Congo/Owando : Des motos-taxis en lieu et place de voitures taxis

SOCIETE. A défaut de voitures dont le nombre est totalement insignifiant et assurant le transport des habitants d’un point à un autre de la ville, ce sont des motocycles couramment dénommés Djakarta qui le font toute la de journées à travers la ville-capitale du département de la Cuvette.

Ces motocycles sont actuellement acquis à 450 000 FCFA contre 330 000 FCFA il y a quelques mois. Ce qui montre qu’ils coûtent autant du fait de la demande. Quelques voitures peintes en jaune et rouge font difficilement leur apparition comme taxi mais dans l’indifférence quasi-totale des populations qui préfèrent les motocycles. La plupart de ces motocycles appartient à des citoyens qui les confient à des conducteurs avec obligation de leur faire des versements journaliers de 3 500 FCFA pour une recette journalière de 10 000 FCF ou plus.

Selon un conducteur ayant requis l’anonymat, la petite course de cette moto au départ du marché vers un quartier coûte 250 FCFA contre 150 FCFA il y a quelques mois à cause du fait qu’aucune recette n’était rassurante. Quelques gestes de malhonnêteté ne manquent pas avec des motocyclistes qui augmentent ces prix à la vue de la tête du demandeur en exigeant le versement de la somme de 300 FCFA. Le téléphone est pour la plupart un des outils de travail pour être joints par un client à n’importe quel moment mais à condition de lui verser deux courses, soit le trajet aller et retour.

Selon ce conducteur, le prix de la course a été revu à la hausse à cause du prix du carburant et des conditions difficiles de transport. Il affirme que les recettes sont bonnes au moment des versements des salaires, surtout de celui des fonctionnaires. Mais on finit par retomber très bas dès que les poches des fonctionnaires se revident.

Après cette période salariale, ces recettes baissent entre 6 000 FCFA et 7 000 FCFA, ce qui rend la vie très difficile avec le coup du carburant dont le litre est vendu à des prix selon sa disponibilité sur le marché ou en cas de rareté dans les stations-services. Cette rareté ouvre de ce fait la voie aux revendeurs dans les quartiers, faisant voler le prix du litre à un prix très exorbitant.

Ces conditions de déplacement ne garantissent cependant pas la sécurité avec les risques de mal terminer la journée dans un centre de santé, avec une jambe ou un bras cassé. Pour espérer une recette suffisamment acceptable, certains acceptent des courses en direction d’Oyo à 20 000 FCFA ou 15 000 FCFA lorsque le client discute ou lorsqu’il y a de bons rapports entre le demandeur et le conducteur de la moto. Cette course est fixée à 7 000 FCFA pour le voyage de Makoua, contrée localisée à 72 km.   

Le conducteur a révélé qu’il y a environ 500 à 600 motos dans la ville d’Owando où il n’y a que moins d’une dizaine de voitures taxi. Pour essayer de faire mieux dans leurs recettes, des motocyclistes acceptent que des femmes et des hommes s’asseyent dans des positions dérangeantes, les deux jambes vers le trottoir ou vers la chaussée. Cela avec les risques encourus.

Certains embarquent deux personnes – mères ou pères et enfant ou deux jeunes – sur leur moto, clients et conducteurs minimisant les dégâts. Il a été constaté que plusieurs ont débarrassé leurs motos de tôles protectrices du moteur. L’un d’eux affirment que c’est simplement de la farce pendant que d’autres parlent de mieux se faire de la place pour le transport en une seule course de deux, trois ou quatre passagers.

Ces motos ne servent pas seulement pour le transport des bureaucrates mais également des femmes qui vont aux champs. C’est également le moyen de transport de certains élèves pour se rendre à leur lieu scolaire. C’est sur ces motocycles que les participants au festival culinaire organisé par l’association Femmes de la Cuvette, Vision et Développement Durable de Mme Lydie Pongault, ont assuré leur déplacement pendant leur séjour à Owando, du 1er au 7 mai 2022. Les travaux ont connu la présence de plusieurs personnalités et les cérémonies d’ouverture et de clôture ont été présidées par le préfet du département, Jean Christophe Tchikaya.

Florent Sogni Zaou  

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