Littérature : Le Forum des Gens des Lettres se dote de nouvelles instances

Le Forum des Gens des Lettres, une association de promotion du livre et de la littérature, sur orbite depuis 2014, a procédé le 3 novembre 2018 à Brazzaville, à l’installation officielle de son nouveau bureau exécutif présidé par Jessy E. Loemba et de sa commission de contrôle et de vérification en présence de plusieurs écrivains et consommateurs du livre. «L’honneur m’échoit de prendre la parole devant cette auguste assemblée en un jour aussi solennel qui, vous vous en doutez bien, fera date dans l’histoire. Et pour cause, le forum des gens de lettres a une nouvelle équipe dirigeante et, surtout, un nouveau président exécutif», a dit le président nouvellement élu, M. Jessy Loemba dès son installation. Il a rappelé à l’auguste assistance le deuil qui avait frappé cette association, le 05 février 2018, il y a de cela neuf mois, avec le décès de son président historique, Ernest Bompoma Ikélé. C’est pour combler le vide ainsi créé par cette perte énorme et de dynamiser davantage l’organisation que le Forum des Gens des Lettres s’est ainsi réorganisé, au cours d’une assemblée générale élective tenue en le 25 octobre 2018. Le procès-verbal de cette réunion élective a été faite par M. Pierre Ntsémou. M Jessy Loemba a de ce fait promis de ne ménager aucun effort pour être à la hauteur des espérances de ceux qui lui accordé leur confiance. Pour lui, son élection est une espèce de perche tendue à la jeunesse et que les jeunes, en effet, peuvent faire et bien faire même. Il a estimé la confiance faite à la jeunesse ne veut pas dire qu’il faut désavouer ou jeter l’anathème sur les Anciens mais plutôt. Le président de tout le monde «Je suis et je serai le président de tout le monde, et non d’une quelconque frange. Ce qui suppose la modération pour tous et par tous en ne perdant pas de vue que chacun ne doit occuper que sa place, et rien que sa place», a martelé M. Loemba tout en reconnaissant le poids de l’héritage que lui lègue Bompoma Ikélé. Il a souligné qu’il a reconnu Bompoma Ikélé par une sorte de mystique des cœurs qui a vite fait se converger leurs intérêts et qu’il gardait de lui l’image d’un homme très attaché à la défense de la culture congolaise à travers les Lettres. «Tout son combat, tout son idéal n’a visé que cela. Et c’est pourquoi je dis à quiconque voudrait bien me prêter son attention qu’Ernest Bompoma Ikélé n’est pas mort tant que nous sommes et tant que nous serons», a-t-il dit en annonçant son ambition de la création d’un prix littéraire Ernest Bompoma pour encourager de jeunes talents, de jeunes auteurs qui se distingueront. Il pense aussi à apporter le livre aux apprenants, aux élèves des établissements scolaires par le biais de partenariats à nouer à travers un partenariat qui s’étendra aux instituts et centres culturels, ainsi qu’aux médias audiovisuels et écrits, dans l’intérêt bien compris d’une présence affirmée visant la promotion de notre littérature. Appel au réveil «Pour des raisons connues d’eux seuls, certains confrères se sont mis en sommeil en se rendant carrément inactifs. D’autres ont purement et simplement quitté le navire», a jugé le nouveau président qui promet de faire du retour des ceux qui ont quitté le navire, l’une de ses préoccupations, de sorte à les ramener à la maison car, selon lui, «plus nombreux nous serons, plus forts nous serons également». Cette disposition, a renchéri le nouveau patron du Forum des Gens des Lettres, s’applique aussi pour les indécis, ceux-là même qui accompagnent le livre tous les jours et qui se complaisent du titre de sympathisants, au lieu d’adhérer ou de devenir membres. Il a ajouté que les portes du forum des gens de lettres leur seront ouvertes et, en vue de pallier une certaine faiblesse constatée, l’association tendra vers une mutualité, de manière à instaurer une véritable solidarité et à ne pas toujours tout attendre des pouvoirs publics. M Loemba est assisté dans ses tâches par une équipe d’une dizaine d’écrivains dont MM Ngakosso Obambé comme vice-président et Mme Virginie Awé comme chargée des finances ainsi qu’une commission de contrôle et de vérification. Cette cérémonie d’installation a été agrémentée par des lectures de textes dont un extrait de la nouvelle «Le pasteur au slip léger» de l’écrivain-disparu, Ernest Bompoma Ikélé par le comédien Fortuné Batéza. La lecture de sa biobibliographie a été faite par un autre artiste, Stan Matingou. Jessy Loemba est un ancien enfant de troupe de l’Ecole militaire préparatoire Général Leclerc de Brazzaville au Congo et officier de l’armée congolaise. Il est également normalien et professeur certifié de philosophie. Il a publié un recueil de nouvelles, «Chronique d’un destin manqué» suivi de «Lettre à mon père», «Souvenirs tragiques » et récemment un second recueil de nouvelles, «Peur morbide». Il sied de signaler qu’Ernest Bompoma Ikélé a laissé en héritage trois titres, à savoir, Le compte à rebours, le Chaos et la république des renards. Le bureau exécutif et la Commission Président chargé de la coordination, de l’orientation et du contrôle : Jessy E. Loemba ; Vice-président : Ngakosso Obambé Mboundza ; Chargée des finances et du patrimoine : Mme Virginie Awé ; Chargée du suivi et de la promotion du livre : Prestige Itsoukou ; Chargé de la coopération et des relations extérieures : Mme Huppert Malanda ; Chargé de la communication et des relations publiques : Prince Lekwelewet Commission de discipline et de vérification Président chargé du suivi, du contrôle et de la discipline : Willy Ngom ; Rapporteur : François Filankembo ; Chargée de la discipline : Gilberte Mbon. Florent Sogni Zaou
Littérature : «La reconquête du statut de pays de transit pour le Congo passe en priorité par une réorganisation rationnelle du secteur maritime», selon Coussoud Mavoungou

Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou fait cette affirmation dans son livre intitulé «Pour une marine marchande au service du développement», discours, un ouvrage qui est, comme le rapporte la quatrième de couverture, un fil conducteur des politiques nationales et régionales dans les années à venir et qui peut servir de guide et d’instrument de réflexion à tous les Etats soucieux de s’engager dans une politique de développement et en particulier à tous les Etats d’Afrique de l’Ouest et du Centre pour lesquels exporter et importer constitue un élément essentiel de leur activité. Publié aux éditions L’harmattan Congo-Brazzaville en 2017, le titre de Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou s’ouvre par une préface portant la signature de Françoise Odier, présidente d’honneur de l’association française du droit maritime (AFDM), professeure associée à l’Université de Paris, Panthéon I, Sorbonne. Dans sa préface, Françoise Odier estime que l’ouvrage de Coussoud Mavoungou est publié au moment où il le fallait : il correspond en effet aux besoins de l’Afrique de l’Ouest et du Centre qui s’engagent dans des mutations essentielles, une évolution de cette nature ne se fait pas en se refermant sur ses frontières, elle n’est possible que grâce à une ouverture au monde. Dans son avant-propos, l’auteur affirme que le commerce international s’effectue à plus de 90% par les voies maritimes. Il ajoute que le Congo entend capitaliser sa position géostratégique en la matière par son atout supplémentaire qui n’est autre que le Port de Pointe-Noire, qui est de loin le plus grand en Afrique centrale. «Pour le Congo, la reconquête du statut de pays de transit passe en priorité par une réorganisation rationnelle de ce secteur pourvoyeur d’emplois et dont la gestion intègre la formation d’une main d’œuvre qualifiée, la protection et l’exploitation des ressources naturelles, la construction des infrastructures ainsi que la sécurisation des voies et des moyens de transport», souligne-t-il. L’auteur ajoute que le Congo s’est résolu, dans cette perspective, de mettre sa réglementation en conformité avec les normes internationales. Il rappelle à cet effet que le Congo a ratifié la totalité des conventions de l’Organisation Maritime Internationale relatives, entre autres question, à la sûreté et à la sécurité maritimes, à la lutte contre la pollution ainsi qu’à la navigation. «Cet engagement lui a valu d’assure à maintes occasions, la présidence des instances sous régionales ad hoc telle que le Mémorandum d’entente sur le contrôle des navires par l’Etat du port dans la région Afrique de l’Ouest et du centre (MoU) d’Abuja et l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM) d’Abidjan», écrit-il encore dans cet avant-propos. «La publication de ce livre me donne l’occasion de renouveler mes hommages à monsieur le président de la république, Denis Sassou Nguesso pour sa confiance et pour ses orientations», écrit encore l’auteur. Le pouvoir des discours réside dans leur capacité d’immortaliser Pour Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou, le pouvoir des discours, dans la vie publique, réside dans sa capacité à immortaliser les événements et de fixer, dans l’espace et dans le temps, les repères de l’action, état de lieux, bilans de projets réalisés, projection des tâches à accomplir, feuilles de route : les plus grands choix de gouvernance de la cité, les plus grandes décisions politiques se lisent sous le pli des propos des décideurs. «Ces questions participent de la manière du présent livre. Les discours qui en constituent l’ossature ont été prononcés dans le cadre des charges que j’ai assumées au sein de l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre depuis 2008, en qualité de ministre délégué à la marine marchande», martèle l’auteur qui précise cependant que ces discours apportent des réponses aux questions que se posent les citoyens au quotidien. «Pour une marine marchande au service du développement», l’ouvrage Le livre de Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou s’ouvre sur des dédicaces à ses parents, papa Coussoud et maman Julienne, à ses épouses Palmera et Louise, à ses enfants, ses frères et sœurs, à toutes sa famille, à la communauté maritime africaine et à tous les administrateurs des affaires maritimes. Il est subdivisé en quinze parties ou chapitres. La première titrée «Messages de vœux de nouvel» compte deux allocutions. Elle est suivie de «Organisation Maritime Internationale» qui porte trois messages à l’occasion des 26, 27 et 28èmes sessions des 23 novembre 2009, 22 novembre 2011 et du 26 novembre 2013. Dans les parties «Messages sur la journée mondiale de la mer» et «Organisation Maritime de l’Afrique de L’Ouest et du Centre (OMAOC)», l’auteur met à la disposition du public neuf messages. Dans le «Règlement maritime internationale», «formation maritime» et « sécurité maritime», Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou livre vingt-quatre messages, allocutions et discours. En outre, dans «sûreté maritime», «travail maritime» et «ports maritimes», neuf messages, allocutions et discours. «Facilitation maritime», «session inaugurale de la direction générale de la marine marchande» et «Union africaine», l’auteur Coussoud Mavoungou donne à découvrir onze allocutions, messages, interventions, plaidoyers et communications. Il conclut son ouvrage par un discours et un message dans «Divers» et un autre dans «testament au secteur maritime». Le livre de Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou repose sur 294 pages. Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou, l’auteur «J’ai emprunté ma rhétorique aux métiers de la mer, ceux auxquels j’ai été formé et qui ont façonné ma personnalité, ceux dont l’apport est attendu dans la diversification de l’économie congolaise. Spécialiste de l’économie maritime et profane devraient y trouver des données pratiques et des informations utiles sur la politique nationale en matière d’économie maritime. L’auteur Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou est né le 12 novembre 1959 à Dolisie en République du Congo. Juriste, diplômé de l’école d’administration des affaires maritimes de Bordeaux (France), ancien directeur général de la Marine marchande congolaise, ancien président des experts de l’OMAOC, du MoU d’Abuja et du Conseil d’administration de l’ARSTM, il est grand officier dans l’ordre du Mérite congolais, officier dans l’ordre national ivoirien, commandeur dans l’ordre du Mérite maritime français et président d’honneur de l’association congolaise du droit maritime. Membre du gouvernement depuis 2005, il est
Littérature : La deuxième édition de la RELICO prévue les 12 et 13 octobre 2018

La seconde édition de la Rentrée Littéraire du Congo (RELICO 2018), aura lieu les 12 et 13 octobre 2018 sous le thème : «La littérature, un outil de cohésion nationale et du mieux vivre ensemble» à la librairie Les Dépêches de Brazzaville. Cette deuxième édition est le fruit d’un partenariat entre le Pen Centre Congo Brazzaville, la librairie les Manguiers ou les Dépêches de Brazzaville et l’Association Culture Elongo, prix des cinq continents. Il y est prévu, des tables rondes thématiques sur la poésie, le roman, la nouvelle, le théâtre et l’essai. Il y est également inscrit au programme, des débats, des expositions-ventes et dédicaces des œuvres des écrivains et auteurs présents. Elle s’ouvrira par une leçon inaugurale sur le thème général. Ensuite suivront des tables rondes sur l’essai avec pour sous-thème : «L’essai littéraire pour réécrire l’histoire et marquer l’histoire» ; une table ronde commune sur le roman et la nouvelle dont le sous-thème porte sur «La Nouvelle et le roman pour dire la société» ; deux autres sur la poésie et sur les écrivains de Pointe-Noire avec pour sous-thèmes «La poésie pour sacraliser les mots» et «Le livre, outil de renforcement de la phratrie intergénérationnelle» par les écrivains de l’anthologie «Ecrire à Pointe-Noire» publiée sous la direction de Gabriel Mwéné Okoundji. Elle se terminera par un café littéraire ayant pour sous-thème : «Parallèles et passerelles entre le roman, la nouvelle et le conte ». La première édition de la Rentrée Littéraire du Congo avait eu lieu du 26 au 28 octobre 2017 sous le thème : «Découvrir le livre et l’auteur congolais». Elle avait connu la participation de trente écrivains et six associations venus de Brazzaville, de Pointe-Noire et de Sibiti. Environ 400 visiteurs de tous niveaux et toutes catégories sociales avaient pris part aux activités de cette première édition. Florent Sogni Zaou
Littérature. Deux œuvres de Jean Pierre Heycko Lekoba en débats

Deux œuvres de Jean Pierre Heycko Lekoba, «Notre ‘’Maison commune’’ le Congo» et «Congolité : une quête» publiées aux éditions L’harmattan Congo, ont été mis en débats, le 30 juin 2018 à Brazzaville, par le Forum des Gens des Lettres au cours d’un café-littéraire. «Notre ‘’Maison commune’’ le Congo» compte 133 pages et repose sur dix chapitres pendant que «Congolité : une quête» porte sur 127 pages avec neuf chapitres. La lecture critique a été faite, pour le premier, par Ramsès Bongolo et le second par Pierre Ntsémou. Pour le critique, le premier livre est présenté sous deux facettes qui sont une charge du désir de l’unité nationale et une revendication au nom du peuple, du droit de propriétaires ex aequo sur le patrimoine commun, le Congo, héritage aux commandes semble-t-il confisqué par des adeptes de l’ethnocentrisme, héritage que la page de garde symbolise sous le signe d’une termitière placée au cœur d’un paysage verdoyant, incarnant l’abondance de ressources naturelles. Dans sa lecture, Pierre Ntsémou a fait référence à une plongée de l’auteur à l’intérieur de l’Homme pour tenter de comprendre les raisons profondes de la perte de la raison chez ses compatriotes. Pour lui, l’œuvre dégage un impératif urgent qui impose une solidarité entre filles et fils du Congo et ce n’est qu’à ce prix que la Congolité sera effective. Dans ce livre, l’auteur fait une espèce de recensement des valeurs susceptibles de permettre aux hommes de vivre ensemble, a affirmé Willy Gom. Réagissant aux deux lectures critiques, l’auteur a dit que «les mots ne sont pas la parole, ils en sont les fantassins, envoyés au sacrifice pour qu’elle, la parole, soit intelligible. Et ces mots, accompagnés de leurs indispensables silences, nous poussent vers le futur en même temps qu’ils nous tendent le miroir du passé. Ainsi, évitons-nous de nous retourner. Il a poursuivi que «J’utilise les mots pour décrire où j’habite, j’aligne des idées, fausses ou justes, cela n’a aucune importance, dès lors que je témoigne de ma vérité, dis ce qui est, ce qui n’est pas». Il a dit avoir eu un jour, le sentiment de s’être dérobé et d’avoir, à un moment donné de son histoire personnelle raté un palier de sa vie. Il a de ce fait commencé à poser des questions autour de lui, avant de se les poser à lui-même, ajoutant que plutôt que d’habiter la monotonie des jours, se donner le sentiment de compter, il s’est lancé dans l’aventure de son premier essai «la problématique démocratique au Congo». Dans ce livre, il interroge l’environnement sociopolitique éclaté de ses doutes, et, se pose deux questions, à son sens, fondamentales, à savoir, Pourquoi les politiques dont il fait partie n’arrivent-ils pas à se sortir de cette situation de marche à contre sens, en cercle creux ? La seconde, pourquoi la communauté des intellectuels, cette maison devant laquelle il frappe, se complait-elle dans cette situation qu’elle dénonce, préfère s’en accommoder, plutôt de s’en éloigner ? Dans la maison commune, a-t-il expliqué, l’autre c’est toi, c’est moi. Ce qui veut dire : repartir ensemble sur les traces perdues des sources de notre existence commune avec la ferme volonté de désenclaver les rivières qui empêchent l’unité de s’exprimer avec la même puissance que dans les temps anciens. Pour lui, «nous sommes si proches de ces sources, et, dans le même temps, si loin, il suffit d’écouter les chants, d’observer rites et traditions ancestraux pour évaluer, pour évaluer la distance qui sépare nos pratiques de vie à celles de la majorité des congolais, ceux qui vivent dans ces territoires revendiqués, dans nos villages et dans les quartiers-villages de nos villes». La conviction de l’auteur La conviction de l’auteur, c’est de crier haut et fort que les gens du peuple ne revendiquent rien. Malgré les difficultés de leur vie commune tâtonnante, ils possèdent, en chacun d’eux, cette part d’héritage ancestrale qui les pousse à croire qu’ils sont, partout où ils se trouvent, pour faire simple, frères et sœurs. Ce qui veut dire que si c’est le Congo qui fonde leur existence, il est condamné dans le même temps, à tout partager : aptitudes-courage-intelligence-créativité, peut-être même faiblesses et blessures, pourquoi pas ? Les congolais ne sont pas des statues ethniques posées les unes à côté des autres, ce sont des êtres en relation les uns avec les autres. La Congolité, une merveilleuse invention Pour Heyko Lekoba, «La Congolité est une merveilleuse invention de l’esprit créatif de l’ancien Sylvain Mbemba. Ce concept a l’avantage de parler à l’imaginaire, comme une lampe, il éclaire l’obscurité de la nuit, révèle dans la pénombre de des incompréhensions autosuggérées, la vérité que les politiques ne voient pas, l’âme des congolais, il voulait dire, l’âme de l’autre, de l’autre soi-même. Jean Pierre Heyko Lekoba est ingénieur économiste et homme politique. Il assume actuellement les fonctions de Préfet du département de la Cuvette. C’est à ce jour un habitué de l’écriture avec des publications comme Le poids des souvenirs, la quête du présent en 2012 ; Les sentiers des origines, O’Tsina en 2014 ; La problématique démocratique au Congo-Brazzaville en 2015 ; La Congolité, une quête en 2018 et Notre «maison commune» le Congo en 2018. Florent Sogni Zaou
LITTERATURE ET ORALITÉ : Les Contes très Africains1 de Jorus Mabiala

Les contes très Africains est une compilation de textes de l’auteur : textes actuels auxquels ce dernier a ajouté six récits tirés de l’ouvrage Les contes d’Oran qu’il avait publié en 2012 aux éditions Le Petit Lecteur. Au total dix sept textes dans cet ouvrage, des textes qui épousent une même thématique, celle du bestiaire avec la présence obsédante des animaux mythiques tels le lion, l’éléphant qui semblent se partager le leadership de la forêt et de la savane. Dans ces textes, le lecteur se trouve régulièrement confronté surtout au lion, à l’éléphant et au lièvre qui parviennent souvent à mettre en exergue certains défauts et qualités de la société des hommes. Et le conte apparait comme une possibilité de conscientiser et moraliser cette société. Cet ouvrage nous présente une série de récits que l’on peut lire, tantôt comme des fables, tantôt comme des contes quand ils s’étirent en longueur avec plus de quatre pages. De la fable au conte Fondé sur l’univers des animaux, à l’instar des fables de la Fontaine, quelques textes de cet ouvrage se veulent pédagogiques. L’incompréhension dans « Dialogue des sourds » est à l’origine de la mort par noyade de la tortue et du scorpion, l’un voulant aider l’autre à la traversée d’une rivière. Dans « Parlons des hommes », un lion veut s’en prendre au singe qui l’a pourtant sauvé du piège des hommes. Rusé comme le lièvre, ce dernier arrive à remettre le lion dans son trou où il sera surpris et tué par les hommes. Aussi dans ces fables et contes, l’éléphant et le lion apparaissent comme les maîtres de l’univers animal. Se remarque dans cette société des animaux le lièvre, un sujet caractérisé par sa ruse qui le protège de certains dangers. Pour éviter qu’il ne soit la proie du lion qu’il a pourtant aidé dans sa quête du manger dans « J’ai faim », il se confie à l’éléphant, un autre grand de la forêt. Ce dernier, à qui il dévoile les risques qui guettent ses concitoyens, est obligé de s’en prendre au lion. Ces deux rois de la forêt et de la savane apparaissent dans plusieurs textes comme « Chez les bêtes », « Eléphant le roi des animaux », « L’éléphant qui voulait maigrir », « Parlons du grand lion », « Le lion, le roi de la forêt », « La peur dans la forêt et la savane », « La rumeur dans les oreilles de l’éléphant ». Dans ces textes, le lion et l’éléphant imposent leur pouvoir aux autres animaux devant lesquels ils se disputent la royauté. On voit par exemple dans « Chez les bêtes », comment les puces et les autres animaux en fête choisissent l’éléphant comme futur roi de la forêt du Bassin du Kongo : « Alors les animaux se regardèrent et lui dirent [à l’éléphant] tous en chœur : Ami, les puces ont choisi vos oreilles ? Vous serez notre futur roi ! » (p.17). Le monde des animaux intègre parfois celui des hommes ; aussi remarque-t-on que certains textes de Jorus Mabiala s’éloignent petit à petit de la fable pour épouser le merveilleux du conte. Des textes comme « Toungou le petit mystique » et « Sila » se lisent comme de véritables contes où le merveilleux crée un pont entre l’univers des hommes et celui des animaux. Dans ces deux contes, les héros ont presque le même destin. Toungou, trop sollicité par son père, veut quitter le village. Il se retrouve mystiquement dans une arachide qui est avalé par un coq mangé par la suite par une civette qui finit dans le ventre d’un boa. Du côté de la jeune Sila qui se retrouve par nécessité au bord de la rivière, est avalée par le crocodile de la contée aquatique. Et les deux héros retrouvent la vie quand les ventres des deux animaux sont ouverts par les villageois à leur recherche. A travers ces contes, se dégagent en arrière plan des leçons de morale qui devraient interpeler la jeunesse qui se retrouve aussi dans « La guerre des Générations », un texte qui exhume le conflit entre vieux et jeunes, plus précisément entre parents et enfants. Conte et actualité dans Les Contes Très Africains : une spécificité de l’auteur Le conte qui, pourtant tire ses événements diégétiques dans le passé souvent lointain, se voit chez Mabiala être rattrapé par l’actualité. A un certain moment, le conteur se détache du passé des événements rapportés pour se montrer au présent. Et ce présent est tiré de son terroir de Yamba du Sud Congo : « Quand le Roi Lion fut frappé par la famine, comme un Minkengué de Yamba, il partit à la recherche de la nourriture » (p.80). Ce présent revient dans plusieurs textes où il rappelle des « acteurs » congolais de triste mémoire : « Vous n’êtes pas des Ninjas, ni des Cobras, ni des Mambas ! Vous êtes une véritable armée du peuple » (p.70). Cette réalité est révélé plus tôt dans « Le léopard » quand l’auteur écrit : « Léopard, content d’avoir réussi son coup comme un vrai Congolais (…) fit ainsi assassiner un singe, des mambas guerriers, des cobras, des corbeaux Ninjas, des requins… » (p.50). Dans ces contes, il se dégage parfois des messages politiques pour conscientiser et moraliser les Congolais. On peut le remarquer quand l’auteur qui, tout au long de ses discours, se prend ironiquement pour un descendant des Gaulois déclare : « Tu peux venir avec tes amis chinois pour prendre tout le bois que vous voulez, parce que j’ai tout en quantité industrielle » (p.32). Et ces situations qui font allusion au Congo reviennent souvent dans plusieurs textes. Un style simplifié pour une littérature de jeunesse On rencontre souvent dans Les Contes très Africains des récits répétitifs qui rappellent le chant qui accompagne le conteur comme dans « J’ai faim » (pp.21-22-23), « Sila » (pp.60-61 et 68-69). Tout au long du récit, le conteur ne cesse
Littérature : Hem’sey Mina a rêvé d’une entreprise «4 étoiles»

«Tout au long de mes études, j’ai envié mes professeurs et ces chefs d’entreprises qui nous racontaient des choses incompréhensibles. Je voulais leur ressembler, me prouver que leur monde était à portée de main. C’est donc ainsi que je me suis engagé sur ce chemin sinueux qu’on définit comme étant ‘’la réussite’’. Tout ce que j’ai entrepris, c’était à travers de solides barrières que m’imposait la banlieue», peut-on lire sur la quatrième de couverture de ce récit de 220 pages sorties des entrailles du jeune congolais Hem’sey Mina, paru aux éditions L’Harmattan de Paris. Ce premier produit d’Hem’sey Mina est un récit de trente et trois chapitres, chacun portant un titre. La particularité de cette œuvre d’Hem’sey est que deux chapitres de cette œuvre sont suivis de poèmes de 17 vers pour le premier et 20 vers pour le second. Il met en scène un groupe de jeunes gens d’une banlieue parisienne dont la réussite dans la vie est leur but principal à atteindre à travers les études. Il porte le sous-titre de «Parcours de jeunes auditeurs financiers». Chaque chapitre s’ouvre par une citation ou un proverbe. Il attire également l’attention des jeunes émigrés en France venant d’Afrique pour aller chercher le bien-être, les diplômes et pour fuir la pauvreté quant à ce piège qui souvent se referme sur eux sans qu’ils s’en rendent compte. Les trente-trois chapitres, précédés par un avant-propos, retracent avec rebondissements, l’histoire du jeune Eden, qui fait face à des problèmes liés aux réalités de l’existence et découvrent les maux cachés comme la contrariété, l’anxiété, l’ennui ou encore de manière générale, la souffrance et la face cachée du cœur de l’homme. Eden est en effet un auditeur financier, employé dans une entreprise 4 étoiles pendant deux ans. Il a atteint son objectif, celui de réussir dans la vie avec des diplômes, un emploi respectable, un bon salaire et conséquemment beaucoup d’argent. Eden gagne plus même plus d’argent que sa mère. Comme tous les jeunes de son âge, il se laisse avaler par la société avec le comportement que génère le semblant de bien-être, en compagnie de ses amis et promotionnaires. Des noms porteurs Dans le chapitre premier de cette œuvre, l’auteur qui emploi la première personne du singulier cache mal la confusion qui peut naitre dans les esprits entre son être physique et le protagoniste qui joue le grand rôle du livre. Les différents noms qu’on lui donne lui prédisent déjà un avenir radieux. Il se nomme Eden qui, en hébreux, renvoie au paradis. C’est la personne qui lui a donné le jour après neuf mois de grossesse qui le lui donne. Personne n’ignore que vivre au paradis suppose mener une vie harmonieuse, belle et paisible. Tout y est beau. De son père, il tient le nom Elikia. Ce mot signifie Espoir en Lingala, une des langues nationales du pays d’origine de ce jeune auteur, le Congo-Brazzaville. Le troisième qu’utilisent ses amis, Mignon, revoie à un beau, gentil et coquet garçon dans ce cadre, ce personnage qu’on peut rapprocher de l’auteur était destiné au succès dans la vie. Toutes les portes lui avaient été ouvertes pour une vie décente. Plaidoyer pour l’égalité des métiers Hem’sey Mina aborde la délicate question qui oppose souvent les parents et leur progéniture. Celle de l’éducation à travers laquelle il fait une espèce de plaidoyer en faveur de tous les métiers. Il déplore le classement les métiers d’agriculteur, de boulanger, de charpentier, d’éboueur, de mécanicien, de menuisier, de serrurier, de vitrier et tout un lot d’autres liés au travail manuel sur une liste noire pendant que d’autres sont présentés comme de vrais métiers, notamment le fait d’être agent de la fonction publique, ingénieur, médecin, politicien et militaire pour faire un coup d’Etat et accéder aux hautes fonctions de chef de l’Etat. Il partage aussi sur le comportement négatif de la jeunesse qui s’adonne à des affrontements violents entre groupes. Il ne manque de pointer du doigt les différences salariales dans le travail. A la page 37, il écrit ce qui suit : «la politique de promotion dans une entreprise 4 étoiles est similaire à la perspective d’évolution scolaire. En effet, elle est basée sur un système d’évaluation qui détermine la performance d’un auditeur en fonction des notes qui lui sont attribuées. Ainsi un auditeur ayant obtenu de bonnes évaluations pourrait difficilement se voir refuser l’accès au grade supérieur » Dans cette œuvre, l’auteur découvre l’autre facette de la vie professionnelle ave des agents capables de présenter leur démission net d’aller vers d’autres horizons. Il raconte aussi les retrouvailles et rencontres avec plusieurs de races différentes. L’œuvre s’ouvre par un conseil à la jeunesse : «Jeune homme, jeune femme, si tu chavires, ne méprises pas ta jeunesse et va au bout de tes rêves».
LITTERATURE. La saison des chenilles (1) un roman de Florent Sogni Zaou

A Mpil’nitou où Backa-Mambou est affecté, un certain Kip’maakou n’a pas voulu lui céder son bureau de travail. Son salaire confisqué par ce dernier qui l’a gardé dans sa prison privée, Backa-Mambou et son ami de prison Nkandi, s échappent des griffes de leur bourreau en traversant le fleuve pour se retrouver à Ndjéyiville car il y a eu tentative d’assassinat. Backa-Mambou retrouve sa femme et son ami Kotody qui le supplient de ne pas s’engager dans la vengeance mais de faire plutôt la paix avec son bourreau. A Njéyiville, commence une vie pour Backa-Mambou quand il est reçu successivement par le guide spirituel de la localité et le président du Cercle du futur. Pour ce dernier, il ne devrait pas repartir dans la localité où il a été maltraité. Ayant quitté l’Eglise qui l’avait sanctionné, Backa-Mambou est heureux et content quand le président lui apprend sa nouvelle promotion : directeur des écoles spirituelles. Marié à Foquine, il commence une autre vie professionnelle au cours de laquelle il va connaitre moult mésaventures. Malgré sa bonne volonté de bien mener sa mission, il se confronte à la méchanceté d’un certain collègue Kayi-Kayi animé par une jalousie atroce qui va attenter à sa vie. La saison des chenilles, un roman à multiple rebondissements dont l’essentiel de la trame tourne autour de deux personnages principaux qui se regardent en chiens de faïence tout au long du récit jusqu’au moment où Kayi-Kayi croit vivre ses derniers jours. Backa-Mambou : de la prison politique au service de l’Eglise Affecté comme enseignant dans une localité de son pays, Backa-Mambou se confronte à la méchanceté et à la jalousie de son proviseur Kip’maadou, chef d’un parti politique. Celui-ci l’a hébergé mais, ne voulant pas lui céder le bureau de travail, il a gardé dans sa prison privée en allant même attenter à sa vie. Kip’maadou, « un fou à lier, cet homme. C’est le chef de parti de Mpil’nitou. Il n’a pas étudié, mais il se fait passer pour un intellectuel » (p.17). Et une fois libre, Backa-Mambou décide d’en découdre avec son bourreau au risque de sa vie. Sa femme le persuade de ne pas s’engager dans la vengeance. Il doit faire la paix comme le lui conseille son ami Kotody. A Ndjeyiville, s’ouvre un nouveau destin pour lui. Contre toute attente, il est bien reçu par le président du Cercle du futur. Mais avant cette rencontre, il subit la corruption et la concussion de l’appareil de l’Etat quand il veut solutionner son problème de salaire à la direction des affectations. Après avoir écouté le récit de ses mésaventures causées par Kip’maadou, le président s’oppose à son retour à Mpil’nitou. C’est quand il est nommé directeur des écoles spirituelles que commencent ses ennuis. Une partie de la structure où il est affecté n’accepte pas son retour considéré comme un affront pour Kayi-ayi. Ce dernier décide de rencontrer le président pour annuler cette nomination. Hélas ! Peine perdue. A partir de ce moment, Kayi-Kayi jure d’attenter à la vie de Baka Mambou par tous les moyens. Malgré l’atmosphère de complot qui règne dans la structure, Backa-Mambou accomplit correctement son travail à la grande satisfaction du président. C’est un homme généreux qui n’oublie pas ses « compagnons de lutte ». Il s’occupe des pierres tombales de Dibala et d’un de ses élèves ayant perdu sa vie pour lui : « (…) i[il était revenu [à Mpil’nitou] pour donner une sépulture digne de ce nom à Dibala qui l’avait traité en frère sans prendre en considération son appartenance ethnique et régionale et à son élève Nkouessi mort à sa place ]i» (p.90). Aussi ramènera-t-il la maman de Dibala en ville pour vivre avec lui en famille et c’est à Ndjéyiville qu’il subira les foudres de Kayi-Kayi. Kayi-Kayi, un homme de paille Voici un homme d’église qui paradoxalement va à l’encontre de certains des dix commandements de Dieu, à l’instar de « tu ne tueras point ». Tout commence par la nomination de Backa-Mambou au poste de directeur des écoles spirituelles. Cela ne plaît pas du tout à Kayi-Kayi qui veut tout faire pour faire annuler cette nomination qu’il considère comme une offense. N’ayant pas obtenu cette annulation, il passe à l’offensive. Les deux adversaires s’affrontent alors par l’intermédiaire de leurs confidents : Kotody pour Backa-Mambou et Dieng pour l’autre. L’ignominie de Kayi-Kayi atteint son paroxysme quand il décide d’éliminer physiquement son adversaire. Son complot n’aboutira pas : son homme de main Dieng ne pourra pas réaliser son voyage après le vol d’argent en complicité avec son mentor. Le complot a été découvert. Quelque temps après quand la structure dote Backa-Mambou d’un véhicule de fonction, la jalousie de Kayi-Kayi s’amplifie. Il accuse son adversaire de vol d’argent de la structure. Le juge Mbochi à qui il ira se plaindre, le remet à sa place. Déçu par l’attitude du juge qui, pour lui, semble être du côté de Backa-Mambou, Kayi Kayi est obligé de demander les services d’un charlatan pour éliminer son adversaire. Se développe alors l’histoire de la fameuse clé du « Un’koulou houlawouk » laissée à la porte du bureau de Backa Mambou. Malheureusement pour Kayi Kayi, les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu. Ironie du sort, il sera victime de son propre fétiche, comme il le confiera à son ami Dieng : « Il faut m’aider (…) i[Si « Un’koulou houlawouk » ne frappe pas [Backa-Mambou], il y aura un effet de boomerang (…) il reviendra sur moi et c’est la mort]i » (p.123). La saison des chenilles, un récit de la mort La mort apparait omniprésente dans le roman de Sogni Zaou. Déjà Backa-mambou la frôle dans la prison privée de son bourreau : « Kip’maatou a tenté de ’assassiner ; [il s’est] évadé de sa prison privée » (p.211). Libre, il décide d’en donner à son bourreau, mais il écoutera la raison après les conseils de son ami Kotody et de sa femme Foquine. La mort fait plusieurs victimes dans ce récit.