
TRIBUNE. Bien de gens ne comprennent pas pourquoi j’affirme que Félix Tshisekedi est isolé diplomatiquement, alors que le Rwanda de Paul Kagame fait face à des sanctions occidentales. Explication.
L’efficacité d’une diplomatie peut s’évaluer au niveau d’acceptation, d’adhésion, de légitimation des actions entreprises par un État au sein de la société internationale. Qu’en est-il de la RD Congo ?
Certains évoquent la pression et les sanctions imposées au Rwanda comme la preuve de l’efficacité de la diplomatie rdcienne. Ce qui est une erreur d’analyse et d’appréciation majeure. En effet, la décision d’imposer des sanctions au Rwanda intervient dans un double contexte régional et géopolitique international particulier. Si la situation en RDC a motivé les sanctions, celles-ci ont été prises indépendamment des démarches entreprises par la RDC depuis l’offensive de Goma. Faut-il rappeler aux amnésiques que le M23 occupe des pans entiers du Nord-Kivu depuis 2021, et qu’il n’y a jamais eu de sanctions sérieuses ?!
Petite parenthèse : il faut toujours garder à l’esprit que les Occidentaux (européens et nord-américains) ont leur façon de procéder quand ils n’apprécient pas ou veulent se débarrasser d’un dirigeant devenu encombrant à leurs yeux. La situation en RDC peut servir de prétexte pour sévir contre Paul Kagame, sans nécessairement que l’on se soucie des intérêts de la RDC. L’éleveur n’engraisse pas le cochon par amour mais par nécessité. Fermons la parenthèse.
Si le Rwanda est, dans une certaine mesure, sous pression occidentale, il n’en demeure pas moins que son président, Paul Kagame, garde la confiance de la plupart de ses pairs africains et dans le monde. Ce qui n’est pas le cas de Félix Tshisekedi, dont le sérieux et la crédibilité sont aujourd’hui questionnés. Aussi, le régime de Tshisekedi est souvent critiqué pour sa gouvernance problématique. Les tensions politiques internes ainsi que les accusations de corruption et de mauvaise gestion des ressources de l’État nuisent à la crédibilité du pouvoir congolais sur la scène internationale.
Tout ceci a des répercussions sur la réputation de la RDC à l’international. Ce qui fait que pas grand monde au niveau régional et continental ne semble prendre le parti ou la défense de la RDC dans le conflit qui l’oppose au Rwanda/M23. Le retrait de la force de la SADC de la RDC est un désaveu diplomatique cinglant qui ne dit pas son nom. Comme l’écrivait fort justement le diplomate français Alain Plantey, « dans la vie diplomatique, on est souvent ce que l’on représente ».
Bref. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que Paul Kagame et son pays (Rwanda) sont sous pression mais pas isolés. Tandis que la RD Congo, qui est sous pression militaire du Rwanda et du M23, n’est pas isolée, mais son président l’est au niveau régional, avec des répercussions non négligeables sur la scène continentale, voire internationale. Ce n’est pas un hasard si Joseph Kabila est de nouveau dans le décor et est invité par certains chefs d’État du continent…
Je bois mon lait nsambarisé…
Par Patrick Mbeko