RDC: le prix d’une tonne d’aluminium en baisse de 0,76% à l’international

Le prix d’une tonne d’aluminium, produit d’exportation de la République démocratique du Congo, a accusé une baisse de 0,76% en se négociant à 1.487,29 USD sur les marchés internationaux au 19 janvier contre 1.498,75 USD la semaine précédente, selon les mercuriales consultées jeudi par l’ACP. «La tonne d’aluminium observe une baisse de prix sur le marché international durant la semaine du 26 au 31 janvier 2026, Ce produit se négocie à 1.487,29 dollars américains contre 1.498,75 USD la semaine précédente, soit un recul de 0,76% la tonne», a-t-on lu dans les mercuriales du Commerce extérieur. Comparé aux semaines précédentes, soit du 12 au 17 janvier et du 19 au 24 janvier 2026, ce produit avait connu respectivement de hausses respectives en se négociant à 1.432,60 dollars américains contre 1.385,96USD soit une augmentation de 3,36% et à 1.498,75USD contre 1.432,60USD la semaine précédente, soit une augmentation de 35,97% la tonne. Selon la même source, la tonne d’aluminium a accusé une baisse de prix sur les marchés internationaux durant la semaine du 22 au 27 décembre 2025, en se négociant à 1.345,07 USD contre 1.346,96USD la semaine précédente, soit un recul de 0,14%. La hausse, la baisse et la stabilité des prix des produits miniers marchands, agricoles et menus forestiers, a précisé le document, sont consécutives à l’offre et à la demande sur le marché international ainsi qu’à la chaîne d’approvisionnement. Ces fluctuations ont un impact direct sur l’économie congolaise, fortement dépendante des exportations des matières premières, notamment dans le secteur minier. L’aluminium est utilisé essentiellement dans la fabrication d’une multitude de produits dans diverses industries, notamment automobile, aérospatiale, électricité, énergie, et la construction. Il est utilisé pour produire des tôles, des fils, des tubes, et d’autres composants spécialisés, exploitant les propriétés remarquables de l’aluminium, comme sa légèreté, sa résistance à la corrosion, et sa bonne conductivité électrique et thermique. Par ailleurs, la production mondiale minière d’aluminium est dominée par la Chine, l’Inde, la Russie et le Canada, qui sont les principaux exportateurs mondiaux de ce produit. ACP
RDC/Page d’histoire. Il était une fois Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kabila

(Ou l’histoire de la longue lutte entre les deux Désiré !) Il y a exactement 28 ans (mai 1997-mai 2025), Laurent-Désiré Kabila mettait un terme au règne du Maréchal Mobutu. Mais beaucoup de congolais n’ont retenu que la rencontre sur le navire de guerre sud-africain « Outeniqua », oubliant que les deux Désiré se livraient déjà à une confrontation à distance dès l’indépendance. Voici un condensé de leurs parcours croisés, jalonnés d’affrontements constants. Et un survol rapide de notre histoire contemporaine. Deux prénoms composés Le premier Désiré, Joseph-Désiré Mobutu, est né le 14 octobre 1930 à Lisala dans l’actuelle province de la Mongala. Il est le fils d’Albéric Gbemani et de Madeleine Yemo. Les deux parents sont de la tribu ngbandi. Le second Désiré, Laurent-Désiré Kabila, est, quant à lui, né le 27 novembre 1941 à Likasi, dans la province du Haut-Katanga. Fils de Désiré Taratibu Kabila (mais l’histoire a retenu juste le nom de Désiré Taratibu), un luba du Katanga et de Jeanine Mafik, fille d’un grand notable lunda, membre de la cour de l’empereur Mwant Yav. Deux jeunes nationalistes-lumumbistes Le 30 juin 1960, le jour de la proclamation de l’indépendance du Congo, les deux Désiré sont membres du courant nationaliste-lumumbiste. En effet, Joseph-Désiré Mobutu est membre du parti politique MNC-L (Mouvement National Congolais) présidé par Patrice Emery Lumumba. C’est sur le quota politique du MNC-L que Joseph-Désiré Mobutu est nommé vice-ministre à la Primature. A l’époque, on disait secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil. Laurent-Désiré Kabila, qui a 19 ans, est, de son côté, président de la Jeunesse Balubakat (Jeukat). La Balubakat (Baluba du Katanga) est le parti politique présidé par Jason Sendwe. C’est un parti nationaliste allié au MNC-L et membre du gouvernement Lumumba. Moïse Tshombe fait sa sécession Le 11 juillet 1960, le gouverneur du Katanga, Moïse Tshombe, président du parti politique Conakat, avec le soutien de l’armée belge déployée à Lubumbashi et qui a désarmé les militaires congolais de l’ANC, proclame l’indépendance de sa province. C’est la sécession de l’Etat Indépendant du Katanga. Le gouvernement Lumumba condamne l’action de Moïse Tshombe et l’ingérence de la Belgique. La Balubakat de Sendwe condamne aussi cette sécession katangaise et décide de la combattre militairement. La Jeukat de Laurent-Désiré Kabila devient une milice armée. Le combat pour l’unité du Congo Le premier ministre Lumumba a réintégré Joseph-Désiré Mobutu dans l’armée en lui donnant le grade de Lieutenant-Colonel et la fonction de Chef d’état-major de l’ANC (Armée Nationale Congolaise). Et l’ANC va se mettre à envoyer des armes et des munitions à la milice Jeukat de Laurent-Désiré Kabila pour combattre la sécession katangaise. Pour Moïse Tshombe, Laurent-Désiré Kabila et les autres membres de la Balubakat deviennent des rebelles. Le conflit Kasa-Vubu et Lumumba Le 5 septembre 1960, un conflit éclate au sommet de l’Etat. Le président Joseph Kasa-Vubu révoque le premier ministre Patrice Lumumba et ce dernier démet le président Kasa-Vubu. C’est la confusion. Le Parlement annule les deux décisions et met en place une commission compromissoire pour réconcilier les deux leaders. L’ambassadeur américain menace le président Kasa-Vubu de lui couper l’aide s’il se réconcilie avec Lumumba. Le Parlement finira par accorder les pleins pouvoirs au premier ministre Lumumba. En réaction, le président Kasa-Vubu suspend le Parlement. Dans ce conflit, le colonel Joseph-Désiré Mobutu, le numéro un de l’armée, choisit le camp du président Kasa-vubu. Pour Laurent-Désiré Kabila, Mobutu a trahi la cause nationaliste en lâchant Lumumba. L’assassinat de Patrice Lumumba Le 2 décembre 1960, Patrice Lumumba, qui s’est échappé de sa résidence surveillée, est arrêté à Lodi par les militaires que Joseph-Désiré Mobutu avait lancés à ses trousses. Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba et ses deux compagnons, Maurice Mpolo et Joseph Okito, sont transférés au Katanga où ils sont assassinés sans jugement. Laurent-Désiré Kabila est très affecté par cet assassinat de son leader nationaliste. Plus tard, dans un moment d’émotion, il dira à sa mère qu’il sera un autre Lumumba et que Mobutu, tôt ou tard, payera pour sa trahison. Laurent-Désiré Kabila et Soumialot lance la rébellion à l’Est. Au mois d’avril 1964, Laurent-Désiré Kabila et Gaston Sumaili dit Soumialot lancent la rébellion-révolution des Simba (Lions) contre le régime du président Kasa-vubu et l’armée du général Joseph-Désiré Mobutu. En quelques mois seulement, les Simba, que la population a surnommés » les Mayi-mayi « , prennent le contrôle d’une grande partie du territoire national se trouvant à l’Est. Après la prise de Kisangani, Christophe Gbenye, le chef du mouvement politico-militaire CNL (Conseil National de Libération) se proclame président de la République Populaire du Congo. Laurent-Désiré Kabila est membre de son gouvernement. La révolution échoue mais Kabila continue la lutte Le 24 novembre 1964, Moïse Tshombe, qui est devenu Premier ministre à Kinshasa, le général Joseph-Désiré Mobutu et son armée (ANC), leurs alliés (l’armée belge, la CIA américaine. . .) et leurs mercenaires (Bob Denard, jean Schramme. . . ) chassent Laurent-Désiré Kabila et ses camarades révolutionnaires (Christophe Gbenye, Gaston Soumialot, général Nicolas Olenga. . . ) de Kisangani et libèrent les territoires de l’Est. Tous les leaders révolutionnaires partent en exil à l’étranger. Laurent-Désiré Kabila décide, lui, de rester au pays et de poursuivre la lutte armée contre l’impérialisme et le néo-colonialisme. Il crée un maquis à Hewa-Bora dans le Sud-Kivu. Mobutu fait son coup d’Etat Le 24 novembre 1965, sous prétexte de commémoration du 1er anniversaire de la libération de Kisangani (24 novembre 1964-24 novembre 1965), le général Joseph-Désiré Mobutu convoque à Kinshasa les commandants des grandes unités de l’ANC. C’est ce jour-là que le général Mobutu démet le président Kasa-Vubu et se proclame nouveau chef de l’Etat. Laurent-Désiré Kabila apprend la nouvelle dans son maquis et décide de poursuivre la lutte contre le nouveau régime de Joseph-Désiré Mobutu. Laurent-Désiré Kabila abandonne le maquis Le 20 mai 1967, Joseph-Désiré Mobutu crée son parti politique le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). Le 24 décembre 1967, Laurent-Désiré Kabila crée le Parti de la Révolution du Peuple (PRP). Vers la fin des années 1970, harcelé par les militaires de
RDC. Fiston Mukunayi : l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce

OPINION. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, « a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées », affirme l’avocat pénaliste et homme politique Fiston Mukunayi, dans la tribune ci-dessous. « L’UDPS doit des excuses sincères au peuple congolais. Oui, des excuses. Car une grande part de l’échec de ce pays lui incombe. Depuis l’époque de Mobutu, l’UDPS a fait de la déstabilisation politique son fonds de commerce, au nom d’un combat prétendument démocratique, mais sans jamais offrir une vision sérieuse, structurée et responsable de l’État. C’est aussi sous sa pression permanente que le régime de Joseph Kabila a gouverné dans la crispation, l’improvisation et la paralysie, dans un climat de conflit politique entretenu volontairement. L’UDPS est le véritable manipulateur de l’opinion. Elle a vendu des illusions, du vent et des slogans creux à un peuple fatigué, tout en se réfugiant sans cesse derrière des excuses recyclées. Aujourd’hui encore, elle ose faire croire que Félix Tshisekedi n’aurait aucune responsabilité dans l’état chaotique du pays. Donc si Tshisekedi echoue c’est parce-que Kabila existe, C’est non seulement faux, mais profondément insultant pour l’intelligence collective des Congolais. Gouverner, c’est assumer ses réussites mais aussi de ses échecs. Le plus grave, c’est cette rhétorique victimaire qui persiste. Hier, on disait que le Congo ne se développait pas parce que Kabila était rwandais et il travaillait pour l’intérêt du Rwanda. Aujourd’hui, on affirme que c’est encore Kabila qui bloque Tshisekedi. Comment un citoyen sans aucune responsabilité étatique pourrait-il bloquer un président de la République qui contrôle l’appareil d’État ? À moins de vouloir faire croire aux gens que Kabila est plus puissant qu’un président en fonction ce qui est utopique, ils ont juste constater que les promesses non tenues s’accumulent , l’insécurité persiste la corruption généralisée et la mauvaise gouvernance seraient pas les conséquences directes du pouvoir en place, ils ont créé un mythe autour de Kabila comme quoi c’est lui le diable. À force de manipuler la vérité, on finit par se manipuler soit même. À force de refuser toute responsabilité, on démontre clairement qu’on n’est pas à la hauteur des responsabilités étatiques ». Par Fiston Mukunayi Avocat pénaliste et Homme politique
La Banque centrale du Congo poursuit l’assouplissement de sa politique monétaire

Lors de sa session ordinaire tenue jeudi 8 janvier à Kinshasa, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo a décidé de poursuivre, pour la deuxième fois consécutive en trois mois, l’assouplissement de sa politique monétaire amorcé au dernier trimestre 2025. Cette décision prise, sous la présidence du gouverneur de la Banque centrale, prouve sa volonté à créer des conditions monétaires favorables, tout en veillant à préserver les équilibres macroéconomiques durement acquis. En termes simples, la BCC rend l’argent progressivement moins cher afin de faciliter le financement de l’économie nationale, sans compromettre la stabilité du système financier. « Pour l’année 2026, le comité de politique monétaire projette une évolution maîtrisée des rythmes des formations des prix, dans un contexte de stabilisation du taux de change et de maintien d’une croissance économique robuste », a annoncé André Wameso Nkualoloki, gouverneur de la BCC et président du Comité de politique monétaire. Selon lui, l’économie devrait bénéficier des effets de l’évolution favorable des cours des métaux, notamment ceux du cuivre et du cobalt. En même temps, elle devrait continuer à subir des effets de tension géopolitique mondiale, ainsi que des tarifs douaniers. Au niveau national, André Wameso Nkualoloki espère une atténuation des conflits dans la partie Est de la République en lien avec les engagements pris par les différentes parties. « Au regard de ces évolutions, le comité a décidé de poursuivre avec l’assouplissement de la politique monétaire amorcée au dernier trimestre 2025« , poursuit-il. Par ailleurs, le comité de politique monétaire maintient son engagement à assurer un suivi rigoureux de l’évolution économique, ainsi que de la liquidité au sein de l’économie. Dans ce contexte, a indiqué André Wameso, les entreprises devraient bénéficier de conditions d’emprunt plus favorables, propices à l’investissement productif ; et les ménages pourraient accéder plus aisément aux financements pour le logement ou les activités commerciales. Radio Okapi
Intervention US au Venezuela : entre artifices juridiques et réalités géopolitiques

Réponse à la tribune du professeur Sam Bokolombe L’intervention brutale des États-Unis au Venezuela, marquée par l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, suscite en Afrique une effervescence interprétative où la rapidité des prises de position l’emporte souvent sur l’analyse informée. Entre la dénonciation légitime d’une atteinte brutale à la souveraineté et au principe de non-ingérence, et l’adhésion de certains compatriotes africains à une grille de lecture simplificatrice assimilant Maduro au seul archétype du « dictateur » – au nom d’un récit largement façonné par des représentations occidentales –, il devient nécessaire de réintroduire de la nuance. Une approche rigoureuse consiste à dissocier l’évaluation du régime vénézuélien, avec ses dérives autoritaires et ses impasses politiques, du jugement porté sur le procédé employé, dont la logique de force et le contournement des cadres multilatéraux créent un précédent potentiellement déstabilisateur. Dans une tribune publiée sur Facebook, le professeur Sam Bokolombe explique que « du point de vue des USA, l’ordonnancement juridique interne américain prévaut sur le chimérique droit international, tandis que le droit congolais prévoit le monisme à primauté du droit international (cfr art. 215 de la Constitution) ». Il ajoute : « Les USA ont mis en œuvre leur droit interne et aucun État ne peut leur interdire de ce faire ». J’avoue avoir été surpris par cet argument, qui relève davantage de la théorie que de l’analyse rigoureuse des faits au regard du droit international et des enjeux géopolitiques qui caractérisent l’agression militaire américaine. On ne peut brandir l’argument du «droit interne américain» sans tenir compte du contexte général qui a présidé à l’attaque américaine. Bien avant cette attaque, les médias ont fait état du rassemblement de 15 000 soldats américains dans la région en décembre et du récent déploiement d’un porte-avions américain près du Venezuela. De plus, l’intervention américaine a été décidée par le président américain, elle visait un autre chef d’État et a été menée dans un contexte de relations hostiles entre les États-Unis et le Venezuela. Mieux, Donald Trump a justifié l’opération en invoquant la doctrine Monroe. Formulée en 1823 par le cinquième président des États-Unis James Monroe, cette doctrine, « trop longtemps oubliée » selon Trump, a souvent été brandie pour justifier les interventions américaines au sud du continent américain, considéré par Washington comme sa chasse gardée. D’ailleurs, Donald Trump n’a pas caché ni son ambition de diriger la transition politique au Venezuela ni son intérêt pour les vastes réserves de pétrole du pays. Dans ce contexte, il est difficile de voir comment cette attaque pourrait être autre chose qu’un « recours à la force » au sens de l’article 2(4) de la Charte des Nations unies. L’argument du « droit interne » américain est d’autant plus léger qu’il est contesté aux États-Unis même, où la Maison-Blanche est accusée d’avoir outrepassé le Congrès pour mener l’attaque contre le Venezuela. Sans remettre en cause les compétences du professeur Bokolombe et des juristes qui s’aventurent imprudemment sur le terrain glissant de la géopolitique, je dirais tout simplement que l’acrimonie à l’égard d’un chef d’État du sud, fût-il autoritaire, ne doit pas conduire des universitaires à prendre des libertés avec les faits et la « science juridique ». Il est vrai que les questions géopolitiques sont complexes et parfois difficiles à en saisir les subtilités. Mais de là à justifier l’injustifiable, il n’y a qu’un pas. Autrement dit, refuser l’agression américaine ne signifie pas absoudre le pouvoir de Nicolás Maduro, pas plus que le critiquer n’autorise à banaliser une opération impérialiste qui reconfigure, au mépris des normes déjà fragiles, les rapports de puissance internationaux. Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko
RD Congo. Le régime de la division et de la haine

LIBRES PROPOS. Vous enlevez un jeune dont le seul « crime » est d’avoir critiqué le régime de Félix Tshisekedi. Vous le gardez dans un lieu tenu secret pendant des jours. Vous le torturez. Puis, aujourd’hui, vous publiez tranquillement une vidéo où le jeune homme, visiblement affaibli, présente des excuses au président. Vous pensez l’avoir humilié. En réalité, vous venez surtout d’exposer le régime. Une vidéo d’excuses après une disparition, ce n’est pas une victoire. C’est un aveu. L’aveu d’un pouvoir qui ne répond plus par le droit, mais par l’intimidation. L’aveu d’un pouvoir qui transforme la critique en affaire de sécurité, comme si un pays pouvait se gouverner en faisant peur à sa jeunesse. Et après, on s’étonne de voir des Congolais basculer — parfois à contrecœur — vers des soutiens paradoxaux, y compris envers des groupes armés comme le M23. On s’étonne d’entendre certains regretter l’époque de Joseph Kabila que beaucoup n’osaient plus défendre. Mais ce sont ces pratiques et comportements qui fabriquent la colère, la radicalisation et la nostalgie du « c’était peut-être mieux avant ». Un pouvoir intelligent apaise, convainc, respecte les règles. Un pouvoir fragile intimide, filme, exhibe. Quand il répond à la critique par la peur, il ne réduit pas la contestation, il la radicalise. Humilier un citoyen n’élève pas l’État, ça le rabaisse. Et chaque disparition, chaque « excuse » forcée, chaque mise en scène… c’est une balle de plus dans le pied du régime Tshisekedi. Et le jour où l’alternance surviendra, c’est la stabilité même du pays qui risque d’en payer le prix, tant les frustrations accumulées sont profondes. Il faudra des générations pour neutraliser le poison de la division et de la haine distillé dans les cœurs et les esprits par le régime actuel. Par Patrick Mbeko
La RDC et ses « Nouveaux mendiants » !

PARLONS-EN. La RDC produit aujourd’hui en quantité industrielle un type d’individus devenu presque normal : les « Nouveaux mendiants », qu’on appelle aussi les « djalelistes » . Leur spécialité ? Le djalelo : l’art de glorifier le puissant du moment, de le porter aux nues, de le sanctifier… en échange d’une faveur : argent, poste, promotion, protection, voyage, marché, invitation, visibilité. Ailleurs, on appelle ça simplement la courtisanerie. En RDC, le phénomène a pris une ampleur telle qu’il ressemble à une norme : la mendicité s’est faite culture, puis réflexe, puis institution. On ne valorise plus la compétence, on récompense l’éloge ; on ne respecte plus la vérité, on applaudit le mensonge utile ; on ne défend plus la dignité, on négocie l’humiliation. Le plus grave, c’est que ces « Nouveaux mendiants » ne viennent pas d’un seul milieu. Ils sont partout, tels des fourmis : politiciens, pasteurs, professeurs, fonctionnaires, étudiants, sentinelles, artisans… jeunes et vieux, hommes et femmes. Le pays finit par ressembler à un marché de louanges, où la parole se vend au plus offrant. Dans ce système, qui s’est considérablement renforcé sous le régime de Félix Tshisekedi, la vérité devient à géométrie variable : aujourd’hui on encense, demain on renie, après-demain on accuse… selon la direction du vent et la taille de l’enveloppe. Certains appellent cela de « l’intelligence », l’art de négocier sa survie dans un océan de précarité. Moi j’y vois surtout une crise de dignité. On ne reconstruira pas la RDC avec des hymnes à la gloire des individus. On la reconstruira avec le respect de la vérité, la compétence et le courage de dire NON. Question simple avant de conclure : à quel moment a-t-on décidé que la flatterie valait plus que l’honneur ? Je bois mon lait nsambarisé. Par Patrick Mbeko
RDC-Rwanda : voici pourquoi Tshisedi n’a pas mis à l’exécution ses menaces d’attaquer le Rwanda

PARLONS-EN. J’ai toujours dit que la politique est un jeu dans lequel les émotifs ne sont ni qualifiés, ni conviés. La politique exige trois qualités essentielles : la lucidité, le pragmatisme, et la conscience du rapport de force dans un monde réparti en zones d’influences des supers puissances. Pendant la dernière campagne présidentielle, le président Félix Tshisekedi, candidat à sa propre succession avait déclaré lors d’une émission télévisée sur Top Congo FM ce qui suit : « à la moindre escarmouche du Rwanda, s’il tirait ne serait ce qu’une seule balle dans le Kivu, il réunira les deux chambres du parlement et bombardera le Rwanda. » Cette déclaration à elle seule avait déjà fait l’effet d’une bombe dans l’opinion congolaise aussi bien dans l’opinion rwandaise, si bien que le président Kagamé était obligé de tenir un point de presse à Kigali pour rassurer son peuple qu’il ne risquait aucun danger, tout en s’engageant dans une diatribe habituelle contre Tshisekedi. L’assaut des unités spéciales rwandaises en appui aux M23 à Bunagana et la prise de Goma et Bukavu a été un choc national qui a donné l’impression aux congolais que les déclarations du président Tshisekedi sur Top Congo FM ne reposaient sur aucune certitude, plongeant ainsi la population dans une déception et un désespoir total, quant à la capacité des FARDC de les défendre face à l’invasion Rwandaise, via ses supplétifs M23 qui avancent inexorablement. Depuis lors, l’expression » à la moindre escarmouche » est devenue péjorative dans certains milieux congolais pour railler « l’inefficacité » du président Tshisekedi qui pourtant avait promis avec beaucoup de conviction qu’il bombarderait le Rwanda. Alors, la question reste de savoir pourquoi le président Félix Tshisekedi n’a pas réuni les deux chambres du parlement pour larguer les bombes au Rwanda ? A entendre le président, ce n’est pas la logistique qui fait défaut à la RDC. Depuis le Kivu les missiles de la RDC peuvent atteindre Kigali. Mais pourquoi ne l’a t’il pas fait ? La vraie réalité est que, du point de vue stratégique et militaire, la RDC est de loin supérieure au Rwanda. Cela pourrait faire sourire plus d’un lecteur mais c’est ainsi. Jusqu’au moment où cet article est en train d’être écrit, la RDC malgré les revers sur le champ de bataille, reste paradoxalement la 8e puissance militaire d’Afrique selon l’institut américain Global FirePower index 2025, 66e puissance au monde sur 145 pays listés. tandis que l’armée Rwandaise n’est même pas dans le classement du Top 20 des puissances militaires en Afrique. En revanche, l’armée Rwandaise contrairement à la RDC, a des troupes mieux formés et disciplinées, sous un commandement qualifié et bien organisé, ce qui fait défaut à la RDC qui a des troupes facilement corruptibles. Cependant, le fait d’avoir les troupes disciplinées n’est pas un élément suffisant pour être classé comme une puissance militaire. Il y a plusieurs paramètres qui entrent en ligne de compte. La RDC a une profondeur stratégique que le Rwanda n’a pas. Le Rwanda est un micro État enclavé et densément peuplé. En cas d’une guerre directe avec la RDC, le Rwanda aura du mal à établir une ligne de front sur son territoire sans sacrifier sa population et ses infrastructures critiques. Si Tshisekedi avait mis à l’exécution sa menace en bombardant le Rwanda avant la chute de Goma il y aurait eu hécatombe au Rwanda. Car la RDC et ses alliés le Burundi et la Tanzanie encerclent le Rwanda. Sans profondeur stratégique, il est impossible que le Rwanda puisse tenir une semaine dans un affrontement de haute intensité sans capituler ou être décapité. Mais pourquoi Tshisekedi n’a pas frappé le Rwanda ? Les raisons ne sont pas militaires mais géopolitiques. Tshisekedi après sa sortie médiatique fracassante sur Top Congo FM avait eu beaucoup de pressions venant des bailleurs de fonds du Rwanda, (ceux qui ont des intérêts au Rwanda) mais aussi de ses propres alliés. Le Rwanda a pour soutiens les pays de l’OTAN (USA, Europe). Peu importe la petitesse de votre État, même si vous n’êtes qu’une citadelle, le fait d’être un allié stratégique des pays de l’OTAN, les gens réfléchiront à deux fois avant de vous attaquer. C’est le cas du Rwanda. Ce n’était pas par faiblesse que l’Afrique du Sud a eu du mal à attaquer le Rwanda après l’assassinat de plus d’une dizaine des soldats sud-africains par les forces spéciales rwandaises à Goma, un acte considéré comme une déclaration de guerre par Pretoria. Mais, l’Afrique du Sud n’a pas réagi simplement pour ne pas attirer les foudres de pays de l’OTAN qui ont des intérêts stratégiques au Rwanda. À titre d’exemple, le cas de la Chine avec Taïwan une petite île. La Chine est tout à fait capable d’envahir et d’annexer le Taïwan en deux jours, mais la lucidité chinoise sur les enjeux géopolitiques mondiaux sur la question du Taïwan fait temporiser la Chine jusqu’à ce que le rapport de force joue en sa faveur, car le Taïwan bien qu’une petite île, est un partenaire stratégique de la première puissance militaire du monde. Les alliés de Tshisekedi : Lourenço, Ndayishimiye, Ramaphosa, et autres ont certainement dissuadé Tshisekedi de mettre à exécution ses menaces ce qui aurait pu être une erreur stratégique lourde de conséquence. La cause de la RDC allait être diluée sur la scène internationale si la RDC avait bombardé Kigali. Ça aurait été un alibi rêvé pour les multinationales qui profitent de cette guerre absurde pour soutenir ouvertement le Rwanda en armes et renseignements en utilisant des prétextes tels que: « Deuxième Génocide, » « Crime contre l’humanité, » « petit pays vulnérable, » « épuration ethnique, » etc. L’approche de Tshisekedi d’aller négocier avec Washington n’a pas été un fait d’ hasard. Cela a été certainement après concertation avec ses alliés. C’est ce qui aboutit à l’accord de Washington qui ôte au Rwanda le rôle du négociant principal des mines du Kivu. Beaucoup des chefs d’états en concouru aux côtés de Tshisekedi pour l’aboutissement de cette accord qui garantit à la RDC sa souveraineté et sa sécurité. Deux facteurs