Maroc. La Banque mondiale table sur une croissance économique nationale de 1,3% en 2022

Maroc. La Banque mondiale table sur une croissance économique nationale de 1,3% en 2022

Après une reprise soutenue en 2021, la croissance de l’économie nationale devrait accuser un net ralentissement au terme de l’année 2022, selon la Banque mondiale. Les experts de l’institution financière internationale constatent que l’économie marocaine marque le pas sous l’effet de la sécheresse et de la hausse des prix des produits de base. En effet, comme le relève la Banque mondiale dans un récent rapport, « l’économie marocaine a souffert cette année des effets d’une forte sécheresse, du ralentissement de l’économie mondiale et de la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires ». Ainsi, « l’économie accusera un net ralentissement en 2022, avec un taux de croissance prévu de 1,3 % en 2022, contre 7,9 % en 2021 », a estimé l’institution de Bretton Woods dans son dernier « Rapport de suivi de la situation économique au Maroc : La reprise économique tourne à sec ». Les conséquences de la sécheresse, aggravées par la guerre en Ukraine, témoignent de l’exposition du Maroc aux chocs climatiques et aux chocs mondiaux sur les prix des produits de base, selon les experts de la Banque mondiale. Cette situation est d’autant plus inquiétante que « les épisodes de sécheresse qui se sont enchaînés pendant trois des quatre dernières années rappellent avec force la vulnérabilité de l’économie marocaine à l’irrégularité croissante des niveaux de précipitations », a constaté l’institution. Pourtant, si les chocs liés à la faiblesse des précipitations ont toujours été un facteur de volatilité macroéconomique au Maroc, la Banque mondiale se souvient que « les sécheresses étaient généralement suivies d’une reprise vigoureuse et n’entravaient pas la croissance robuste et à long terme du produit intérieur brut (PIB) agricole ». Ce qui n’a pas été le cas cette fois-ci puisque qu’« avec la fréquence accrue de saisons des pluies médiocres, la sécheresse pourrait devenir un défi structurel, impactant sérieusement l’économie à long terme », a-t-on souligné dans ce document qui propose une analyse des effets des sécheresses et de la pénurie d’eau sur la situation macroéconomique du Maroc. La situation est telle que « le Maroc devra accompagner ses efforts de développement des infrastructures de politiques de gestion de la demande en eau qui encouragent l’utilisation durable, efficace et équitable des ressources hydriques », a estimé la Banque mondiale. Et, comme le rappelle Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, « le Maroc fait partie des pays les plus touchés au monde par le stress hydrique ». Ce dernier rappelle en outre que « les événements récents ont montré que les solutions techniques ne suffisent plus à protéger l’économie contre les chocs climatiques ». Pour Jesko Hentschel, il ne fait aucun doute qu’ils « soulignent la nécessité d’adopter des politiques complémentaires, telles que celles décrites dans le nouveau modèle de développement, qui permettraient de tenir compte de la véritable valeur des ressources en eau et d’encourager des usages plus efficients et plus raisonnés ». Selon ses explications, « ces réformes prévoient notamment de fixer le prix des ressources hydriques devenues plus rares à une valeur idoine, de mettre au point des mécanismes efficaces d’allocation de l’eau, par exemple au moyen d’un système de quotas négociables, et de produire et de publier des données précises et détaillées sur les ressources hydriques et leur utilisation », a-t-il précisé. Examinant les conséquences de la hausse de l’inflation due à la guerre en Ukraine, le rapport de la Banque mondiale fait un constat : « Même si elle est atténuée par des subventions, l’inflation des prix à la consommation devrait s’accélérer pour atteindre 5,3 % cette année, contre 1,4 % seulement en 2021 ». Pour l’institution internationale, il faut s’attendre à ce que cette situation érode le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres et les plus vulnérables. Autre sujet abordé dans son rapport, celui des aides accordées aux agriculteurs et aux consommateurs par le biais de subventions et qui font grimper les dépenses, alors que la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires et la baisse de la production céréalière nationale font augmenter les besoins en importations. La Banque mondiale est en conséquence persuadée que « le déficit budgétaire et celui de la balance courante devraient atteindre respectivement 6,4 % et 5,2 % du PIB en 2022, contre 5,6 % et 2,3 % en 2021 ». Quand bien même cela devrait arriver, elle constate que « ces risques macroéconomiques sont atténués dans un contexte marqué par un niveau confortable de réserves de change, des taux d’intérêt réels intérieurs relativement bas, une structure de la dette publique solide et un bon accès aux marchés financiers internationaux ». Alain Bouithy     

Maroc. La décélération du rythme de croissance de l’économie nationale se précise

Maroc. La décélération du rythme de croissance de l’économie nationale se précise

Comme l’avaient prédit de nombreux analystes, conjoncturistes et institutions nationales et internationales, le ralentissement du rythme de croissance de l’économie nationale se précise au troisième trimestre 2022. Après une légère accélération au deuxième trimestre 2022, attendue à +0,9%, en rythme annuel, l’économie nationale enregistrerait une hausse de 0,8% au troisième trimestre 2022, en variation annuelle, au lieu de +8,7% au même trimestre de 2021, selon les récentes prévisions du Haut-commissariat au plan (HCP). Comme l’a relevé l’organisme public dans son dernier point de conjoncture, cette évolution tient compte d’une contraction de 14,1% des activités agricoles. « Au troisième trimestre 2022, la baisse de la valeur ajoutée agricole s’établirait à -14,1% », a en effet indiqué le HCP dans ce document faisant état de la situation des principaux indicateurs économiques observés pour le premier trimestre, estimés pour le deuxième trimestre et relatant les prévisions pour le troisième trimestre 2022. « Avec une hausse de 2,9% de la valeur ajoutée hors agriculture, l’économie nationale s’améliorerait de 0,8%, en variation annuelle, au lieu de +8,7% une année plutôt», a toutefois estimé le Haut-commissariat. A l’échelle mondiale, au troisième trimestre 2022, les perspectives de croissance pour l’économie mondiale resteraient entachées de fortes incertitudes. D’après les estimations du Haut-commissariat, « le commerce international de biens devrait bénéficier de l’amélioration relative des échanges commerciaux des économies avancées et de la Chine ». Le HCP estime cependant que « sa dynamique resterait tributaire de l’évolution de la trajectoire de l’inflation mondiale, des tensions géopolitiques en Ukraine, de la situation sanitaire et de l’impact du resserrement des politiques monétaires sur l’investissement et la consommation ». En conséquence, l’organisme public estime que « la demande mondiale adressée au Maroc augmenterait de 4,2%, en variation annuelle, au lieu de +7,3% lors de la même période une année auparavant ». Revenant sur le léger regain de la croissance de l’économie nationale au deuxième trimestre 2022, le HCP a indiqué qu’il aurait été, particulièrement, attribuable à la progression de 3,6% de la valeur ajoutée hors agriculture, en variation annuelle, au lieu de +2,5% au trimestre précédent, a-t-il expliqué. « Essentiellement soutenue par l’affermissement des activités des services publics et par la poursuite du rétablissement du tourisme, du transport et des services culturels, la valeur ajoutée des branches tertiaires aurait progressé de 5% au deuxième trimestre 2022, contribuant pour +2,5 points à la croissance économique globale », a relevé le HCP. De son côté, la valeur ajoutée du secteur secondaire se serait redressée de 0,8% au deuxième trimestre 2022, en variation annuelle, après avoir régressé de 0,9% au trimestre précédent. Notons que le secteur de la construction aurait, pour sa part, poursuivi son ralentissement pour le troisième trimestre successif, sa valeur ajoutée aurait crû de 0,7%, au deuxième trimestre 2022, au lieu d’une hausse de 1,8% au trimestre précédent. Pour sa part, la valeur ajoutée agricole aurait poursuivi son repli au rythme de -16,1% au cours de la même période, en variation annuelle, au lieu d’une hausse de 17,5% au cours de la même période de 2021. « La réduction de 32% du cumul pluviométrique par rapport à une année normale, à fin mai 2022, aurait entraîné une baisse de 17,1% de la production végétale. Pénalisés par le repli des réserves en eau de barrages, les rendements des cultures printanièresse seraient abaissés, notamment ceux des rosacés à pépins », a indiqué le HCP. « Le redressement de la production des maraichères de saison par rapport au premier trimestre se serait accompagné par une amélioration de leurs quantités exportées, notamment en tomate et petits légumes », a poursuivi le Haut-commissariat notant, en revanche, que les expéditions des pastèques et des melons auraient régressé de plus 30% au cours de la même période. « Dans les filières animales, en dépit de l’affaiblissement des parcours et du renchérissement des prix des aliments de bétail, la production aurait affiché une hausse de 2%, en variation annuelle », a-t-elle également relevé dans son point de conjoncture indiquant qu’elle aurait été particulièrement soutenue par la reprise de la filière avicole, après deux années de faibles performances. Alain Bouithy

Maroc. La croissance économique à 7,9% en 2021

Maroc. La croissance économique à 7,9% en 2021

Le rebond de l’économie nationale  résulte d’une forte hausse de l’activité agricole, suite à une exceptionnelle campagne agricole, et des activités non agricoles Après une année 2020 marquée par une profonde récession de 7,2%, causée en particulier par la crise sanitaire du Covid- 19 qui a frappé plusieurs pans de l’économie nationale, le Maroc a retrouvé le chemin de la croissance en 2021. Dans une récente note d’information relative aux comptes nationaux provisoires de l’année 2021,  le Haut-commissariat au plan (HCP) indique que l’économie nationale a nettement rebondi l’an dernier enregistrant une croissance de 7,9%. En effet, « le Produit Intérieur Brut en volume a enregistré une croissance de 7,9% en 2021 au lieu d’un recul de 7,2% une année auparavant », a indiqué  l’institution publique chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. D’après l’organisme public, et après avoir mis à jour ses prévisions, ce rebond économique post-Covid « est le résultat d’une forte hausse de 17,8% de l’activité agricole suite à une exceptionnelle campagne agricole et de 6,6% des activités non agricoles ». Rappelons toutefois que la situation dans le secteur agricole n’est pas la même cette année et laisse présager des perspectives moins rassurantes. La forte baisse de la production des céréales en perspective en est un exemple inquiétant. Estimée à 32 millions de quintaux, la production prévisionnelle devrait, en effet, reculer de 69% par rapport à la campagne précédente, selon le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. A titre d’exemple, lors de la séance des questions orales, en mai dernier, les parlementaires ont été unanimes à considérer que l’agriculteur souffre en silence et attend des mesures d’exception pour sauver ce qui peut encore l’être. Autant dire que l’économie nationale ne devrait pas compter cette année sur une exceptionnelle campagne agricole. Quoi qu’il en soit, on retiendra que le secteur primaire a enregistré une forte croissance de 17,6% en 2021 au lieu d’un repli de 7,1% réalisé en 2020, en raison de la hausse de 17,8% de l’activité de l’agriculture au lieu d’une baisse de 8,1% et de 12,7% de celle de la pêche au lieu de 12,2% une année auparavant. Selon le Haut-commissariat, la valeur ajoutée du secteur secondaire a,  de son côté, connu une augmentation de 6,8% après un recul de 5,2%, suite à l’amélioration des valeurs ajoutées du bâtiment et travaux publics de 10,7% au lieu d’une baisse de 4,1%,  de l’«électricité, gaz, eau, assainissement et déchets » (6,5% au lieu d’une baisse de 1,3%) ainsi que des industries manufacturières (6,1% au lieu d’une baisse de 7,4%). Quant à la valeur ajoutée du secteur tertiaire, les chiffres révèlent qu’elle a connu une amélioration de 6,4% après avoir accusé une baisse de 7,9% en 2020. Des explications de l’organisme public, il ressort également que la VA de ce secteur a été marquée par la hausse des activités de l’hébergement et restauration (31,6% au lieu d’une forte baisse de 54,6%), des transports et entreposage (15,2% au lieu d’un recul de 28,5%), de la recherche et développement et services rendus aux entreprises (10% au lieu d’une baisse de 13,4%) ainsi que du commerce et réparation véhicules (7,9% au lieu d’un recul de 6,6%). D’après le Haut-commissariat, la valeur ajoutée du secteur tertiaire a également été marquée par la hausse des activités des services financiers et assurances (4,6% au lieu de 0,6%), des services immobiliers (3% au lieu d’une baisse de 0,8%) et des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (3% au lieu de 0,8%). Comme le relève, par ailleurs, la dernière note d’information du Haut-commissariat, il est important de souligner que la croissance de l’économie nationale a été également tirée par la demande intérieure. Dans le détail, « la demande intérieure a progressé de 9,1% au lieu d’une baisse de 6,5% en 2020, contribuant ainsi pour 9,8 points à la croissance économique nationale au lieu d’une contribution négative de 7,1 points », d’après le HCP. Le Haut-commissariat estime ainsi que les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une hausse de 8,2% au lieu d’une baisse de 5,6%, contribuant pour 4,8 points à la croissance au lieu d’une contribution négative de 3,3 points. Il apparait en outre que la consommation finale des administrations publiques a affiché une augmentation de 5,6% au lieu d’une baisse de 0,5%, avec une contribution à la croissance de 1,1 point au lieu d’une contribution négative de 0,1 point. Quant à l’investissement brut, tout porte à croire qu’il « a connu une forte hausse de son taux d’accroissement passant de -11,9% en 2020 à 13,3% en 2021, avec une contribution à la croissance de 3,8 points au lieu de -3,6 points », a souligné le HCP. Il sied de noter que la croissance de l’économie a été réalisée dans un contexte marqué par une forte inflation et une aggravation du besoin de financement de l’économie nationale. Hausse du niveau général des prix, contribution négative des échanges extérieurs et aggravation du besoin de financement ont marqué cette année-là. En effet, après analyse de la situation, il ressort qu’aux prix courants, le PIB national a connu une forte hausse de 11,4% en 2021 au lieu d’une baisse de 7,1% une année auparavant, dégageant ainsi une forte hausse du niveau général des prix passant de 0,1% en 2020 à 3,2% en 2021. Selon le HCP, les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé une contribution négative à la croissance, se situant à 1,8 point au lieu d’une contribution négative de 0,1 point en 2020 ; tandis que le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi aggravé passant de 1,2% du PIB en 2020 à  2,3% en 2021.  Alain Bouithy

Amadou Sy : La croissance économique du Cameroun devrait atteindre 3,5 % pour l’ensemble de l’année 2021

Amadou Sy : La croissance économique du Cameroun devrait atteindre 3,5 % pour l’ensemble de l’année 2021

Après un rebond estimé à 3,5 % en 2021, au lieu de 0,5 % en 2020, la croissance économique du Cameroun devrait se poursuivre en 2022 et 2023, selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI). « En supposant que la pandémie perdra progressivement du terrain, la reprise qui s’est enclenchée en 2021, portée par le secteur non pétrolier, devrait se poursuivre, avec des taux de croissance atteignant 4,5 % en 2022 et dépassant 4,8 % à partir de 2023 », a annoncé récemment Amadou Sy qui a mené des entretiens à distance avec les autorités camerounaises du 2 au 22 décembre. « Le déficit budgétaire (sur la base des ordonnancements) devrait s’établir à 3,2 % du PIB en 2021, ce qui est globalement conforme aux objectifs de la loi de finances rectificative (LFR) approuvée en juillet 2021 », a déclaré le conseiller au département africain du FMI au terme de cette mission qui portait sur les consultations de 2021 au titre de l’article IV et sur la première revue des accords au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Dans sa déclaration, Amadou Sy a ajouté que « les recettes pétrolières projetées pour 2021 se situent au-dessous du niveau escompté mais ce manque à percevoir sera compensé par la relative solidité des recettes tirées des secteurs non pétroliers et par la maîtrise des dépenses ». Il est à noter que les autorités camerounaise et l’équipe de la mission se sont mises d’accord sur un ensemble de mesures et de politiques destinées à renforcer la discipline budgétaire, à remédier de toute urgence aux risques budgétaires posés par des entreprises publiques et à accélérer la mise en œuvre de réformes structurelles, indique le FMI. Les deux parties se sont accordées « sur des objectifs de politique budgétaire conçus pour préserver la viabilité des finances publiques à long terme tout en soutenant la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement pour 2030 (SND30) », a souligné Amadou Sy rapportant que le pays s’emploie à réduire progressivement le déficit budgétaire en le faisant passer de 3,2 % en 2021 à 2 % en 2022, puis au-dessous de 1 % en 2024, tout en maintenant la dette publique sous la barre des 50 % du PIB. Selon ce dernier, les autorités camerounaise « comptent également revoir leur stratégie de recettes à moyen terme. Pour cela, elles mettront l’accent sur l’accroissement des recettes tirées du secteur non pétrolier ainsi que sur l’élargissement de la base d’imposition et l’amélioration de la politique fiscale afin d’aider le pays à atteindre son potentiel de recettes ». Soulignons, par ailleurs, que le gouvernement camerounais s’efforcera également de dégager de l’espace budgétaire pour la SND30 en améliorant le contrôle et l’efficience des dépenses publiques. Saluant les efforts déployés par les autorités pour avancer dans leur programme de réformes structurelles, la mission du FMI a toutefois estimé que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour veiller à ce que toutes les recettes et les dépenses soient inscrites au budget. « Il conviendra en parallèle de continuer à œuvrer pour réduire les risques budgétaires, ce qui passera en particulier par une meilleure gestion des entreprises publiques et des passifs conditionnels », a souligné Amadou Sy estimant que les autorités devront également accélérer les efforts en cours pour restructurer la Société nationale de raffinage (SONARA) et apurer les dettes croisées entre les entreprises publiques et l’État. Avant de conclure que « la réalisation d’une croissance forte, durable et inclusive passerait par une intensification des réformes structurelles afin d’améliorer la gouvernance et la transparence ».  Martin Kam

La croissance économique devrait s’établir à 2,2% en 2019 (Maroc)

La croissance économique devrait s’établir à 2,2% en 2019 (Maroc)

En attendant d’en savoir plus sur les effets que l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19) pourrait causer sur l’économie marocaine, les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP) montrent que l’année 2019 s’est terminée sur une note peu enthousiaste d’un point de vue économique. En effet, « la croissance de l’économie nationale a baissé à 2,1% au quatrième trimestre 2019 après avoir été de 2,8% le même trimestre de l’année précédente », a récemment relevé l’institution publique. Dans une note d’information sur la situation économique nationale au titre du quatrième trimestre 2019, le Haut-commissariat a attribué ce recul, en particulier, à la baisse de la valeur ajoutée du secteur agricole à (-5,2%) et à la faible croissance de celle des activités non agricoles de 3%. Ainsi qu’il l’explique de même source, « cette croissance a été tirée par la consommation finale et les exportations des biens et services dans le contexte d’une baisse d’inflation et du besoin de financement de l’économie nationale en amélioration ». A cette allure, et en attendant l’arrêté des comptes annuels provisoires en juin prochain, le HCP a estimé que « l’année 2019 devrait se terminer avec une croissance de l’ordre de 2,2% ». C’est un niveau inférieur de 0,1 point par rapport à la prévision faite par le Haut-commissariat au début de l’année en cours. En détail, il ressort que des données recueillies que « la valeur ajoutée du secteur primaire en volume, corrigée des variations saisonnières, a enregistré une baisse de 5,1% en volume au cours du quatrième trimestre de l’année 2019, au lieu d’une hausse de 2,1% réalisée durant la même période en 2018 », a fait savoir l’institution. Ce recul, le Haut-commissariat l’a attribué aussi bien à la baisse de l’activité de l’agriculture de 5,2% au lieu d’une hausse de 3,5% une année auparavant, qu’au recul de celle de la pêche de 3,6% au lieu d’une baisse de 14,3%. En ralentissement, on retient aussi que le taux d’accroissement de la valeur ajoutée du secteur secondaire, en volume, est passé de 3% le même trimestre de l’année précédente à 2,8%. A en croire le HCP, cette variation est consécutive d’une part à l’amélioration des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 3,2% au lieu de 0,4% ; du bâtiment et travaux publics (1,8% au lieu d’une baisse 0,8%) ; et de l’autre au ralentissement du rythme d’accroissement de celles de l’électricité et eau (5% au lieu de 6%) ainsi que des industries de transformation (2,7% au lieu de 4,2%). En hausse de 3,3%, au lieu de 2,5% le même trimestre de l’année 2018, la valeur ajoutée du secteur tertiaire a, de son côté, été marquée par une amélioration de plusieurs activités. En l’occurrence, celles liées aux services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale (4,8% au lieu de 2,4%); au commerce (2,8% au lieu de 2%); au transport (2,7% au lieu de 1,8%); aux services financiers et assurances (2,7 % au lieu de 1,6%) ainsi qu’à celles des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale (2,1% au lieu d’une stagnation). Comme l’a précisé le Haut-commissariat dans sa note, cette évolution s’est faite en dépit du ralentissement de la croissance des activités des hôtels et restaurants (3,7% au lieu de 5,8%) ; des services rendus aux ménages et aux entreprises (3,6% au lieu de 4,4%) ainsi que des postes et télécommunications (1,9% au lieu de 2,1%). En fin de compte, le HCP a estimé que la valeur ajoutée des activités non agricoles a finalement connu une hausse de 3% au lieu de 2,5% le quatrième trimestre de l’année 2018. Soulignons qu’aux prix courants, il apparaît que « le PIB a connu une augmentation de 2,4% au lieu de 3,9% une année auparavant, dégageant ainsi une augmentation du niveau général des prix de 0,3% au lieu de 1,1% », a conclu le Haut-commissariat. Alain Bouithy

Maroc : les politiques publiques pour éviter la trappe à revenu intermédiaire

Maroc : les politiques publiques pour éviter la trappe à revenu intermédiaire

La Direction des études et des prévisions financières (DEPF) a organisé, mardi 11 février à Rabat, une conférence sur le thème : « Croissance économique et perspectives d’emploi au Maroc : les politiques publiques pour éviter la trappe à revenu intermédiaire», objet du dernier ouvrage du directeur du Département des Economies-pays de la Banque africaine de développement (BAD), Emmanuel Pinto Moreira. Organisé en partenariat avec le Policy Center for the New South (PCNS), ce séminaire s’est déroulé à l’amphithéâtre du Ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration. Cette rencontre « a eu pour principal objectif d’explorer et discuter les conclusions de l’auteur sur les perspectives de croissance et d’emploi au Maroc dans un contexte international en rapide évolution », ont indiqué les organisateurs dans un communiqué. Un contexte « marqué par une concurrence accrue des économies à bas salaires et par une automatisation croissante des emplois peu qualifiés, et en particulier, à l’aune de l’engagement national d’édification d’un nouveau modèle de développement économique », ont-ils souligné. En ce sens, le séminaire a visé, dans une logique constructive, à animer et enrichir le débat sur les caractéristiques du modèle de croissance proposé et sur les effets à moyen terme des politiques suggérées sur la croissance, l’emploi et le chômage au Maroc, a-t-on relevé de même source. Soulignons que cette rencontre s’est enrichie de la participation de hauts responsables des différentes Directions du MEF, de la représentante de la Banque africaine de développement (BAD) au Maroc, des représentants d’organismes internationaux (la Banque mondiale, UE, UNICEF …) et de praticiens en provenance des départements ministériels et des institutions nationales (IRES, Banque Centrale, CESE, ONDH, ANDA,…). Martin Kam avec CM

Le CMC planche sur la croissance économique au Maroc

Le CMC planche sur la croissance économique au Maroc

Bien qu’elles demeurent encore relativement limitées, les modifications apportées au régime fiscal des zones franches d’exportation laissent transparaître un changement profond d’orientation dans la stratégie industrielle appliquée jusqu’alors, selon le Centre marocain de conjoncture (CMC). Ainsi qu’il l’a relevé dans sa dernière publication mensuelle «Maroc Conjoncture » (n° 319), « les nouvelles dispositions fiscales du budget 2020 accordent une place de choix aux zones franches d’exportation rebaptisées, à l’occasion, zones d’accélération industrielle ». Dans ce spécial, consacré à la « Croissance économique au Maroc : Indicateurs et éléments de stratégie », l’institution de recherche et d’études macroéconomiques, sectorielles, démographiques et commerciales a noté que ces nouvelles dispositions se conforment aux engagements pris vis-à-vis des partenaires de l’UE. Dans cette publication parue récemment, le Centre a également précisé que ces modifications « concernent les avantages fiscaux accordés aux entreprises opérant dans les zones franches d’exportation et intéressent plus particulièrement les prélèvements opérés au titre de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu ». Cependant, sachant que le succès des zones d’accélération industrielle tient moins aux avantages nominaux de la fiscalité qu’aux facteurs de productivité développés par la destination, il a affirmé que « les modifications apportées au régime fiscal seront d’un faible impact sur l’attractivité des investissements sur le moyen et long termes ». Il est à souligner que cette publication a accordé une attention particulière à bien d’autres sujets d’actualité tels que le Brexit, le climat des affaires au Maroc ou encore l’inflation. Concernant le Brexit, le CMC a rappelé que le Maroc a estimé judicieux de contracter un accord de partenariat avec la Grande-Bretagne pour mieux garantir la continuité de ses relations bilatérales et sauvegarder la régularité des flux de ses échanges avec cette entité. Dans cette entente, il est essentiellement question de « protéger les exportations marocaines d’un surplus d’imposition de droits de douane, dans le cas où le Royaume-Uni venait à quitter l’Union européenne », a expliqué le Centre soulignant que cette vision stratégique trouve son prolongement dans la préservation des intérêts de politique étrangère auprès des membres permanents du Conseil de sécurité. « Une précaution par laquelle le Maroc souhaite prévenir les retombées négatives qui pourraient découler de cette volonté britannique visant à faire revivre son projet identitaire dans une réhabilitation de son unité », a ajouté l’institution. S’agissant du climat des affaires au Maroc, le CMC s’est intéressé à deux études aux résultats contradictoires soulignant que « le rapport Doing business fait état d’une amélioration de 7 places du classement du Maroc, alors que les résultats de l’enquête du HCP sur les entreprises dressent un tableau plutôt sombre». Pour le Centre marocain de conjoncture, «cette dichotomie interpelle sur l’extrême importance des méthodologies dans la validité des résultats des études et statistiques et sur la nécessaire prudence dans l’interprétation des résultats et leurs mise à profit pour la conduite des politiques publiques ». L’autre inquiétude du CMC concerne l’analyse de l’inflation. Sur ce sujet, il a noté qu’« à défaut d’un meilleur indicateur, l’inflation est approchée par l’indice des prix à la consommation (IPC) qui ne fait pas l’unanimité quant à son aptitude à exprimer la réalité de la perte de pouvoir d’achat de la monnaie ». Pour le Centre, « l’IPC n’est à considérer que comme un indicateur partiel de la variation des prix à la consommation et ne saurait, en conséquence, rendre compte de manière satisfaisante du phénomène inflationniste tel que ressenti par la population », a-t-il insisté. Et pour cause : «L’impact de la dépréciation de la valeur des unités monétaires ne se traduit pas exclusivement par la baisse du pouvoir d’achat des ménages mais touche toutes les catégories d’agents et partant, couvre l’économie nationale dans sa globalité». Observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, le Centre marocain de conjoncture a été créé en 1991. L’institution se donne comme mission de contribuer à une meilleure connaissance de la conjoncture socioéconomique, globale et sectorielle, tant sur le plan national qu’international; d’accompagner les opérateurs économiques dans leurs actions d’anticipation et de prise de décision en mettant à leur service un dispositif d’informations fiable et opérationnel tourné vers les prévisions ainsi que d’accompagner les décideurs dans l’élaboration de leurs stratégies. Dans le cadre de ses activités, le CMC veille également à la formation des cadres d’entreprises des secteurs public et privé, permettant ainsi de perfectionner les compétences, et promeut le débat et la réflexion entre l’université, l’administration et l’entreprise tout en participant à la modernisation de l’économie. Alain Bouithy

Compétitivité et croissance économique: la BAD et le Cameroun signent un accord de prêt de 80,4 millions d’euros

Compétitivité et croissance économique: la BAD et le Cameroun signent un accord de prêt de 80,4 millions d’euros

Le Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) ont dernièrement signé, à Yaoundé, un accord de prêt pour le financement de la troisième phase du Programme d’appui à la compétitivité et la croissance économique (PACCE III), en présence du Ministre camerounais des Finances, Louis-Paul Motaze . Ont procédé à la signature dudit accord: le Ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, le Gouverneur du Groupe de la Banque africaine de développement pour le Cameroun, Alamine Ousmane Mey et le Responsable-Pays de la Banque africaine au Cameroun, Solomane Kone. « D’un montant de 80,4 millions d’euros, soit environ 52,74 milliards de FCFA, cette approbation complète les accords antérieurs relatifs aux phases I et II du PACCE, signés en décembre 2017 et décembre 2018, pour des montants de 180 millions d’euros et 150 millions d’euros respectivement », a indiqué la banque africaine dans un communiqué. Avec le nouvel appui financier, le montant cumulé des appuis budgétaires programmatiques pluriannuels (2017, 2018 et 2019) du Groupe de la Banque envers le Cameroun s’élève désormais à 410,4 millions d’euros (soit environ 269.2 milliards de FCFA). Rappelons que le Cameroun a signé le 26 juin 2017, avec le FMI, un accord triennal (2017-2020) au titre de la facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant de 483 millions de DTS dans le cadre du Programme régional de réformes économiques et financières de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (PREF-CEMAC). Et que la Banque participe à ce Programme aux côtés d’autres Institutions, notamment l’Agence Française de développement, la Banque Mondiale et l’Union Européenne. Comme ses tranches I et II, « le PACCE III, libellé en euros, contribue à la reconstitution des réserves de change en zone CEMAC et au soutien de la parité du Franc CFA », a souligné la BAD dans son communiqué signalant que cet Accord vise à poursuivre les objectifs d’équilibre extérieur et budgétaire du Cameroun à travers deux composantes principales. La première porte sur la rationalisation du cadre de gestion des finances publiques (GFP) en vue de renforcer la stabilité macroéconomique, créer des marges budgétaires, prioriser les projets d’investissement public et stimuler la croissance. La deuxième composante vise le renforcement de la gouvernance et de la compétitivité des secteurs productifs, notamment le transport, l’énergie et l’agriculture. Soulignons également qu’à travers ce Programme, le Cameroun s’engage à mettre en œuvre les réformes structurelles pour consolider le cadre macro-budgétaire, stimuler la production et les échanges nationaux et régionaux, ainsi que les investissements privés nécessaires à la création d’emplois, notamment pour les jeunes. Il est à préciser que « le PACCE III opérationnalise de manière directe trois des cinq priorités de la Banque relatives à l’énergie, l’agriculture, et l’intégration régionale », comme l’a relevé le communiqué. Et d’ajouter qu’il contribue indirectement aux deux autres priorités des « High 5 » en stimulant l’industrie et en améliorant les conditions de vie des populations. Enfin, la signature de cet Accord de prêt, ainsi que l’approbation le 18 décembre 2019 par le Conseil d’Administration de la Banque du financement de la deuxième tranche de la Ring road pour un montant de 161,6 millions d’euros, portent le portefeuille du Groupe de la Banque au Cameroun à 35 opérations, pour un montant de 2,63 milliards d’euros. Martin Kam avec CM