Congo. L’instinct d’un fauve politique
TRIBUNE. Il y a quelque chose de pathétiquement répétitif dans la scène politique congolaise : une opposition incapable, prétentieuse, drapée dans une suffisance intellectuelle qui n’a d’égale que son ignorance abyssale des réalités du pouvoir. Elle croit, dans une arrogance presque comique, que la manipulation des populations fait d’elle un stratège. Elle se rengorge de théories politiques apprises dans des amphithéâtres étrangers, tout en se ridiculisant dans l’arène politique par une absence criante de lucidité, de vision, et surtout de force.
Ce que l’opposition congolaise refuse de comprendre ou feint de ne pas voir , c’est que la politique n’est ni un concours d’indignation, ni un exercice moral et encore moins un jeu. C’est un champ de bataille rude. C’est un art brutal, sans concession, fondé sur le rapport de force, sur la stratégie, la ruse et le timing. Ce n’est pas dans les salons parisiens ni sur Facebook ou derrière un clavier avec des pseudos qu’on conquiert le pouvoir. Ce n’est pas non plus à coups de manipulations ou de communiqués incendiaires, lancés depuis l’exil ou les quartiers feutrés d’Europe et de la France en particulier, qu’on bâtit une alternative crédible.
Et pendant ce temps, le Président Denis Sassou Nguesso gouverne. Il ne s’agite pas. Il agit. Il anticipe, il recule pour mieux frapper, il négocie, il resserre ses alliances, il se repositionne avec l’agilité d’un fauve politique. Très récemment, lorsqu’un juge français tente une attaque symbolique en visant son épouse, il ne répond pas avec des tweets, mais avec des actes. Il court-circuite l’affront en consolidant ses appuis à Moscou, puis revient à Paris, accueilli avec le protocole dû à un chef d’État. Voilà ce que l’on appelle la realpolitik. Voilà ce que les enfants gâtés de l’opposition congolaise sont encore incapables de comprendre.
Cette opposition, qui se rêve en alternative, n’est qu’un simulacre. Elle n’a ni réseau solide, ni ancrage populaire, ni vision à long terme et encoremoins la confiance du peuple. Elle gesticule. Elle bavarde. Elle croit qu’agiter des mots suffit à faire trembler un régime. Mais l’Histoire a montré que ce ne sont pas les cris, mais la stratégie, qui fait tomber les régimes. Et sur ce terrain, Sassou leur donne encore, à tous, une leçon magistrale.
Car tant que l’opposition congolaise ne prendra pas la mesure réelle de celui qu’elle prétend combattre, elle restera dans l’errance. Il ne s’agit pas ici d’un dirigeant ordinaire. Il s’agit d’un homme d’État qui trône au sommet du pouvoir depuis plus de quarante ans, non par chance, mais par intelligence politique, sens tactique et instinct de survie hors du commun. Il faut avoir le courage de le reconnaître : Denis Sassou Nguesso est une véritable bête politique. Un prédateur qui connaît les moindres recoins du système, qui sent les dangers avant qu’ils n’émergent, et qui frappe toujours avec précision. Aucun acteur politique congolais, je dis bien aucun ne possède aujourd’hui cette envergure politique, cette maîtrise, cette longévité politique.
Et tant que l’opposition continuera de le sous-estimer, tant qu’elle préférera l’indignation à la stratégie, la manipulation, la posture à l’organisation ,elle peut toujours courir. Car le pouvoir ne se donne pas, il se prend. Et face à un stratège de cette trempe, l’amateurisme ne mène qu’à l’humiliation et la perte.
Il serait donc temps que cette opposition cesse de rêver et commence à apprendre ne serait-ce qu’en observant celui qu’elle prétend remplacer.
Par Modeste Zoubabela

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *