Réunion des gouverneurs et des ministres des Finances France – CEMAC

Réunion des gouverneurs et des ministres des Finances France – CEMAC

Le Ministre congolais de l’Economie et des Finances, Jean-Baptiste Ondaye, Président du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), accompagné de Ludovic Ngatsé, Ministre congolais du Budget, des Comptes publics et du Portefeuille public, et leur homologue français, Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique, ont co-présidé, mardi 25 avril 2023 à Bercy (France), siège du Ministère français de l’Economie et des Finances, la réunion des Ministres des Finances des Zones monétaires CEMAC-France à Paris. Cette réunion a été précédée, la veille, lundi 24 avril 2023, par celle des experts. La réunion bilatérale, tenue en format présentiel, a été placée sous le thème : Quelles réponses face à la multiplicité des chocs externes affectant l’Economie mondiale et la CEMAC en 2023 ? Les Ministres des Finances des deux zones monétaires ont débuté leur séance de travail par l’analyse de la situation macroéconomique et financière : perspectives internationales, en zone Euro et CEMAC en 2023. Après les remarques introductives formulées, respectivement, par Abbas Mahamat Tolli, Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et François Villeroy De Galhau, Gouverneur de la Banque de France, les Ministres de l’Economie et des Finances de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) et leur homologue français ont relevé, unanimement, que l’Economie mondiale et celle de la CEMAC sont confrontées à une multiplicité de chocs exogènes économiques, climatiques, sécuritaires et financières.  Malgré ce constat très préoccupant, ils ont salué la résilience des Economies des pays de la CEMAC, grâce à la mise en œuvre des réformes engagées dans le cadre du Programme des Réformes Économiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC), avec le soutien de l’ensemble des partenaires techniques et financiers (PTF). Ils ont aussi souligné que l’intégration régionale de la CEMAC et sa coopération monétaire avec la France contribuent à renforcer les Economies de cette sous-région et à les préserver, en partie, de l’inflation.  Les Gouverneurs des banques centrales ont réaffirmé leur engagement, en ligne avec leur mandat et l’indépendance de la politique monétaire, de garantir la stabilité de la monnaie.  Les Ministres des Finances ont d’abord souligné l’importance, d’une part, d’œuvrer à une croissance économique soutenable et inclusive, notamment par la diversification du tissu productif et l’adaptation au changement climatique et, d’autre part, de maintenir la soutenabilité des finances publiques par la poursuite de la mise en œuvre des réformes. Ils ont, ensuite, appelé à renforcer l’intégration économique régionale, facteur de résilience et de solidarité des États, face aux chocs exogènes, dans un contexte de hausse des risques sécuritaires, économiques et financiers, à travers le financement et la mise en œuvre, non seulement des projets intégrateurs prioritaires de la CEMAC, mais aussi de la stratégie de diversification des Economies.  Les participants à cette réunion ont salué le succès enregistré dans la mise en œuvre du premier Programme de projets intégrateurs de la CEMAC et accueilli, avec intérêt, la tenue de la Table ronde qui aura lieu à Paris, au mois de novembre 2023, sur le financement du deuxième Programme de Projets intégrateurs de cette zone économique.  Les Ministres des Finances des deux zones monétaires ont, enfin, réitéré le souhait de poursuivre ces réunions de concertation à un rythme régulier. Ainsi, la prochaine réunion pourra se tenir en Afrique centrale.

L’économie mondiale va continuer à ralentir avant d’amorcer un rebond l’an prochain

L’économie mondiale va continuer à ralentir avant d’amorcer un rebond l’an prochain

La croissance mondiale devrait ralentir de 3,4% en 2022 à 2,9% en 2023, avant de remonter à 3,1% en 2024, indique le Fonds monétaire international (FMI) dans sa dernière mise à jour des perspectives de l’économie mondiale indiquant une inflation au sommet et une croissance en berne. Selon l’institution financière internationale, « la croissance de 2023 sera de 0,2 point de pourcentage de plus que ce qui était anticipé dans l’édition d’octobre 2022 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM), mais reste inférieure à la moyenne historique (2000–19) de 3,8% ». Les mesures pour combattre l’inflation et la guerre menée par la Russie en Ukraine pesant sur l’activité économique, « le niveau de croissance restera faible par rapport aux normes historiques », a estimé Pierre-Olivier Gourinchas, conseiller économique et directeur des études du FMI. Les perspectives étant moins sombres par rapport aux prévisions établies en octobre, l’économiste français assure toutefois que «nous pourrions assister à un tournant, avec une croissance dans le creux de la vague et une inflation en baisse». En effet, comme il le relève dans un blog du Fonds, la croissance économique a fait preuve d’une résilience inattendue au troisième trimestre de l’année dernière, grâce à la vigueur du marché du travail, à la bonne tenue de la consommation des ménages et des investissements des entreprises, et à une adaptation qui s’est révélée plus solide que prévu à la crise énergétique en Europe. Toujours selon Pierre-Olivier Gourinchas dont les travaux se concentrent sur la macroéconomie et la finance internationale, « la situation de l’inflation s’est également améliorée, et les mesures globales prises par la plupart des pays sont désormais réduites ». Qu’à cela ne tienne, on notera cependant que « l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix plus volatils de l’énergie et des denrées alimentaires, n’a pas encore atteint son pic dans de nombreux pays », a-t-il fait remarquer. Quoi qu’il en soit, et alors que la réouverture subite de la Chine ouvre la voie à une reprise rapide de l’activité, force est de constater que « l’atténuation des pressions inflationnistes a permis d’améliorer les conditions financières mondiales », a souligné l’économiste notant que cette tendance, ainsi que l’affaiblissement du dollar américain par rapport à son niveau record de novembre, ont apporté un peu de répit aux pays émergents et aux pays en développement. C’est ainsi qu’il a été décidé de revoir légèrement à la hausse les prévisions de croissance pour 2022 et 2023. L’inflation mondiale va chuter en 2023 et 2024 Dans sa récente mise à jour des perspectives de l’économie mondiale, le  FMI annonce en outre que l’inflation mondiale devrait décliner de 8,8% en 2022 à 6,6% en 2023 et à 4,3% en 2024. Elle devrait cependant continuer à dépasser les niveaux enregistrés avant la pandémie (2017–19) d’environ 3,5 %. Selon les experts et analyses du FMI, si la faible croissance attendue en 2023 est liée au relèvement des taux par les banques centrales pour contrer l’inflation et à la guerre en Ukraine, l’analyse des données montre qu’elle est   imputable aux pays avancés. Des dernières prévisions, il ressort aussi que la croissance devrait s’accélérer en Chine avec la réouverture complète du pays en 2023 et que la croissance du commerce mondial devrait fléchir cette même année à 2,4%, «malgré une réduction des goulets d’étranglement de l’offre, avant de grimper à 3,4% en 2024», a soutenu le Fonds. D’après le FMI, la croissance devrait augmenter légèrement dans les pays émergents et les pays en développement. Elle devrait passer «de 3,9% en 2022 à 4% en 2023 et à 4,2% en 2024, avec une révision à la hausse de 0,3 point de pourcentage pour 2023 et une révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage pour 2024 ». Il sied toutefois de souligner que près de la moitié des pays émergents et des pays en développement affichent une croissance plus faible en 2023 qu’en 2022. Enfin, le FMI prévient que les risques de dégradation des perspectives mondiales restent prépondérants, avec la possibilité d’un recul de la croissance et d’une hausse de l’inflation ; quand bien même « les aléas négatifs se sont atténués depuis l’édition d’octobre 2022 des Perspectives de l’économie mondiale ». Alain Bouithy

Protéger la nature éviterait une perte de 2 700 milliards de dollars par an à l’économie mondiale

Un nouveau rapport de la Banque mondiale estime que l’effondrement de certains services écosystémiques fournis par la nature (pollinisation sauvage, nourriture issue de la pêche marine et bois provenant des forêts naturelles, notamment) pourrait amputer le produit intérieur brut (PIB) mondial de 2 700 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Le rapport, intitulé en anglais The Economic Case for Nature, rappelle que les économies sont fortement tributaires de la nature, en particulier dans les pays à faible revenu. Selon ses estimations, c’est en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud que le déclin des services écosystémiques provoquerait la plus forte contraction relative du PIB réel d’ici à 2030, respectivement de 9,7 % et 6,5 % par an. L’explication tient à la dépendance de ces régions à l’égard des cultures pollinisées et, pour l’Afrique subsaharienne, à l’égard des produits forestiers, ainsi qu’à une faible capacité à évoluer vers d’autres modes de production et de consommation qui seraient moins touchés. « La préservation de la nature et le maintien de ses services sont essentiels à la croissance économique, affirme David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale. Les politiques respectueuses de la nature, notamment la réforme des subventions agricoles et les investissements dans l’innovation agricole, améliorent la biodiversité et les résultats économiques. À l’heure où les pays tentent de se relever de la pandémie de COVID-19, il est important que le développement économique soit plus respectueux de la nature. » « C’est la combinaison de mesures qui s’avère la plus profitable à la fois pour la biodiversité et pour les économies. Il est particulièrement important et bénéfique pour les pays en développement d’y ajouter l’investissement dans la recherche et le développement », déclare Giovanni Ruta, économiste principal de l’environnement à la Banque mondiale et l’un des auteurs du rapport. Ce rapport est le fruit d’une étroite collaboration avec l’université du Minnesota et l’université Purdue, et sa publication intervient au moment où les pays s’apprêtent à formuler un nouveau cadre mondial pour la biodiversité lors de la Conférence des parties (COP15) à la Convention sur la diversité biologique, qui se tiendra à Kunming, en Chine. Des politiques respectueuses de la nature seront essentielles pour mettre en œuvre le cadre mondial pour la biodiversité après 2020. La Conférence des parties de Kunming sera aussi l’occasion d’adopter des objectifs concrets, tels que la protection de 30 % des terres et de 30 % des océans d’ici à 2030 (ou objectif « 30×30 »). Le rapport fait valoir que les bienfaits en termes de services écosystémiques découlant de la réalisation de l’objectif 30×30 compenseraient la quasi-totalité des coûts d’opportunité générés par la protection de terres supplémentaires pour atteindre l’objectif.  Les investissements dans les services écosystémiques doivent être réalisés de manière à exploiter les synergies avec les mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, car cela donne plus de poids aux arguments en faveur de l’action. Par exemple, la mise en œuvre de régimes de paiement du carbone forestier, que ce soit au niveau national ou mondial, améliore l’efficacité d’autres politiques nationales, comme la réforme des subventions agricoles, à protéger la nature tout en augmentant les gains économiques. Le Groupe de la Banque mondiale s’emploie à soutenir des opérations axées sur la biodiversité et qui investissent directement dans la conservation des espèces et des habitats naturels et améliorent les moyens de subsistance dans le cadre de ses activités en faveur de secteurs qui reposent sur le capital naturel, comme la foresterie, la pêche et l’agriculture. Au cours de l’année écoulée, le portefeuille de la Banque mondiale comptait 70 projets en faveur de la biodiversité dans plus de 40 pays, pour un engagement net estimé à 1,18 milliard de dollars. Citons comme exemples de cet effort le programme pour des paysages durables en Amazonie (a), qui est soutenu par le Fonds pour l’environnement mondial, et les investissements dans l’agriculture durable et la gestion des paysages au Brésil et en Éthiopie. COVID-19 : l’action du Groupe de la Banque mondiale Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le Groupe de la Banque mondiale a engagé plus de 125 milliards de dollars pour faire face aux répercussions sanitaires, économiques et sociales de cette crise, déployant ainsi dans des délais records la plus vaste riposte de son histoire. Ces ressources aident plus de 100 pays à mieux se préparer à lutter contre la pandémie, à protéger les populations pauvres et les emplois, et à favoriser une reprise respectueuse du climat. La Banque a également mis à disposition 12 milliards de dollars pour aider les pays à revenu faible et intermédiaire à acquérir et à distribuer des vaccins contre la COVID-19, ainsi que des tests de dépistage et des traitements.

Le Premier ministre soudanais salue la première carte Visa émise par l’United Capital Bank (UCB) en tant que symbole du retour du Soudan dans l’économie mondiale

L’UCB prévoit de lancer d’autres produits Visa pour sa clientèle croissante. La récente décision relative au taux de change a permis aux banques soudanaises d’attirer environ 500 millions USD de capitaux. Le Premier ministre soudanais, M. Abdalla Hamdok, a salué la première carte Visa émise au Soudan comme un symbole de la réintégration tant attendue du Soudan au sein de l’économie mondiale. La carte, émise par United Capital Bank (UCB), une banque de premier plan, a été présentée à M. Hamdok par M. Yousif Ahmed El-Tinay, président-directeur général de l’UCB. M. Hamdok a félicité l’UCB pour ses efforts accomplis en vue de se conformer à toutes les normes internationales exigées pour émettre la première carte Visa au Soudan et déclaré que celle-ci était synonyme d’un franc succès. « Cette carte, ainsi que notre récente décision économique d’unifier le taux de change témoigne de notre volonté absolue à prendre les mesures nécessaires pour développer notre économie et permettre à notre pays de reprendre sa place dans l’économie mondiale. Nous sommes résolus à poursuivre sur la voie de la réforme, à construire notre économie et à attirer les investissements directs étrangers », a ajouté M. Hamdok. La décision relative au taux de change a eu pour résultat de juguler le marché parallèle et de transférer, en moins de quatre semaines, environ 500 millions USD vers le système financier officiel. M. Yousif Ahmed El-Tinay a déclaré : « Nous sommes fiers de présenter la première carte Visa au Premier ministre, et nous considérons comme un privilège le fait d’être la première banque soudanaise à pouvoir émettre cette carte. Nous sommes conscients de la responsabilité qu’implique le leadership et nous savons pertinemment que l’émission de la carte représente la première étape vers la construction d’un écosystème complet qui encouragera la culture du paiement électronique et l’inclusion financière. Nous œuvrons actuellement à l’instauration de cet écosystème afin d’augmenter les opportunités pour tous nos détenteurs de carte, nos commerçants, et l’ensemble du pays. » M. Ahmed Gaber, directeur général de Visa pour l’Afrique du Nord, a déclaré : « Nous sommes ravis d’accompagner le Soudan sur la voie de la croissance et de sa réintégration à l’économie mondiale ; nous avons travaillé en étroite collaboration avec notre partenaire, l’UCB, afin que ses détenteurs de carte Visa disposent d’une option de paiement fiable, pratique, sécurisée et acceptée partout dans le monde. Le Soudan est un marché prometteur ; il connaît actuellement de nombreux développements économiques positifs et nous nous réjouissons de continuer à le soutenir sur la voie de l’inclusion financière et de la croissance économique en faisant bénéficier nos partenaires et le gouvernement soudanais de la technologie de paiement de classe mondiale de Visa. » Par APO

Bank Al-Maghrib : L’économie mondiale devrait rebondir de 6,2% en 2021 puis croître de 3,6% en 2022

Bank Al-Maghrib : L’économie mondiale devrait rebondir de 6,2% en 2021 puis croître de 3,6% en 2022

En dépit des restrictions instaurées dans plusieurs pays pour contenir les nouvelles vagues de contamination au virus, les perspectives de croissance économique mondiale connait une amélioration, selon Bank Al-Maghrib. Après une contraction qui aurait atteint 3,7% en 2020, l’économie mondiale devrait rebondir de 6,2% en 2021 puis croitre de 3,6% en 2022, a indiqué la Banque centrale du Maroc au terme de son premier Conseil de l’année tenu mardi 23 mars soulignant que dans les principaux pays avancés, après une baisse de 3,5%, le PIB progresserait aux Etats-Unis de 4,4% en 2021 et de 2,8% en 2022. Dans la zone euro, il afficherait une croissance de 4,9% en 2021 et de 3,2% en 2022, après un repli de 6,8% en 2020. Sur les marchés du travail, après une forte aggravation à 8,1% en 2020, le taux de chômage reculerait aux Etats-Unis pour se situer légèrement au-dessus de 6% en 2021 et en 2022. Dans la zone euro, ce taux augmenterait de 0,6 point à 8,6% en 2021 avant de revenir à 7,6% en 2022. S’agissant des principaux pays émergents, la Chine, seule économie de la catégorie à avoir enregistré une croissance positive en 2020, avec un taux de 2%, connaitrait un bond de 9,6% en 2021 et une progression de 5% en 2022. En Inde, en revanche, le PIB aurait diminué de 7,5% et devrait connaitre une expansion de 13,3% en 2021 et de 6,6% en 2022. Sur les marchés des matières premières, les cours du pétrole poursuivent leur tendance haussière entamée fin avril 2020, soutenus par l’accord des membres de l’OPEP+ sur les niveaux de production et par la reprise de la demande. Le prix du Brent en particulier devrait s’accroitre de 42,3 dollars le baril en moyenne en 2020 à près de 60 dollars en 2021 et osciller autour de ce niveau en 2022. Quant aux engrais phosphatés, les projections de la Banque Mondiale datant d’octobre 2020 tablent sur une augmentation du cours du DAP de 312,4 dollars la tonne en 2020 à 318 dollars la tonne en 2021 et à 326 dollars la tonne en 2022. Pour les produits alimentaires, un accroissement de leurs prix de 9,1% en moyenne est prévu en 2021, suivi d’un recul de 2,7% en 2022. Dans ces conditions, et après les fortes pressions désinflationnistes en 2020, l’inflation connaitrait une nette accélération cette année. Aux Etats-Unis, elle passerait de 1,2% en 2020 à 2,5% en 2021 avant de ralentir à 2,2% en 2022. Dans la zone euro, après un taux de 0,3% en 2020, elle rebondirait à 1,9% en 2021, avant de revenir à 1,3% en 2022. Ces évolutions ne devraient pas avoir d’impact sur l’orientation de la politique monétaire dans les principales économies avancées qui devrait rester fortement accommodante. La FED a décidé à l’issue de sa réunion des 16 et 17 de ce mois de garder inchangée la fourchette cible du taux des fonds fédéraux à [0%-0,25%] et prévoit de la maintenir à ce niveau jusqu’à ce que les conditions du marché du travail aient atteint des niveaux conformes avec les évaluations du Comité de l’emploi maximal et que l’inflation ait augmenté à 2% et soit en voie de dépasser modérément ce taux pendant un certain temps. Elle a, en outre, réitéré qu’elle continuera d’augmenter ses avoirs en titres jusqu’à ce que des progrès considérables aient été atteints en matière de réalisation de ses objectifs. Dans le même sens, lors de sa dernière réunion du 11 courant, la BCE a maintenu inchangés ses taux directeurs et a confirmé la poursuite de ses achats d’actifs avec une augmentation du rythme de ceux réalisés dans le cadre du programme d’urgence face à la pandémie. Elle a indiqué également qu’elle continuera à fournir une liquidité abondante par le biais de ses opérations de refinancement, en particulier la troisième série d’opérations ciblées de refinancement à plus long terme. En parallèle, les soutiens budgétaires se poursuivent, avec notamment l’approbation courant de ce mois aux Etats-Unis d’un nouveau plan de relance d’une enveloppe de 1900 milliards de dollars. De même, l’Union européenne a adopté en décembre dernier un plan de relance de 1800 milliards d’euros, axé sur un budget à long terme et le programme « Next Generation EU » dont le montant s’élève à 750 milliards d’euros. Les assouplissements monétaires et budgétaires exceptionnels et les perspectives favorables de croissance induisent une tendance haussière des taux souverains, le rendement des bons américains à 10 ans en particulier étant passé de 0,54% à fin juillet 2020 à près de 1,73% au 19 mars 2021.

Economie mondiale : ralentissement synchronisé et perspectives précaires

Economie mondiale : ralentissement synchronisé et perspectives précaires

TRIBUNE. L’économie mondiale connaît un ralentissement synchronisé et nous avons, une fois encore, revu à la baisse les perspectives de croissance pour 2019, à 3 %, soit son rythme le plus lent depuis la crise financière mondiale. La croissance continue d’être affaiblie par l’augmentation des obstacles au commerce et la montée des tensions géopolitiques. Selon nos estimations, les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine réduiront cumulativement le niveau du PIB mondial de 0,8 % d’ici à 2020. La croissance est également freinée par des facteurs propres à certains pays émergents et par des forces structurelles, comme la faible croissance de la productivité et le vieillissement de la population dans les pays avancés. Dans l’édition d’octobre des Perspectives de l’économie mondiale, nous prévoyons une modeste amélioration de la croissance mondiale à 3,4 % en 2020, ce qui constitue une nouvelle révision à la baisse de 0,2 % par rapport à nos projections d’avril. Toutefois, contrairement au ralentissement synchronisé, cette reprise n’est pas généralisée et est précaire. La faiblesse de la croissance est due à une forte détérioration de l’activité manufacturière et du commerce mondial : une hausse des droits de douane et une incertitude prolongée en matière de politique commerciale nuisent aux investissements et à la demande de biens d’équipement. En outre, l’industrie automobile connaît également une contraction en raison de divers chocs, tels que les perturbations dues aux nouvelles normes d’émission appliquées dans la zone euro et en Chine, dont les effets sont durables. Dans l’ensemble, la croissance du volume des échanges commerciaux au premier semestre de 2019 est tombée à 1 %, soit le plus faible niveau enregistré depuis 2012. Contrairement à l’industrie manufacturière et au commerce qui affichent une faiblesse extrême, le secteur des services continue de résister dans la majeure partie du monde, ce qui a permis aux marchés du travail de conserver leur dynamisme et à la croissance des salaires ainsi qu’aux dépenses de consommation de rester saines dans les pays avancés. Des premiers signes de fléchissement se font toutefois sentir dans ce secteur aux États-Unis et dans la zone euro. La politique monétaire a largement contribué à la relance de la croissance. En l’absence de tensions inflationnistes et face à un affaiblissement de l’activité, les grandes banques centrales ont assoupli à juste titre leur politique monétaire afin de réduire les risques de dégradation de la croissance et de prévenir un désancrage des anticipations inflationnistes. Nous estimons que, sans cette relance monétaire, la croissance mondiale serait inférieure de 0,5 point de pourcentage en 2019 et en 2020. Les économies des pays avancés continuent de ralentir et se rapprochent ainsi de leur potentiel à long terme. La croissance a été ramenée à 1,7 % en 2019 (contre 2,3 % en 2018) et devrait se maintenir à ce niveau en 2020. Les solides conditions du marché du travail et les mesures de relance contribuent à compenser les effets néfastes du fléchissement de la demande extérieure pour ces pays. La croissance des pays émergents et des pays en développement a également été révisée à la baisse, à 3,9 % pour 2019 (contre 4,5 % en 2018), en raison notamment des incertitudes liées aux politiques commerciales et nationales, et du fait du ralentissement structurel en Chine.  L’accélération de la croissance mondiale en 2020 est tirée par les pays émergents et les pays en développement, qui devraient connaître un rebond de la croissance à 4,6 %. Ce rebond s’explique pour moitié par une reprise ou une récession moins forte dans des pays émergents en difficulté, comme l’Argentine, l’Iran et la Turquie, et pour le reste par une reprise dans des pays où la croissance a considérablement ralenti en 2019 par rapport à 2018, comme l’Arabie saoudite, le Brésil, l’Inde, le Mexique et la Russie. Toutefois, une grande incertitude entoure ces reprises, notamment parce que de grands pays comme la Chine, les États-Unis et le Japon devraient connaître un ralentissement plus marqué en 2020.  Escalade des risques Plusieurs risques de dégradation pèsent en outre sur la croissance. La montée des tensions commerciales et géopolitiques, y compris les risques liés au Brexit, pourrait perturber davantage l’activité économique et faire dérailler une reprise déjà fragile dans les pays émergents et dans la zone euro. Cela pourrait entraîner une brusque évolution de la propension au risque, des perturbations financières et un retournement des flux de capitaux à destination des pays émergents. Dans les pays avancés, la faiblesse de l’inflation pourrait persister et restreindre davantage la marge de manœuvre monétaire, ce qui en limiterait l’efficacité. Politiques de relance de la croissance Pour redynamiser la croissance, les dirigeants doivent lever les obstacles au commerce au moyen d’accords durables, apaiser les tensions géopolitiques et réduire l’incertitude qui entoure les politiques intérieures. Ils contribueraient ainsi à renforcer le climat de confiance et à relancer l’investissement, l’industrie manufacturière et le commerce. À cet égard, nous attendons avec intérêt des précisions sur l’accord de principe conclu récemment entre la Chine et les États-Unis. Nous considérons comme bienvenue toute initiative visant à désamorcer les tensions et à revenir sur les récentes mesures prises sur le plan commercial, en particulier si elles peuvent ouvrir la voie à un accord global et durable. Pour écarter d’autres risques pesant sur la croissance et accroître la production potentielle, la politique économique devrait stimuler l’activité d’une manière plus équilibrée. La politique monétaire ne saurait suffire. Elle devrait s’accompagner d’un appui budgétaire lorsque l’espace le permet et si la politique n’est pas déjà trop expansionniste. Des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas devraient profiter de faibles taux d’emprunt pour investir dans le capital social et les infrastructures, même dans une simple perspective coûts-avantages. Si la croissance devait se détériorer davantage, il pourrait être nécessaire d’élaborer une riposte budgétaire coordonnée à l’échelle internationale, et adaptée à la situation de chaque pays. Bien que l’assouplissement monétaire ait favorisé la croissance, il est essentiel de mettre en place dès à présent une réglementation macroprudentielle efficace pour prévenir une mauvaise évaluation des risques et l’accumulation excessive de facteurs de vulnérabilité financière. Pour assurer une croissance

La fiscalité des entreprises dans l’économie mondiale

La fiscalité des entreprises dans l’économie mondiale

TRIBUNE. Les citoyens ont l’impression que certaines grandes multinationales paient peu d’impôts et exigent donc du monde politique qu’il passe urgemment à l’action. Cela n’a rien d’étonnant.  Permettez-moi de souligner trois raisons pour lesquelles il est urgent d’adopter une nouvelle approche en matière de fiscalité internationale des entreprises. Premièrement, vu la facilité avec laquelle les multinationales semblent pouvoir échapper au fisc et la baisse constante, depuis trente ans, du taux d’imposition des sociétés, l’équité du système fiscal est mise en doute dans son ensemble. Deuxièmement, la situation actuelle est particulièrement dommageable pour les pays à faible revenu, car elle les prive de recettes dont ils ont pourtant besoin pour accélérer leur croissance économique, réduire la pauvreté et atteindre leurs objectifs de développement durable pour 2030. Voilà longtemps que les pays avancés établissent les règles de la fiscalité internationale des entreprises sans se préoccuper des répercussions pour les pays à faible revenu. Selon une analyse du FMI, les pays non membres de l’OCDE perdent environ 200 milliards de dollars de recettes par an, soit quelque 1,3 % du PIB, à cause des entreprises qui transfèrent leurs bénéfices vers des paradis fiscaux. Ces pays doivent avoir voix au chapitre. La plate-forme de collaboration sur les questions fiscales, établie conjointement par le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE et les Nations unies, y contribue. Troisièmement, il est temps de repenser la fiscalité internationale des entreprises pour tenir compte de la montée de modèles commerciaux très rentables qui s’appuient sur les avancées des technologies numériques. Ces modèles se fondent largement sur des actifs intangibles, tels que des brevets ou des logiciels, dont il est malaisé de déterminer la valeur. Comme ces modèles le montrent, il serait faux de croire encore qu’il est nécessaire d’avoir une présence physique pour produire des revenus et des bénéfices. Cette évolution soulève des questions d’équité. Des pays comptant de nombreux utilisateurs ou consommateurs de services numériques perçoivent peu de recettes fiscales auprès de ces entreprises, voire aucune — pour la simple raison qu’elles n’y sont pas présentes physiquement. Il est donc clairement nécessaire de revoir les fondements de la fiscalité internationale. Mais cela signifie que les pays doivent s’y atteler ensemble : pour progresser dans cette voie, ils devront se coordonner pour avancer dans la bonne direction. Dans une nouvelle étude publiée il y a deux semaines, le FMI analyse différentes options à la lumière de trois critères principaux : mieux aborder les questions de transfert de bénéfices et de concurrence fiscale ; surmonter les obstacles juridiques et administratifs aux réformes ; et assurer la pleine reconnaissance des intérêts des pays émergents et des pays en développement. L’architecture actuelle de la fiscalité internationale des entreprises est fondamentalement dépassée. Une refonte du système existant, s’attaquant aux causes profondes des problèmes, bénéficierait à tous les pays, y compris ceux à faible revenu. Par Christine Lagarde Directrice générale du FMI

Maroc: Le monde des affaires veut s’adapter aux instabilités de l’économie mondiale

Maroc: Le monde des affaires veut s’adapter aux instabilités de l’économie mondiale

Ainsi que l’avait promis la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la première édition de son Université d’été organisée les 28 et 29 septembre dernier sur le campus de l’ISCAE à Casablanca, a constitué un moment fort pour le monde de l’entreprise marquant d’une pierre blanche la rentrée du monde des affaires. Inscrit dans une perspective annuelle, ce nouveau rendez-vous a tenu son pari en réunissant autour d’un thème invitant au défi, « Une entreprise forte, un Maroc gagnant », des intervenants de renom à l’instar des anciens premiers ministres Dominique de Villepin (France), Nika Gilauri (Géorgie) et Moussa Mara (Mali). Deux jours durant, des chefs d’entreprise ont échangé avec les décideurs publics, des universitaires ainsi que de nombreux experts et chercheurs nationaux et internationaux reconnus qui se sont succédé sur l’estrade du campus de l’ISCAE livrant réflexion, analyses et regards sur des thématiques en lien avec l’entreprise. Mais pas que, puisque cet espace d’intenses et riches échanges s’est aussi intéressé au capital humain, à l’évolution technologique, au nouveau rapport au travail, à l’internationalisation ou encore à la responsabilité sociétale dont on a beaucoup parlé ces derniers temps. L’Université d’été de la CGEM a braqué également ses projecteurs sur les enjeux économiques et sociaux auquel le Maroc devait faire face pour formuler les solutions les plus adéquates du moment. Elle a permis, en outre, de sonder les intervenants sur les pistes que les entreprises devront bâtir pour s’adapter aux instabilités de l’économie mondiale et tirer profit des nouvelles opportunités qu’elle offre. Par ailleurs, au cours de leurs échanges, les participants ont aussi décliné le chemin à suivre pour mobiliser les forces et offrir des « perspectives économiques fortes» au profit d’un Maroc que la confédération veut gagnant. C’est dire que « par les temps qui courent, compte tenu des bouleversements que traverse le monde, avoir un espace d’échanges et de partage comme celui-ci pour l’entreprise marocaine est une nécessité. D’autant plus que tout le monde se pose les mêmes questions. Les opérateurs ont besoin d’un tel cadre qui les aide à mieux comprendre les changements que vit le monde et les évolutions qu’il connaît de sorte à orienter leurs prévisions », a d’emblée souligné le président de la CGEM, Salaheddine Mezouar lors de la séance inaugurale de cette première. Le monde est dans l’incertitude. Ce qui, a-t-il estimé, « nous interpelle aujourd’hui en tant que chefs d’entreprise, citoyens, décideurs politiques, partenaires sociaux, responsables territoriaux, mais également en tant que partenaires internationaux. » Pour le patron de la puissante organisation patronale, il ne fait aucun doute que le secteur privé marocain a grandi, qu’il s’est diversifié et qu’il « joue un rôle fondamental dans l’accompagnement de la croissance, de l’emploi et des réponses aux problématiques sociales ou éducatives ». Compte tenu de sa maturité, «ce secteur a besoin aussi de s’affirmer», a indiqué Salaheddine Mezouar. Et d’ajouter que si «nous sommes déjà dans l’avenir, on ne s’en rend même pas compte du fait qu’on n’a pas la capacité d’apporter des réponses adéquates avec des méthodes, des schémas et des interrogations du passé pour réadapter tout cela », affirmant que telle est l’ambition de la CGEM à travers cette première édition de son Université d’été. S’il est apparu que tout semble bien aller pour le moment, l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin pense qu’il vaut mieux se préparer à la suite d’autant plus qu’« il n’est pas sûr qu’il y ait que de bonnes nouvelles devant nous dans ce monde interdépendant, changeant et confronté à des crises ». A l’entendre, le contexte dans lequel nous avançons a profondément évolué et que nous sommes dans un temps d’effondrement des grands repères qui avaient organisé le monde après la Deuxième Guerre mondiale. « Ce temps d’effondrement nous conduit soit à un pessimiste qui ne serait pas de bon aloi, soit à voir la réalité du monde d’aujourd’hui. Car, ce qui se cache dernière cet effondrement des repères du monde, c’est une transition, un changement dans l’organisation du monde et de la puissance chinoise. C’est une rebipolarisation ». A propos des crises, le conseiller spécial en chef du Premier ministre et directeur général du Bureau de prospection économique du Sénégal, Boubarack Lo, craint que la prochaine crise soit le fait des politiques. Répondant à une question sur les risques à venir, ce dernier a affirmé que le politique déclenchera la prochaine crise, citant des éléments précurseurs: les comportements, la tentation de protectionnisme ou encore la guerre commerciale. « A mon avis, nous avons là des éléments très précis qui vont annoncer une grande crise si on n’y prend pas garde », a-t-il dit. Pour Jean François Copé, ce n’est pas tant la question des menaces que celle des défis qui dérange. Pour le maire de Meaux et ancien ministre français du Budget, « ce qui est capital, c’est qu’il y a une transformation majeure en cours, qui est celle de l’intelligence artificielle, du Blockchain et du Big Data, qui conduit à des opportunités considérables et nécessitent de nouvelles initiatives et de nouvelles organisations ». Adapter l’économie nationale aux mutations du monde et favoriser le développement humain. Deux orientations qui conviennent au chef du gouvernement, Saâd Dine El Otmani. Mais pour ce dernier, le contexte impose aussi que les secteurs public et privé travaillent ensemble dans le cadre d’un véritable partenariat afin de soutenir une croissance forte à même d’élever le pays et résoudre un tant soi peu l’épineuse question du chômage des jeunes. Des jeunes notamment entrepreneurs qui auraient toute l’attention de la CGEM, selon son président assurant qu’ils constituent «l’un des axes majeurs du mandat qui est le nôtre. A travers cette Université d’été et des différentes initiatives que nous allons prendre en faveur des jeunes entrepreneurs, des start-up et de l’écosystème, on va contribuer à créer, faire en sorte que ce formidable vivier dont on dispose puisse s’exprimer et véritablement trouver sa place dans cette dynamique ». « Le monde change ! Et nous », « L’Etat de l’Etat : nouveau