Congo-FMI : extrapolation de langage et dribble des Sicaires en pleine crise systémique (lecture en 5min)

Congo-FMI : extrapolation de langage et dribble des Sicaires en pleine crise systémique (lecture en 5min)

TRIBUNE. Le pouvoir de Brazzaville en fait-il trop dans la honte avec l’approbation de la sixième revue de la facilité élargie (FEC) des crédits ce 12 mars 2025 ? Le Conseil d’administration du FMI a conclu la sixième revue de l’accord au titre de la FEC et a approuvé un décaissement de 43 millions de dollars en faveur du Congo. Au 13 mars 2025, le taux de change est de 1 dollar américain (USD) pour 603,194 (XAF). Ainsi, 43 000 000 USD = 25 937 342 000 XAF. Soit 2 milliards de moins que la seule totalité des frais de souveraineté encaissés par le Premier Ministre Anatole Collinet Makosso depuis 2021 et qui équivalent à 600 millions XAF par mois. Cherchez l’erreur ! Cette revue est une vraie broutille devant laquelle certains agents du trésor public endettant quotidiennement la République sont morts de rires. Juste de quoi vivre un petit mois pour Armel Sylvère Dongou ! Après avoir couverts Yayha Moussa, ancien représentant du FMI devenu Co-administrateur de Petro Congo SA avec Denis Chrystel Sassou Nguesso ; spolié la dette de Serge Berrebi et dissimulé un différentiel de 1000 milliards de dette cachée du Congo en 2010, le FMI démontre à ceux qui refusaient de le comprendre qu’il n’est qu’un outil de suprématie occidentale. Un véritable « machin » qui freine le développement et aggrave la pauvreté dans des pays en développement comme le confirme, le prix Nobel d’économie, Joseph Stieglitz dans son livre « La Grande Desillusion « . En effet, en juin 2018 déjà, le Rapport sur la gouvernance et la corruption république du Congo rédigé par la Banque Mondiale en Consultation avec les Services du FMl énumérait les points de faillite institutionnelle concernant : l’État de droit (p.9) ; la Gestion des Finances Publiques (p.13) ; la Surveillance du Secteur financier (p. 22) ; le Climat des affaires (p.23 ) ; la lutte contre le blanchiment de capitaux (p.25) et la lutte contre la corruption (p.27). Ces points ont été intégralement repris dans les feuilles de route fixées à Calixte Nganongo et Roger Rigobert Andely. Soulignons que les audits des 4 entreprises sélectionnées par le Congo lui-même pour être cotées à la BVMAC étaient inscrit dans le rapport d’évaluation de la gouvernance des entreprises du portefeuille public rendu par la banque mondiale en mai 2018. Il s’agissait de : SNE (tiens, tiens !?), SNDE, CFCO et CONGO TELECOM. Seul Congo Telecom a été auditée à l’arrivée de Yves Castanou. Actuellement, tous les projets du portefeuille Banque Mondiale sont à l’arrêt depuis octobre 2024 faute de fonds de contrepartie disponibles. Idem pour la Banque Africaine de Développement dont les travaux du Data Center financé par elle et situé à l’emplacement de l’ex-UAPT sont aussi concerné. C’est ubuesque ! Le jargon utilisé par le FMI étale pourtant la vérité ! Le communiqué du FMI souligne que la performance du programme a été mitigée lors de cette dernière revue. En clair, il y a eu Non-respect des critères quantitatifs de fin juin 2024 et Non-respect de certaines exigences continues (Service de la dette extérieure ; Nouvelle dette extérieure non concessionnelle ; Dette nouvellement contractée garantie par des ressources naturelles). De même, les réformes structurelles ont complètement échoué : Échec de la mise en œuvre complète du SIGFIP (Système d’Information de Gestion des Finances Publiques) ; Échec de la mise en œuvre des dépenses de protection sociale face à l’augmentation du prix des carburants et Échec de la réforme de la TVA sur les hydrocarbures ! Sur la politique budgétaire qui vise à réduire les vulnérabilités et à assurer la viabilité de la dette, on note une tension de liquidité persistante qui a conduit à une tentative ratée de reprofilage de la dette intérieure pour allonger les maturités des obligations du Trésor (le PNOT complètement raté par le sulfureux Président de la banque d’affaires Algest Consulting, Ibrahim Magassa). Tout ceci a entrainé certes une réduction du déficit fiscal en 2024, mais contre une sous-exécution de la masse salariale (salaires impayés), des investissements (différés) et des dépenses sociales (annulées). Bref, un pays à l’agonie ! Les perspectives à l’horizon 2026 soulignées dans le communiqué sont tout autant sombres : la reprise économique sera modérée, sinon faible avec une croissance limitée entre 3,4 et 3,8 %. Et l’inflation, après avoir baissé, devrait remonter à près de 4% en 2025. La cerise sur ce gâteau explosif est l’érosion de l’excédent du compte courant : Il devrait progressivement se transformer en déficit, sous les effets conjugués de la baisse prévue des prix du pétrole (déjà engagée par l’OPEP+) et l’augmentation des importations du fait de la énième tentative de diversification économique. En définitive, le Congo n’a pas besoin du FMI, mais des dirigeants patriotes qui aiment leur peuple, des cerveaux gris qui devraient être placés à la place qu’il faut. Le bel exemple vient de nous être donné par 4 banques (BSCA Bank, BCI, BGFI Eco-Banque ), qui ont mobilisés la bagatelle de 150 milliards XAF pour moderniser le Môle Est du Port Autonome de Pointe-Noire sans passer par le FMI. Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

Congo/ Remaniement, crise systémique et fin des temps : Sassou en difficulté, partagé entre le clan, le PCT et des technocrates

Congo/ Remaniement, crise systémique et fin des temps : Sassou en difficulté, partagé entre le clan, le PCT et des technocrates

TRIBUNE. Le remaniement gouvernemental a été effleuré dans nos précédentes éditions. Mais face à l’ampleur de la crise systémique qui frappe le Congo depuis bientôt trois ans et l’accélération de la décrépitude économique , sociale et politique qui devient vertigineuse, il semble impérieux d’y revenir. L’année 2025 commence sur des contradictions irréductibles qui laissent présager des signes sombres. La guéguerre entre le premier ministre Anatole Collinet Makosso (ACM) et le ministre des finances Ondaye ainsi que la destitution programmée du deuxième secrétaire de l’assemblée nationale prévue pour le 7 janvier font des vagues et ridiculise une fois de plus M. Sassou Nguesso. La note n°1025/MEF-CAB du 31/12/2024 du Ministre des Finances adressée au président de l’Assemblée dénonçant le rétoquage à la sicilienne de la Loi de finances qui favorise l’évaporation des recettes fiscales dit long. De même, la circulaire 0004MEF/DGT du TPG Albert Ngondo et celui du DG des douanes n’001/MBCPPP/DGDDI-DRC qui se contredisent sur le GUT bien que la solution soit trouvée au sortir de l’interministeriel ce lundi 6 janvier 2025 avec le transfert ordonné et progressif du guichet unique de paiement (GUP) au compte unique de Trésor (CUT) ce 6 janvier 2025. Bref, l’impasse de la situation économique et sociale entraine des répercussions sérieuses sur l’ensemble de l’architecture politique post et après guerre civile. Les pôles du pouvoir vacillent et ploient sous la menace du quotidien essentiellement social : eau, électricité, transports, alimentation et loyers qui passent du rouge écarlate au noir d’enfer. Le Congo est revenu au « Vivre Durement Aujourd’hui, Pour vivre mieux demain » (VDA de 1977 à 1979). Remanier le gouvernement ou …? Convoquer une concertation nationale ou se limiter à un remaniement cosmétique est dans toutes les têtes et les agendas des hommes politiques. Selon certaines indiscrétions (des caciques) très proches du parti congolais du travail (PCT) au sortir de leur session du comité central annuel et du bureau politique, la famille et les loges ont opté pour un remaniement gouvernemental et la continuité des réformes. Une concertation risque de mener à des conséquences imprévisibles. Reste l’épineuse question des hommes qui peuvent occuper la primature et ceux qui composeront l’équipe gouvernementale. Cette situation est d’autant plus compliquée qu’il faut réduire la taille du gouvernement pour espérer un prochain accord avec le FMI/Banque Mondiale devenu inévitable une fois encore. Trois axes sont à distinguer. On peut citer, entre autres : – l’axe Niari – Bouenza – Lekoumou avec le grand nord désormais réduit à la cuvette tellement la Likouala et la Sangha sont marginalisés et ostracisés ; On y distingue Émile Ouosso, Pierre Michel Nguimbi, Thierry Lezin Moungalla et Pierre Mabiala, tous liés à Jean-Dominique Okemba (JDO) et au duo Christel et Claudia pour les deux derniers. Leur mission serait de reconstruire l’alliance fondatrice du PCT de 1968-1972 en jetant un pont entre les trois régions et la cuvette centrale ; Il ne faudrait pas occulter ici les rôles à jouer par le promu Vénérable Grand Maître Provincial (GMP) Rigobert Maboundou qui a des ambitions outrancières et de l’orgueil à fleur peau. Son tort est qu’il devra lâcher Jean-Jacques Bouya (JJB), jusqu’ici son maître à penser et à exister dans cette tentative. Mais l’ayant déjà fait avec Benjamin Bounkoulou (+), il n’en sera pas à sa première expérience. Les respectables sœurs Jacqueline Lydia Mikolo et Claudine Munari seront dans tous les cas de la partie en raison des « compétences ésotériques spécifiques et leurs carnets d’adresses » ; – L’axe Pool (ou ce qu’il en reste) avec le grand nord conduit par Claude Alphonse Nsilou composerait avec Pierre Oba, JDO et les rejetons de M. Sassou. Parti en éclaireur avancé pour la prise de contact avec certains membres de l’équipe Trump aux USA (en vacance pour les autres), N’Silou permettrait de jouer le jeu de Sassou en 2026 (nous y reviendrons). Très impopulaire dans le Pool, surtout qu’il n’a jamais positionné personne durant les 23 ans de gouvernement, et moins encore réagi sur la cession des terres aux Rwandais, sa résilience politique arrive à sa fin ; – L’axe Kouilou et grand nord avec Yves Castanou, spécialiste des nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que de montages financiers. Sa maîtrise parfaite des codes des grandes religions, des sociétés secrètes et des églises de réveil est pour lui un atout majeur. Par ses prouesses réalisées à Congo Telecom et les campagnes d’évangélisation dans les départements, il force l’admiration de milliers des jeunes et plus d’un adulte. Il a des accès dans les hautes sphères du Rwanda, de la RDC, du Gabon, de la Côte d’ivoire, du Niger, du Bénin, de l’île Maurice, de Dubaï, de la France, de la Belgique, de la Banque mondiale et du FMI. À tort ou à raison, son église et lui-même sont accusés ces derniers temps d’être au cœur de plusieurs scandales. Il réussit toujours à passer entre les mailles du filet que lui tendent plus d’un dignitaire. Ces derniers le soupçonnent de forger un destin national. Il s’est plusieurs fois frotté à des ministres, des dignitaires et parents de M. Sassou. Les derniers en date sont, les conseillers et chargés de mission, Denis Junior Omar Bongo Ondimba et Marc Sakala. Aux dernières nouvelles, il se serait réconcilié tout de même avec lesdits chargé de missions officiels et officieux de Denis Sassou. Anatole Collinet Makosso, juriste-maison, quant à lui demeure en embuscade. Il tient partiellement, non seulement dans le Kouilou urbain, Pointe-Noire, Madingou-Kayes et chez les Vilis de l’intérieur (Yombés et Kugnis de Dolisie) mais aussi l’axe Mindouli – Mayama – (dont Missafou et Madzia et Kinkala où il se rend tous les mois sans oublier, Vindza via Roger Bitemo. Il est vomi par bon nombre des croyants catholiques, évangéliques et universitaires sur lesquels il s’appuyait autrefois, la cause : il devient trop menteur et il commet des bourdes d’amateur. Son équilibrisme et sa bonne étoile le placent au centre de tous les prétendants au trône car c’est un malin et fin négociateur. Il a eu la chance de