Ajay Banga : «Les jeunes, privés de perspectives, empruntent la moindre issue accessible»

Le président de la Banque mondiale alerte sur un risque économique et sécuritaire majeur Comment relever le défi de l’emploi des jeunes? La question que se posent bien des gouvernements et des analystes des pays en développement, taraude également de nombreux dirigeants d’institutions internationales, à l’instar du président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, qui a mené une réflexion approfondie sur le sujet. Pour mieux apprécier l’ampleur du problème et des crises qui pourraient en découler, il est important de rappeler que plus de 1,2 milliard de nouveaux actifs sont attendus dans les pays en développement au cours des 10 à 15 prochaines années. «Or, au rythme actuel, ces économies ne devraient créer qu’environ 400 millions d’emplois sur la même période », prévient le patron de l’institution financière internationale dans une tribune publiée sur Bloomberg.com. Le déficit d’emplois, un défi de plus en plus sécuritaire Parce que «le déficit d’emplois est vertigineux, et il est souvent présenté – à juste titre – comme un défi de développement. Mais c’est aussi un défi économique. Et c’est de plus en plus un défi de sécurité nationale», estime-t-il. Pour Ajay Banga, toutefois, il n’y a pas lieu d’y voir une fatalité. Et pour cause: «Si nous investissons tôt dans les individus et leur donnons les moyens d’accéder à des emplois productifs, cette nouvelle génération pourra bénéficier de conditions de vie dignes et devenir un socle de croissance et de stabilité», affirme-t-il. En revanche, prévient-il, «si nous n’agissons pas, les conséquences sont prévisibles: institutions sous pression, migrations irrégulières, conflits, montée de l’insécurité, alors que les jeunes, privés de perspectives, empruntent la moindre issue accessible». Au sein de la Banque mondiale, on s’emploie résolument à trouver des solutions à ce problème, en articulant financements publics, expertise, capitaux privés et instruments de gestion des risques autour d’une stratégie de l’emploi fondée sur trois piliers. «Le premier consiste à créer les infrastructures indispensables, tant humaines que matérielles», indique le patron de la BM sur le site web américain estimant qu’il ne peut y avoir d’investissements privés ni d’emplois sans électricité fiable, sans transports efficaces, sans systèmes d’éducation et de santé solides. De son point de vue, «si la reconnaissance de l’importance des infrastructures physiques est globalement acquise, l’investissement dans le capital humain est tout autant crucial». Le deuxième pilier évoqué dans sa tribune (visible également sur le blog de la Banque mondiale) vise à instaurer un environnement propice à l’entreprise. Selon lui, «des règles claires et une réglementation prévisible réduisent l’incertitude et facilitent l’activité entrepreneuriale. Les emplois naissent de l’initiative d’entrepreneurs et d’entreprises qui ont la confiance nécessaire pour investir et se développer». Ajay Banga en est également convaincu: les ressources publiques peuvent amorcer le mouvement, mais la suite repose essentiellement sur le secteur privé, et en particulier sur les micro-, petites et moyennes entreprises, qui sont les plus grosses pourvoyeuses d’emplois. En conséquence, le troisième pilier consiste à «aider les entreprises à changer d’échelle», poursuit-il rappelant que par l’intermédiaire des branches de l’institution dédiées au secteur privé, la Banque mondiale apporte des prises de participation en capital, des financements, des garanties et des assurances contre les risques politiques. Plus généralement, le président du Groupe précise que l’organisme international se concentre «sur les domaines où le potentiel d’emploi est le plus élevé, à savoir dans cinq secteurs qui génèrent durablement des postes à grande échelle: infrastructures et énergie, agroalimentaire, soins de santé primaires, tourisme et industrie manufacturière à valeur ajoutée». En guise, sans doute, d’avertissement, il souligne que d’ici à 2050, plus de 85% de la population mondiale vivra dans des pays en développement et que «cela représente non seulement la plus vaste expansion de la main-d’œuvre mondiale jamais enregistrée, mais aussi la croissance la plus importante de futurs consommateurs, producteurs et marchés». En attendant, et quelle qu’en soit la motivation (quête de développement socioéconomique, de rendement, de sécurité ou simple altruisme), Ajay Banga estime que «nous avons tous un rôle à jouer et tous intérêt à investir énergie et ressources dans cet effort». Pour lui, il ne fait aucun doute que les pays en développement y gagnent, car les emplois génèrent revenu, stabilité et dignité ; renforcent la demande intérieure et donnent aux jeunes des raisons d’investir dans leur avenir chez eux plutôt que de le chercher ailleurs. Il est également persuadé que les pays développés y trouvent bénéfice. Explications : « A mesure que les économies en développement grandissent, elles deviennent des partenaires commerciaux plus solides, des maillons plus résilients des chaînes d’approvisionnement et des voisins plus stables. La croissance de ces marchés élargit la demande mondiale et atténue les pressions qui alimentent une migration irrégulière et une insécurité dont les coûts économiques et politiques dépassent largement les frontières». Et d’ajouter, s’agissant du secteur privé (institutions financières comme opérateurs), «cela représente l’une des plus grandes opportunités des décennies à venir. Une croissance démographique rapide signifie une demande soutenue en énergie, systèmes alimentaires, soins de santé, infrastructures, logements et produits manufacturés». En conclusion, si l’on fait les bons choix, les forces qui façonnent le monde à bas bruit – à commencer par la démographie – deviendront des moteurs de croissance et de stabilité plutôt que des sources de volatilité et de risque. A l’inverse, «si l’on ne fait pas ce qu’il faut, on continuera de courir après les crises, en se contentant de réagir dans l’urgence à des situations que l’on voyait venir depuis des années, voire des décennies». Alain Bouithy
Santé : Les jeunes, moteurs du changement durable en DSSR avec l’appui de l’UNFPA

GHANA. La Conférence Internationale sur le Sida et les IST en Afrique (ICASA) a officiellement commencé le mercredi 3 décembre dernier. Cette ouverture s’est faite via une session préliminaire dédiée au renforcement des capacités, qui a mis en évidence l’importance cruciale de la jeunesse dans les initiatives de plaidoyer concernant les politiques de VIH et de droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR). L’événement s’est tenu à l’auditorium principal du Centre International de Conférence à Accra, au Ghana, et a rassemblé des jeunes délégués autour du thème de la communication efficace pour provoquer un changement durable dans les communautés africaines. Cette session a marqué un moment important dans les discussions de l’ICASA, en mettant l’accent sur l’importance d’une approche de communication axée sur la résolution de problèmes, l’impact humain et la proposition de solutions. L’UNFPA, acteur majeur de cette session, aux côtés de la Société Africaine de lutte contre le Sida (SAA) et d’autres partenaires, a présenté son approche d’amplification des messages communautaires, soutenue par des outils pratiques qui permettent de traduire des données collectées à l’échelle locale en récits convaincants. Cette approche, baptisée « Problème – Impact Humain – Solution », a pour objectif de donner aux jeunes participants les moyens d’utiliser des outils de plaidoyer et d’influence pour faire avancer les politiques de santé dans leurs communautés. Cette stratégie a été développée pour faire écho aux réalités vécues par les jeunes, tout en leur offrant des méthodes concrètes pour promouvoir le changement à travers les médias et les réseaux sociaux. La session, préparée et présentée par Winnie Tomonkoua (Bureau régional AfriYAN pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale), le Dr Esther Somefun (analyste en santé reproductive et genre à l’UNFPA, Nigéria) et Coulibaly Zié Oumar (Spécialiste des Médias, REMAPSEN), a servi à introduire les concepts de plaidoyer et de communication pour le changement social. Interrogée sur les objectifs de cette session, Dr Esther Somefun a déclaré que « l’objectif est d’équiper une grande cohorte de délégués jeunes avec un kit d’outils de plaidoyer à trois outils, un outil partagé, pratique et immédiatement applicable, afin de faire avancer les politiques en matière de DSSR et de VIH. » De façon spécifique, a-t-elle souligné, « nous visons à permettre aux jeunes de documenter systématiquement des données au niveau communautaire, de traduire ces preuves en récits convaincants pour les médias et les réseaux sociaux, et de structurer des briefings politiques qui influencent les décideurs. » Elle a poursuivi pour dire qu’ « à la fin de la session, les participants devraient être capables d’utiliser des outils concrets pour influencer les politiques, amplifier les messages et structurer des briefings politiques à l’intention des décideurs. » Comment l’Unfpa entend implémenter cette nouvelle approche de communication dans les communautés de jeunes ? Selon Dr Esther Somefun, l’organisation des Nations-Unies prévoit de « mettre en œuvre l’approche de communication [Problème – Impact Humain – Solution] dans les communautés de jeunes en l’intégrant dans les programmes de renforcement des capacités, les formations et les campagnes de plaidoyer, en veillant à ce que les messages résonnent avec les réalités vécues des jeunes et les incitent à agir ». Ainsi, la journée a jeté les bases d’un dialogue stratégique, en offrant aux jeunes délégués des outils pratiques et une plateforme pour exprimer leurs préoccupations et solutions en matière de santé. D’autre part, la souveraineté africaine et la mobilisation des ressources nationales destinées au financement des programmes de santé ont constitué un axe central des discussions de cette première journée. Les participants ont souligné que ces éléments sont cruciaux pour garantir la pérennité des actions menées, et que la réussite de ces initiatives dépendra de l’engagement des gouvernements à débloquer des ressources locales adéquates, particulièrement en faveur des jeunes. Wilfrid Lawilla
Combler les lacunes et forger les aspirations : l’initiative RELANCE pour élargir les possibilités d’éducation et d’emploi pour les jeunes au Tchad et en Mauritanie

La Banque mondiale a approuvé le Projet d’intervention régionale du Sahel pour l’apprentissage et la collaboration dans l’éducation, ou RELANCE selon son acronyme en anglais. Cette initiative phare vise à renforcer les systèmes éducatifs, élargir l’accès à une éducation de qualité et améliorer les perspectives d’emploi pour les jeunes vulnérables au Tchad et en Mauritanie. D’un montant de 137,15 millions de dollars, le projet est financé par des crédits de l’Association internationale de développement (IDA) et des dons du Fonds fiduciaire pour le Sahel et les pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest (SAWAC). Il constitue un engagement important en faveur de l’avenir des jeunes dans l’une des régions les plus précaires du monde. Au Sahel central, un tiers des jeunes ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation professionnelle, et 94 % des enfants âgés de 10 ans sont incapables de lire ou comprendre un texte adapté à leur âge. Au Tchad, 57 % des enfants d’âge primaire ne sont pas scolarisés ; en Mauritanie, ce sont 45 % des jeunes en âge de fréquenter le cycle secondaire qui sont en dehors du système scolaire. Dans ces pays, investir dans l’éducation est une démarche de long terme essentielle pour briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la violence dont trop d’enfants et de jeunes sont prisonniers. Le projet RELANCE adopte une approche régionale et innovante pour bâtir une société plus résiliente et inclusive, en prenant acte des difficultés communes au Tchad et à la Mauritanie. Les deux pays connaissent en effet des taux élevés de jeunes non scolarisés et de pauvreté des apprentissages, tandis qu’ils sont également confrontés aux effets de la dégradation de l’environnement, de la fragilité et des conflits. Le projet appuiera la création d’un institut régional d’éducation dédié à la recherche, qui formera également des professionnels de l’éducation et fournira des conseils sur l’action à mener. Cet institut jouera un rôle essentiel dans la promotion de la coopération régionale et l’harmonisation des politiques éducatives, et bénéficiera directement à au moins 1 500 professionnels du secteur dans les deux pays. Le projet RELANCE mettra également en place des parcours éducatifs flexibles et résilients grâce à l’introduction d’un modèle d’« école ouverte » conçu pour 850 000 jeunes nomades et réfugiés non scolarisés et dont la moitié sont des filles. Ce modèle innovant offrira d’autres voies d’accès à l’éducation formelle ou à l’emploi par le biais de la formation professionnelle et technique. Il reposera sur un format hybride combinant enseignement en présentiel et ressources d’apprentissage numériques, et garantira la continuité de l’éducation même dans les circonstances les plus difficiles. Le projet s’attachera à concevoir des centres d’apprentissage résilients, avec l’intégration d’infrastructures économes en énergie et résistantes aux catastrophes. « Le modèle de l’ »école ouverte » est tout à fait novateur et il pourrait véritablement révolutionner les possibilités d’éducation et d’emploi pour les jeunes vulnérables, explique Franz Drees-Gross, directeur par intérim de l’intégration régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient à la Banque mondiale. En favorisant la collaboration entre le Tchad et la Mauritanie, le projet RELANCE permettra d’assurer un maximum d’efficacité et d’impact, de créer des économies d’échelle et d’éviter les initiatives redondantes. » Le projet met en outre fortement l’accent sur l’égalité des sexes, avec des interventions ciblées visant à remédier aux disparités persistantes qui pénalisent les femmes dans les domaines de l’éducation et de la vie économique. Des efforts seront déployés pour accroître la scolarisation et la poursuite d’études des filles, à travers notamment des incitations financières pour les élèves méritantes et vulnérables et le développement de programmes et d’environnements scolaires intégrant la dimension du genre. « Ce projet va changer la donne pour le Tchad et la Mauritanie, souligne Waly Wane, chef de service Éducation à la Banque mondiale. En mettant l’accent à la fois sur l’éducation et les compétences professionnelles, nous faisons en sorte que les jeunes, et en particulier les filles et les populations vulnérables, disposent des outils dont ils et elles ont besoin pour réaliser leur potentiel et contribuer utilement à leur communauté. » Banque Mondiale
Afrique/VIH-SIDA : un observatoire en création pour assurer une implication concrète des jeunes dans les processus décisionnels

L’atelier de l’ONUSIDA sur la mise en place d’un observatoire régional de suivi de la participation et des indicateurs de prise en charge pédiatrique, qui se déroule à Dakar du 28 au 30 mai 2024, vise à garantir et à mettre en valeur l’engagement des adolescents et des jeunes. Il est inquiétant de voir que les adolescents et les jeunes en Afrique de l’Ouest et du Centre, qui sont de plus en plus touchés par les nouvelles infections au VIH, ne sont pas suffisamment associés aux décisions, en particulier celles qui concernent les politiques et les programmes relatifs au VIH/Sida. « Leurs droits de participer à ces décisions ne sont pas respectés, leurs contributions potentielles sont ainsi perdues, ainsi que leurs leaderships et leurs opinions sur l’épidémie », lit-on dans les termes de référence de cet atelier de « Mise en place d’un observatoire régional de suivi de la participation et des indicateurs de prise en charge pédiatrique ». Cette rencontre est à l’initiative du Réseau des adolescents et jeunes vivant avec le Vih d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Raj+ Aoc), avec le soutien de l’Onusida et de l’Unicef. L’objectif poursuivi est de « mettre en place un mécanisme de suivi communautaire spécifique aux adolescents (es) et jeunes affectés et ceux vivant avec le Vih : ‘’le Youth Clm’’ ». « Une ambition que nous ne pouvons qu’accompagner et saluer », s’est réjouie, dans son allocution d’ouverture, Hélène Badini, Conseillère régionale pour l’égalité et les droits pour tous au Bureau régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. D’ailleurs, elle a fait remarquer que « c’est une première qui marque une étape importante dans l’engagement des adolescents et des jeunes vivant avec le Vih dans la réponse au Vih dans la région ». Persistance des inégalités Evoquant les progrès accomplis ces dernières années dans la riposte au Vih en Afrique de l’Ouest et du Centre, Mme Badini a, toutefois, regretté la persistance des inégalités qui affectent les adolescents (es) et les jeunes. Pourtant, c’est une priorité, si l’on se réfère aux nouvelles infections qui touchent cette cible, « mais aussi aux difficultés d’accès aux services de prise en charge et plus généralement à des services de santé sexuelle, santé de la reproduction centrés sur les personnes », a-t-elle souligné. Mettre en évidence les succès Le mécanisme qui sera mis en place (Le Youth Clm), souligne-t-on doit pouvoir s’appuyer sur une plateforme structurée et sur un suivi par des pairs rigoureusement formés, avec pour objectif principal de générer les données sur la disponibilité, l’accessibilité, l’utilisation et la qualité des services liés au Vih offerts aux Adolescents(e)s et jeunes vivant avec le Vih (AJvVih). Ces données devront inclure, mais de façon non exhaustive, la disponibilité des intrants ». L’approche par les pairs pour collecter les données Sitsope Adjovi Husunukpe, s’exprimant, au nom des jeunes, lors de l’ouverture de cet atelier, a déclaré que « la mise en place de l’observatoire régional (Youth Clm) sur les questions de la prévention, de l’accès aux services de qualité et de prise en charge des adolescents et jeunes vivant avec le Vih est importante à plusieurs égards ». Elle a d’abord relevé la complexité de la cible adolescents et jeunes. « Ce qui induit la nécessité d’une approche pair à pair dans la collecte des données ». Elle a, ensuite, évoqué le besoin de disposer « de données probantes pour alimenter le plaidoyer au niveau national/régional, au niveau district et des formations sanitaires ou structures de prise en charge ». A ce titre, elle a indiqué que cet atelier offre l’occasion pour le Réseau des adolescents et jeunes vivant avec le Vih d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Raj+ Aoc) de s’accorder, avec les différents acteurs présents, sur les indicateurs clés sur lesquels le mécanisme « Youth Clm » doit se pencher, selon les besoins de leur communauté. « Soyons alors attentifs et participatifs pour une meilleure prise en compte de nos réels besoins », a affirmé Sitsope Adjovi Husunukpe. W.L.D
Kinshasa : retour au calme après des échauffourées entre jeunes et policiers
La ville de Kinshasa s’est réveillée, ce jeudi 28 décembre, dans le calme au lendemain des échauffourées enregistrées entre militants de l’opposition et forces de l’ordre. Ces jeunes présentés conne ceux du parti politique ECIDE de Martin Fayulu, répondaient à l’appel de cinq candidats présidents qui appellent à l’annulation des élections générales. Theodore Ngoy,Jean-Claude Baende, Nkema Liloo, Martin Fayulu et Denis Mukwehe dénoncent les irrégularités constatées lors des élections combinées, organisées du 20 au 24 décembre courant à travers le pays. Les éléments de la police nationale ne sont pas non plus visibles dans tous les coins névralgiques de la ville comme c’était mercredi. Les transports en commun sont visibles et la population vaque librement à ses occupations. Au centre-ville de Kinshasa, le Marché central est opérationnel, les magasins et boutiques comme des bureaux publics et privés ont ouvert leurs portes. Entre-temps, la CENI poursuite la publication des résultats partiels de ces élections. A ces jours, le candidat président Félix Tshisekedi est en tête sur les résultats partiels de 173 circonscriptions électorales, plus la diaspora, sur 179, publiés par la CENI.
COP28 : des entreprises africaines dirigées par des jeunes reçoivent 800 000 dollars pour des solutions climatiques

Huit entreprises dynamiques dirigées par de jeunes Africains sont sorties gagnantes du défi 2023 YouthAdapt. Chaque entreprise recevra un don pouvant aller jusqu’à 100 000 dollars. Ces entreprises bénéficieront également d’un mentorat et d’un coaching complets dans le cadre d’un programme d’accélération de douze mois. Depuis son lancement en 2021, l’initiative YouthADAPT a fourni plus de cinq millions de dollars à 33 jeunes entrepreneurs issus de 19 pays africains. Organisé conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement et le Centre mondial pour l’adaptation(le lien est externe), avec le soutien du Fonds pour les changements climatiques en Afrique, YouthADAPT est un concours annuel destiné aux jeunes entrepreneurs dirigeant des micros, petites et moyennes entreprises en Afrique et proposant des solutions innovantes en matière d’adaptation aux changements climatiques. Cette année, l’accent a été mis sur les entreprises appartenant à des femmes et pionnières des technologies de la quatrième révolution industrielle (4IR) telles que l’intelligence artificielle, l’analytique des données massives (big data), la réalité virtuelle, la robotique, l’internet des objets, l’informatique quantique, la fabrication additive, la blockchain et les technologies sans fil de cinquième génération au service de l’adaptation aux changements climatiques. S’exprimant lors de la cérémonie organisée en marge de la COP28 à Dubaï, le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a souligné l’importance d’exploiter les idées et la créativité des jeunes pour améliorer les moyens de subsistance et la prospérité nationale. « Les initiatives Des emplois pour les jeunes en Afrique et [le Plan d’action pour] le développement des compétences pour l’employabilité et la productivité en Afrique de la Banque africaine de développement témoignent de notre engagement à créer 25 millions d’emplois pour nos jeunes, en veillant à ce que 250 millions de personnes trouvent leur voie sur le marché du travail. L’initiative Youth ADAPT est un engagement à investir dans la jeunesse et à façonner un avenir prospère », a déclaré M. Adesina. Patrick Verkooijen, PDG du Centre mondial pour l’adaptation, a souligné la nécessité de cultiver les talents de la jeunesse africaine. « Les jeunes détiennent la clé pour libérer le potentiel économique de l’Afrique. Grâce à des initiatives telles que les Prix YouthADAPT, nous offrons des opportunités de formation et d’emploi qui permettent de retenir les talents africains dans leur pays », a-t-il souligné. Au cours d’une table ronde organisée dans le cadre de la remise des prix, Cheryl Urban, vice-ministre adjointe du Canada pour l’Afrique subsaharienne, a évoqué le rôle essentiel que peuvent jouer les institutions de financement du développement. « Le programme YouthADAPT de la Banque africaine de développement apporte un soutien crucial au développement à grande échelle d’entreprises et d’innovations climatiques pilotées par des jeunes en Afrique. Le Canada est fier de contribuer à cette initiative », a indiqué Mme Urban. Beth Dunford, vice-présidente de la Banque africaine de développement chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social, a souligné l’importance de soutenir les entrepreneurs qui luttent contre les changements climatiques. Elle a également insisté sur la nécessité de supprimer les obstacles au financement, en particulier pour les femmes. L’envoyée de l’Union africaine pour la jeunesse, Chido Cleopatra Mpemba, a souligné la nécessité de favoriser des mécanismes efficaces de partage de l’information entre les régions. Une des lauréates de cette année, Lucy Wangari, de l’entreprise Onion Doctor, spécialisée dans le suivi de la croissance des oignons, a déclaré que ce prix la motiverait à en faire encore plus. « C’est un moteur important pour la mise à l’échelle de (notre) solution innovante pour augmenter la production locale d’oignons de 20 % et transformer la chaîne de valeur de l’oignon en une source d’emploi lucrative pour les agriculteurs des terres arides et semi-arides du Kenya. » Les anciens lauréats ont partagé leurs expériences sur la façon dont le don a renforcé leurs entreprises. Fela Akinse, PDG de Salubata, une entreprise qui transforme les déchets plastiques en chaussures bon marché, a souligné la manière dont le don propulse l’expansion et l’innovation en matière de technologies propres de son entreprise, et l’aide à produire un impact à l’échelle mondiale. Les entreprises lauréates, dirigées par des femmes de toute l’Afrique, opèrent dans des secteurs touchés par les changements climatiques : l’agriculture, l’efficacité énergétique, la gestion des risques de catastrophe, les ressources en eau et la conservation de la biodiversité. Liste complète des lauréats : Deborah Nzarubara d’ETS Grencom, de la République démocratique du Congo : Grâce à l’exploitation des données massives (big data), ETS Grencom fournit des données météorologiques en temps réel, stimulant ainsi la productivité agricole et soutenant les abeilles pollinisatrices dans le cadre de pratiques agricoles durables. Mirriam Chapi de Chapi Core Tech, de la Zambie : Grâce à l’application EaseOn Track, Chapi Core Tech a autonomisé plus de 5 000 agricultrices, facilitant l’adoption d’énergies propres et améliorant la production agricole. Eddah Wanjiru de Arinifu Technologies, du Kenya : Les innovations Smart Brooder et Kuku Smart utilisent la technologie de l’internet des objets, offrant des solutions pour le secteur avicole et des informations opérationnelles, au profit de la communauté agricole du Kenya. Fatoumata Diaby de Jeune Agro-Innovatour, du Mali : Le logiciel E-Compost de Jeune Agro-Innovatour transforme la jacinthe d’eau envahissante en compost de qualité supérieure, promouvant ainsi des pratiques agricoles durables. Beth Koigi de Majik Water Technologies, du Kenya : Majik Water Technologies est un pionnier de la collecte de l’eau atmosphérique, fournissant des ressources en eau vitales aux communautés agricoles frappées par la sécheresse au Kenya. Lucy Wangari de Onion Doctor Limited, du Kenya : Grâce à l’internet des objets et à l’apprentissage automatique, Onion Doctor Limited surveille les cultures d’oignons, optimisant ainsi la durabilité et la rentabilité pour les agriculteurs kényans. Daniella Ushindi Viruvuswagha d’ETS Chemchem Agro, de la RDC : Leur application ApiConnect utilise l’apprentissage automatique pour le placement stratégique des ruches, ce qui stimule considérablement la production de miel en République démocratique du Congo. Stéphanie Meltus de Green Eden Farms, du Nigéria : Green Eden Farms utilise la technologie Scaregrow pour fournir des informations en temps réel, améliorant ainsi la productivité et la résilience de l’agriculture nigériane.
L’IFDD dévoile ses activités au profit des femmes et des jeunes

C’est au cours du side-event sur le thème « les PMEs, partenaires essentiels pour une transition juste vers une économie circulaire sobre en consommation d’énergie », organisé, le 05 novembre 2023, à Dubaï, au pavillon de la Francophonie et animé par l’ONG CICE-SEED. L’Institution de la Francophonie pour le Développement Durable y a pris part aux côtés d’autres structures œuvrant auprès des PME. Ouvrant le bal des interventions, Mme Cécile Martin-Phipps, directrice de l’IFDD a présenté succinctement les grandes lignes de leur engagement aux côtés des communautés, notamment envers les femmes et les jeunes. « La francophonie c’est un vecteur de solidarité. A travers la solidarité, on (IFDD) fonctionne avec les gouvernements mais elle fonctionne également avec les différents acteurs, les différents niveaux d’acteurs », a-t-elle souligné. La directrice de l’IFDD a fait qu’une rencontre a été faite pour définir de grandes lignes de la politique de l’OIF à l’endroit des femmes et des jeunes. « la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo aussitôt arrivée à la tête de l’OIF a organisé une concertation auprès de la jeunesse francophone qui, il faut le rappeler, est jeune avec moins de 35 ans à 60% actuellement et qui, en 2050 atteindra entre 70 voire 80% », a déclaré Cécile Martin-Phipps. Elle a renseigné l’assistance qu’il est hyper important pour l’IFDD de donner la voix à travers. « 90% des entreprises dans le monde sont des PME, 50% de l’emploi, 40% de revenus nationaux surtout dans les pays émergents ». Comment tu réponds aux besoins de tes bénéficiaires. La francophone est donc ce vecteur de solidarité, qui doit répondre à un besoin. Ce besoin, c’est une jeunesse qui est vibrante, dynamique, mais qui fait face à un besoin cruel en termes de formations, d’emplois. L’IFDD encourage accompagne les femmes et les jeunes qui ont de bonnes idées d’innovation ou de co-innovations. L’IFDD le fait dans la région du bassin du Congo et en Haïti ainsi que dans quelques pays du Sahel à travers le projet Nexus accès plutôt sur l’agriculture vivrière. La sélection se à base des appels à candidature suivi d’une formation dans la réalisation des projets bancables, marketing et Communication. Ce qui, en fin de compte, ils sont lancés dans le marché, après avoir obtenu les brevets de leurs innovations. « En deux ans, nous avons formé et suivons déjà 200 dans l’efficacité énergétique ». Toumao Kiri, directeur adjoint de l’IFDD, à son tour, déclaré, « la francophonie c’est 88 Etats et gouvernements membres dont 54 membres et d’autres sont observateurs et membres associés. Sur les 54 pays, 30 sont africains, 44 millions des PME en Afrique subsaharienne selon l’OCDE. Ils ne tiennent pas compte des auto-emplois qui sont aussi des PME. Donc, les 44 c’est la définition classique des PME de l’OCDE. Vous imaginez un peu la place qu’elle occupe dans les économies de ces pays francophones ». M. Toumao Kiri, en rapport aux PME, a donné des chiffres : « la France compte 146 PME, soit 3,9 millions d’emplois (24%) d’emplois. Par contre, au Québec, 1,19 millions des PME dont 25.000 sont gérées par des jeunes et femmes ». Deux cibles prioritaires : les femmes et les jeunes Cet engagement a été pris au lendemain de l’arrivée à la tête de l’OIF de Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de cette organisation. A en croire M. Toumao Kiri, en se focalisant sur les femmes et les jeunes, « vous allez toucher forcément aux PME d’une manière ou d’une autre ». Il a réaffirmé qu’« aujourd’hui, tous les programmes de la francophonie sont orientés vers les femmes et les jeunes. Autrement dit, nous sommes appelés à travailler pour et avec les PME », a-t-il ajouté.« Nous avons fait un programme sur le développement des technologies de l’innovation environnementale pour le développement durable. Ce programme permet à tous ceux qui ont des innovations qui est orienté sur l’environnement et la décarbonation », a renchéri Toumao Kiri. A noter que l’IFDD a lancé un programme pilote dans deux pays : le Cameroun et la RDC qui visait 100 innovations pour une période de 4 ans, mais en deux ans, le programme avait déjà réalisé 171 innovations avec des brevets et des entreprises, a fait savoir M. Toumao.Cette prouesse a poussé la Francophonie à décider d’étendre ce programme dans l’ensemble des pays bassin du Congo pour la première phase. L’IFDD a mené ce même programme en Haïti avec la participation de la jeunesse à la gouvernance de l’environnement et ce programme visait 115 innovations, mais a atteint 200 innovations.« C’est là que nous avons réalisé que les jeunes, aussi bien dans le bassin du Congo qu’en Haïti, la majorité des innovations sont en lien avec la sécurité alimentaire. Ainsi, nous l’avons élargie avec le programme Nexus pour travailler dans l’eau, énergie biodiversité pour la sécurité alimentaire à partir de 2024 », nous dit Touamao Kiri. Il sied de rappeler que l’IFDD a des activités pour former les jeunes. On a une plateforme qu’on appelle « J-Climate » où le jeune a un parcours de formation en 6 étapes. Wilfrid Lawilla DIANKABAKANA
Les Assises Nationales du Congo: le chômage de masse des jeunes est la véritable raison du drame d’Ornano

TRAGEDIE. « Les circonstances chaotiques de l’opération de recrutement expliquent visiblement ce énième drame que connaît un pays dont la mauvaise gouvernance est une évidence », affirme le Bureau des Assises Nationales du Congo dans le communiqué ci-dessous: « COMMUNIQUE DE PRESSE sur la mort de plusieurs dizaines de jeunes candidats au recrutement dans les Forces armées congolaises. Ce 21 novembre 2023, à Brazzaville, plusieurs dizaines de jeunes congolais sont morts au cours d’une échauffourée, suite à de coups portés par des militaires et des policiers en pleine nuit dans un stade situé à côté d’un camp militaire. Les victimes se comptent parmi plus de 5000 jeunes âgés de 18 à 25 ans s’étant présentés sur le lieu d’un recrutement organisé par le gouvernement pour le renforcement des effectifs des Forces Armées Congolaises, lesquelles sont structurées pour assurer l’hégémonie de la tribu de l’actuel Chef de l’Etat. Les circonstances chaotiques de l’opération de recrutement expliquent visiblement ce énième drame que connaît un pays dont la mauvaise gouvernance est une évidence.Le chômage de masse qui frappe la jeunesse congolaise est la véritable raison du drame ainsi survenu. Le deuil frappe le Congo. Le peuple a perdu probablement plus de cent de ses jeunes fils et filles. Dans une telle situation le mépris des oligarques est observable à travers le silence du Président de la République, Monsieur Denis Sassou Nguesso, ainsi qu’à travers le tâtonnement et la réaction tardive de son gouvernement. En effet on retiendra que le drame a eu lieu entre 23h le 20 novembre et 2h du matin le 21 novembre 2023. À titre d’illustration, on remarquera que le premier communiqué du gouvernement publié le 21 novembre vers 11h, tard en effet, est un texte non signé et qui fournit un faux chiffre concernant le nombre de morts tout en ignorant celui des blessés. Le Congo va vivre pendant quelques jours au rythme des gesticulations médiatisées du pouvoir exécutif et d’un pouvoir judiciaire aux ordres du dictateur de Brazzaville. Au-delà du bruit médiatique que le système Sassou Nguesso sait organiser, le peuple congolais saura poursuivre, avec dignité, sa longue lutte pour mettre fin à la dictature en place depuis le coup d’État opéré en octobre 1997 par le même général Denis Sassou Nguesso. « Les Assises Nationales du Congo » sont solidaires avec toutes les familles éprouvées. Le temps du deuil lié au drame du 21 novembre 2023 marquera une étape dans la conscientisation de la jeunesse congolaise pour poursuivre une lutte d’émancipation qui aboutira à la reconstruction et au développement de la République du Congo. Fait à Paris, le 21 novembre 2023.Le Bureau des Assises Nationales du Congo.Pour le Délégué Général,Djess dia Moungouansi , Porte-parole.