La Banque mondiale salue la “résilience remarquable” du Maroc face à divers chocs

La Banque mondiale salue la “résilience remarquable” du Maroc face à divers chocs

ECONOMIE. «L’économie marocaine a renforcé sa résilience », a affirmé la Banque mondiale dans un nouveau rapport estimant toutefois que la prospérité partagée peut être améliorée par l’inclusion de plus de femmes sur le marché du travail. Pour Jesko Hentschel, directeur pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, il ne fait aucun doute que « le Maroc a fait preuve d’une résilience remarquable face à divers chocs, dont le plus récent a été le séisme de septembre dernier ». D’après le rapport, intitulé «De la résilience à la prospérité partagée » (add link when ready), « ces dernières années, le Maroc a démontré à plusieurs reprises sa forte capacité à répondre efficacement aux chocs », rappelant que le séisme d’Al Haouz du 8 septembre est le dernier d’une série de chocs ayant frappé le Maroc depuis la pandémie de COVID‑19. Selon l’institution financière internationale, le pays « a réussi à gérer avec succès la réponse humanitaire au tremblement de terre, et à mettre en place un plan de développement ambitieux pour libérer le potentiel de développement des provinces les plus touchées ». L’impact des chocs sur le bienêtre de la population reste important A propos du séisme d’Al Haouz, s’il a eu des conséquences humaines et matérielles dévastatrices (principalement dans les communautés montagneuses isolées), le rapport affirme qu’il est peu probable qu’il ait des impacts macroéconomiques significatifs. Quoi qu’il en soit, « l’impact de ces chocs sur le bien-être de la population reste important, et les réformes déjà planifiées par le Maroc sont nécessaires pour renforcer la résilience extérieure du pays et, surtout, pour stimuler la prospérité, en particulier afin d’atteindre les objectifs de développement ambitieux définis dans le nouveau modèle de développement (NMD) », a estimé Jesko Hentschel. Le document fait état aussi d’autres indicateurs témoignant de la résilience externe du Maroc, à l’instar notamment de la « demande extérieure robuste pour les biens et services du pays, malgré le ralentissement de l’économie mondiale ». C’est aussi le cas des flux d’investissements directs étrangers (IDE) qui restent importants et demeurent « de plus en plus orientés vers le secteur manufacturier, tandis que de nouvelles niches industrielles modernes étroitement liées aux chaînes de valeur mondiales émergent ». Ou encore, « le maintien de l’accès de l’État aux marchés financiers internationaux, malgré le resserrement actuel des conditions financières mondiales, illustre également cette résilience », a par ailleurs noté l’organisation internationale. Grâce à une reprise partielle de la production agricole, des services et des exportations nettes, la Banque mondiale soutient que « la croissance économique devrait remonter à 2,8% en 2023 ». La demande intérieure se remettant progressivement des chocs récents, « cette reprise devrait se renforcer à moyen terme et la croissance du PIB réel devrait atteindre 3,1% en 2024, 3,3% en 2025 et 3,5% en 2026», a estimé l’organisation internationale. L’inflation sur les produits alimentaires demeure élevée Alors que l’inflation a baissé de moitié entre février et août 2023, il apparaît clairement que celle sur les produits alimentaires « demeure élevée et continue de toucher de manière disproportionnée les ménages les plus modestes », selon les observations contenues dans le dudit rapport. A propos des réformes ambitieuses lancées par le Maroc pour améliorer le capital humain et encourager l’investissement privé, l’institution estime qu’elles « n’auront l’impact souhaité sur le développement économique et social que si elles sont combinées à d’autres initiatives cruciales, notamment la suppression des barrières réglementaires et institutionnelles qui limitent la concurrence et ralentissent la réallocation des facteurs de production vers des entreprises et des secteurs plus productifs ». Dans son rapport, la BM appelle par ailleurs à un changement de paradigme afin de permettre l’autonomisation économique des femmes marocaines, « une étape cruciale pour atteindre les ambitions importantes du pays telles qu’exprimées dans le NMD ». Alain Bouithy

L’adaptabilité des entreprises en période d’incertitude essentielle dans la préservation de l’emploi et le soutien à la croissance économique

L’adaptabilité des entreprises en période d’incertitude essentielle dans la préservation de l’emploi et le soutien à la croissance économique

L’adaptabilité et la planification stratégique des entreprises en période d’incertitude sont essentielles dans la préservation de l’emploi et le renforcement de l’expansion économique, souligne l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un nouveau rapport. Selon le doucement rendu public récemment, « face aux multiples crises, la capacité d’adaptation des entreprises joue un rôle clé dans la sauvegarde de l’emploi et le soutien à la croissance économique ». « Dans une économie mondiale interconnectée, la robustesse des entreprises individuelles est directement corrélée à une croissance économique plus large et la reprise de l’emploi est grandement déterminée par l’environnement des affaires entourant les entreprises », écrit l’agence spécialisée des Nations unies dans l’avant-propos de son rapport intitulé « La résilience des entreprises avec le recul: les leçons de la pandémie de Covid-19 ». A ce propos,  fait remarquer l’OIT, pendant la pandémie, les entreprises ont réalisé qu’elles étaient plus connectées que jamais, parfois d’une manière dont elles n’avaient même pas conscience. D’après le document, qui présente les expériences de chefs d’entreprise de divers secteurs et régions pendant la pandémie de COVID-19 afin de comprendre les stratégies qu’ils ont utilisées pour faire face à des défis sans précédent, les entreprises doivent se concentrer sur des aspects clés de leurs activités en temps de crise. « Il s’agit notamment de comprendre et de renforcer leurs chaînes d’approvisionnement mondiales, de travailler ensemble, de donner la priorité aux valeurs, d’utiliser la technologie à bon escient et de prendre des décisions rapides », selon les auteurs du rapport soutenant en outre que les entreprises qui ont adhéré à ces principes ont fait preuve de résilience et d’adaptabilité face aux défis auxquels elles ont été confrontées. Il faut dire que la capacité d’une entreprise à s’adapter, à se redresser et à prospérer après la crise n’a pas seulement un impact sur ses résultats, mais aussi sur le tissu socioéconomique au sens large, comme le relève le rapport. Ainsi que le souligne l’organisation internationale dans son avant-propos, « pour les nations et les économies, favoriser la résilience au sein de leurs communautés d’affaires est essentiel », et les leçons pratiques et les expériences du monde réel jouent un rôle déterminant à cet égard. Dans ce sens, elles permettent « aux chefs d’entreprise d’élaborer des stratégies de résilience commerciale qui garantissent que les entreprises ne sont pas de simples survivants, mais en ressortent mieux préparés aux crises futures ». Dans son rapport, l’agence onusienne insiste par ailleurs sur « l’importance de l’agilité des autorités publiques dans l’identification et l’atténuation des risques économiques systémiques, en particulier dans le contexte des perturbations de la chaîne d’approvisionnement », estimant que cette réactivité contraste fortement avec celle des crises précédentes. L’organisation consacrée à la promotion de la justice sociale et des droits du travail plaide ainsi pour une réglementation adaptative et une coopération internationale pour maintenir les frontières ouvertes et faciliter la poursuite des activités des entreprises. Mais avant de conclure, l’OIT prend la peine de rappeler que les personnes restent au cœur des entreprises, affirmant que « des valeurs telles que la confiance, l’équité et le bien-être mental ont joué un rôle clé dans la manière dont les entreprises ont été gérées pendant la pandémie ». Alain Bouithy

Maroc. La croissance économique ralentit à 3,2% au deuxième trimestre

Maroc. La croissance économique ralentit à 3,2% au deuxième trimestre

La croissance de l’économie nationale a ralenti à 3,2% au titre du deuxième trimestre 2023, après avoir progressé de 3,5% au premier trimestre, indique le Haut-Commissariat au plan (HCP). D’après les données recueillies par l’organisme public, elle aurait été tirée par une amélioration conjointe de la valeur ajoutée agricole, qui a bondi de 6,3%, après une baisse de 13,5% une année plus tôt, et de celle des activités hors agriculture de 3% au lieu de +2,9% au trimestre précédent. Ainsi, « la production végétale se serait redressée, portée par l’amélioration, sous effet de base, de la récolte des trois principales céréales de 61,6% en variation annuelle », comme l’a indiqué le HCP dans son point de conjoncture du deuxième trimestre 2023 et des perspectives pour le troisième trimestre. Selon le document, la production de l’orge aurait presque doublé, tandis que celle des blés aurait crû de 53,6%. Hors céréales et légumineuses, la production des cultures, notamment celle de la betterave et canne à sucre et des maraichères de saison, aurait été sensiblement affectée par les températures de saison plus élevées par rapport à la normale et par les faibles apports de l’irrigation, avec un taux de remplissage des barrages se situant à 32,1% à fin juin 2023. C’est le cas de la production de la pomme de terre qui se serait infléchie, entraînant une augmentation de plus du quadruple de ses quantités importées aux mois d’avril et mai 2023, fait-on remarquer. Dans le même sillage, les exportations des maraichères de saison se seraient contractées de 17% au cours de la même période, a également indiqué le Haut-Commissariat. Selon la note du HCP, les tensions enregistrées au début de l’année dans la branche animale se seraient, légèrement, atténuées au cours de la même période, au niveau de la filière de viande rouge, avec un bondissement des importations d’animaux vivants. Le Haut-Commissariat constate en outre la poursuite de la baisse de la production de la filière laitière, induisant une augmentation des importations du lait de 7% en avril et mai 2023. Principal support de la production animale dans les périodes de sécheresse,  l’activité avicole aurait été, également, en berne, a par ailleurs souligné l’institution  indiquant ainsi que la production avicole se serait de nouveau rétractée. Ce qui a entraîné une hausse sensible des prix à la consommation de viandes du poulet de 14%. Quant  aux aliments composés, la poursuite de leur renchérissement « aurait pesé sur la production de viande du poulet de chair en baisse de 6,9% au cours des mois d’avril et mai 2023, en variation annuelle », a poursuivi l’institution. Concernant les activités hors agriculture, « les services marchands auraient conservé leur performance bien qu’à un rythme moins soutenu par rapport au début de l’année, tandis que les branches secondaires, pénalisées par la faible dynamique de la demande extérieure des biens, auraient connu une baisse de leur valeur ajoutée de 0,7% au cours de la même période », selon la note. Quant à la valeur ajoutée des industries extractives, elle se serait repliée de 8,6%, au deuxième trimestre 2023, en variation annuelle, au lieu de -11,8% un trimestre plus tôt. La note indique en outre que « l’activité du secteur BTP aurait, également, poursuivi son repli au rythme de -1,8% au deuxième trimestre 2023, au lieu de -3,4% un trimestre plus tôt », soulignant que l’activité des travaux publics se serait inscrite en hausse pour le troisième trimestre consécutif. En phase de repli conjoncturel, la production des logements aurait continué de subir la faible dynamique de la demande de crédit des ménages et les effets de la hausse des taux d’intérêt et des prix. De son côté, l’industrie manufacturière aurait conservé un rythme de progression modéré, avoisinant +1,1% au deuxième trimestre 2023. Au niveau du secteur tertiaire, il ressort dudit document que la valeur ajoutée de l’hébergement et de la restauration aurait augmenté de 39,2%, en variation annuelle, retrouvant quasiment son niveau de 2019. La même source indique en outre que « les arrivées des touristes aux postes-frontières auraient augmenté de 58% aux mois d’avril et de mai 2023, en variation annuelle, pour atteindre 2,2 millions et les nuitées touristiques se seraient accrues de 81% ». Quant aux recettes voyages, elles auraient suivi la même tendance, affichant une hausse de 44%, en variation annuelle, pour se situer à 15,7 milliards de DH. A l’inverse, « la croissance des secteurs des télécommunications et de l’immobilier aurait décéléré en raison d’un ralentissement de la consommation de ces services par les ménages », a conclu le HCP. Alain Bouithy

Maroc. La croissance économique devrait s’établir à 2,5% en 2023

Maroc. La croissance économique devrait s’établir à 2,5% en 2023

Selon les dernières Perspectives économiques mondiales publiées par la Banque mondiale, mardi 6 juin, la croissance économique du Maroc devrait s’établir à 2,5% au terme de l’année 2023 contre 1,1% en 2022. «Au Maroc, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,5 % en 2023 contre 1,1% l’année précédente, grâce à la résilience du tourisme et de l’industrie automobile», a en effet indiqué l’institution financière internationale, estimant qu’elle devrait atteindre 3,3% en 2024 voire 3,5% en 2025. La Banque mondiale note, en revanche, que les «conditions météorologiques défavorables retarderont la normalisation de la production agricole après plusieurs années consécutives de sécheresse». Par ailleurs, constate l’organisme, «au Maroc, la sécheresse persistante et l’inflation élevée fragilisent la croissance, le chômage ayant dépassé son pic pandémique en mars 2023». Au niveau de la région  MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), la Banque mondiale note que cette partie du monde a entamé l’année 2023 sur une dynamique de croissance solide, mais constate qu’elle «marque le pas». Bien qu’ayant bénéficié d’une croissance élevée pendant dix ans et d’un faible taux de chômage l’année dernière, les pays exportateurs de pétrole ont annoncé des réductions de leur production pétrolière, a indiqué l’institution de Bretton Woods. Poursuivant son analyse, elle note également que les économies importatrices de pétrole sont pour leur part « en butte à plusieurs difficultés, en particulier une inflation élevée et leur croissance s’est nettement ralentie en 2023». La Banque mondiale table ainsi sur un ralentissement de la croissance à 2,2% en 2023, avec des révisions à la baisse par rapport aux projections de janvier, tant pour les pays exportateurs qu’importateurs de pétrole. L’institution estime toutefois que «le niveau de production devrait rebondir en 2024 pour atteindre 3,3%», pourvu que l’inflation et les turbulences mondiales s’atténuent et que la production de pétrole augmente. Avant de rebondir à 3,2% en 2024, «la croissance des pays exportateurs de pétrole devrait ralentir à 2,0% en 2023», a-t-elle aussi indiqué, expliquant que cela traduit une baisse significative par rapport aux prévisions d’il y a seulement six mois. Selon ses explications, les baisses de production pétrolière annoncées en 2023 et qui devraient être progressivement supprimées en 2024 justifient en grande partie cette révision. A noter que la croissance mondiale devrait marquer le pas en 2023, pour tomber à 2,1 %, contre 3,1 % en 2022, selon les projections de l’organisme international. «En excluant la Chine, les économies émergentes et en développement devraient voir leur croissance ralentir à 2,9% cette année, contre 4,1% l’année dernière», a-t-il expliqué précisant que ces anticipations font état d’une révision à la baisse généralisée. Alain Bouithy    

Maroc. Le rebond du secteur primaire devrait booster la croissance économique à 3,1% en 2023

Maroc. Le rebond du secteur primaire devrait booster la croissance économique à 3,1% en 2023

Le rebond du secteur primaire devrait contribuer à l’accélération de la croissance économique marocaine à 3,1% en 2023, selon une nouvelle analyse de la Banque mondiale. La croissance économique du Maroc devrait s’accélérer pour atteindre 3,1 % en 2023, grâce à un rebond du secteur primaire, a estimé l’institution financière internationale dans son dernier rapport intitulé «Le Maroc face aux chocs d’offres». Mais en raison des tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine, la décélération des principaux partenaires commerciaux de la zone euro et les nouveaux chocs climatiques potentiels, force est de constater que «les risques de détérioration persistent», a fat savoir la Banque mondiale. Quoi qu’il en soit, « la croissance réelle du PIB a chuté, passant de 7,9% en 2021 à 1,2% en 2022 (estimation), tandis que le déficit de la balance courante a augmenté de 2,3% à 4,1% du PIB», a noté le rapport. Comme l’a relevé l’organisation internationale dans ce document, rappelons qu’après un fort rebond post-Covid-19 l’an dernier, l’économie marocaine a subi la pression croissante de chocs d’offres tant nationaux qu’importés qui se sont chevauchés. Le pays a dû faire face à une grave sécheresse couplée à la flambée des prix des matières premières qui ont nourri l’inflation. En effet, «la campagne agricole a été extraordinairement sèche, entraînant l’effondrement des cultures pluviales et un volume d’eau inquiétant stocké dans des réservoirs qui constitue une menace pour l’agriculture irriguée, et potentiellement pour d’autres secteurs de l’économie», a constaté le rapport. Comme si cela ne suffisait pas, la guerre en Ukraine, conjuguée à la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, a favorisé une forte augmentation du taux d’inflation, a poursuivi la Banque mondiale notant que l’inflation annuelle marocaine a atteint un pic de 8,3% à la fin de 2022. Le choc des prix des produits de base a affecté les soldes extérieurs Par ailleurs, il est apparu que le choc des prix des produits de base a affecté les soldes extérieurs, malgré la résilience des envois de fonds et des exportations de marchandises et une amélioration rapide des recettes touristiques, a également constaté la BM. Les conséquences n’ont pas tardé à se faire jour. La situation étant ce qu’elle était, «cela a entraîné une décélération rapide de l’activité économique, avec d’importants impacts sur le bien-être», selon le rapport. Tandis que le déficit du compte courant est passé de 2,3 à 4,1% du PIB,  «la croissance du PIB réel est passée de 7,9% en 2021 à environ 1,2% en 2022», a également relevé la Banque mondiale précisant que l’extrême volatilité de la production agricole due à des chocs climatiques de plus en plus fréquents explique environ la moitié de cette décélération. Pour faire face à cette conjoncture défavorable, et atténuer un tant soit peu les répercussions de la hausse des prix des aliments et de l’énergie sur les ménages, «le Maroc a adopté une série de mesures, notamment l’octroi de subventions générales sur certains produits de première nécessité et le maintien des prix réglementés préexistants», a rappelé l’institution financière. Pour la Banque mondiale, cette approche a contribué à stabiliser les prix des biens et des services qui absorbent près d’un quart des dépenses moyennes des ménages. Elle a ainsi permis d’éviter une augmentation plus prononcée de la pauvreté. Ces efforts auront ainsi nécessité la mobilisation de dépenses publiques supplémentaires, correspondant à presque 2% du PIB, a affirmé la Banque mondiale dans son rapport. Pour le Directeur Pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, Jesko Hentschel, il ne fait aucun doute que «les mesures récentes visant à contrer les chocs d’offres et à préserver le pouvoir d’achat des ménages marocains ont atténué l’impact dans une large mesure, et empêché que davantage de personnes ne tombent dans la pauvreté». Mais en dépit de ces mesures, l’institution financière constate cependant que les ménages modestes et vulnérables  continuent de souffrir le plus de l’impact de la poussée inflationniste des prix alimentaires et autres prix. Il faut dire que « l’inflation annuelle a été pratiquement 30% plus élevée pour les 10% les plus pauvres de la population, par rapport aux 10% les plus riches », a-t-elle fait remarquer assurant que les raisons de cet état de fait sont justifiées principalement par l’impact de la hausse des prix alimentaires qui représentent une part plus importante de dépenses chez les ménages les plus pauvres. Quoi qu’il en soit, le rapport soutient que la grande réforme de la protection sociale envisagée par le Royaume, permettra le ciblage des aides publiques aux ménages modestes et vulnérables. Selon Jesko Hentschel, «le déploiement prévu du système d’allocations familiales permettra au Maroc de cibler efficacement la population vulnérable de manière rentable et équitable afin de faire face aux hausses de prix d’une telle ampleur». Soulignons que tous ces points et différentes analyses ont été abordés lors d’une table ronde, tenue mardi 14, au cours de laquelle l’économiste senior principal à la Banque mondiale (BM) au Maroc, Javier Diaz Cassou, a présenté le «Rapport de suivi de la situation économique : Le Maroc face aux chocs d’offres». Alain Bouithy

La croissance économique de l’Afrique dépassera les prévisions mondiales en 2023-2024, selon le rapport semestriel de la Banque africaine de développement

La croissance économique de l’Afrique dépassera les prévisions mondiales en 2023-2024, selon le rapport semestriel de la Banque africaine de développement

La croissance économique de l’Afrique devrait dépasser celle du reste du monde au cours des deux prochaines années, avec un produit intérieur brut (PIB) réel d’environ 4 % en moyenne en 2023 et 2024. Ce chiffre est supérieur aux moyennes mondiales prévues de 2,7 % et 3,2 %, a indiqué le Groupe de la Banque africaine de développement dans son rapport Performance et perspectives macroéconomiques de l’Afrique, dévoilé jeudi à Abidjan. Grâce à une analyse complète de la croissance régionale, le rapport montre que les cinq régions du continent restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme, bien qu’elles soient confrontées à d’importants vents contraires résultant des chocs socio-économiques mondiaux. Il identifie également les risques et appelle à des mesures monétaires et fiscales robustes, soutenues par des politiques structurelles, pour y faire face. Le rapport Performances et perspectives macroéconomiques sera publié aux premier et troisième trimestres de chaque année. Il vient compléter le rapport annuel de la Banque sur les Perspectives économiques en Afrique, qui se concentre sur les principaux thèmes politiques émergents qui sont pertinents pour le développement du continent. Selon le rapport, la croissance moyenne estimée du PIB réel en Afrique a ralenti à 3,8 % en 2022, contre 4,8 % en 2021, dans un contexte de défis majeurs consécutifs au choc du Covid-19 et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Malgré ce ralentissement économique, 53 des 54 pays d’Afrique ont affiché une croissance positive. Les cinq régions du continent restent résilientes avec des perspectives stables à moyen terme. Toutefois, le rapport émet une réserve sur les perspectives compte tenu des risques mondiaux et régionaux actuels. Ces risques comprennent la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, le durcissement des conditions financières mondiales et l’augmentation connexe des coûts du service de la dette intérieure. Les changements climatiques — avec leurs effets néfastes sur l’approvisionnement en denrées alimentaires et le risque potentiel d’un changement de politique dans les pays où se tiendront des élections en 2023 — représentent des menaces tout aussi redoutables. Le rapport préconise l’adoption de mesures politiques audacieuses à l’échelle nationale, régionale et mondiale pour aider les économies africaines à atténuer ces risques cumulés. Dans son allocution prononcée lors du lancement, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a déclaré que la publication de ce nouveau rapport intervenait à un moment où les économies africaines, confrontées à d’importants vents contraires, démontraient leur résilience. « Avec 54 pays à différents stades de croissance, différentes structures économiques et diverses dotations en ressources, les effets des chocs mondiaux varient toujours en fonction de la région et du pays. Le ralentissement de la demande mondiale, le durcissement des conditions financières et la perturbation des chaînes d’approvisionnement ont donc eu des répercussions différentes sur les économies africaines », a-t-il déclaré. « Malgré la confluence de chocs multiples, la croissance dans les cinq régions africaines a été positive en 2022 — et les perspectives pour 2023-2024 devraient être stables. » Niale Kaba, ministre de la Planification et du Développement de Côte d’Ivoire, a déclaré : « La publication de ce rapport par notre banque, le Groupe de la Banque africaine de développement, à cette période de l’année est une excellente opportunité pour l’Afrique et ses partenaires mondiaux. Nous avons besoin de ces mises à jour régulières pour évaluer les performances et les perspectives macroéconomiques de nos pays. Ces informations fiables faciliteront la prise de décision et la gestion des risques pour les investisseurs potentiels en Afrique. » Les cinq économies africaines les plus performantes de la période pré-Covid-19 devraient connaître une croissance de plus de 5,5 % en moyenne en 2023-2024 et retrouver leur place parmi les dix économies les plus dynamiques du monde. Ces pays sont le Rwanda (7,9 %), la Côte d’Ivoire (7,1 %), le Bénin (6,4 %), l’Éthiopie (6,0 %) et la Tanzanie (5,6 %). D’autres pays africains devraient connaître une croissance supérieure à 5,5 % au cours de la période 2023-24. Il s’agit de la République démocratique du Congo (6,8 %), de la Gambie (6,4 %), de la Libye (12,9 %), du Mozambique (6,5 %), du Niger (9,6 %), du Sénégal (9,4 %) et du Togo (6,3 %). Lors du lancement, l’économiste Jeffrey Sachs, directeur du Center for Sustainable Development (Centre pour le développement durable) de l’université de Columbia, a salué le rapport qui, selon lui, montre que les économies africaines sont en pleine croissance et qu’elles progressent de manière constante. Sachs, qui est également chargé par le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres de défendre les Objectifs de développement durable, a déclaré : « L’Afrique peut et va atteindre une croissance de 7 % ou plus par an de manière constante dans les décennies à venir. Ce que nous verrons, en nous fondant sur la résilience que nous constatons dans ce rapport, c’est une véritable accélération du développement durable de l’Afrique, qui fera du continent la composante à croissance rapide de l’économie mondiale », a-t-il déclaré. « L’Afrique est l’endroit où il faut investir », a-t-il ajouté. Des politiques audacieuses pour aider les économies africaines à atténuer les risques cumulés Le rapport préconise l’adoption de mesures fortes pour faire face à ces risques. Celles-ci comprennent un mélange de politiques monétaires, fiscales et structurelles, notamment : – un resserrement rapide et agressif de la politique monétaire dans les pays à forte inflation, et un resserrement modéré dans les pays où les pressions inflationnistes sont faibles. La coordination efficace des actions budgétaires et monétaires optimisera les résultats des interventions ciblées visant à maîtriser l’inflation et les pressions budgétaires.  – Le renforcement de la résilience grâce à la stimulation du commerce intra-africain, notamment en ce qui concerne les produits manufacturés, afin d’amortir les effets de la volatilité des prix des produits de base sur les économies. – L’accélération des réformes structurelles pour renforcer les capacités de l’administration fiscale et investir dans la numérisation et la gouvernance électronique afin d’améliorer la transparence, de réduire les flux financiers illicites et d’accroître la mobilisation des ressources intérieures. – L’amélioration de la gouvernance institutionnelle et l’adoption de politiques susceptibles de mobiliser les financements du secteur privé, en particulier dans le cadre de projets entièrement nouveaux, à l’épreuve des changements climatiques et des pandémies, et mobiliser

Le Burundi s’efforce de surmonter une succession de chocs économiques

Le Burundi s’efforce de surmonter une succession de chocs économiques

L’économie burundaise a souffert de la pandémie de COVID-19 et de la guerre menée par la Russie en Ukraine, mais elle donne des signes de résistance : en effet, d’après une récente évaluation réalisée par le FMI, la croissance économique devrait se renforcer en 2022 pour atteindre 3 %. Le Burundi continue de faire face à des difficultés sur le plan macroéconomique, et notamment à une détérioration des termes de l’échange et à une accélération de l’inflation intérieure qui vient mettre en péril des conditions d’existence déjà éprouvantes. Le contrecoup de la guerre en Ukraine a entraîné une hausse des prix des denrées alimentaires et des combustibles, faisant passer l’inflation globale de 10,5 % fin août 2021 à 20,9 % fin septembre 2022. Avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, les perspectives économiques du Burundi s’annonçaient prometteuses : les projections laissaient entrevoir une croissance vigoureuse de 4,7 % à moyen terme, à la faveur d’une série de facteurs positifs liés à la mise en œuvre de réformes, à la réalisation de projets dans les secteurs agricole et minier, et à la financiarisation de l’économie. Les perspectives de croissance économique restent solides, ce qui tient également à la reprise progressive des relations avec le FMI et la communauté internationale au sens large. La levée des sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne au lendemain de la crise politique et sécuritaire traversée par le Burundi en 2015 témoigne clairement de cette normalisation. Le conseil d’administration du FMI a achevé cette année les premières consultations au titre de l’article IV en faveur du Burundi depuis 2014. Avec l’assistance technique du FMI, les autorités engagent une réforme du marché des changes, dont la mise en œuvre permettrait aux pays de reconstituer ses réserves internationales. Par Mame Astou Diouf et Jocelyn Koussere Cheffe de division adjointe et économiste au département Afrique (FMI).

Maroc. La décélération de l’économie nationale se poursuit au deuxième trimestre

Maroc. La décélération de l’économie nationale se poursuit au deuxième trimestre

Mauvaise posture. Selon les récentes données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP), la décélération de l’économie nationale s’est poursuivie au deuxième trimestre 2022. «L’arrêté des comptes nationaux du deuxième trimestre 2022 fait ressortir un net ralentissement de la croissance de l’économie nationale se situant à 2% au lieu de 14,2% durant le même trimestre de l’année précédente », a annoncé le Haut-commissariat qui tient compte de la hausse de 5,3% des impôts sur les produits nets des subventions. Dans une note d’information relative aux comptes nationaux du deuxième trimestre de l’année 2022, l’organisme public fait état de ce que les activités non agricoles ont affiché une augmentation de 4,2% durant le deuxième trimestre 2022 au lieu de 13,3% le même trimestre de l’année précédente. Les activités du secteur agricole ont pour leur part accusé une baisse de 15,5% au lieu d’une hausse de 17,5%, a ajouté le Haut-commissariat de même source.Cette croissance, tirée par la demande intérieure, «a été réalisée dans un contexte d’une forte inflation et d’une aggravation du besoin de financement de l’économie nationale», a expliqué l’institution . Dans le détail, il ressort des nouvelles  analyses que la valeur ajoutée du secteur primaire en volume corrigée des variations saisonnières, s’est contractée de 16% au deuxième trimestre 2022, après avoir enregistré une hausse de 18,3% le même trimestre de l’année précédente. Le Haut-commissariat attribue ce recul à « la baisse de la valeur ajoutée de l’agriculture de 15,5% au lieu d’une hausse de 17,5% et de celle de la pêche de 23,4% au lieu d’une hausse de 36,9%».La situation s’est aussi dégradée au niveau du secteur secondaire où la valeur ajoutée, en volume, a connu un net ralentissement de son taux d’accroissement passant de 17,3% durant le même trimestre de l’année précédente à 1,5%. Cette baisse considérable résulte du ralentissement du rythme d’accroissement des valeurs ajoutées des industries manufacturières à 2,3% au lieu de 20,2%, de «Electricité, gaz, eau, assainissement et déchets» (2% au lieu de 14,6%), du bâtiment et travaux publics (1,7% au lieu d’une hausse de 16,9%) et de la baisse de celle de l’industrie d’extraction (7,8% au lieu de 0,6%). Egalement touchée par ces baisses, «la valeur ajoutée du secteur tertiaire a  enregistré un ralentissement de son taux d’accroissement passant de 11,2% le même trimestre de l’année précédente à 6,1%», a relevé le HCP dans sa note d’information.Selon ses explications, ce ralentissement a été le résultat de la hausse des valeurs ajoutées des services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale de 5,6% au lieu de 4,3%, services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (4,3% au lieu de 2,8%) et de l’information et communication (1,3% au lieu d’une baisse de 0,5). Après analyse, il ressort que ce repli s’explique également par le ralentissement des valeurs ajoutées de l’hébergement et restauration à 50,3% au lieu de 86,4%, des transports et entreposage (10,8% au lieu de 42,6%), du commerce et réparation véhicules (4% au lieu de 17,6%), de la recherche et développement et services rendus aux entreprises (3,2% au lieu de 24,5%) ainsi que des services immobiliers à 1,5% au lieu de 3%. Il est à noter qu’aux prix courants, le PIB a connu un net ralentissement à 6,9% au lieu de 16,5% une année auparavant, dégageant ainsi une augmentation du niveau général des prix de 4,9% au lieu de 2,3%. Des analyses du HCP, il ressort en outre que « la demande intérieure a affiché un net ralentissement passant de 10% durant le même trimestre de l’année précédente à 2%, contribuant ainsi pour 2,2 points à la croissance économique nationale au lieu de 11,3 points ». En conséquence, les dépenses de consommation finale des ménages ont connu un net ralentissement de leur taux d’accroissement qui est passé de 13,6% au deuxième trimestre 2021 à 3,2%  avec une contribution à la croissance de 1,7 points au lieu de 7,4 points.Dans a note d’information, le HCP nous apprend aussi que la consommation finale des administrations publiques a affiché une hausse de 6,7% au lieu de 5,5%, alors que l’investissement brut a en revanche connu une baisse de 2,4% au lieu d’une hausse de 7,3% une année auparavant. Quant aux échanges extérieurs de biens et services en volume, les exportations comme les importations ont enregistré de fortes hausses durant le deuxième trimestre 2022. En effet, il ressort des données recueillies que les exportations de biens et services ont bondi de 36,4% au lieu de 22,4% à la même période de l’année écoulée, tandis que les importations ont affiché une hausse de 28,7% au lieu de 8,3%. C’est ainsi que « les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé une contribution négative à la croissance, se situant à 0,2 point au lieu d’une contribution positive de 2,9 points durant le deuxième trimestre 2021 », en a déduit le HCP dans sa note. Alain Bouithy