
PARLONS-EN. La situation politique est en grande ébullition à Lomé suite à l’arrestation du célèbre rappeur togolais Aamron connu pour ses prises de position virulentes contre le pouvoir togolais et qui a été enlevé et jeté en hôpital psychiatrique par la police locale.
L’arrestation de ce rappeur engagé, devenu une icône de la contestation, a jeté, depuis deux jours, des milliers de manifestants dans les rues de Lomé pour exprimer leur colère. Sit-in, marches pacifiques et rassemblements massifs se multiplient dans la capitale.
Pour de nombreux analystes, cette mobilisation pourrait être le prélude à une révolte plus profonde contre le pouvoir en place. La famille Eyadema dirige le pays sans discontinuer depuis bientôt cinquante ans, un règne que beaucoup considèrent comme à bout de souffle.
Ceci dit, Faure Eyadema rattrapé par une crise politique majeure dans son propre pays et placé dans une impasse politique qui ne lui permet pas d’être en position confortable pour exercer son rôle de médiateur nommé de l’Union Africaine dans le conflit entre la RDC et le Rwanda.
Cette fragilisation du climat politique à Lomé arrive au mauvais moment. En effet, d’après plusieurs sources concordantes, le dialogue souhaité par les Églises catholique (CENCO) et protestante (ECC) pourrait se tenir dans les semaines à venir. Et une rencontre est prévue le lundi 16 juin 2025 entre une délégation conjointe de la CENCO et de l’ECC et des proches du Président de la République, afin de définir le format de ces échanges.
C’était prévu que la médiation soit assurée par le Togo, en collaboration avec les deux confessions religieuses, si les conditions se précisent. De leur côté, Joseph Kabila, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo et Corneille Nangaa ont déjà marqué leur accord de principe pour un dialogue national inclusif.
L’arrestation du rappeur Aamron risque d’être ce grain de sable dans la machine de négociations, capable d’empêcher le cours normal des pourparlers entre différentes parties. En plus, elle risque de jeter le feu aux poudres de frustrations de nombreux pays ouest-africains croupissant sous la dictature des régimes au service des impérialistes vomis par la jeunesse africaine
Par Germain Nzinga