Maroc. La croissance économique attendue à 4,2% au premier trimestre 2026

Maroc. La croissance économique attendue à 4,2% au premier trimestre 2026

Après une progression modérée au trimestre précédent Après 4% au quatrième trimestre 2025, la croissance économique nationale devrait enregistrer une légère accélération au début de 2026. Elle devrait s’établir à 4,2% au premier trimestre en  rythme annuel, selon les prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP). Cette progression serait, essentiellement, portée par les activités agricoles et tertiaires dont la contribution à la croissance économique globale devrait s’élever à +2,9 points,  a fait savoir l’institution publique dans une synthèse du point de conjoncture du troisième trimestre 2025 et perspectives pour le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026. Le secteur de la construction poursuivrait son évolution au rythme de 3,4%, après la décélération observée à fin 2025, imputable aux interruptions ponctuelles liées aux intempéries de décembre. Plus exposée aux fluctuations de la demande extérieure, l’industrie manufacturière afficherait, à l’inverse, une croissance modérée (+3,1%), reflétant la persistance des pressions sur les marchés d’exportation, souligne le document rendu public récemment. La même source précise que « le scénario de croissance au début de 2026 repose sur un équilibre entre des risques externes plus accentués et des leviers internes de résilience ». D’après l’institution, le ralentissement industriel et le durcissement des contraintes réglementaires européennes pourraient peser plus lourdement sur les exportations et renforcer le déficit commercial, entraînant une croissance moins soutenue que prévu. En contrepartie, le Haut-commissariat soutient que «des facteurs conjoncturels favorables liés à la poursuite d’un régime climatique humide en hiver et le maintien de l’investissement en infrastructures apporteraient des gains plus importants sur la demande intérieure et sur la croissance. S’agissant toujours des perspectives de croissance de ce début d’année, l’organisme s’attend à ce que l’économie nationale évolue dans un environnement marqué par une combinaison de chocs externes et structurels. De l’avis des experts de l’institution, la modération persistante de la demande européenne, accentuée par l’augmentation des droits tarifaires américains et l’intensification de la concurrence chinoise, continuerait de peser sur les exportations nationales. Par ailleurs, « les entreprises exportatrices devraient faire face à un double choc réglementaire sur le marché européen, résultant de la transition vers le régime d’ajustement carbone aux frontières européennes et la mise en œuvre d’une nouvelle législation française limitant le recours à l’offshoring dans les activités de consommation et de prospection », selon le HCP. L’institution s’attend également à la poursuite du ralentissement de la demande extérieure, amorcé au troisième trimestre 2025 et accentué en fin d’année. Ce qui, explique-t-elle, ramènerait l’accroissement du volume des exportations nationales de biens et services à +3,9%, en variation annuelle, au lieu d’une croissance moyenne de +10,4% par trimestre au cours du dernier quinquennat. Enfin, face à ces contraintes, le scénario le plus plausible est celui d’une résilience de la croissance économique nationale reposant, principalement, sur les facteurs internes, « avec une demande intérieure en progression continue, grâce au regain des activités agricoles et à la poursuite des faibles tensions sur les prix ». Alain Bouithy

Maroc. Décélération de la croissance économique nationale au troisième trimestre 2025

Maroc. Décélération de la croissance économique nationale au troisième trimestre 2025

Malgré le redressement du secteur agricole à 4,4 %, après une baisse de 5,1% La croissance économique marocaine s’est décélérée au cours du troisième trimestre 2025. Selon le Haut-commissariat au plan, elle s’est établie à 4% contre 5% à la même période en 2024. Ce ralentissement s’explique principalement par le repli des activités non agricoles, dont la croissance a accusé une baisse durant la même période, tandis que le secteur primaire a enregistré une augmentation contre une baisse au cours de la même période en 2024. Dans le détail, la valeur ajoutée du secteur secondaire en volume, corrigée des variations saisonnières (cvs), a enregistré un ralentissement de son rythme de croissance passant de 6,9% au même trimestre de l’année 2024 à 3,8%. L’institution publique justifie cette évolution par la décélération des taux de croissance des valeurs ajoutées des activités du bâtiment et travaux publics (5,6% au lieu de 6,8%), des activités de l’industrie d’extraction (5,2% au lieu de 14%) et des industries de transformation (2,6% au lieu de 6,6%). Ce, en dépit de l’accélération enregistrée par les activités de l’électricité et de l’eau, dont la croissance est passée de 4,6% à 5,9%. En ce qui concerne la valeur ajoutée du secteur tertiaire, l’arrêté des comptes nationaux du troisième trimestre 2025 met en évidence « une décélération de son taux de croissance, passant de 5% au même trimestre de l’année 2024 à 4,2% au cours de ce trimestre». Le HCP précise que cette évolution a été marquée par le ralentissement des activités de l’hébergement et la restauration (7,4% au lieu de 12,3%), des services financiers et assurances (6,8% au lieu de 7,9%), des services de l’éducation, de la santé et des activités d’action sociale (5,7% au lieu de 6,8%), du transport et entreposage (3,5% au lieu de 7,5%), du commerce et réparation de véhicules (3,2% au lieu de 4,7%), de la recherche et développement et des services rendus aux entreprises (2,8% au lieu de 4,3%) ainsi que de l’information et la communication (1,5% au lieu de 2,2%). Dans sa récente note d’information synthétisant la situation économique nationale au troisième trimestre 2025, l’organisme public fait également état de l’amélioration des activités des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale (4,8% au lieu de 4,3%) et des services immobiliers (0,9% au lieu d’une baisse de 1,7%). En conséquence, « la valeur ajoutée du secteur non agricole a connu un ralentissement de son taux de croissance passant de 5,7% au troisième trimestre de l’année 2024 à 3,8% durant ce trimestre », a-t-il déduit. Toujours selon le Haut-commissariat, la valeur ajoutée du secteur primaire a progressé de 2,6% au troisième trimestre 2025, contre une baisse de 4,2% au cours de la même période en 2024, suite à la «hausse de l’activité agricole, à 4,4% au lieu d’une baisse de 5,1% l’année précédente, et de la baisse de l’activité de la pêche, à −24,4% au lieu d’une hausse de 13,4%». A noter la hausse de la demande intérieure qui a bondi de 7,6% au troisième trimestre 2025 au lieu de 5,9% la même période de l’année 2024, contribuant ainsi pour 8,3 points à la croissance économique nationale au lieu de 6,5 points. Par ailleurs, au niveau des échanges extérieurs, il ressort que les importations de biens et services en volume ont bondi de 15,3%, contre 11,1% au cours de la même période en 2024, ce qui a entraîné une contribution négative à la croissance de 7,7 points, contre −5,8 points l’année précédente, selon les explications du HCP. Alain Bouithy

Maroc : la croissance économique bondit à 5,5% au deuxième trimestre 2025

Maroc : la croissance économique bondit à 5,5% au deuxième trimestre 2025

ACCELERATION. L’économie marocaine accélère sa croissance au deuxième trimestre 2025. Selon les statistiques publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance économique nationale s’est établie à 5,5% contre 3% durant la même période de l’année 2024. « Cette croissance a été portée par la demande intérieure, dans un contexte marqué par une maîtrise de l’inflation et une aggravation des besoins de financement de l’économie nationale », a précisé l’institution publique dans sa note d’information sur la situation économique nationale 2025. La même source annonce également une hausse de 5,5% des activités non agricoles au cours de cette période tandis que celles du secteur agricole ont progressé de 4,7%. Dans le détail, la valeur ajoutée du secteur primaire a progressé de 4,2% au deuxième trimestre 2025 après une baisse de 4,8% durant la même période de l’année 2024. « Cette évolution est le résultat de la hausse de 4,7% de l’activité de l’agriculture au lieu d’une baisse de 4,4% une année auparavant et de la baisse de celle de la pêche de 7,7% au lieu d’une baisse de 12,4% », a indiqué l’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. De son côté, la valeur ajoutée du secteur secondaire en volume a affiché une hausse de 7,4% au lieu 3,1% au deuxième trimestre de l’année précédente. Le Haut-commissariat attribue cette progression à la hausse des valeurs ajoutées des activités du bâtiment et travaux publics (6,7% au lieu de 3,6%), de l’électricité et eau (8,9% au lieu d’une baisse 5,2%), des industries de transformation (6,9% au lieu de 2,6%) et du ralentissement des activités de l’industrie d’extraction à 10,9% au lieu de 20%. Toujours selon le HCP, la valeur ajoutée du secteur tertiaire, pour sa part, a enregistré une augmentation de son taux d’accroissement au cours de ce trimestre, atteignant 4,8% au lieu de 4,2% le même trimestre de l’année précédente. La VA du secteur a été marquée par l’amélioration des activités de l’hébergement et la restauration (10,5% au lieu de 9,4%), des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale (4,8% au lieu de 3,9%), du commerce et réparation de véhicules (4,4% au lieu de 3,4%) ainsi que de la recherche et du développement et des services rendus aux entreprises (4,2% au lieu de 3,7%). Dans sa note d’information, le Haut-commissariat ajoute qu’elle a également été marquée par l’amélioration des activités de l’information et la communication (2,5% au lieu de 2,3%), des services immobiliers (0,8% au lieu d’une baisse de 1,6%) ainsi que du ralentissement des activités des services de l’éducation, de la santé et des activités de l’action sociale (5,7% au lieu de 6,4%) et du transport et entreposage (4,3% au lieu de 7,9%). Alain Bouithy

Guinée : renforcer la résilience climatique et la croissance économique avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale

Guinée : renforcer la résilience climatique et la croissance économique avec le soutien du Groupe de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un crédit de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour le Projet de pêche et d’aquaculture de Kounki de Guinée.Ce projet vise à renforcer la résilience climatique et à développer la chaîne de valeur dans les communautés de pêche et d’aquaculture dans les zones ciblées. Il s’agit d’améliorer l’adaptation par des opportunités d’emploi accrues, la diversification des moyens de subsistance et l’accès au financement pour les PME du secteur. Le projet prévoit également l’amélioration des infrastructures pour réduire les risques de catastrophe, la promotion de pratiques climatiques intelligentes et le renforcement des systèmes de gestion des pêches et des mangroves grâce à des approches scientifiques et communautaires. En complément des 100 millions de dollars, le projet Kounki bénéficie également d’un cofinancement de 20 millions d’euros de l’Agence française de Développement et d’une subvention de 5 millions de dollars de PROBLUE, portant le montant total à 128 millions de dollars auxquels s’ajoutent 4 millions d’euros issus du Contrat de Désendettement et de Développement France-Guinée (C2D). Ces financements de l’IDA et des partenaires représentent une étape significative dans leur engagement à promouvoir le développement durable et à réduire la pauvreté en Guinée. « Nous nous engageons à soutenir la Guinée dans son parcours vers le développement durable. En investissant dans la résilience des communautés de pêche et d’aquaculture, nous répondons aux défis immédiats, et nous posons également les bases de la croissance économique à long terme et de la sécurité alimentaire, » a déclaré Issa Diaw, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale pour la Guinée. « Le projet Kounki permettra de stimuler la transformation structurelle en renforçant la capacité d’adaptation des communautés de pêche et d’aquaculture, particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique. » Le projet Kounki devrait améliorer considérablement les moyens de subsistance des communautés côtières de la Guinée en leur fournissant les outils et les ressources nécessaires pour s’adapter aux impacts du changement climatique. En promouvant des pratiques durables et en améliorant l’accès au financement, le projet vise à favoriser une économie plus résiliente et inclusive. « Le Projet de pêche et d’aquaculture de Kounki marque un tournant stratégique majeur dans notre ambition à transformer le secteur des pêches de la Guinée », a déclaré Mme Fatima Camara, Ministre des pêches et de l’économie maritime. « À travers cet appui substantiel du Groupe de la Banque mondiale et de ses partenaires, nous visons à améliorer les moyens de subsistance de nos communautés, à protéger nos ressources naturelles et à garantir que nos pêches contribuent de manière significative au développement de notre pays. » Le projet Kounki contribue à la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la Guinée « Simandou 2040 » et de la Stratégie Halieutique (2022-2027). Il soutiendra les réformes et investissements prioritaires clés liées au renforcement de la gouvernance des pêches, au développement des chaînes de valeur des pêches artisanale et de l’aquaculture, à la protection des écosystèmes et à la création d’un environnement favorable aux investissements du secteur privé. BM

La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,6% en 2025 et de 3,5% en 2026 pour le Maroc

La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,6% en 2025 et de 3,5% en 2026 pour le Maroc

Mise à jour des «Perspectives économiques mondiales» La croissance économique du Maroc devrait s’accélérer au cours de l’année 2025, selon les récentes projections de la Banque mondiale.  Elle devrait « atteindre 3,6% en 2025, sous réserve d’une amélioration des conditions climatiques permettant une reprise de la production agricole », indique une mise à jour de ses « Perspectives économiques mondiales ». Selon l’institution financière internationale, l’économie marocaine devrait ralentir à 3,5% en 2026 avant de se redresser en 2027 pour s’établir à 3,6%. Cette année, poursuit-elle, «l’activité industrielle devrait faiblir, en partie en raison de la baisse des prix du phosphate dans un contexte de demande extérieure réduite». Par ailleurs, d’après toujours ses projections, les politiques budgétaires des pays importateurs de pétrole dont le Maroc devraient être restrictives cette année. Alors que la reprise du tourisme devrait contribuer à la réduction des déficits courants dans plusieurs pays importateurs de pétrole, les experts de la Banque mondiale s’attendent, en revanche, à ce que la hausse de la demande intérieure contribue à creuser le déficit au Maroc.S’agissant des perspectives dans la région MENA, l’institution de Bretton Woods indique que la croissance devrait s’établir à 2,7% en 2025 puis bondir à 3,7% en 2006 et à 4,1% en 2027. «Cette dynamique s’explique en grande partie par une expansion progressive de la production pétrolière qui fait plus que compenser les effets de la baisse des prix du pétrole, et ce malgré les contraintes qui pèsent sur les exportations du fait de l’augmentation des barrières commerciales », selon la BM. En raison principalement des effets de la hausse des restrictions commerciales et des incertitudes sur les investissements et les activités d’exportation, l’institution précise que ses prévisions de croissance ont été revues à la baisse par rapport au mois de janvier. A noter que la croissance dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devrait se renforcer progressivement pour atteindre 3,2% en 2025, 4,5% en 2026 et 4,8% en 2027. En dépit de la baisse prévue des prix pétroliers dans un contexte d’affaiblissement de la demande mondiale,  la Banque mondiale s’attend à ce que l’assouplissement des quotas entraîne une augmentation de la production pétrolière, ajoutant que l’expansion de l’activité non pétrolière devrait en outre continuer de tirer la croissance. De l’avis de l’institution, l’activité devrait être freinée dans plusieurs pays exportateurs de pétrole non membres du CCG, par la baisse des prix du pétrole et le recul de la demande extérieure. Dans les pays importateurs de pétrole, les prévisions anticipent une accélération de la croissance à 3,6% en 2025, 3,9% en 2026 et 4,3% en 2027. Ce qui « s’explique principalement par le renforcement de la consommation privée à la faveur du ralentissement de l’inflation, par la reprise de la production agricole et par l’hypothèse d’une atténuation des tensions géopolitiques », indique-t-on. Des projections de la Banque mondiale, il ressort que la croissance de l’économie égyptienne devrait progresser en raison « du déploiement de l’accord d’investissement conclu avec les Emirats arabes unis », ajoutant qu’elle devrait se raffermir au Maroc et en Tunisie avec l’amélioration attendue des conditions météorologiques. Au niveau de l’Afrique subsaharienne, les données montrent que la croissance devrait se renforcer pour atteindre 3,7% en 2025 et s’établir en moyenne à 4,2% en 2026-2027. Ces projections restent dépendantes de l’environnement extérieur, de l’évolution de l’inflation et des conflits régionaux. Il n’empêche que «dans un contexte général de perte de vitesse des économies émergentes et en développement, l’Afrique subsaharienne est l’une des deux régions du monde qui devraient voir sa croissance s’accélérer au cours de la période de prévision », fait savoir la BM. Alain Bouithy

Maroc. La Banque mondiale prévoit une croissance économique de 3,6% en 2025

Maroc. La Banque mondiale prévoit une croissance économique de 3,6% en 2025

Le Royaume appelé à poursuivre les réformes structurelles pour faire face aux récents chocs et aux défis de l’emploi  Les perspectives économiques du Maroc devraient rester solides, a annoncé  la Banque mondiale (BM) soulignant une inflation maîtrisée, une position extérieure robuste, une trajectoire régulière vers l’assainissement budgétaire et un ratio dette/PIB stable. Selon les dernières prévisions de l’institution financière internationale, la croissance économique du Maroc devrait atteindre 3,6% au titre de l’année 2025. Un engagement fort en faveur de la modernisation devrait améliorer l’environnement des affaires, stimuler la croissance et favoriser un marché du travail plus inclusif, selon l’institution internationale L’amélioration des conditions climatiques devrait permettre une reprise partielle de la production agricole, avec une hausse prévue de 4,5% du PIB agricole, a indiqué la Banque mondiale soulignant que la croissance non agricole devrait, pour sa part, ralentir légèrement à 3,5 %, en raison d’effets de base. Face aux chocs récents et aux défis liés à l’emploi, notamment ceux auxquels sont confrontés les jeunes Marocains, « la poursuite des réformes demeure essentielle pour soutenir la croissance économique », a toutefois estimé Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de Division pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale. « Cela nécessitera des améliorations ciblées de l’environnement des affaires », a-t-il expliqué lors d’une table ronde de discussion autour des conclusions du nouveau Rapport de suivi de la situation économique au Maroc de la BM intitulé « Prioriser les réformes pour améliorer le climat des affaires ». De l’avis des experts de la Banque mondiale, d’importants défis socioéconomiques demeurent, relevant le récent choc inflationniste qui a érodé le pouvoir d’achat des ménages et entraîné une baisse des indicateurs de confiance. « Bien que les marchés du travail urbains se soient améliorés, avec environ 162.000 emplois créés en 2024, la création d’emplois reste un défi majeur », a indiqué l’institution rappelant que la population en âge de travailler a augmenté de plus de 10% au cours de la dernière décennie, tandis que l’emploi n’a progressé que de 1,5%. Pour la Banque mondiale, « cet écart est influencé par les effets persistants des chocs post-pandémiques, les impacts tardifs des réformes récentes et le faible niveau de participation des femmes au marché du travail ». Il est à noter que le rapport comprend un chapitre spécial consacré au climat des affaires au Maroc et mettant en lumière les opportunités de réformes. Selon le document, qui s’appuie sur les données issues du rapport Business Ready publié en 2024, « le Maroc affiche de meilleures performances que les pays à revenu comparable en matière de cadres réglementaires et de services publics, mais accuse un retard en ce qui concerne l’efficacité opérationnelle ». De l’avis des experts de la Banque mondiale, la lutte contre les coûts élevés et les obstacles à l’embauche formelle, la clarification des procédures, l’optimisation des processus numériques et de la transparence dans la résolution des litiges, ainsi que la finalisation du cadre juridique et la numérisation des services liés aux cas d’insolvabilité constituent les principales pistes d’amélioration. Il est important de souligner que cette section intègre également une analyse des pratiques de pays performants afin d’éclairer la hiérarchisation des réformes à venir, peut-on lire. Toujours selon la BM, « le rapport montre qu’avec des réformes stratégiques et un engagement fort en faveur de la modernisation, le Maroc dispose d’un potentiel considérable pour améliorer son environnement des affaires, stimuler la croissance économique et favoriser un marché du travail plus inclusif ». Revenant sur l’évolution de l’économie marocaine en 2024, l’organisation internationale a indiqué que la croissance globale du produit intérieur brut (PIB) du Maroc a ralenti à 3,2%, sous l’effet de la sécheresse. Portée par la revitalisation du secteur industriel et le rebond de la formation brute de capital, la croissance non agricole s’est, de son côté accélérée pour atteindre un taux estimé à 3,8%. Etant donné que l’inflation est passée sous la barre de 1%, « Bank Al-Maghrib a pu amorcer un assouplissement de sa politique monétaire », a-t-elle fait remarquer relevant que « la position extérieure du Maroc demeure stable, avec un déficit modéré du compte courant financé par des flux d’investissements directs étrangers croissants, soutenus par la solidité de la confiance des investisseurs ». Ainsi, en dépit de pressions sur les dépenses, le ratio dette/PIB diminue progressivement, a ajouté l’institution. Alain Bouithy

Maroc. Pour stimuler la croissance économique et l’emploi: Bank Al-Maghrib abaisse son taux directeur

Maroc. Pour stimuler la croissance économique et l’emploi: Bank Al-Maghrib abaisse son taux directeur

ECONOMIE. Contre toute attente, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé mardi 19 de réduire son taux directeur, pour la deuxième fois consécutive et la troisième depuis juin 2024, de 25 pb à 2,25% contre 2,50% précédemment. La décision d’abaisser son taux directeur prend de court les investisseurs et diverses analyses qui pronostiquaient son maintien à son précédent niveau au motif que l’évolution de l’inflation justifiait une stabilité et que des incertitudes persistantes entouraient les perspectives économiques à moyen terme. Cependant, lors de sa première réunion trimestrielle au titre de l’année 2025, la Banque centrale en a décidé autrement, justifiant que sa décision tient « compte de l’évolution prévue de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix et en vue de renforcer son soutien à l’activité économique et à l’emploi ». Comme à son habitude, le Conseil a en outre affirmé qu’«il  continuera de suivre de très près l’évolution de la conjoncture et de fonder ses décisions réunion par réunion sur la base des données les plus actualisées ». Lors de cette session, qui a analysé l’évolution de la conjoncture économique, nationale et internationale, et celle récente en matière de politiques publiques au Maroc, ainsi que les projections macroéconomiques de la Banque à moyen terme, le Conseil a relevé la dynamique notable de l’activité dans les secteurs non agricoles, tirée en particulier par l’investissement, principalement dans les infrastructures. Bien qu’en nette amélioration depuis le début de ce mois, la production du secteur agricole continue de pâtir des conditions climatiques défavorables, a noté le Conseil. Après deux années de niveaux élevés, l’inflation a  de son côté connu un ralentissement très sensible en 2024, revenant à 0,9% en moyenne. Selon les projections de Bank Al-Maghrib, elle devrait s’accélérer, tout en restant à un niveau modéré oscillant autour de 2% au cours des deux prochaines années. S’agissant de sa composante sous-jacente, le Conseil indique qu’elle est ressortie à 2,2% en 2024 et évoluerait également autour de 2% à moyen terme. Il souligne toutefois que ces perspectives demeurent entourées de fortes incertitudes liées notamment, au plan externe, à la persistance des tensions géoéconomiques et à leurs implications sur l’inflation mondiale, et au plan interne, à l’évolution de l’offre de produits agricoles. Qu’à cela ne tienne, « le Conseil a, par ailleurs, noté que les anticipations d’inflation restent ancrées, les experts du secteur financier s’attendant au premier trimestre 2025 à des taux moyens de 2,2% pour l’horizon de 8 trimestres et de 2,4% pour celui de 12 trimestres ». Sur le volet de la transmission de ses décisions, le Conseil a indiqué que les données collectées au quatrième trimestre 2024 montrent une baisse de 35 points de base (pb) des taux débiteurs assortissant les crédits bancaires au secteur non financier, comparativement au deuxième trimestre de la même année, contre une réduction de 25 pb du taux directeur au cours de la même période. Il est important de noter que Bank Al-Maghrib a mis en place un nouveau programme de soutien au financement bancaire des très petites entreprises (TPE), avec en particulier un refinancement des banques participantes à un taux préférentiel égal au taux directeur minoré de 25 pb. Selon le Conseil, « ce dispositif et l’engagement exprimé par le secteur bancaire devraient améliorer l’accès au financement de cette catégorie d’entreprises et renforcer sa contribution à la création d’emplois dans notre pays ». Alain Bouithy

Nouveau rapport de la Banque mondiale : croissance économique en Tunisie et perspectives pour son système fiscal

Nouveau rapport de la Banque mondiale : croissance économique en Tunisie et perspectives pour son système fiscal

L’économie tunisienne a enregistré une croissance de 0,6 % au premier semestre 2024, marquant une légère amélioration par rapport à 2023, selon la dernière édition du rapport sur la conjoncture économique de la Banque mondiale. Des signes encourageants apparaissent, notamment une amélioration du solde extérieur et une réduction de l’inflation. Parallèlement, si le secteur agricole montre des signes de reprise, d’autres secteurs clés, dont le pétrole et le gaz, l’habillement et la construction, continuent rencontrer des obstacles. Le rapport intitulé « Équité et efficience du système fiscal tunisien » prévoit une croissance de 1,2 % pour 2024. Cette performance intervient dans un contexte de ralentissement de la croissance économique au cours de la dernière décennie, marqué par des taux d’investissement et d’épargne modérés. Le rapport insiste sur la nécessité d’augmenter les investissements pour soutenir la croissance et renforcer la concurrence. Les énergies renouvelables font figure de secteur dynamique où les investissements et la concurrence progressent, avec la mise en œuvre d’un ambitieux programme tunisien prévoyant la construction de 500 mégawatts de capacité via des projets solaires dans les régions de Kairouan, Sidi Bouzid et Tozeur. De plus, le gouvernement prévoit 1.700 mégawatts supplémentaires d’ici 2026, visant à porter la part des énergies renouvelables à 17 % du mix électrique et ainsi économiser 1 million de tonnes d’équivalent pétrole en importations de gaz, soit environ 30 % des importations totales de gaz en 2023. La Tunisie est aussi parvenue à contenir son déficit courant, principalement grâce à une amélioration des termes de l’échange, dont la baisse des coûts d’importation d’énergie et la hausse des prix à l’exportation de l’huile d’olive, en plus du rebond du secteur touristique. Le déficit commercial a baissé de 3,4 % sur les neuf premiers mois de 2024 par rapport à l’année précédente, représentant désormais 7,8 % du PIB, contre 8,8 % en 2023. L’inflation est tombée à 6,7 % en septembre 2024, son niveau le plus bas depuis janvier 2022, tandis que l’inflation alimentaire reste stable à 9,2 %. La Tunisie s’oriente de plus en plus vers des sources de financement internes, la dette intérieure étant passée de 29,7 % de la dette publique totale en 2019 à 51,7 % en août 2024. Cette tendance oriente une part croissante des financements des banques vers les besoins du gouvernement et les éloigne du reste de l’économie. Elle présente également des défis pour la monnaie et la stabilité des prix. La seconde partie du rapport examine le système fiscal tunisien, soulignant l’importance d’un meilleur équilibre entre la fiscalité sur le travail et celle sur le capital pour promouvoir une approche plus équitable. Actuellement, la charge fiscale sur le travail, y compris les importantes cotisations sociales, même pour les personnes à faible revenu, peut encourager l’informalité, freiner l’embauche et limiter les salaires. Le rapport recommande aussi davantage de transparence au sein du système fiscal pour renforcer l’équité et la responsabilité. L’instauration d’une taxe foncière annuelle et l’augmentation des taxes sur les carburants en 2023 ont constitué des mesures positives, et un rééquilibrage de la structure fiscale et un renforcement de la taxe carbone contribueraient à un cadre économique plus stable et durable. « Malgré des défis persistants, l’économie tunisienne continue de faire preuve de résilience, et de nouvelles opportunités se présentent, souligne Alexandre Arrobbio, responsable des opérations de la Banque mondiale pour la Tunisie. La Banque mondiale reste déterminée à soutenir la Tunisie à relever les défis soulignés dans le rapport, en particulier pour soutenir la croissance et le développement du secteur privé. » BM