La Chine, l’Europe et l’Afrique collaborent dans le domaine des énergies vertes pour promouvoir le développement durable et la croissance économique

La Chine, l’Europe et l’Afrique collaborent dans le domaine des énergies vertes pour promouvoir le développement durable et la croissance économique

Le 19 octobre, le 2e forum Chine-Europe-Afrique sur le développement des énergies vertes s’est tenu à Wenzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, sur le thème « Collaborer sur les énergies vertes et se donner la main pour lutter contre le changement climatique mondial ». Ce forum vise à promouvoir la coopération entre la Chine, l’Europe et l’Afrique dans le domaine du développement des énergies vertes et à aider les participants à découvrir de nouveaux potentiels dans ce secteur. Cinq questions relatives à l’énergie verte ont été abordées, notamment les réalisations et les perspectives, les moteurs potentiels, les possibilités de coopération, les partenariats financiers verts et la chaîne industrielle. « Le renforcement de la coopération entre la Chine, l’Europe et l’Afrique dans le domaine des énergies vertes est non seulement bénéfique pour lutter contre le changement climatique mondial et parvenir à un développement durable, mais aussi pour maintenir la stabilité mondiale », a déclaré Liu Qibao, vice-président du 13e comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois et président de l’Association Chine-UE. « Cette coopération peut être le meilleur exemple du XXIe siècle », a déclaré Jose Luis Rodriguez Zapatero, ancien premier ministre d’Espagne. « L’énergie verte peut stimuler l’économie mondiale, éliminer la pauvreté, réduire les inégalités sociales et même créer un modèle économique plus coopératif. La Chine, l’Europe et l’Afrique disposent d’avantages uniques pour développer les énergies vertes dans de nombreux secteurs, telles que l’énergie solaire, l’énergie hydrogène et l’énergie éolienne. “Dans le domaine de l’énergie photovoltaïque, nous pouvons combiner notre technologie sophistiquée et notre chaîne industrielle avec les abondantes ressources d’énergie solaire en Afrique et la riche expérience de la politique d’énergie verte, de l’innovation technologique et des mécanismes de marché en Europe”, a déclaré Nan Cunhui, vice-président de l’Association Chine-UE et président du CHINT. “La Chine a signé plusieurs projets clés avec nous, car elle occupe une position de premier plan dans le domaine des nouvelles énergies, s’appuyant sur une technologie avancée et une vaste expérience en matière d’énergie éolienne et solaire”, a déclaré Salaheddine Mezouar, ancien ministre marocain des Affaires étrangères, “elle joue un rôle important dans le développement futur des énergies vertes pour le Maroc”. Les experts et les universitaires ont également proposé que la finance verte et les chaînes industrielles soient d’une grande importance pour le développement durable de l’énergie verte. Les participants du monde entier ont convenu que la coopération entre la Chine, l’Europe et l’Afrique dans le domaine de l’énergie verte ouvrira des perspectives de développement sans précédent. Ce forum a été organisé conjointement par le CPAFFC, l’Association Chine-UE, le Conseil chinois de l’électricité et le groupe CHINT. APO

L’économie marocaine a progressé de 2,8% au troisième trimestre 2024

L’économie marocaine a progressé de 2,8% au troisième trimestre 2024

ECONOMIeE. «La croissance économique nationale aurait connu une légère accélération de son rythme d’évolution au troisième trimestre de 2024 », a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP). Selon une estimation de l’institution publique, l’économie nationale aurait progressé ainsi de +2,8%, en variation annuelle, au lieu de +2,4% en moyenne au premier semestre. Légère accélération du rythme d’évolution de la croissance économique L’évolution de l’économie nationale s’explique par « une poursuite de la reprise de la demande intérieure et une hausse plus soutenue des exportations qui auraient stimulé une amélioration de la valeur ajoutée de toutes les branches à l’exception de l’agriculture et la pêche », d’après le HCP. Dans le détail, la croissance hors agriculture aurait atteint 3,6%, en rythme annuel, a indiqué le Haut-commissariat dans son Point de conjoncture du troisième trimestre de 2024 et des perspectives pour le quatrième trimestre. D’après ce document,  au troisième trimestre, l’ensemble des branches secondaires aurait connu un regain d’activité, avec une hausse de 4,4%, au lieu de 3,8% au trimestre précédent ; tandis que la relance des industries d’extraction se serait poursuivie au rythme de 15,4%, en variation annuelle, stimulée par un rebond des exportations des produits bruts et une demande encore vigoureuse des industries locales de transformation. Sur fond de poursuite du retrait de l’offre à l’export de la Chine pour le troisième trimestre consécutif et l’entrée en vigueur de nouvelles capacités productives en DAP et TSP,  le raffermissement des exportations nationales en phosphate et dérivés aurait boosté la demande industrielle adressée au phosphate brut et stimulé un relèvement de sa production de 18,9%, en variation annuelle. La même source indique que les industries manufacturières auraient, également, été plus dynamiques au troisième trimestre de 2024, améliorant leur contribution à la croissance économique globale de 0,2 point. Grâce au retournement à la hausse de leurs ventes à l’extérieur, les branches du textile et certaines filières de l’agroalimentaire auraient connu une reprise significative, apprend-on. Dans un contexte de baisse des prix des matières premières importées, notamment ceux du souffre et de l’ammoniac, la croissance des industries chimiques se serait poursuivie, pour sa part, au rythme de 9,7%, alors que celles des industries de fabrication du matériel électrique et du transport se seraient ajustées à la faible dynamique de leurs ventes sur le marché européen. Toujours selon la même source, la valeur ajoutée dans la construction se serait améliorée au cours du même trimestre de 4,8%, en variation annuelle, après +3,6% au trimestre précédent. Selon le HCP, l’activité du bâtiment se serait redressée et celle des travaux publics se serait renforcée, dans un contexte de stabilité des prix à la production. Cette amélioration aurait été confirmée par les résultats de l’enquête de conjoncture réalisée par le HCP, faisant état d’une hausse de l’utilisation du ciment, de l’acier et de l’agglos et d’une amélioration des appréciations sur les carnets de commandes de 12 points, en variation annuelle. Le HCP constate en revanche que la modération du rythme de croissance des services, à l’œuvre depuis la mi-2023, se serait poursuivie au troisième trimestre de 2024. D’après l’institution, « en variation annuelle, la valeur ajoutée des branches tertiaires aurait crû de 3,4%, au lieu de +5,8%, en moyenne, entre 2022 et 2023 ». Il est à souligner qu’après le rattrapage post-Covid, tant en termes d’activité que d’emploi, les activités du tourisme et du transport auraient réalisé des performances entretenues, indique le document constatant cependant que celles du commerce, des services financiers et de la communication seraient entrées en 2024 dans une phase de ralentissement conjoncturel en raison de l’essoufflement de la demande qui leur est adressée. En ce qui concerne la valeur ajoutée agricole, il ressort dudit document qu’elle se serait infléchie de 4,1% au troisième trimestre de 2024, en variation annuelle, après s’être contractée de 4% au premier semestre. Selon le HCP, « cette contreperformance, ramenant l’activité agricole vers son niveau moyen trimestriel enregistré quatre années plus tôt, masquerait, toutefois, des évolutions contrastées des productions végétales et animales ». Par ailleurs, en dépit des conditions climatiques défavorables, le HCP estime que les récoltes des maraîchères de saison se seraient améliorées au troisième trimestre de 2024, entraînant une baisse des prix à la consommation des légumes et un retournement à la hausse des exportations de tomate, de la pomme de terre et des petits légumes. Ce qui n’est pas le cas des autres cultures, ainsi que de la plupart des productions animales, qui auraient fléchi au cours de cette période. Enfin, la filière avicole aurait connu, en particulier, un retournement à la baisse au troisième trimestre de 2024, avec une régression de 3,3% de la production de viande du poulet. Malgré la reprise des prix des aliments composés, elle « avait fait preuve de résilience pendant les cinq premiers mois de 2024, confortant la production animale, soumise depuis deux années au repli significatif de la production de viande rouge », a souligné l’institution ajoutant que la filière aurait été particulièrement affectée par le repli de l’offre de poussins à partir de juin 2024, sur fond de recul de la production nationale conjugué à une hausse des exportations de leurs effectifs d’un jour type chair. Ainsi, « les prix de vente moyens du poulet chair aurait connu une augmentation de 27,6%, en variation annuelle », a-t-elle précisé alors que ceux de la viande rouge se seraient également appréciés, en dépit d’un accroissement de plus de la moitié des effectifs importés d’animaux vivants au cours de la même période. Alain Bouithy

Maroc. La croissance économique devrait ralentir à 2,8% en 2024 et rebondir à 4,4% en 2025

Maroc. La croissance économique devrait ralentir à 2,8% en 2024 et rebondir à 4,4% en 2025

Après une accélération à 3,4% en 2023, la croissance économique devrait ralentir à 2,8% cette année, avant de rebondir à 4,4% en 2025, selon les projections de Bank Al-Maghrib. D’après les explications de la Banque centrale, « cette prévision recouvre une contraction de 6,9% de la valeur ajoutée agricole en 2024, puis une progression de 8,6% en 2025, sous l’hypothèse d’une production céréalière moyenne de 55 millions de quintaux ». La croissance non agricole devrait continuer à s’améliorer, passant de 3,6% en 2023 à 3,9% en 2024 et 2025, a poursuivi BAM à l’issue de la troisième réunion trimestrielle de 2024 de son Conseil indiquant qu’elle serait tirée principalement par les industries manufacturières et extractives ainsi que par les activités liées au tourisme. Sur le plan des comptes extérieurs, après une baisse en 2023, les échanges de biens devraient afficher une reprise en 2024 qui se poursuivrait à moyen terme. Ainsi, les exportations de biens se renforceraient de 4,8% en 2024 et de 9,2% en 2025, tandis que les importations augmenteraient de 5% en 2024 et de 9% en 2025. Alain B

Un monde où la croissance est faible est un monde inégal et instable

Un monde où la croissance est faible est un monde inégal et instable

TRIBUNE. De longues périodes de faible croissance économique peuvent entraîner une augmentation des inégalités, mais la mise en œuvre d’un ensemble équilibré de mesures peut rétablir la balance. L’économie mondiale n’arrive pas à passer à la vitesse supérieure, ce qui pourrait sensiblement enrayer la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20, réunis cette semaine à Rio de Janeiro, font face à des perspectives qui donnent à réfléchir. Comme le montre la dernière Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale du FMI, la croissance mondiale devrait atteindre 3,2 % cette année et 3,3 % en 2025, bien en dessous de la moyenne de 3,8 % pour la période qui va du début du siècle jusqu’à la pandémie. Parallèlement à cela, nos projections de croissance à moyen terme continuent de stagner à leur plus bas niveau depuis des décennies. Certes, l’économie mondiale a fait preuve d’une résilience encourageante face aux chocs qui se sont succédé. Le monde n’a pas sombré dans la récession, contrairement à ce que certains avaient prédit lorsque les banques centrales ont un peu partout augmenté leurs taux d’intérêt pour contenir l’inflation. Pourtant, alors que nous sortons des années de crise due à la pandémie, nous devons empêcher le monde de vivre une période prolongée de croissance anémique qui enracine la pauvreté et les inégalités. La pandémie nous a déjà obligés à différer la bataille. L’extrême pauvreté a augmenté après des décennies de déclin, tandis que la faim dans le monde a bondi et que la diminution à long terme des inégalités entre les pays a marqué un coup d’arrêt. Une nouvelle analyse du FMI laisse entendre que les périodes de stagnation d’une durée de quatre ans ou plus ont tendance à accroître de près de 20 % les inégalités de revenus au sein des pays, une augmentation considérablement plus élevée que dans le cas d’une récession pure et simple. En période de stagnation, la lenteur de la création d’emplois et de la croissance des salaires accroît le chômage structurel et réduit la part des revenus revenant aux travailleurs. Ces forces, associées à une marge de manœuvre budgétaire limitée, tendent à creuser l’écart entre ceux qui se situent en haut et en bas de l’échelle des revenus. En d’autres termes, plus nous resterons coincés avec une croissance faible, plus notre monde deviendra inégalitaire. En soi, cela constituerait un revers au vu des progrès que nous avons réalisés au cours des dernières décennies. Et comme nous l’avons vu, une hausse des inégalités peut favoriser du mécontentement à l’égard de l’intégration économique et des progrès technologiques. Il est donc opportun que le Brésil ait fait de la lutte contre la faim, la pauvreté et les inégalités une priorité alors qu’il assure la présidence du G20. En prenant les mesures adéquates, nous pouvons encore éviter le piège d’une croissance faible et d’une hausse des inégalités, tout en travaillant à réduire la pauvreté et la faim. Permettez-moi de mettre en avant trois domaines prioritaires. Préparer une croissance inclusive Premièrement, nous devons nous attaquer au problème sous-jacent de la faiblesse de la croissance. La majeure partie du déclin de la croissance au cours des dernières décennies est due à une baisse de la productivité. L’une des principales raisons de ce recul est que la main-d’œuvre et les capitaux ne sont pas dirigés vers les entreprises les plus dynamiques. Mais un programme de réformes judicieuses pourrait relancer la croissance à moyen terme. Des mesures visant à promouvoir la concurrence et à améliorer l’accès au financement pourraient permettre une circulation plus efficace des ressources et stimuler ainsi la productivité. Parallèlement à cela, l’intégration d’un plus grand nombre de personnes sur le marché du travail, notamment de femmes, pourrait neutraliser l’effet négatif qu’a le vieillissement de la population sur la croissance. Nous ne devons pas non plus oublier le rôle moteur que le libre-échange a joué pour la croissance et l’emploi. Au cours des 40 dernières années, le revenu réel par habitant a doublé à l’échelle mondiale, tandis que plus d’un milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté. Au cours de la même période, la part des échanges commerciaux dans le produit intérieur brut a augmenté de moitié. Il est vrai que tout le monde n’a pas bénéficié du développement du commerce, c’est pourquoi nous devons faire davantage pour garantir que les gains soient partagés équitablement. Pour autant, fermer nos économies serait une erreur. Adopter des politiques budgétaires axées sur les personnes Deuxièmement, nous devons nous employer à faire en sorte que les politiques budgétaires soutiennent les membres les plus vulnérables de la société. La difficulté réside dans le fait que de nombreux pays sont confrontés à de graves pressions budgétaires. Dans les pays en développement, les coûts du service de la dette représentent une part croissante des recettes fiscales alors même que les pouvoirs publics doivent composer avec des besoins de plus en plus importants, allant des investissements dans les infrastructures aux dépenses pour favoriser l’adaptation au changement climatique. Un effort budgétaire progressif et axé sur les personnes peut atténuer les risques sur les finances publiques tout en limitant les effets négatifs sur la croissance et l’égalité, notamment en augmentant les recettes, en améliorant la gouvernance et en protégeant les programmes sociaux. Les pays en développement disposent d’une grande marge de manœuvre pour accroître leurs recettes grâce aux réformes fiscales (jusqu’à 9 % du PIB selon nos recherches). Il est pourtant crucial d’adopter une approche progressive, en s’assurant que ceux qui peuvent se permettre de payer plus d’impôts apportent une juste contribution. L’impôt sur les revenus du capital et sur le patrimoine, par exemple, offre un moyen relativement progressif de générer davantage de recettes fiscales. Quelle que soit la stratégie adoptée, les contribuables ont besoin de savoir que les impôts qu’ils paient serviront à fournir des services publics et non à enrichir ceux qui sont au pouvoir. L’amélioration de la gouvernance, en augmentant la transparence et en luttant contre la corruption, entre autres, doit également

Maroc. Ralentissement attendu de la croissance économique à 3% en 2024

Maroc. Ralentissement attendu de la croissance économique à 3% en 2024

Selon les estimations du Haut-commissariat au plan (HCP), qui tiennent compte d’une augmentation de 6,8% des impôts et taxes sur produits nets de subventions, le Produit intérieur brut devrait enregistrer une croissance de 3% au titre de l’année 2024, contre 3,4% en 2023. Bien qu’elles relèvent le maintien de la tendance évolutive de la croissance économique en 2024, ces prévisions traduisent toutefois un ralentissement de l’économie nationale. Dans le détail, la valeur ajoutée du secteur primaire devrait se replier de 4,6% en 2024 après une croissance positive de 1,6% enregistrée en 2023, a indiqué l’organisme public dans son Budget économique exploratoire 2025. Compte tenu de l’évolution de l’activité de la pêche maritime à environ 3,9%, la  VA de ce secteur devrait contribuer « négativement de 0,5 point à la croissance du PIB au lieu d’une contribution positive de 0,2 point une année auparavant », a-t-il fait savoir. Portée par le renforcement de l’investissement et par la reprise de la demande extérieure adressée au Maroc, les activités non agricoles devraient afficher pour leur part une progression de 3,6%. L’institution précise que « ce rythme de croissance devrait être soutenu principalement par la relance du secteur du BTP et des activités minières, ainsi que par la poursuite de la dynamique des activités industrielles et touristiques et celle du transport ». En ce qui concerne la valeur ajoutée des industries de transformation, elle devrait profiter de la reprise de l’activité des industries chimiques amorcée en 2023, suite à l’accroissement de la demande extérieure, et afficher une évolution de 3,1% au lieu de 2,7% l’année écoulée. S’agissant des industries du matériel du transport, le Haut-commissariat s‘attend à ce qu’elles bénéficient de la poursuite de la bonne performance de l’industrie automobile et de l’essor de l’industrie aéronautique, notamment dans les segments de l’assemblage et du câblage électrique. En outre, sous l’effet des retombées négatives de l’amont agricole, l’institution estime que « l’industrie agroalimentaire devrait enregistrer une croissance limitée à 1,6% », mais que l’activité du textile devrait continuer de pâtir des répercussions de la concurrence accrue sur le marché international et la faible demande adressée au secteur. Après un repli de 0,4% en 2023, le secteur du BTP devrait marquer de son côté un rebondissement de 3,9% en 2024, grâce à l’accroissement de 56% des investissements publics du secteur et à la mise en œuvre d’importants programmes d’infrastructure, a prévu le HCP notant que la branche du bâtiment devrait tirer profit de la mise en œuvre du programme d’aide à l’acquisition des logements,. A noter que la valeur ajoutée du secteur minier devrait afficher une croissance remarquable de 10,9% en 2024, après deux baisses successives de 2,7% et 23% respectivement en 2023 et 2022. Selon les explications du HCP, «cette reprise devrait bénéficier de la consolidation de la production du phosphate brut portée par la demande croissante des industries locales de transformation et par la dynamique des exportations, dans un contexte de repli des cours à l’international». De ces prévisions, il ressort par ailleurs que le secteur secondaire devrait enregistrer une croissance soutenue de l’ordre de 4,1% en 2024 après 1,3% en 2023, contribuant d’un point à la croissance économique nationale au lieu de 0,3 point ; tandis que les activités tertiaires afficheraient une croissance favorable de l’ordre de 3,4% en 2024, attribuable principalement à la progression de 3,5% des services marchands. L’évolution des activités tertiaires « est renforcée notamment par le maintien de la performance de l’activité touristique et celle du transport, ainsi que par l’expansion des activités financières et immobilières », selon l’institution qui prévoit une évolution positive de 5,2% de l’activité du transport grâce à la progression du transport aérien et maritime.  Alain Bouithy

La croissance économique a atteint 4,1% au quatrième trimestre 2023

La croissance économique a atteint 4,1% au quatrième trimestre 2023

Selon une estimation des comptes nationaux trimestriels, publiée par le Haut-commissariat au plan (HCP), la croissance économique nationale s’est nettement améliorée au quatrième trimestre de l’année 2023. Tirée par la demande intérieure, elle s’est établie à 4,1% au terme des trois derniers mos de l’année écoulée au lieu de 0,7% durant la même période de l’année 2022. D’après l’organisme public chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc, «les activités non agricoles ont affiché une augmentation en volume de 4,1% et celles du secteur agricole une hausse de 5,8% . Dans une récente note d’information sur la situation économique nationale au quatrième trimestre 2023, l’institution relève que « cette croissance a été réalisée dans un contexte de maitrise de l’inflation et d’une hausse du besoin de financement de l’économie nationale . Ainsi, la valeur ajoutée du secteur primaire a réalisé une croissance de 4,6% au quatrième trimestre 2023 au lieu d’une baisse de 12,4% le même trimestre de l’année précédente. Comme le souligne le Haut-commissariat dans sa note, « cette évolution s’explique par la hausse de l’activité de l’agriculture de 5,8% au lieu d’une baisse de 13,1% et de la baisse de celle de la pêche de 14,9% au lieu d’une baisse de 2,3% ». Au lieu d’une baisse de 3,6% durant la même période en 2022, la valeur ajoutée du secteur secondaire en volume, corrigée des variations saisonnières (cvs), a de son côté enregistré une augmentation de 7,4% au quatrième trimestre 2023. Pour le HCP, cette évolution résulte de l’amélioration des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 16,4% au lieu d’une baisse de 15,7%, des industries manufacturières de 8% (au lieu d’une stagnation), du bâtiment et travaux publics de 2,4% (au lieu d’une baisse de 7,1%) et de l’électricité, gaz, eau, assainissement et déchets de 4,2% (au lieu d’une baisse de 7,7% ). Quant à la valeur ajoutée du secteur tertiaire, l’institution fait état d’un ralentissement de son taux d’accroissement qui est passé de 5,1% le même trimestre de l’année précédente à 2,8%. Toujours selon la note du HCP, la VA de ce secteur a été marquée par le ralentissement des activités de l’hébergement et restauration à 6,9% (au lieu de 63,2%), de la recherche et développement et services rendus aux entreprises à 3,7% (au lieu de 5,3% ), des services financiers et assurances à 3,6% (au lieu de 7,9%), des services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale à 2,5% (au lieu de 2,7%), des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale à 1,8% (au lieu de 4,9%). La valeur ajoutée du secteur tertiaire a également été marquée par l’amélioration des activités des transports et entreposage de 3,7% (au lieu de 3,6%), des services immobiliers de 2,4% (au lieu de 1,5%), du commerce et réparation de véhicules de 2% et d’information et communication de 2%, a-t-il souligné. Notons enfin qu’« aux prix courants, le PIB a connu une hausse de 6,7% au lieu de 4,3% au quatrième trimestre 2022 dégageant ainsi un ralentissement du niveau général des prix à 2,6% au lieu de 3% le même trimestre de l’année précédente », comme l’a fait savoir l’institution. Alain Bouithy Hausse de 8,1% de la demande intérieure au T4 -2023 La demande intérieure a enregistré une augmentation de son taux d’accroissement de 8,1% au quatrième trimestre 2023 après une baisse de 1,6% la même période de l’année 2022, avec une contribution à la croissance économique nationale de 9,4 points. C’est ainsi que l’investissement brut (formation brute de capital fixe, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeurs) a connu une forte hausse de son taux d’accroissement passant de (-4,1%) en quatrième trimestre 2022 à 19,6%, contribuant ainsi à la croissance économique de 6,6 points au lieu d’une contribution négative de 1,3 point. De son côté, les dépenses de consommation finale des ménages ont affiché une augmentation de 3% au lieu d’une baisse de 1,6%, avec une contribution à la croissance de 1,9 points. De même, la consommation finale des administrations publiques a enregistré une hausse de 4,6% au lieu de 2,6% la même période de l’année précédente, avec une contribution à la croissance économique de 0,9 point.

Maroc. L’économie nationale peine à réaliser le rythme de croissance escompté

Maroc. L’économie nationale peine à réaliser le rythme de croissance escompté

C’est un fait que l’économie nationale peine à réaliser le rythme de croissance escompté, malgré  la poursuite de son processus de rétablissement. « L’économie nationale n’est pas encore parvenue à réaliser le rythme de croissance escompté », constate le Haut-commissariat au plan (HCP) dans son Budget économique prévisionnel 2024. Pour l’organisme public dirigé par Ahmed Lahlimi Alami cet état des choses témoigne « d’une phase de transition plus lente que nécessite une pleine restauration économique ». Il est évident que la reprise limitée post-Covid n’a pas permis de compenser intégralement les pertes engendrées par le recul prononcé de la croissance économique en 2020, a-t-il fait remarquer dans ce document qui présente une révision du budget économique exploratoire publié au mois de juillet 2023. Difficultés à surmonter la perte de près de 432 mille postes d’emplois sous le choc du Covid Le Haut-commissariat en veut pour preuve les difficultés que continuerait d’éprouver le marché de l’emploi à surmonter les impacts d’une perte de près de 432 mille postes d’emplois sous le choc du Covid. Il ne fait aucun doute que « la croissance économique, fragilisée par la récurrence des années de sécheresse et par les retombées des tensions géopolitiques persistantes, peine à soutenir efficacement la création de postes d’emploi permettant de revenir aux taux de chômage d’avant crise », constate l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Etant donné que l’économie nationale est en perte nette annuelle moyenne de plus de 75 mille emplois durant les trois dernières années, le HCP estime que cette tendance aurait des impacts substantiels sur l’évolution des revenus et de l’épargne, notamment dans un contexte où l’inflation s’avère difficilement atténuable et où les efforts pour la dynamisation économique sont plus que jamais nécessaires. Le contenu en emploi de la croissance économique a tendance à s’affaiblir Dans ces conditions, il est évident que les perspectives modérées de la croissance économique soulèvent l’importance cruciale de réaliser une croissante économique plus créatrice d’emplois, a noté l’institution expliquant que « cette nécessité est d’autant plus pressante que le contenu en emploi de la croissance économique a tendance à s’affaiblir et que la croissance potentielle de l’économie nationale enregistre une tendance baissière ». Dans ce contexte soumis aux contraintes à la fois externes et internes de l’économie nationale, en particulier celles liées à l’ampleur de l’intervention de la politique budgétaire, le Haut-commissariat soutient qu’« il est inéluctable de dégager des espaces budgétaires supplémentaires pour contribuer davantage au processus de stimulation de l’activité économique ». Selon les prévisions du HCP, qui tiennent compte d’une évolution prévue des impôts et taxes sur les produits nets de subventions de 3,2%, le produit intérieur brut (PIB) devrait s’accroître de 3,2% en 2024 par rapport à 2,9% estimé pour 2023. Dans son Budget économique prévisionnel 2024, l’institution ajoute que « le PIB nominal devrait s’accroître de 6% en 2024, portant l’inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, à 2,8% en 2024 après avoir enregistré 4,5% en 2023 et 3,1% en 2022 ». Selon ces prévisions, qui se basent également sur l’hypothèse d’une reprise de la demande étrangère dans un  contexte d’atténuation progressive des tensions inflationnistes au niveau international, les activités agricoles devraient enregistrer une hausse de 2,5% en 2024 contribuant à la croissance du PIB de 0,3 point ; les activités non agricoles devraient enregistrer un taux de croissance de près de 3,2% en 2024 après 2,7% en 2023 porté par la poursuite de la bonne tenue du secteur tertiaire et par la reprise du secteur secondaire. Alain Bouithy

Burundi : Booster la croissance économique en améliorant les conditions de travail du secteur privé

Burundi : Booster la croissance économique en améliorant les conditions de travail du secteur privé

Un nouveau projet financé par la Banque mondiale vise à faciliter l’accès au financement des micro, petites et moyennes entreprises et d’améliorer le climat des affaires afin d’augmenter la croissance économique et la création d’emploi au Burundi. Le Projet pour l’Emploi et la Transformation Economique (PRETE) a été conçu pour répondre aux besoins urgents du secteur privé du pays. Il ciblera prioritairement les bénéficiaires du secteur privé et les institutions publiques contribuant à son développement. Ce projet appuiera les institutions clés pour mener les réformes nécessaires à l’amélioration de l’environnement des affaires, tout en favorisant la création d’un noyau d’entreprises dynamiques grâce à un accès à de meilleures infrastructures productives et équipements technologiques. Ce projet profitera aux entreprises de transformation et de service et à une population plus large de demandeurs d’emploi « Le secteur privé est le moteur de la croissance économique au Burundi et ce projet répondra à certains défis dont il fait face. L’appui aux institutions burundaises est important pour créer des conditions favorables au développement du secteur privé afin que ce dernier puisse favoriser la création d’emploi et la transformation économique », note Hawa Wagué, Représentante Résidente de la Banque mondiale au Burundi Financé par un don de 100 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA)* de la Banque mondiale, ce projet vise à améliorer l’accès au financement des micro, petites et moyennes entreprises, en particulier celles détenues par les femmes et les réfugiés tout en augmentant la création d’emplois. L’atteinte des objectifs de ce projet sera mesurée par le nombre d’emplois qui seront créés, le nombre de bénéficiaires qui auront eu accès à des services financiers et les montants des investissements qui contribueront à l’application des pratiques de résilience climatique. Il est attendu à ce que le projet contribue à créer 4 228 emplois directs et 113 000 emplois indirects, et augmentera de 15% le nombre d’emplois existant dans le secteur privé informel. Le soutien au développement des micros, petites et moyennes entreprises au Burundi passera par un accès aux crédits élargi, plus sûr et moins couteux rendu possible par le renforcement des infrastructures de crédit et la mise en place de nouveaux instruments de garantie bancaire et services financiers numériques. En outre, ce projet permettra à ces entreprises de mieux s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement locales ou internationales. Le financement du projet PRETE sera mis en œuvre sur cinq ans.