Congo/Maroc. Francellin Phivalent Gerevient TCHIKAYA: Le CESCC promeut des initiatives visant à faire évoluer les mentalités des étudiants congolais

INTERVIEW. Elève ingénieur en génie électromécanique à l’Ecole nationale supérieure d’Arts et métiers (ENSAM), Francellin Phivalent Gerevient TCHIKAYA dirige le Club des étudiants et stagiaires congolais de Casablanca (CESCC) depuis août 2020. Pour PAgesafrik, il dresse un premier bilan des activités de cette organisation créée en mai 2019 dans le but de promouvoir les initiatives prônant le changement des mentalités et l’épanouissement de ses membres.

PAGESAFRIK: Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours académique ?

FPGT: Je suis Francellin Phivalent Gerevient TCHIKAYA, Président du Club des Etudiants et Stagiaires Congolais de Casablanca (CESCC). Je suis détenteur d’un Bac C avec mention assez bien et, actuellement, je suis élève ingénieur en génie électromécanique à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM) de Casablanca.

PAGESAFRIK: Vous avez choisi d’étudier au Maroc. Pourquoi ce pays et pas un autre ? Vous sentez-vous bien intégré ?

Après l’obtention de mon Bac C en 2017, j’ai eu à choisir comme domaine d’études l’aviation civile. Sachant que je ne pouvais pas faire de telles études au Congo, j’étais dans l’obligation de projeter ma réflexion vers l’étranger afin d’y poursuivre mes études supérieures. Dans cette réflexion, quatre pays que j’ai toujours rêvé de visiter figuraient en tête de liste : l’Allemagne, le Maroc, le Niger et le Canada.

Faute de moyens financiers suffisants et à cause des procédures trop longues, je n’ai pas pu obtenir de visa pour l’Allemagne et le Canada. Mon rêve de faire les études supérieures dans ces deux pays s’est alors brisé. C’est ainsi que je me suis tourné vers le Niger. Malheureusement, n’ayant pas été reçu au concours d’entré à l’École africaine de la météorologie et de l’aviation civile de Niamey, j’ai été de nouveau confronté à un échec.

Malgré ces échecs, je n’ai pas baissé les bras. Je me suis inscrit en licence de physique à la faculté des sciences et technique de l’université Marien NGOUABI mais pour finalement ne rien faire. Motivé par l’envie d’étudier dans de bonnes conditions sans tracasserie, j’ai essayé de rebondir après ces échecs en postulant aux bourses de coopération internationale. Et puisque j’avais eu une bonne moyenne au Bac, j’ai été sélectionné pour les bourses d’études supérieures en Algérie, Tunisie et au Maroc. Etant donné que les parents ne voulaient pas que je parte étudier en Algérie, pour certaines raisons, il me fallait donc choisir entre le Maroc et la Tunisie: j’ai donc fais le choix du Maroc puisqu’il faisait parti de mes pays de rêves.

Une fois arrivé à Casablanca, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de spécialité d’aviation civile au sein de l’établissement où j’étais affecté. Je devais donc faire un autre choix qui finalement porté sur l’électromécanique; ce qui me convenait car je m’intéressais déjà à l’énergie électrique.

Ma première année au Maroc n’a pas été du tout facile sur les plans financier, santé et socio-culturel. Du coup, il a fallu que je sorte de ma zone de confort pour me rapprocher de certains compatriotes et amis subsahariens afin de m’intégrer. A ce jour je me sens bien intégré avec le relationnel que je me suis fait grâce à mon dynamisme.  

PAGESAFRIK: Vous êtes le président du CESCC. Pouvez-vous nous le présenter ?

Le Club des Etudiants et Stagiaires Congolais de Casablanca a été créé le 04 mai 2019 à Casablanca dans l’idée de rassembler les étudiants, les finalistes et les stagiaires de nationalités congolaises de toutes disciplines confondues, engagés dans la solidarité, l’assistance, le développement, en vue de créer et d’appuyer des initiatives visant le changement de mentalité et l’épanouissement de ces derniers. 

Conscients du fardeau qui pèse sur nos épaules, résolus à lutter contre toute attitude déviante ne reflétant en aucun cas les valeurs citoyennes et patriotiques, les étudiants congolais résidant à Casablanca ont ainsi décidé de créer une organisation apolitique et à but non lucratif qui a été dénommée Club des Étudiants et Stagiaires Congolais de Casablanca, en acronyme CESCC.

Il est important de préciser que le CESCC est une sous-section de l’Association des Congolais du Maroc (ACOM) sous la tutelle de laquelle il évolue en fédérant des étudiants dans l’optique de révéler leurs potentiels et de mettre en valeur leurs atouts. Il est structuré autour de trois (3) organes établis et reconnus par les Statuts et le Règlement intérieur. A savoir :

·     L’Assemblée Générale des membres (AG) : C’est l’organe suprême du Club qui valide toutes les orientations et les  décisions stratégiques du Club par voie de vote.

·     Le Bureau exécutif : élu annuellement par l’AG, il est l’organe exécutif du Club chargé de faire des propositions stratégiques à l’AG et de mettre à exécution les décisions votées par celle-ci.

·     Le Conseil des Anciens (CA) : Organe de contrôle du Bureau exécutif qui veille à la bonne exécution des taches du Bureau exécutif et l’accompagne tout au long de son mandat.

PAGESAFRIK : Quels vos champs d’action ? Principales activités ?

Quatre axes principaux émergent de nos activités: académique, social, sportif et culturel. Sachant que notre vision consiste à identifier et mettre en valeur les talents inexploités, pour l’année en cours, particulièrement dans le domaine de la culture, nous avons organisé la journée d’intégration des nouveaux étudiants dont le but principal était de regrouper les nouveaux et anciens étudiants dans un cadre jovial question de renforcer les liens de fraternité et de les informer sur les droits et devoirs sur le territoire chérifien.

Nous avons également organisé la Journée internationale de la femme qui a permis non seulement de mettre en avant les compétences de la femme congolaise, mais aussi d’accentuer son niveau d’implication au sein de l’association.

Dans les domaines scientifique et académique, nous avons organisé deux ateliers de formation dont l’un sur la prise de parole et l’autre sur la quête d’emploi dans le but d’outiller nos compatriotes dans la rédaction des CV, recherche d’emploi…

Sur le plan sportif, nous avons organisé un match amical avec la communauté centrafricaine question de consolider nos liens d’amitié avec nos frères centrafricains.

Enfin, dans un élan de solidarité et d’entraide, nous avons fait acte de libéralité auprès des démunis notamment au sein de l’organisation CARITAS de l’église catholique notre Dame de Lourdes de Casablanca.

PAGESAFRIK : Qui sont les membres de votre club ? S’adresse-t-il exclusivement aux Casablancais ?

Les membres du CESCC sont des étudiants et stagiaires résidant à Casablanca et justifiant de la nationalité congolaise par leur passeport ou toutes autres pièces pouvant apporter la preuve qu’ils sont congolais. Le club s’adresse exclusivement aux casablancais; mais il arrive dans certains cas qu’il accompagne des compatriotes résidant dans d’autres villes du Maroc. Ce fut le cas en 2019 lorsque nous avons fait acte de solidarité à l’égard de nos compatriotes étudiants à l’université privé de Marrakech.

PAGESAFRIK : Que sont devenus les anciens membres du club qui ont quitté le Maroc ?

Certains sont rentrés au pays et ont pu trouver des opportunités professionnelles. C’est le cas, par exemple, de l’ancien vice – président du club, Isaac Sonit, qui est l’actuel associé gérant du cabinet pluridisciplinaire EMERGENCE Conseils. D’autres, comme Axel NGANGA, sont allés poursuivre leurs études supérieures en France et lus généralement en Europe.

PAGESAFRIK : Quelles sont les activités à venir Comment ?

Le 27 août prochain, nous organiserons le diner de l’indépendance à l’occasion de la commémoration de la 62ème anniversaire de l’indépendance de la République du Congo. Nous souhaitons saisir cette occasion pour faire de celle-ci une journée de réflexion et de bilan sur ce qui a été fait et ce qui reste à faire. En ce qui nous concerne, en termes de mise en œuvre de notre devise, qui est unité travail progrès, nous avons encore au niveau de la diaspora beaucoup à faire.

Après cette activité, le Comité électoral indépendant se réunira pour lancer l’appel à candidature pour l’élection de la nouvelle équipe dirigeante.

PAGESAFRIK : Comment voyez-vous l’avenir du club ?

Il est prometteur.

Propos recueillis par Alain Bouithy

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