Congo-Brazzaville : l’énigme des 815 disparus de la DGSP et les zones d’ombre de l’Opération Zéro Kuluna

Congo-Brazzaville : l’énigme des 815 disparus de la DGSP et les zones d’ombre de l’Opération Zéro Kuluna

PARLONSS-EN. La DGSP aurait été infiltrée par des éléments divers : des mercenaires étrangers (notamment tchadiens, centrafricains et rwandais) chargés d’exécutions extrajudiciaires pour terroriser la population, des individus assimilés à des marabouts pratiquant des rituels macabres, et des personnes soupçonnées de trafic d’organes humains, profitant du chaos et de la disparition des corps. Après l’affaire tragique et toujours non élucidée des disparus du Beach, un nouveau dossier de disparitions massives vient raviver les blessures de la mémoire collective congolaise. Une fois encore, ce sont des familles plongées dans l’angoisse, une société condamnée au silence et un État qui refuse de rendre des comptes. Cette fois-ci, c’est Maître Maurice Massengo Tiasse, avocat bien connu, qui, à travers une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, révèle l’existence de 815 personnes portées disparues dans les geôles de la Direction Générale de la Sécurité Présidentielle (DGSP). Ces révélations posent une question centrale, troublante et inévitable : que s’est-il réellement passé lors de l’Opération Zéro Kuluna, vaste campagne de lutte contre le banditisme urbain menée par la DGSP et officiellement présentée comme une action de sécurisation des populations ? L’Opération Zéro Kuluna : de la lutte contre l’insécurité à la violence systémique Dès l’entrée en scène de la DGSP dans cette opération, de nombreux témoignages concordants ont fait état d’une brutalité extrême : arrestations arbitraires, détentions sans procédure judiciaire, humiliations publiques et, plus grave encore, exécutions sommaires. Ce qui devait être une opération de sécurité s’est rapidement transformé en machine de peur, opérant en dehors de tout cadre légal clair. Le choix même de confier une mission de police urbaine à une unité historiquement conçue pour la protection du régime interroge profondément. Lorsque la sécurité du citoyen est confiée à un appareil de coercition politique, la dérive devient presque inévitable. Infiltrations au sein de la DGSP : rumeurs persistantes et signaux alarmants Très vite, dans certains cercles politiques, militaires et civils, des rumeurs persistantes ont circulé, évoquant une grave infiltration au sein même de la DGSP. Ces rumeurs décrivaient l’existence de plusieurs catégories d’éléments opérant au sein de cette structure : des agents accomplissant normalement leur mission ; des éléments chargés de procéder à des exécutions extrajudiciaires de Congolais, dans le but de terroriser la population et de dissuader toute forme de contestation sociale ou politique ; ces éléments auraient été, selon plusieurs sources concordantes, des mercenaires étrangers — notamment tchadiens, centrafricains et rwandais — ce qui expliquerait l’obligation qui leur aurait été faite de porter des cagoules afin de masquer leur identité et leur origine. des individus assimilés à des marabouts, chargés de recueillir le sang des victimes et de mutiler certains corps à des fins rituelles ; et des individus soupçonnés d’appartenir à des réseaux de trafic d’organes humains, profitant du chaos, de l’opacité et de la disparition des corps. Nous imaginons qu’en demandant clairement au général Serge Oboa, Directeur général de la Sécurité présidentielle, d’exposer ses agents — sûrement infiltrés — qui ont commis des abus au cours de cette opération, et demande des sanctions. Cela aidera à atténuer sa responsabilité dans cette sale affaire, qui est extrêmement grave. Sassou n’a jamais protégé quelqu’un de toute sa vie.»”, le professeur Marion Michel Madzimba Ehouango avait lui aussi eu vent de ces infiltrations. Le fait que ces informations circulaient bien au-delà des milieux populaires démontre qu’il ne s’agissait pas de simples élucubrations, mais de signaux d’alerte ignorés. Et comment ne pas accorder du crédit à ces allégations lorsque circule une vidéo montrant un élément de la DGSP à Mindouli, dans le département du Pool, une hache attachée à la ceinture, se vantant d’avoir écrasé la tête d’un homme qu’il présente comme un “ninja” de Ntumi ? Or, à l’examen des images, la victime apparaît proprement vêtue, sans aucun élément permettant de l’identifier comme un bandit armé. Cette scène soulève une interrogation fondamentale : depuis quand la hache, outil du bûcheron, est-elle devenue une arme militaire ou de maintien de l’ordre ? Rumeurs ou réalités occultées ? Pendant longtemps, ces récits ont été relégués au rang de fantasmes. Pourtant, l’histoire politique du Congo invite à la prudence face à ce déni. Lors de la Conférence nationale souveraine, des accusations similaires avaient déjà été formulées contre Denis Sassou Nguesso, sans jamais donner lieu à des poursuites judiciaires sérieuses. Des témoignages évoquaient qu’il se serait livré à des pratiques extrêmes, allant jusqu’à boire du sang humain, s’en servir pour des ablutions rituelles et manifester une attirance troublante pour la chair humaine. La révélation précise et chiffrée de Maître Maurice Massengo Tiasse, évoquant la disparition de 815 personnes, change radicalement la nature du débat. Il ne s’agit plus de soupçons vagues, mais d’allégations graves et circonstanciées. Responsabilité du commandement : le silence du général Serge Oboa Une question demeure, centrale et lourde de sens : le général Serge Oboa, alors à la tête de la DGSP, était-il informé de ces dérives, ou avait-il perdu le contrôle de certains éléments opérant sous son autorité ? Comment ne pas accorder du crédit à ces soupçons lorsque l’Opération Zéro Kuluna s’est progressivement transformée en une opération de contrôle systématique des bus, visant à identifier de jeunes passagers sur la seule base de tatouages visibles sur leurs corps ? Comment ne pas s’interroger lorsque les maisons de parents de supposés “kulunas” sont saccagées et incendiées, lorsque des jeunes sont enlevés, puis portés disparus sans la moindre procédure judiciaire ? Et surtout, pourquoi le général Serge Oboa a-t-il, lors de la cérémonie de port des galons, interdit aux mères éplorées, à la recherche de leurs enfants disparus, d’exprimer leur douleur dans les lieux publics, pourtant légalement autorisés pour les manifestations ? De quoi avait-il peur ? Quelles vérités ces mères pouvaient-elles révéler en pleurant et en manifestant publiquement, au point qu’il faille les reléguer au silence et à l’invisibilité ? L’éternelle question de l’impunité : Sassou Nguesso encore hors d’atteinte ? Une question s’impose alors, brutale mais légitime : Si, pour l’affaire des disparus du Beach, pour le génocide du

Congo : la DGSP prend un camouflé en voulant hypothéquer la paix sans juguler la crise ( lecture en 5 minutes)

Congo : la DGSP prend un camouflé en voulant hypothéquer la paix sans juguler la crise ( lecture en 5 minutes)

HAUT ET FORT. Au lieu de s’attaquer aux problèmes majeurs du pays, les généraux Denis Sassou Nguesso et Serges Oboa ont choisi la pire stratégie et la doctrine de la Bandenbekämpfung. Entre la résurgence des violences dans le Pool et l’organisation d’une présidentielle sans enjeu, les indicateurs financiers, économiques et sociaux passent du rouge au noir . Dimanche 11 janvier 2026, les hordes de soudards de la DGSP se sont rendues dans le département du Pool et du Kouilou pour tuer et semer le chaos, encouragées par leur chef Serges OBOA dont le discours calamiteux, menaçant et condescendant, prononcé lors du port des insignes a suscité indignation et émoi chez les Congolais qui craignent pour leur démocratie. Avec des mots empreints d’autoritarisme, ce général aux pieds d’argile s’est fondu dans une confusion de rôles, crachant sur les dispositions constitutionnelles. À « Mounkala », Ses soudards ont violé le domicile privé de NTUMI, brûlé une moto et menacé de mort, à l’aide d’un poignard, le sieur Brazza. Le convoi d’une dizaine de véhicules, bourré d’éléments, a poursuivi sa route jusqu’au village « NGandou » où ils ont brûlé une deuxième moto. À “Mindu”, ces derniers ont pénétré dans le lieu de culte de Ntumi où ils ont embarqué une moto et son propriétaire. Dans la foulée, les membres du CNR ont prévenu leurs collègues de Mindouli qui ont barricadé la route nationale, revendiquant la remise en liberté du paroissien enlevé, la restitution de la moto et l’arrêt de l’élan machiavélique de la DGSP. La tension est vite montée d’un cran à Mindouli, laissant les coups de feu prendre le dessus. Bilan : 17 morts de part et d’autre. Les combats se sont poursuivis dans la nuit avec les hommes de Ntumi qui ne comprenaient pas pourquoi les corps de Hervé et de Franck ont été brûlés après qu’ils aient été abattus, ou, pour dire mieux, assassinés. En guise de représailles, les éléments de la DGSP à bord de 9 véhicules qui font des allers et retours ont enlevé au village dépôt, MM. Mouanga et Boris qui venaient de la chasse. Quoique l’on dise, c’est un véritable camouflé pour ce corps d’élite qui s’est fait ravir des armes et a enregistré des morts. Les renseignements dont parlait Oboa ne sont que du bla-bla et pures fanfaronades. La preuve, il n’a vu que du feu sur le “voyage” des Américains qui ont fait un aller-retour Washington-Brazzaville via Paris. Pire, il ignore la loi à laquelle il faisait allusion dimanche à Mpila. Or, cette loi n’a jamais été adoptée ni promulguée. Donc, elle ne dispose pas encore de texte d’application. Si Serges Oboa était bien renseigné comme il le prétend, comment n’arrive t,-il pas à se défaire d’un petit nombre de kulunas depuis bientôt 4 mois. À l’évidence, il poursuit cette opération par goût du sang et pour se faire du beurre. S’il veut la tête du criminel ou terroriste Ntumi, pourquoi ne pas agir à l’image de Donald Trump qui a capturé Maduro ? Ntumi n’a-t-il pas signé des accords de paix avec le gouvernement ? Pour ce qui est des élections, les dés ne sont-ils pas déjà pipés ? En tout état de cause, ces élections n’ont pas d’enjeux. Les candidats en lice ne sont que des accompagnateurs du dictateur. Dès lors, il est probable que les violences électorales déstabilisant la paix ne se passent que dans la tête de Serge Oboa qui, disons-le encore, veut se faire du blé et une réputation à la tonton macoute. La paix avec des indicateurs financiers et sociaux au noir intense? Dans son livre « Parler vrai pour l’Afrique », Denis Sassou Nguesso déclare : « La paix signifie la possibilité et la capacité pour nos sociétés et nos économies d’assurer pour chaque humain la satisfaction sans cesse accrue de ses besoins fondamentaux… ». Le vrai problème de la paix, c’est la gouvernance économique, financière et sociale.Selon la loi de finances 2026 (version DGB au 1ᵉʳ octobre), le ministre des Finances Yoka Christian retient un pilotage très « pétrole-centré » tout en affichant un excédent budgétaire global ; mais cet excédent coexiste avec un déficit primaire hors pétrole fortement négatif, ce qui révèle une soutenabilité encore conditionnelle à la rente et au refinancement. Nous y reviendrons avec des chiffres à l’appui. En attendant, il sied de dire haut et fort que la situation du Congo est chaotique contrairement aux mensonges que distillent Anatole Collinet Makosso et ses incompétents qui ont un bilan négatif. Pourquoi n’arrivent-ils pas à payer les 50 mois d’arriérés de pensions de retraite, les bourses, les salaires et émoluments des enseignants communautaures, des agents de santé ou des personnels émargeant au budget de transfert ? Enfin, le communiqué appelant à l’apaisement signé conjointement ce 15 janvier entre les hommes de Ntumi et le ministère de l’intérieur n’accouchera que de souris devant un Serges Oboa qui… Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Dérive sécuritaire et exécutions sommaires : les généraux Sassou, Oboa et Boka en difficulté ( lecture en 5 minutes)

Dérive sécuritaire et exécutions sommaires : les généraux Sassou, Oboa et Boka en difficulté ( lecture en 5 minutes)

HAUT ET FORT. En procédant aux exécutions sommaires des « kulunas », l’action de la DGSP et de la GR quoiqu’applaudie par 83% des congolais ou salutaire pour « raison d’État », met M. Sassou en porte à faux avec la Constitution congolaise de 2015, l’Etat de droit, les traités internationaux et une partie de l’opinion qui est apeurée. Selon l’article 8 de la Constitution : « La personne humaine est sacrée et a droit à la vie. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. […]. La peine de mort est abolie. » La sacralité de la vie et l’abolition de la peine de mort ainsi énoncées suscitent des interrogations sur le fondement juridique de l’opération menée par les éléments de la direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) et de la garde républicaine (GR) qui ont pour rôle respectivement, de protéger le président et sa famille ainsi que les institutions et leurs animateurs. En effet, la DGSP et la GR se sont mises en mouvement comme des appareils de répression sans cadre légal incluant la police et la gendarmerie. En principe et selon toute logique, l’armée n’intervient que pour faire face à une agression extérieure et détruire l’ennemi conformément à son propre protocole d’engagement qui établit de facto un régime d’exception juridique. Cette situation qui divise les populations entame de plus belle l’ordre juridique et ternit l’image du Congo à l’extérieur. S’agit-il de manière voilée, d’une opération visant à étouffer les contestations du peuple martyrisé comme le disent moult personnes ? La réponse est oui et non. Pour justifier, par exemple, sa gestion scabreuse par le passé, le système Sassou n’hésitait pas d’utiliser les ninjas de Pierre Oba, d’Isidore Mvouba et d’Adélaïde Moundélé Ngolo sous l’égide de Mantsanga et Cie pour faire le sale boulot dans le département du Pool et sur le Cfco. Il sied de dire que depuis un demi-siècle, au Congo, les revenus pétroliers irriguent un cercle restreint d’acteurs liés par le sang, l’alliance ou la dépendance, transformant ainsi l’État en guichet clanique. La nomination du général Serge Oboa (S.O) à la tête de la DGSP et sa parenté avec J.J. Bouya illustre cette logique : la sécurité présidentielle et l’infrastructure publique se trouvent sur l’axe le plus riche et le plus dangereux (…) que nous évoquions il y a une dizaine de jours. Selon nos informations, cette opération fait suite à un ème accrochage entre la police et la DGSP couplé à l’assassinat de Bruno Obambi. Le Commandant en chef Denis Sassou qui aime se cacher, a donné son quitus à Oboa et à Boka mais sans note officielle. Normalement, M. Sassou devrait prendre un décret envoyant la GR et la DGSP appuyées la gendarmerie et la police comme ça été fait : Dans cette opération, MM. Sassou, Oboa et Bouka utilisent la doctrine de Bandenbekämpfung, doctrine de terreur très violente d’extermination et de destruction institutionnalisée lors de la Seconde guerre mondiale, sous le régime nazi pour lutter contre les bandits et autres. Cette opération bien qu’elle soit la toute première action du quinquennat de M. Sassou est applaudit par 83% de la population qui a maille à partir avec les Kulunas. Cependant, les exécutants de celle-ci tombent sous le coup de la loi et renvoient en l’air la présomption d’innocence. Ils situent le Congo, d’un côté, dans une administration hypertrophiée dans ses bras coercitifs mais atrophiés dans ses services. De l’autre côté, dans des règles écrites substituées par des règles relationnelles à partir desquelles la parenté l’emporte sur le mérite et la proximité sur l’institution. Le ministère de l’intérieur, la police, la gendarmerie et la justice sont court-circuités dans leurs missions et attributions par des réseaux parallèles où la loyauté clanique pèse davantage que la hiérarchie administrative. Nous l’avons déjà dit, le pouvoir se concentre dans le clan présidentiel, et l’autorité civile est rognée par une présidentialisation rampante de la sécurité. Dans ce contexte, le communiqué de la DGSP, appelant la population à dénoncer les Kulunas contre primes sonnantes et trébuchantes, est la manifestation de cet accaparement . En s’adressant directement aux citoyens, reprécisons le, l’organe présidentiel écarte la police et la gendarmerie. En transformant la collaboration civique en transaction, il installe un régime de suspicion généralisée. La citoyenneté devient marchandisée, la solidarité convertie en opportunisme. Plus encore, la DGSP et la GR fabriquent l’ennemi dont elles ont besoin : le terme « Kulunas », importé de Kinshasa, englobe indistinctement gangs structurés, jeunes marginaux et parfois opposants politiques. Cette catégorisation floue légitime la répression et étend la compétence présidentielle à des domaines jadis dévolus à la justice ordinaire. ( la suite mardi avant de revenir sur le dossier Figa) Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Congo. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u au général Serge Oboa : « un État digne n’agit pas dans l’émotion ni dans la barbarie »

Congo. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u au général Serge Oboa : « un État digne n’agit pas dans l’émotion ni dans la barbarie »

INSECURITE. « La violence disproportionnée de la DGSP n’est pas une démonstration de force, c’est l’aveu d’un État faible, incapable d’assumer sa propre faillite éducative et sociale », dénonce Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u, observateur et activiste politique, dans une lettre ouverte au directeur général de la Sécurité présidentielle, dont nous publions une copie ci-dessous. « Lettre ouverte au Général Oboa et à ceux qui confondent maintien de l’ordre et barbarie d’État Général Oboa. Patron de la tristement célèbre DGSP, je m’adresse directement à vous, et à travers vous, à tous ceux qui croient encore que la force des armes suffit à écraser un peuple en quête de dignité. Depuis la diaspora, nous voyons vos hommes s’acharner sur une partie de la jeunesse congolaise, humiliée, frappée, parfois abattue en pleine rue, comme si leur humanité n’avait aucune valeur. On nous dit : « Ce sont des hors-la-loi. » Soit. Mais, Général, même hors-la-loi, ces jeunes demeurent les fils et les filles du Congo. Leur délinquance n’est pas tombée du ciel : Elle est aussi le fruit d’un échec collectif, et d’abord celui du gouvernement. Car avant d’être des bébés noirs, ces jeunes furent des enfants sans école digne de ce nom, des adolescents sans formation, des étudiants abandonnés faute d’opportunités, des citoyens ignorés par un État qui les a laissés dans la misère et le désespoir. La pauvreté endémique, le chômage massif, l’absence de politique culturelle et éducative cohérente, tout cela a nourri cette violence que vous prétendez combattre aujourd’hui uniquement par la matraque et la balle. Personne ne nie la nécessité de traquer ces délinquants qui terrorisent nos quartiers. Oui, ils doivent être arrêtés, jugés et condamnés. Mais un État responsable ne se venge pas de sa propre faillite en massacrant ses enfants. Un État digne n’agit pas dans l’émotion ni dans la barbarie , il combat le crime avec justice et fermeté, mais dans le respect des droits humains et de la dignité de chaque citoyen. L’armée républicaine n’est pas une machine de répression, mais une institution de protection, d’encadrement et de réinsertion. L’Histoire vous le rappelle, en Haïti, les tontons macoutes croyaient leurs armes éternelles. Ils ont pourtant été balayés par un peuple lassé de vivre sous la peur. Croyez-vous, Général, que les Congolais resteront indéfiniment soumis, contraints d’applaudir leurs bourreaux ? Un peuple peut se taire par peur, mais il n’oublie jamais. Et quand il se lève, aucune garde prétendument « républicaine » ne peut arrêter la marée de la liberté. Vous avez aujourd’hui un choix historique ; être républicain, fidèle à la Nation et respectueux du droit, ou rester l’exécutant d’un régime qui vous utilise et qui, demain, vous abandonnera comme un fusil usé. Vaut-il mieux être le défenseur d’un clan ou l’homme respecté d’une République ? La violence disproportionnée de la DGSP n’est pas une démonstration de force, c’est l’aveu d’un État faible, incapable d’assumer sa propre faillite éducative et sociale. Car, en vérité, la racine de ce problème est politique, un pouvoir qui a sacrifié sa jeunesse sur l’autel du clientélisme, de la corruption et de l’indifférence. Depuis la diaspora, nous refusons le silence. Nous refusons l’oubli. Nous refusons que la barbarie devienne la norme, surtout à la veille d’une élection que l’on cherche à verrouiller par la peur. Peuple congolais, cessons d’applaudir nos bourreaux. Retrouvons notre voix. Car un peuple qui se tait légitime sa propre oppression, mais un peuple qui s’éveille devient irrésistible. Général Oboa, souvenez-vous : Mieux vaut être républicain que complice d’un régime condamné. Tchitemb’u Li Tchikayi Tchiloang’u Observateur & Activiste politique« 

Congo. Ghislain Ondelé met en garde la Sécurité présidentielle : les exécutions sommaires nourrissent la violence et l’impunité

Congo. Ghislain Ondelé met en garde la Sécurité présidentielle : les exécutions sommaires nourrissent la violence et l’impunité

Procéder à des exécutions sommaires n’est pas une solution pour éradiquer l’insécurité liée au phénomène « Bébé Noir » et aux groupes dits Kulunas, affirme l’activiste et défenseur des Droits Ghislain ONDELE KANGA. « C’est un crime qui ne fera qu’alimenter la violence et l’impunité », prévient-il dans un message adressé au directeur général de la Sécurité Présidentielle du Congo. Son message est à retrouver ci-dessous. « Message ouvert au Directeur Général de la Sécurité Présidentielle Monsieur le Directeur Général, Je m’adresse à vous en tant que citoyen préoccupé par la récente opération de lutte contre la délinquance menée dans plusieurs quartiers de Brazzaville. De nombreux témoignages concordants font état d’exécutions sommaires imputées à des éléments de la Garde Républicaine. La situation d’insécurité liée au phénomène « Bébé Noir » et aux groupes dits Kulunas ne date pas d’hier. Elle est le fruit de causes structurelles et profondes où l’État lui-même porte une part de responsabilité. Procéder à des exécutions sommaires n’est pas une solution : c’est un crime qui ne fera qu’alimenter la violence et l’impunité. Il y a de cela une semaine, le Président de la République, M. Denis Sassou Nguesso, a pris la parole lors du 80ᵉ anniversaire de l’ONU, appelant le monde entier à des réformes pour bâtir des États de droit et des environnements propices à une vie digne pour tous. Ces paroles fortes risquent de perdre tout leur impact si, dans le même temps, des pratiques contraires à l’État de droit sont tolérées sur notre propre sol. Ces faits, s’ils sont avérés, constituent une violation grave : de la Constitution de la République du Congo, qui garantit le droit à la vie et à un procès équitable ; des engagements internationaux du Congo, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme. En tenant compte de votre lourde responsabilité à la tête de la DGSP, associer de telles exécutions à votre image contribuera inévitablement au dénigrement de la personne du Président de la République, M. Denis Sassou Nguesso, et fragilisera l’autorité morale du Chef de l’État. Je vous exhorte, dans l’exercice de votre haute responsabilité, à : 1. Mettre fin immédiatement à tout usage de la force létale hors des strictes conditions de légitime défense. 2. Ordonner une enquête indépendante sur les exécutions signalées et traduire en justice tout auteur, quel que soit son grade. 3. Réaffirmer publiquement l’engagement de votre service au respect de la Constitution et des droits humains. La stabilité d’un pays se mesure à la force de son droit, non à la peur qu’il inspire. L’Histoire retiendra les choix faits aujourd’hui. Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression d’un citoyen déterminé à défendre la dignité et la vie de chaque Congolais. Respectueusement, Ghislain ONDELE KANGA Entrepreneur Social | Auteur | Mentor | Formateur | Coach en Leadership I Autodidacte & Multipotentiel | Activiste & Défenseur des Droits. Diplômé de la Grande Université de la Vie. »

Congo/Handball : la DGSP en route pour la médaille d’or africaine

Congo/Handball : la DGSP en route pour la médaille d’or africaine

Les joueuses de la section handball du club multidisciplinaire de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) sont en route pour leur participation à un stage avant de rejoindre, le 30 du même mois, la capitale de l’Egypte pour représenter le Congo à la super Coupe d’Afrique puis à la 39e Coupe d’Afrique des clubs. Ces filles sont parties de leur pays avec la ferme ambition de rentrer avec au cou, la médaille d’or. Elles ont été reçues, avant leur départ, par le président général du club, le général Serge Oboa, qui leur a demandé de travailler ardemment pour non seulement honorer les supporters mais surtout le handball congolais. Il leur a conseillé d’opter pour la discipline, la rigueur sur le terrain et hors du terrain, l’unité et l’engagement, qui est la clef de la réussite. Pour l’une des joueuses, l’ambition est grande parce que les dirigeants sont déterminés tout en promettant de donner le meilleur d’elles pour les satisfaire. Pour elle, leur engagement et leur   détermination vont s’illustrer sur le terrain. La DGSP est une équipe qui monte assurément sur le plan continental et porte une lourde charge en participant à ces compétitions. Florent Sogni Zaou