Amadou Sy : La croissance économique du Cameroun devrait atteindre 3,5 % pour l’ensemble de l’année 2021

Conseiller au département africain du Fonds monétaire international (FMI), Amadou Sy a mené des entretiens avec les autorités camerounaises du 2 au 22 décembre

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Amadou Sy (FMI)

Après un rebond estimé à 3,5 % en 2021, au lieu de 0,5 % en 2020, la croissance économique du Cameroun devrait se poursuivre en 2022 et 2023, selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI).

« En supposant que la pandémie perdra progressivement du terrain, la reprise qui s’est enclenchée en 2021, portée par le secteur non pétrolier, devrait se poursuivre, avec des taux de croissance atteignant 4,5 % en 2022 et dépassant 4,8 % à partir de 2023 », a annoncé récemment Amadou Sy qui a mené des entretiens à distance avec les autorités camerounaises du 2 au 22 décembre.

« Le déficit budgétaire (sur la base des ordonnancements) devrait s’établir à 3,2 % du PIB en 2021, ce qui est globalement conforme aux objectifs de la loi de finances rectificative (LFR) approuvée en juillet 2021 », a déclaré le conseiller au département africain du FMI au terme de cette mission qui portait sur les consultations de 2021 au titre de l’article IV et sur la première revue des accords au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC).

Dans sa déclaration, Amadou Sy a ajouté que « les recettes pétrolières projetées pour 2021 se situent au-dessous du niveau escompté mais ce manque à percevoir sera compensé par la relative solidité des recettes tirées des secteurs non pétroliers et par la maîtrise des dépenses ».

Il est à noter que les autorités camerounaise et l’équipe de la mission se sont mises d’accord sur un ensemble de mesures et de politiques destinées à renforcer la discipline budgétaire, à remédier de toute urgence aux risques budgétaires posés par des entreprises publiques et à accélérer la mise en œuvre de réformes structurelles, indique le FMI.

Les deux parties se sont accordées « sur des objectifs de politique budgétaire conçus pour préserver la viabilité des finances publiques à long terme tout en soutenant la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement pour 2030 (SND30) », a souligné Amadou Sy rapportant que le pays s’emploie à réduire progressivement le déficit budgétaire en le faisant passer de 3,2 % en 2021 à 2 % en 2022, puis au-dessous de 1 % en 2024, tout en maintenant la dette publique sous la barre des 50 % du PIB.

Selon ce dernier, les autorités camerounaise « comptent également revoir leur stratégie de recettes à moyen terme. Pour cela, elles mettront l’accent sur l’accroissement des recettes tirées du secteur non pétrolier ainsi que sur l’élargissement de la base d’imposition et l’amélioration de la politique fiscale afin d’aider le pays à atteindre son potentiel de recettes ».

Soulignons, par ailleurs, que le gouvernement camerounais s’efforcera également de dégager de l’espace budgétaire pour la SND30 en améliorant le contrôle et l’efficience des dépenses publiques.

Saluant les efforts déployés par les autorités pour avancer dans leur programme de réformes structurelles, la mission du FMI a toutefois estimé que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour veiller à ce que toutes les recettes et les dépenses soient inscrites au budget.

« Il conviendra en parallèle de continuer à œuvrer pour réduire les risques budgétaires, ce qui passera en particulier par une meilleure gestion des entreprises publiques et des passifs conditionnels », a souligné Amadou Sy estimant que les autorités devront également accélérer les efforts en cours pour restructurer la Société nationale de raffinage (SONARA) et apurer les dettes croisées entre les entreprises publiques et l’État.

Avant de conclure que « la réalisation d’une croissance forte, durable et inclusive passerait par une intensification des réformes structurelles afin d’améliorer la gouvernance et la transparence ». 

Martin Kam

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