportateur mondial de sucre », avait indiqué la FAO. L’agence onusienne avait en outre expliqué que « la hausse des cours internationaux du pétrole brut a également contribué à la hausse des cours du sucre, car l’augmentation des prix de l’énergie a tendance à inciter les usines sucrières à utiliser plus de canne à sucre pour produire de l’éthanol, ce qui réduit les disponibilités en sucre sur le marché international ». Et de citer le cas du Brésil, premier exportateur mondial de sucre. Il est à noter que le paiement des encours des dossiers de subvention des produits gaz butane et sucre, arrêté à fin mai 2020, est de 2.197,37 millions de DH (1.697,37 MDH pour le gaz butane et 500,00 MDH pour le sucre). Arrêtés à la même période, les encours des dossiers de subventions au titre du gaz butane et de sucre se sont quant à eux établis à 6.183,11 millions de DH, souligne-t-on dans le bulletin d’information qui les ventile comme suit : 4.384,22 MDH pour le gaz butane et 1.798,89 MDH pour le sucre. Alain Bouithy
Tendance à la hausse des produits alimentaires à l’échelle mondiale: Quel impact sur la caisse de compensation ? (Maroc)

Alors qu’elle n’est déjà plus en odeur de sainteté parmi les donneurs d’ordre publics, la Caisse de compensation pourrait bientôt subir leur ire vengeresse du fait que sa charge risque d’être entraînée vers le haut par l’augmentation des cours mondiaux de certains des produits qu’elle soutient. Selon l’Organisation mondiale des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ces cours ont, en effet, poursuivi leur tendance haussière au cours du mois de janvier dernier. « L’indice FAO des prix des produits alimentaires a affiché une moyenne de 182,7 points au cours de ce mois, soit 0,7% de plus qu’en décembre et 11,3% de plus que l’année dernière à la même période», a relevé l’agence onusienne notant que les huiles végétales et le blé ont pesé le plus dans cet indice synthétisant l’évolution des cotations des denrées alimentaires. A l’exception de la viande dont la courbe des prix ressort en baisse de 4,0%, après onze mois de hausse, toutes les autres denrées ont connu une augmentation à l’échelle mondiale. C’est le cas notamment du sucre et des céréales, deux produits subventionnés au Maroc par la Caisse de compensation. Selon l’agence, l’indice FAO des prix du sucre a enregistré une hausse de 5,5%, en raison des prévisions d’une baisse de la quantité de sucre produite dans plusieurs des principaux pays producteurs. A en croire la FAO, cette hausse « a été atténuée par la faiblesse persistante de la monnaie brésilienne et par la baisse récente des cours du pétrole brut, qui a eu un impact sur la demande en canne à sucre utilisée dans la production d’éthanol ». Au niveau du Maroc, rappelons que la loi de Finances 2020 a prévu une enveloppe de 13,640 milliards de dirhams au titre de la compensation, destinée à soutenir les prix du gaz butane, du sucre et de la farine nationale de blé tendre. Soulignons également que l’année 2019 a été marquée par une fluctuation du prix du sucre. En effet, selon la Caisse de compensation « le prix du sucre brut s’est affiché à son plus haut niveau le mois de décembre 2019 soit 318 dollars la tonne, enregistrant ainsi une augmentation de 5% par rapport au mois de novembre de cette année, et une hausse de 6% comparé au même mois de l’année 2018 ». Dans son bulletin d’information de décembre 2019 (N°10), l’institution publique, créée en 1941 et relevant du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, avait, à cet égard, noté que « la moyenne annuelle des cours du sucre sur les marchés internationaux a enregistré une hausse de 1% comparativement à l’année 2018». Poursuivant son analyse, la Caisse de compensation ajoutait : l’évolution de la charge du sucre aussi bien en volume qu’en valeur, relative aux onze mois de l’année 2019 comparée à la même période de l’année 2018, n’a pas connu de changement. Au final, « la charge de compensation du sucre relative à cette période s’est élevée à 3.159 millions de dirhams, contre 3.171 millions de dirhams pour la même période en 2018 », avait souligné l’institution précisant que la subvention forfaitaire du sucre par kilogramme est figée au niveau de 2,8 DH/kg. Dans une synthèse de son rapport sur la compensation au titre de l’année 2020, la Direction du budget relevant du ministère de l’Economie a relevé qu’hormis une légère reprise en 2016, « le cours moyen du sucre brut s’est inscrit dans une baisse prolongée au titre de ces dernières années en passant d’un pic de 661 $/T en 2011 à 379 $/T en 2017, 293 $/T en 2018, et 291 $/T au titre de la période janvier-septembre 2019 ». Il ressort dudit document qu’au cours de cette même période, « le cours du sucre brut a fluctué entre 261 $/T et 321 $/T, enregistrant une moyenne de 291 $/T, contre 298 $/T au titre de la même période de l’année précédente ». Et le ministère de l’Economie de déduire que « le taux de couverture de la consommation par la production nationale est passé de 20% en 2012 à 49% en 2016, puis est prévu de s’établir à 49% en 2019 ». A l’instar de l’ensemble des principales céréales dont les cours internationaux ont progressé de 2,9% au mois de janvier, les prix du blé ont enregistré la plus forte hausse. Cette forte hausse s’explique par « l’accélération des achats de plusieurs pays dans un contexte de ralentissement des expéditions en France, où les ports étaient en grève, et l’annonce d’une possible mise en place de quotas à l’exportation jusqu’au 30 juin 2020 en Fédération de Russie, en raison de prix intérieurs élevés », a indiqué la FAO. Du côté de notre ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, il ressort de la synthèse dudit rapport qu’« en 2018, la charge de compensation du blé tendre et de la farine s’est située à hauteur de 1501 MDH ». La note indiquait également que « la reconduction du contingent de la farine nationale de blé tendre (FNBT) de 6,5 millions de quintaux a permis de préserver pratiquement le même niveau de la subvention de la FNBT (1003 MDH) ». Plus généralement, le document avait relevé que « le cours du blé tendre sur le marché international a enregistré une moyenne de 189 $/T au cours la période janvier-septembre 2019 pour la référence du blé tendre d’origine française », précisant qu’il s’agit de la 5ème année consécutive où le cours moyen du blé tendre est inférieur à 200 $/T, alors qu’il avait enregistré plus que 300 $/T en 2011, 2012 et presque autant en 2013. Un fait qui commence à pointer le bout de son nez, les précipitations ne semblent pas être au rendez-vous de ce début d’année que tout le monde considère comme important pour la bonne tenue de la céréaliculture nationale. Ce qui sera annonciateur, si la situation se maintient en l’état d’ici mars prochain, d’une ruée vers les importations aussi importante que celle des mauvaises années