L’économie mondiale va continuer à ralentir avant d’amorcer un rebond l’an prochain

Les risques de dégradation des perspectives restent prépondérants

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La croissance mondiale devrait ralentir de 3,4% en 2022 à 2,9% en 2023, avant de remonter à 3,1% en 2024, indique le Fonds monétaire international (FMI) dans sa dernière mise à jour des perspectives de l’économie mondiale indiquant une inflation au sommet et une croissance en berne.

Selon l’institution financière internationale, « la croissance de 2023 sera de 0,2 point de pourcentage de plus que ce qui était anticipé dans l’édition d’octobre 2022 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM), mais reste inférieure à la moyenne historique (2000–19) de 3,8% ».

Les mesures pour combattre l’inflation et la guerre menée par la Russie en Ukraine pesant sur l’activité économique, « le niveau de croissance restera faible par rapport aux normes historiques », a estimé Pierre-Olivier Gourinchas, conseiller économique et directeur des études du FMI.

Les perspectives étant moins sombres par rapport aux prévisions établies en octobre, l’économiste français assure toutefois que «nous pourrions assister à un tournant, avec une croissance dans le creux de la vague et une inflation en baisse».

En effet, comme il le relève dans un blog du Fonds, la croissance économique a fait preuve d’une résilience inattendue au troisième trimestre de l’année dernière, grâce à la vigueur du marché du travail, à la bonne tenue de la consommation des ménages et des investissements des entreprises, et à une adaptation qui s’est révélée plus solide que prévu à la crise énergétique en Europe.

Toujours selon Pierre-Olivier Gourinchas dont les travaux se concentrent sur la macroéconomie et la finance internationale, « la situation de l’inflation s’est également améliorée, et les mesures globales prises par la plupart des pays sont désormais réduites ».

Qu’à cela ne tienne, on notera cependant que « l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix plus volatils de l’énergie et des denrées alimentaires, n’a pas encore atteint son pic dans de nombreux pays », a-t-il fait remarquer.

Quoi qu’il en soit, et alors que la réouverture subite de la Chine ouvre la voie à une reprise rapide de l’activité, force est de constater que « l’atténuation des pressions inflationnistes a permis d’améliorer les conditions financières mondiales », a souligné l’économiste notant que cette tendance, ainsi que l’affaiblissement du dollar américain par rapport à son niveau record de novembre, ont apporté un peu de répit aux pays émergents et aux pays en développement.

C’est ainsi qu’il a été décidé de revoir légèrement à la hausse les prévisions de croissance pour 2022 et 2023.

L’inflation mondiale va chuter en 2023 et 2024

Dans sa récente mise à jour des perspectives de l’économie mondiale, le  FMI annonce en outre que l’inflation mondiale devrait décliner de 8,8% en 2022 à 6,6% en 2023 et à 4,3% en 2024. Elle devrait cependant continuer à dépasser les niveaux enregistrés avant la pandémie (2017–19) d’environ 3,5 %.

Selon les experts et analyses du FMI, si la faible croissance attendue en 2023 est liée au relèvement des taux par les banques centrales pour contrer l’inflation et à la guerre en Ukraine, l’analyse des données montre qu’elle est   imputable aux pays avancés.

Des dernières prévisions, il ressort aussi que la croissance devrait s’accélérer en Chine avec la réouverture complète du pays en 2023 et que la croissance du commerce mondial devrait fléchir cette même année à 2,4%, «malgré une réduction des goulets d’étranglement de l’offre, avant de grimper à 3,4% en 2024», a soutenu le Fonds.

D’après le FMI, la croissance devrait augmenter légèrement dans les pays émergents et les pays en développement. Elle devrait passer «de 3,9% en 2022 à 4% en 2023 et à 4,2% en 2024, avec une révision à la hausse de 0,3 point de pourcentage pour 2023 et une révision à la baisse de 0,1 point de pourcentage pour 2024 ».

Il sied toutefois de souligner que près de la moitié des pays émergents et des pays en développement affichent une croissance plus faible en 2023 qu’en 2022.

Enfin, le FMI prévient que les risques de dégradation des perspectives mondiales restent prépondérants, avec la possibilité d’un recul de la croissance et d’une hausse de l’inflation ; quand bien même « les aléas négatifs se sont atténués depuis l’édition d’octobre 2022 des Perspectives de l’économie mondiale ».

Alain Bouithy

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