La Convergence Citoyenne dénonce l’Opération « Bébés Noirs » en République du Congo

Dans une déclaration parvenue à notre rédaction, La Convergence Citoyenne dénonce les violations graves et répétées des droits humains perpétrées en République du Congo dans le cadre de l’opération dite des « Bébés Noirs ». Le mouvement politique de l’opposition déplore que cette opération, présentée comme une action de lutte contre la délinquance, soit « marquée par arrestations arbitraires, disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires visant principalement des jeunes ». Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration telle que transmise par le mouvement. « DÉCLARATION OFFICIELLE Paris, le 1er décembre 2025 CONDAMNATION DE L’OPÉRATION DITE DES « BÉBÉS NOIRS » EN RÉPUBLIQUE DU CONGO La Convergence Citoyenne, mouvement politique de l’opposition, engagé pour la démocratie, la justice sociale et la défense des droits humains, condamne fermement l’opération dite des « Bébés Noirs », menée par les forces de sécurité congolaises et marquée par des arrestations arbitraires, disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires visant principalement des jeunes. VIOLATIONS LÉGALES ET INTERNATIONALES Cette opération viole : La Constitution de la République du Congo (2015), protégeant l’intégrité physique et interdisant la torture; La Convention contre la Torture (CAT) et son Protocole facultatif OPCAT, ratifié par le Congo le 26 avril 2024; La Convention relative aux Droits de l’Enfant (CRC), garantissant la protection des mineurs; La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, protégeant le droit à la vie et la dignité. Des organisations telles que l’OCDH, le CADD, ainsi que France 24, TV5 Monde, RFI et d’autres médias internationaux, ont documenté et dénoncé ces violations. CAUSES PROFONDES DU PHÉNOMÈNE La Convergence Citoyenne rappelle que le phénomène « Bébés Noirs / Kulunas » résulte de causes structurelles : Chômage massif de la jeunesse; Pauvreté persistante et précarité sociale;Mauvaise gouvernance, absence de politiques publiques d’insertion et de protection. EXIGENCES DE LA CONVERGENCE CITOYENNE ENGAGEMENT POUR UN-CONGO DEMOCRATIQUE ET RESPECTUEUX DES DROITS HUMAINS La Convergence Citoyenne réaffirme son attachement à la protection des droits humains et à la construction d’un État de droit respectueux de la dignité de tous les citoyens. POUR LA CONVERGENCE CITOYENNELe Secrétaire National aux Relations InternationalesMilos HEMILEMBOLO«
Maroc. La hausse des importations impacte le déficit commercial

En aggravation de près de 20% à fin octobre 2025 Le déficit commercial s’est fortement aggravé au terme des dix premiers mois de l’année 2025. Selon les récents chiffres publiés par l’Office des changes, il s’est creusé de 19,6% atteignant 296,95 milliards de dirhams (MMDH) à fin octobre 2025 contre 248,19 MMDH un an auparavant. Cette évolution s’explique par la hausse des importations de biens de +9,4% (+58,57 MMDH) à 682,15 MMDH à fin octobre 2025 contre 623,58 MMDH une année auparavant qui ont plus progressé que les exportations (+2,6% ou +9,81 MMDH): 385,20 MMDH contre 375,38 MMDH à fin octobre 2024, a fait savoir l’institution publique dans son bulletin sur les indicateurs mensuels des échanges extérieurs. Dans le détail, les données du commerce extérieur – élaborées sur la base des déclarations douanières montrent que la progression des importations est imputable aux produits finis d’équipement qui ont bondi de +15,2% (+21,38 MMDH). Cette hausse s’explique rincipalement par « l’augmentation des achats des avions et autres véhicules aériens ou spatiaux (+3,79 MMDH) et des parties d’avions et d’autres véhicules aériens (+3,06 MMDH) », a indiqué l’Office des changes précisant que ces derniers sont constitués, essentiellement, des intrants du secteur aéronautique. La progression des importations s’explique aussi par l’accroissement des produits finis de consommation de +12,7% (+18,94 MMDH), en raison de la hausse des achats des voitures de tourisme (+37,2% ou +8,71 MMDH), des médicaments et autres produits pharmaceutiques (+21% ou +1.857MDH) et des sièges, meubles, matelas et articles d’éclairage (+18,3% ou +856MDH). Cette évolution trouve aussi son origine dans les produits bruts (+36,9%, +9,93 MMDH), suite à la hausse des importations des soufres bruts et non raffinés (+5,69 MMDH), de l’huile de soja brute ou raffinée (+1,19 MMDH) et des fer railles, déchets et autres minerais (+903MDH). A noter également la hausse des demi-produits de +6,4% (+8,68 MMDH), attribuée à l’augmentation essentiellement des achats des produits chimiques (+1,81 MMDH), des ma tières plastiques et ouvrages divers en plastique (+1,17 MMDH), et des fils, barres et profilés en cuivre (+1,09 MMDH). A ces hausses, il faut ajouter celle des produits alimentaires (+3,8%, +2,88 MMDH) du fait de la « hausse des importations des animaux vivants (+1,71 MMDH), du maïs (+702MDH) et du café (+373MDH) », a indiqué l’Office relevant que les approvisionnements en blé ont, en revanche baissé de 478MDH. En ce qui concerne les exportations, l’institution rapporte qu’elles trouvent leur origine essentiellement dans les phosphates et dérivés qui ont bondi de +16,7% (+11,51 MMDH), en raison de l’augmentation des ventes des engrais naturels et chimiques (+7,94 MMDH), des phosphates (+2,08 MMDH) et de l’acide phosphorique (+1,49 MMDH). Cette évolution est aussi justifiée par le bond de +8,3% (+1,81 MMDH) enregistré au niveau de l’aéronautique, suite à l’accroissement des ventes du segment de l’assemblage de +1,19 MMDH et des exportations du segment EWIS de +632MDH. Dans son bulletin, l’Office fait état également de la hausse des ventes de +1,1% (+785MDH) dans le secteur « Agriculture et agroalimentaire », consécutivement à la hausse des exportations de l’agriculture, sylviculture, chasse (+2,27 MMDH), atténuée par la baisse des exportations de l’industrie alimentaire (-1,33 MMDH). En revanche, il a été constaté une baisse de 8,6% (-1,31 MMDH) dans le secteur « Electronique et électricité », suite au recul des exportations des composants électroniques (-2,61 MMDH), contrebalancée par la hausse des exportations des fils et câbles (+926MDH). Même tendance du côté du « textile et cuir » qui a reculé de 3,9% (-1.52 MMDH), à causse essentiellement de la baisse des exportations des vêtements confection nés (-809MDH), combinée à celle des exportations des articles de bonneterie (528MDH). Egalement en baisse, le secteur de l’automobile a reculé de -3,1% (-4,06 MMDH), suite, principalement, à la baisse des ventes du segment de la construction (-8,72 MMDH), atténuée par la hausse des exportations du segment du câblage (+2,49 MMDH) et du segment de l’intérieur véhicules et sièges (+469MDH). Alain Bouithy
Adrien Poussou : Beaucoup de dirigeants africains se concentrent sur leurs intérêts personnels ou ceux de leur clan

ACTUALITE. « Construire un État crédible et des institutions fortes prend du temps et exige de la volonté politique », rappelle Adrien Poussou, en réponse au journal Le Point qui l’interroge sur les raisons pour lesquelles l’Afrique ne parvient-elle pas à instaurer ses propres mécanismes de reddition des comptes. Pour l’ancien ministre centrafricain de la Communication, si les pays africains tardent à avancer c’est parce que « beaucoup de dirigeants se concentrent sur leurs intérêts personnels ou ceux de leur clan », plutôt que de s’occuper de ces questions. Il n’empêche que « certaines juridictions locales font déjà leur travail, souvent loin des projecteurs, et obtiennent plus de légitimité que les grandes proclamations venues de l’extérieur », affirme l’essayste centrafricain reconnaissant toutefois que le vrai défi est de généraliser cette rigueur à l’échelle du continent. Quoi qu’il en soit, « la rigueur budgétaire s’impose désormais dans plusieurs pays du Botswana aux Seychelles, jusqu’au Malawi – où les dirigeants savent qu’ils ne peuvent plus vivre à crédit et dissimuler les comptes », fait remarquer Adrien Poussou. Ce n’est pas tout. « Même dans les États où les dirigeants multiplient les mandats, ils comprennent qu’ils ne peuvent plus dépenser au-delà de leurs ressources », poursuit-il estimant que c’est un premier pas concret. S’agissant des enquêtes françaises censées mettre en lumière de graves affaires de corruption, l’ancien ministre constate qu’« elles produisent surtout des effets d’annonce. À part le vice-président de Guinée équatoriale, rien n’a vraiment été sanctionné ». Qu’à cela ne tienne, les populations africaines « ne comprennent pas pourquoi Paris se pose soudain en gardienne de la vertu alors que ces fortunes ont longtemps circulé dans ses banques et quartiers aisés ». De l’avis du dirigeant, « les Africains veulent que leurs juridictions locales prennent en charge ces affaires, avec légitimité et discrétion, et certaines le font déjà ». Adrien Thyg.
REVUE DE PRESSE : l’Afrique dans la presse internationale (du 25 au 30 novembre 2025)

30 Novembre. Le Point Afrique : Lundi dernier, dans le quartier de Kawempe, Kampala a ressemblé à un champ de bataille urbain. Les forces de sécurité ont dispersé les partisans de Bobi Wine à coups de gaz poivre et de canon à eau. Mais un cap a été franchi : la police a lâché des chiens sur les manifestants. RFI : En RDC, Denis Mukwege affirme que les protocoles d’accords, notamment celui de Doha, « sont illégitimes, précaires et incapables de garantir une paix durable » (…) sur le terrain, les rebelles de l’AFC/M23 poursuivent leurs offensives. Le Point Afrique : En Guinée-Bissau, les coups d’État ont un air de déjà-vu. Celui du 27 novembre n’a duré qu’une heure : le temps pour des rafales de crépiter autour de la commission électorale et pour les militaires d’occuper les points stratégiques de Bissau. Mais ses conséquences s’annoncent durables. Rfi : Depuis plusieurs semaines, des vidéos similaires circulent. Des militants se filment en train de se désabonner de la page Facebook du chef de l’État, ou décrochent son portrait du mur pour le remplacer par celui du Premier ministre Ousmane Sonko. 29 Novembre. RT : L’ancien capitaine des Lions indomptables, Samuel Eto’o, a obtenu un nouveau mandat à la tête de la Fecafoot par acclamation lors de l’Assemblée générale élective tenue, ce 29 novembre. L’élection s’est déroulée en présence des émissaires de la FIFA et de la CAF, venus superviser le processus et garantir le respect des règles statutaires. France24 : Emmanuel Macron s’est entretenu pour la première fois, samedi 29 novembre, au téléphone, avec Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de l’île de l’océan Indien. Il lui a « proposé l’appui de la France », dans le processus de transition. 28 Novembre. Libération : La cour d’appel de Tunis a confirmé vendredi 28 novembre les condamnations de 37 opposants au régime, accusés de «complot contre la sécurité de l’Etat», à des peines allant jusqu’à quarante-cinq ans de prison. Un «simulacre de justice», dénoncé par l’entourage des prévenus. RT : L’adoption, le 27 novembre, par le Parlement européen d’une résolution critique à l’égard de la situation des libertés en Tunisie, et appelant à la libération de plusieurs détenus politiques, a provoqué une réaction immédiate et virulente du chef de l’État tunisien (…) Kaïs Saïed a rejeté avec force toute forme d’intervention extérieure. France 24 : Une cour d’appel en Tunisie a prononcé des peines allant jusqu’à 45 ans de prison dans le procès pour complot contre l’État d’une quarantaine de personnes, dont des figures de l’opposition, ont annoncé vendredi plusieurs médias, citant une source officielle. 27 Novembre. La Tribune : 17,9 milliards FCFA, soit environ 27,3 millions d’euros. C’est l’investissement que l’État du Burkina Faso a consenti pour redonner vie à la Société nouvelle-Brasseries du Faso (SN-BRAFASO). Cette société publique qui sort de près de deux décennies de difficultés, vient challenger le groupe français Castel, leader historique du marché brassicole local. RT : Ce 27 novembre 2025 marque un tournant décisif pour la Guinée-Bissau avec l’investiture du général Horta N’Tam à la tête d’une transition d’un an. Ancien chef d’état-major de l’armée de terre, il prend les rênes du pays et du haut commandement militaire, à la suite de la prise de pouvoir par les forces armées la veille. 27 Novembre. Le Monde Afrique : L’avocate tunisienne et chroniqueuse Sonia Dahmani « est sortie » de prison après avoir bénéficié d’une libération conditionnelle, a indiqué, jeudi, l’un de ses avocats, Sami Ben Ghazi, à l’Agence France-Presse (AFP). France 24 : Une nouvelle arrestation dans les rangs de l’opposition en Côte d’Ivoire. Le porte-parole du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), principal parti d’opposition a été écroué jeudi 27 novembre pour 18 chefs d’inculpation dont « actes terroristes » et « complot contre l’autorité de l’État », a appris l’AFP auprès de ses avocats. 26 Novembre. La Tribune : C’est en marge de la visite du président français Emmanuel Macron, que l’État gabonais et l’Agence française de développement ont signé la convention du « Programme de modernisation et de sécurisation du Transgabonais » (PMS). Une signature assortie d’un financement total de 203 millions d’euros. RT : Barrick Mining Corporation a annoncé, dans un communiqué publié le 24 novembre, avoir conclu un accord avec le gouvernement malien mettant fin au contentieux de deux ans autour des mines de Loulo et de Gounkoto, parmi les plus importants complexes aurifères d’Afrique de l’Ouest. Le Monde Afrique : Les enfants du président nigérien déchu, Mohamed Bazoum, prisonnier d’une junte militaire depuis son renversement par un coup d’Etat en 2023, ont demandé mercredi 26 novembre à la communauté internationale de se mobiliser pour la libération de leurs parents, dans une tribune publiée par le média Jeune Afrique. 25 Novembre. Sputnik : Les rebelles du M23 ont pris le contrôle de Buhimba, territoire de Walikale, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), alors que des négociations de paix sont toujours en cours entre les rebelles et les autorités congolaises. Martin Kam
Congo/Quand Ziana TV reconstitue l’histoire des Kulunas : révélations, responsabilités et fragilité du pouvoir Sassou Nguesso

PARLONS-EN. Dans son émission La Matinale, l’animateur Brice Landry Decaux a livré une série de révélations qui ont relancé le débat sur l’origine du phénomène des Kulunas, ces bandes de jeunes délinquants également connus sous le nom de Bébés Noirs. À travers son analyse, Ziana TV ne fait pas qu’éclairer un phénomène social : elle met en lumière les zones d’ombre d’un système politique qui, depuis des décennies, semble avoir laissé prospérer – voire créer – des groupes de violence urbaine pour servir des intérêts obscurs. Les premières révélations : la vidéo d’Aimé Hydevert Mouagni Tout commence avec une vidéo publiée par Aimé Hydevert Mouagni, député de la majorité présidentielle, dans laquelle il affirme que durant le régime de Pascal Lissouba, lui et ses amis avaient reçu pour mission – de la part de hauts responsables du Parti Congolais du Travail (PCT), voire de Denis Sassou Nguesso lui-même – de commettre des actes d’insécurité à Brazzaville. Ces déclarations, devenues virales sur les réseaux sociaux, ont entraîné sa suspension de l’Assemblée nationale, la perte de son immunité, son arrestation et son incarcération. Libéré provisoirement pour raisons médicales, il s’est envolé pour la Turquie, avant de se retrouver aujourd’hui en France où il mène une vie discrète. Mais ces révélations ne sont pas un accident. Elles s’inscrivent dans une longue histoire de violences urbaines dont l’origine semble remonter au cœur même du pouvoir. Retour dans les années 1980 : les premières disparitions sous Sassou Nguesso Contrairement à ce que certains affirment, le phénomène du banditisme urbain ne naît pas sous Lissouba. Dès les années 1979-1980, au début du premier règne de Denis Sassou Nguesso, Brazzaville est secouée par de mystérieuses disparitions, notamment celle des enfants de Moukondo. Ces drames installent un climat de peur qui marquera durablement la capitale. Jean-François Ndenguet et la génération des Bébés Noirs Sous le magistère du général Jean-François Ndenguet, ancien directeur général de la Police nationale, le phénomène prend une nouvelle ampleur. Ndenguet aurait créé ses propres Bébés Noirs, les dotant d’armes et de munitions. Leurs exactions – viols, braquages, mutilations, assassinats – plongent plusieurs quartiers de Brazzaville dans la terreur. Le plus célèbre d’entre eux, le capitaine de police Romuald Manounou, surnommé « Morgan », est arrêté en 2022 et condamné à sept ans de prison pour association de malfaiteurs, abus de fonction, arrestation arbitraire et extorsion. Pourtant, malgré cette condamnation, il est aujourd’hui libre… et en France, avec la bénédiction silencieuse d’une partie des autorités congolaises. Un phénomène qui se poursuit… en toute impunité Même après la chute de figures comme Hydevert Mouagni ou Morgan, les Kulunas continuent d’opérer avec la même brutalité. Brazzaville reste sous la menace d’un phénomène qui semble prospérer au vu et au su des autorités, sans aucune réponse structurelle du gouvernement. La rumeur du coup d’État : révélatrice d’un régime en crise Une rumeur attribue à plusieurs hauts responsables proches de Sassou Nguesso la préparation d’un coup d’État. Parmi les noms cités : Dominique Okemba, Jean-François Ndenguet (actuellement discret à l’étranger) et Jean-Jacques Bouya Et selon certaines sources, Pierre Oba serait également impliqué : dans son village, des armes, des munitions, 4 000 machettes, ainsi que des documents compromettants auraient été découverts. lors d’une perquisition, menée par des éléments de la DGSP. Un détail qui interroge : les Kulunas brazzavillois utilisent justement des machettes dans leurs opérations. Face à ces soupçons internes, Sassou Nguesso se retrouve dans une impasse stratégique : comment arrêter des proches disposant d’appuis dans l’armée, la police, la gendarmerie et d’autres institutions ? Le général Serge Oboa entre en scène Le général Serge Oboa, chef de la sécurité présidentielle, n’est pas impliqué dans le complot supposé. Son action commence lorsqu’un de ses éléments est agressé par des Kulunas. Il lance alors des opérations punitives contre ces gangs dans plusieurs quartiers. Sassou Nguesso saisit l’occasion pour éliminer les grands Kulunas liés à Jean-François Ndenguet. Une liste contenant leurs noms et adresses aurait été remise aux autorités par Morgan en échange de son évasion. Mais au lieu d’ouvrir une enquête qui pourrait remonter jusqu’aux commanditaires situés au sommet de l’État, le pouvoir opte pour une issue brutale : des exécutions extrajudiciaires et la destruction des maisons des chefs de gang présumés. Une conclusion dérangeante : un phénomène créé par le pouvoir L’analyse de Ziana TV met au jour une vérité que beaucoup soupçonnaient : le banditisme urbain des Kulunas n’est pas un phénomène spontané, mais une création politique, instrumentalisée successivement par différents clans du pouvoir pour : semer la peur, garder le contrôle, neutraliser des adversaires, et masquer des luttes internes au sommet de l’État. Avec l’exécution de certains Kulunas, le silence prolongé des autorités, et l’absence totale d’un débat parlementaire sur un phénomène pourtant central dans la vie quotidienne des Congolais, il est désormais évident qu’aucune lumière ne sera faite sur ce système. Faute d’information fiable, les autorités congolaises devront accepter que rumeurs, fantasmes et suppositions populaires prennent le dessus. C’est dans cet espace de non-dit que s’impose l’idée, largement répandue, que les Kulunas sont une création du pouvoir, un instrument destiné à gouverner dans la peur. Les exécutions sommaires, les destructions de maisons et les disparitions ciblées ne visent pas à restaurer la sécurité. Elles servent surtout à effacer les traces d’un système qui fabrique ses propres monstres… puis élimine ceux qui deviennent gênants. Deux questions demeurent : Deux interrogations majeures surgissent inévitablement de cette reconstitution et frappent par leur simplicité autant que par leur force. Premièrement : Comment un régime qui contrôle l’armée, la police et la gendarmerie peut-il être menacé par quelques gangs, si ceux-ci ne sont pas son propre produit ? Un pouvoir disposant de tous les leviers de la force publique, des renseignements et de l’appareil coercitif d’État ne peut logiquement pas trembler devant des groupes de jeunes armés de machettes — sauf si ces groupes sont issus de son propre système, utilisés ou tolérés pour servir des objectifs politiques précis. Deuxièmement : Comment des piliers aussi puissants du régime Sassou
Martin Fayulu : La souveraineté de la RDC n’est pas négociable et l’intégration régionale n’est possible qu’entre États égaux et respectueux des frontières

ACTUALITE. « Aucun accord de prétendue intégration économique régionale ne peut être envisagé tant que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC sont bafouées », a déclaré l’opposant congolais Martin Fayulu. « Comment peut-on parler de coopération, lorsque les forces rwandaises et ougandaises occupent nos terres, exploitent nos ressources et provoquent les déplacements, la mort et la souffrance de nos concitoyens ? » a-t-il dénoncé dans une vidéo mise en ligne récemment. Dans un ton ferme, le président de la plateforme politique Lamuka a affirmé que l’accord cadre signé le samedi 15 novembre 2025 à Doha ne saurait constituer la base d’un accord de paix durable. De l’avis de l’opposant, « la discussion de Doha devait se limiter à la mise en œuvre intégrale et sans complaisance de la résolution 2773 des Nations Unies et la définition des modalités du cessez-le-feu et non à la signature d’un accord d’abdication qui mettrait en péril l’avenir de nos enfants ». Quoi qu’il en soit, « notre nation n’est pas à vendre, notre souveraineté n’est pas négociable et l’intégration régionale ne peut se faire qu’entre États égaux, libres et respectueux des frontières », a-t-il rappelé expliquant en conséquence qu’aucune pression ne doit primer sur la sécurité du Congo, aucune manœuvre ne doit détourner la marche du pays vers la cohésion nationale. Dans cette perspective, Martin Fayulu en appelle au président Félix Tshisekedi et à tous les Congolais à œuvrer pour la cohésion nationale, « une cohésion véritable qui ne peut naître que d’un dialogue national inclusif ». A ce propos, et au nom du « peuple, meurtri mais toujours debout », l’opposant invite le chef de l’Etat « à convoquer sans délai le dialogue national ». Sinon, l’a-t-il prévenu l’histoire le tiendra responsable de la balkanisation du Congo avec M. Kagame et Kabila. Adrien Thyg
Entre égoïsme et analphabétisme politique : l’opposition congolaise face au rendez-vous de mars 2026

TRIBUNE. L’opposition du Congo-Brazzaville semble, une fois de plus, s’acheminer vers un échec annoncé pour l’échéance présidentielle de mars 2026. Depuis quelque temps, un courant partisan du statu quo gagne dangereusement l’espace public. Il est essentiel de dénoncer cette attitude irresponsable, qui personnalise la lutte politique au service d’intérêts particuliers. Le fait de ne pas disposer de candidat, ou d’avoir son leader en prison, ne saurait justifier qu’on tente de discréditer tout un processus électoral ou qu’on exige des préalables que l’on sait inatteignables, compte tenu du rapport de force existant. Dans les systèmes politiques verrouillés, une erreur d’appréciation revient sans cesse : croire qu’un régime autoritaire offrira de lui-même des conditions électorales justes, transparentes et équilibrées. C’est une illusion dangereuse, à l’origine de fautes stratégiques répétées. Comment les forces politiques peuvent revendiquer des conditions qu’elles savent irréalisables ? Demander à un régime autoritaire de démanteler ses propres mécanismes de contrôle revient à espérer qu’un pouvoir absolu accepte volontairement sa vulnérabilité.Ce qui est présenté comme une exigence de principe révèle, en réalité, un manque criant de lucidité stratégique.Il ne s’agit plus simplement de naïveté, mais bien d’un analphabétisme politique, c’est-à-dire d’une méconnaissance fondamentale de la nature même du pouvoir autoritaire. Le pouvoir ne se cède jamais : il se prend.La politique n’est pas un concours de bonnes intentions, mais un espace où seuls comptent le rapport de force, la présence et la capacité à occuper le terrain, même lorsqu’il est miné. Dans un système verrouillé, refuser de participer au jeu électoral revient à abandonner le seul espace institutionnel disponible, aussi imparfait soit-il.Or, laisser le terrain libre au pouvoir en place ne l’affaiblit pas : cela renforce sa domination. Jamais un régime autoritaire n’est tombé parce que les citoyens ont choisi de ne pas voter.Le boycott n’est pas un acte révolutionnaire : c’est un retrait.Et dans la logique du pouvoir, tout retrait équivaut à une capitulation discrète. Les régimes autoritaires ne cèdent que sous l’effet de pressions multiples : Pression institutionnelle, Pression populaire, Pression issue de coalitions internes, Pression générée par le courage d’affronter le pouvoir sur son propre terrain. Jamais sous l’effet de l’abstention. Ailleurs, des oppositions stratégiques ont profité d’élections biaisées pour construire des coalitions inédites ; Ailleurs, les campagnes électorales ont servi de catalyseurs à des mobilisations populaires dépassant le cadre du vote ; Ailleurs, de simples victoires symboliques ont déclenché de profondes transformations politiques. Dans l’histoire politique contemporain, des processus électoraux faussés ont parfois ouvert la voie au changement, non parce qu’ils étaient honnêtes, mais parce qu’ils offraient un terrain d’affrontement visible. Pour terminer, dans un régime autoritaire, la lucidité politique impose de renoncer aux illusions et d’affronter la réalité : les conditions idéales n’existeront pas. Le progrès dépend du courage d’occuper le terrain, même lorsqu’il est déséquilibré, plutôt que d’attendre passivement un changement qui ne viendra jamais de lui-même. Pour mars 2026, notre consigne est claire : non au boycott. Nous n’avons pas de candidat attitré, en dehors de tous ceux qui s’opposent au dictateur Sassou. Chaque Congolais devra se mobiliser aux côtés du candidat ou de la candidate de son choix sauf Sassou.Pour 2026 : voter et défendre son vote. Voilà notre message. Par Paraclet Milos Hemilembolo Progressiste et social-démocrate
Maroc. Les prix à la production dans les industries manufacturières repartent à la hausse

Après une série de baisses consécutives L’indice des prix à la production du secteur des «Industries manufacturières hors raffinage de pétrole» a renoué avec la hausse en octobre 2025. Selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), il a bondi de 0,4% par rapport au mois de septembre 2025. Il s’agit de la troisième hausse de l’année après celles de janvier et mars derniers (0,1%). Cette hausse, qui intervient après une série de baisses consécutives observées en septembre (0,1%), août (0,1%), juillet (0,1%), juin (0,1%), mai (0,1%) et avril (0,2%), résulte de l’augmentation des prix de 2,1% de l’«Industrie chimique», a indiqué l’institution publique. Cette évolution s’explique aussi par la baisse des prix de 0,1% des «Industries alimentaires» et la «Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques» et de 0,4% de la «Fabrication des produits en caoutchouc et en plastique», a-t-elle expliqué dans sa note d’information relative à l’indice des prix à la production industrielle, énergétique et minière du mois d’octobre 2025. A titre de rappel, la première hausse de l’année 2025 avait été enregistrée en janvier (0,1%), suite à la hausse des prix de 0,4% de la «Fabrication d’équipements électriques», de 0,5% de la «Métallurgie», de 0,3% de l’«Industrie d’habillement», de 0,2% de l’«Industrie chimique», l’«Industrie automobile» et l’«Industrie du papier et du carton» et de 0,1% de la «Fabrication de produits métalliques» et l’«Industrie du textile». Dans sa note d’information d’alors, le Haut-Commissariat avait également lié cette évolution à la baisse des prix de 0,6% des «Industries alimentaires» et de la «Fabrication des produits en caoutchouc et en plastique» et de 0,9% de l’«Industrie du cuir et de la chaussure». La deuxième hausse avait été enregistrée en mars (0,1%). Les données recueillies par le HCP montraient que cette évolution résultait de la hausse des prix de 1,7% de la «Métallurgie», de 0,3% de la «Fabrication d’équipements électriques», de 0,4% de la «Fabrication de meubles» et la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» et de 0,1% de l’«Industrie chimique», la «Fabrication de boissons», l’«Industrie du textile» et la «Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques». Cette variation s’expliquait aussi par la baisse des prix de 0,2% des «Industries alimentaires», de 0,5% de l’«Industrie d’habillement». Il est à noter que la hausse observée en octobre dernier est intervenue après la baisse enregistrée en septembre 2025 (0,1%), résultant de la baisse des prix de 0,2% des «Industries alimentaires», de 0,5% de la «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques», de 0,3% de la «Fabrication d’équipements électriques», de 1,0% de la «Fabrication des produits en caoutchouc et en plastique» et de 0,1% de l’«Industrie du textile». L’institution avait également justifié cette baisse par la hausse des prix de 0,1% de la «Métallurgie» et l’«Industrie chimique», de 0,3% de l’«Industrie d’habillement», de 0,4% de l’«Industrie du cuir et de la chaussure» et de 0,6% de la «Fabrication des machines et équipements». Rappelons également que la première baisse de l’indice des prix à la production du secteur des «Industries manufacturières hors raffinage de pétrole» avait été enregistrée en février 2025. Selon les explications du HCP, cette baisse résultait de la baisse des prix de 1,0% des «Industries alimentaires», de 1,6% de la «Métallurgie» et de 0,7% du «Travail du bois et fabrication d’articles en bois et en liège». Dans sa note d’alors, l’institution avait également mentionné la hausse des prix de 1,9% de la «Fabrication d’équipements électriques», de 1,6% de l’«Industrie du papier et du carton», de 0,9% de la «Fabrication de boissons», de 0,3% de la «Fabrication de produits métalliques», de 0,2% de la «Fabrication de meubles» et de 0,1% de la «Fabrication des produits en caoutchouc et en plastique» et la «Fabrication de produits informatiques». Toujours selon l’institution, les indices des prix à la production des «Industries extractives», de la «Production et distribution d’électricité» et de la «Production et distribution d’eau» ont connu une stagnation au cours du mois d’octobre 2025. A titre de comparaison, lors de la précédente hausse (mars 2025), l’indice des prix à la production du secteur des «Industries extractives» avait augmenté de 0,1%. Parallèlement, les indices des prix à la production de la «Production et distribution d’électricité» et de la «Production et distribution d’eau» avaient connu une stagnation. Rappelons également que l’indice des prix à la production du secteur des «Industries extractives» avait reculé de 0,1% en septembre dernier ; tandis que ceux des prix à la production de la «Production et distribution d’électricité» et de la «Production et distribution d’eau» avaient stagné. Alain Bouithy