RDC. KONGO CENTRAL : LES NE KONGO JOUENT AVEC LE FEU

TRIBUNE. Cette semaine finissante a été riche en événements négatifs dans la province du Kongo Central. D’abord la démission inattendue du président de l’Assemblée provinciale avec possibilité conséquente de remettre sur table la question orale de l’honorable Guylain Phanzu capable de faire tomber l’Exécutif provincial dans les prochains jours, créant ainsi une ère d’incurie et d’anarchie à la tête de la province. Puis ces coupeurs de routes sur la nationale numero 1, dévalisant des paisibles voyageurs, sans parler de divers enlèvements des jeunes congolais à Kimpese avec cette étudiante retrouvée miraculeusement à Kinshasa. Puis avant-hier (jeudi 22, dnr) à Matadi deux élèves enlevés par des inconnus au complexe scolaire La Masse des savants dans le Nord de la ville portuaire et enfin cerise sur le gâteau, l’épisode de ces 19 fillettes toutes mineures, retrouvées séquestrées et violées par un quidam à Boma. Comme si les mauvaises surprises ne suffisaient point, hier vendredi 23 juin 2023, la cité de Luozi s’est fait parler d’elle d’abord dans le cabotage des véhicules du ministère de l’intérieur transportant des individus venus opérer les déplacements de bornes sur la frontière entre la RDC et le Congo Brazzaville. Puis ces images faisant du buzz dans la toile avec ce dénommé Roi Mizele Nsemi venu avec ses adeptes, devant les bureaux de l’Administrateur du Territoire, descendre le drapeau de la RDC et hisser le leur, celui du Royaume d’Union du Congo. Scellant dans la suite tous les bureaux, même ceux du Parquet et du Tribunal aux fins de planter le décor administratif du nouveau royaume devant les policiers qui observent ce triste spectacle sans réagir ni rétablir de l’ordre. Dans un tel contexte très électrique que traverse la province du Kongo Central, Mizele Nsemi et ses compères sont en train de jouer avec le feu Ils ignorent que cette volonté soit de dissidence administrative et politique soit d’instauration de royaume uni du Congo pourrait bien être instiguée par une main noire comme cela se passe au Bandundu dans cette opposition conflictuelle et meurtrière entre les Teke et les yaka qui pourtant ont toujours bien vécu ensemble. Avec des informations provenant de Matadi où sont distribués 300$ pour enrôler des jeunes dans des milices, une telle initiative à Luozi peut s’avérer explosive et éminemment dangereuse pour la stabilité et l’unité territoriale du Kongo Central tout comme celle de la RD Congo dans son ensemble. Beaucoup de sources confirment que les territoires de Luozi et de Mbanza-Ngungu sont massivement infiltrés par des sujets allogènes qui y débarquent soit dans la peau des éleveurs de vaches, soit comme des nouveaux propriétaires de grandes concessions foncières ou encore dans la peau des malades mentaux vêtus en haillons, mendiant dans la rue et pourtant ils servent des relais d’espionnage et d’information puisque ont été découverts sur eux des appareils de communication et d’importantes sommes d’argent en devises étrangères. Ces sujets ne parlent aucun mot kikongo et réagissent en swahili. Sans aucun doute, toute agitation politico-administrative est téléguidée à partir de Kigali guidé par la stratégie militaire et politique de faire jonction entre “les dix secteurs” ( autre appellation du territoire de Luozi) et la base militaire construite tout récemment par Paul Kagame à Mindouli avec la permission de Dénis Sassou Nguesso. Si Sieur Mizele Nsemi gagne le pari de séparer Luozi du reste du pays, il rendra la tâche très facile au Rwanda déjà présent dans la contrée et qui bénéficiera d’une plus grande profondeur stratégique pour contrôler une zone tampon à l’intérieur du Kongo central et par conséquent à la porte de Kinshasa, ce siège des institutions du pays qui est l’objectif final de sa politique à l’Ouest congolais. Pour me résumer, là où les ne kongo avaient résisté contre les troupes rwandaises qui avaient débarqué en 1998 à Moanda, cette fois-ci Luozi est en train de lui offrir sur un plateau d’or le succès de conquête du Congo, en entamant la partition du Congo avec l’aide des congolais eux-mêmes. Vous l’aurez compris : un bon nombre de compatriotes inconscients sont en train de jouer avec le feu. Il faut que l’élite ne kongo se reprenne et se mobilise farouchement contre la témérité de Mizele Nsemi et adeptes avant que cette zone dissidente ne se transforme en un théâtre de confrontation militaire entre les troupes de Brazzaville soutenues par les troupes rwandaises et les FARDC déjà trop affaiblies car présentes sur plusieurs fronts à la fois. Un congolais averti en vaut mille. Par Germain Nzinga