
L’artiste-peintre et autodidacte de la dynastie des Guymack, Jean Roger Ikouba, a déclaré récemment à Pointe-Noire que l’insuffisance de livres parlant de leur métier est un handicap dans le développement de leur travail.
Il a dit avoir appris ce métier aux côtés de son père par le regard d’abord. C’est un métier qui crée de multiples contacts avec des personnes de toutes nationalités. Quand il peint, il oublie et ce métier lui permet de gérer le stress. Toutefois, il ressent une véritable fierté tout en se plaignant de l’indifférence de certaines personnes qui n’y croient pas.
Il reconnait cependant que la vie avec le pinceau est quasiment difficile et qu’on ne peut y demeurer si on ne l’aime pas. Il regrette que ce travail n’ouvre pas de voie à la retraite. Cela s’explique par la vie de l’artiste pendant le confinement mais également avant le Covid 19. Il fait savoir que la vie a été essentiellement très difficile pendant cette période.
Selon lui, si le produit issu d’une activité n’a pas de preneurs, on ne voit pas la raison de continuer à la pratiquer. C’est un travail où il faut jongler avec les couleurs. Il a également déploré la faiblesse des achats et surtout, l’indifférence des congolais face aux tableaux de peinture. Il a expliqué que la clientèle expatriée qui connait leur travail, impose le prix à l’achat comme le font les pays développés pour les matières premières.
Il a profité de cette occasion pour remercier la société ENI-Congo qui avait acheté une cinquantaine de tableaux de peinture et Vincent Gomez qui n’hésitent pas à acheter leurs produits. Toutefois, sur le marché, a-t-il dit, le prix des tableaux de peinture varie entre 5 000 FCFA, 15 000 FCFA et 20 000 FCFA. Avec cette manière de faire, il faut beaucoup travailler, sinon l’artiste devient un simple commerçant.
Remerciement aux médias
L’artiste Ikouba ne manque pas de remercier également la presse qui fait un très bon travail et qui aide les artistes à faire passer le message, tant pour leur promotion que pour des revendications pour leur place dans la société. La presse, insiste-t-il, leur apporte un grand soutien pour faire connaitre leur production tout en déplorant le fait que tout ce travail se fait dans une espèce de désert.
Dans le même état d’esprit, l’artiste déplore la proximité avec les restaurants et les débits de boisson. Ces endroits n’aident pas le bon fonctionnement de leur activité. Il demande au gouvernement de leur aménager un espace de vente à l’image du village des voiliers.
Pour un de ses élèves, le métier de l’art les fait vivre. Il ne déplore que le manque de connaissance et de considération des congolais. Il dénonce également le manque de soutien et indique qu’ils apprennent sérieusement leur métier en écoutant les conseils de leur formateur.
Jean Roger Iloki a regretté que des écrits ne mettent pas en valeur le travail que les peintres abattent tout en saluant celui des peintres de renom comme Hengo et autres Mongo-Etsion.
Florent Sogni Zaou
Responsable Afrique centrale du site au Congo, Florent Sogni Zaou est l’auteur de plusieurs livres dont « La Noisette de la cité insipide » (Ed. Chapitre.com), « La Saison des chenilles » (Ed. L’Harmattan, 2013) , « Les goyaves amères » (Ed. Bajag-Meri, 2011) et « Vumuk ! ma part de souffle ».



