
Investissements directs étrangers mondiaux
Les économies développées et les secteurs stratégiques ont été les principaux bénéficiaires de la reprise des investissements directs étrangers (IDE) mondiaux en 2025. Selon l’ONU Commerce et développement (CNUCED), les 20 principales économies d’accueil ont capté plus de 80% des IDE mondiaux, tandis que la croissance de ces investissements s’est concentrée dans des secteurs à forte intensité de capital et de technologie.
Après deux années consécutives de baisse, les investissements directs étrangers sont repartis à la hausse l’année dernière. Dans son rapport sur l’investissement dans le monde 2026, l’organisme onusien indique que les IDE ont progressé de 6% à 1600 milliards de dollars en 2025. Il précise qu’hors flux de transit via les grands centres financiers européens, la hausse atteint 4%.
Dans les détails, les données recueillies montrent que « les flux d’investissement vers les économies développées ont progressé de 11%, tandis que ceux destinés aux économies en développement n’ont enregistré qu’une croissance de 2%, atteignant 901 milliards de dollars », souligne le rapport qui relève des trajectoires différentes dans les régions en développement.
Selon le document publié mardi 7 juillet, l’Asie est restée la première destination des IDE parmi les économies en développement, avec 644 milliards de dollars. L’Amérique latine et les Caraïbes ont, pour leur part, enregistré une progression de 14%, soit environ 188 milliards de dollars.
En baisse par rapport à une année 2024 exceptionnelle, l’Afrique n’a, en revanche, reçu que 70 milliards de dollars, un niveau qui reste néanmoins supérieur d’un tiers à la moyenne enregistrée entre 2010 et 2024.
Les investissements directs étrangers à destination des pays les moins avancés ont augmenté de 21%. Ils ont atteint 43 milliards de dollars, soit 2,7% des flux mondiaux.
La concentration des IDE mondiaux est particulièrement marquée dans les secteurs liés à la technologie, à l’énergie et aux politiques industrielles. «Les secteurs stratégiques tels que les infrastructures d’IA, les semi-conducteurs, les minéraux critiques et les technologies et services liés à la transition énergétique ont représenté 44% de la valeur mondiale des projets de création d’activités en 2025, contre 16% en 2020», montre le rapport.
Selon l’ONU Commerce et développement, la croissance de la valeur des projets a été principalement portée par les centres de données, suivis des secteurs du pétrole et du gaz et des semi-conducteurs. A l’inverse, « la plupart des autres secteurs ont enregistré des baisses, notamment les énergies renouvelables, les infrastructures et l’industrie manufacturière, ce qui illustre le caractère limité et concentré de la reprise », a-t-elle souligné.
2026 : un climat d’investissement sous tension
Commentant l’évolution à venir des IDE mondiaux, la CNUCED reste prudente estimant que les perspectives pour 2026 sont incertaines. Pour cette année, l’organisation estime que l’incertitude liée aux politiques commerciales, aux tensions géopolitiques, aux conflits, aux coûts de financement élevés et à la fragmentation économique continuera de peser sur les décisions d’investissement.
Au-delà de ce constat, l’organisation onusienne s’attend à ce que la concurrence pour les projets liés aux industries stratégiques s’intensifie, les gouvernements cherchant à sécuriser les sources futures de croissance et d’avantages technologiques.
Quoi qu’il en soit, la CNUCED estime que « la question centrale n’est plus simplement de savoir combien d’investissements traversent les frontières. Il s’agit de savoir où vont ces investissements, ce qu’ils construisent et qui en bénéficie », conclut-elle.
Alain Bouithy
La politique d’investissement devient plus active, plus ciblée et conditionnelle.
« Les gouvernements jouent un rôle plus actif dans l’orientation des investissements étrangers. En 2025, ils ont adopté un nombre record de 229 mesures de politique d’investissement. La plupart étaient favorables aux investisseurs, mais de plus en plus ciblées sur des priorités, au lieu d’une ouverture générale. Les incitations représentaient la moitié des mesures favorables. Elles ciblaient l’énergie propre, les infrastructures numériques, la fabrication avancée et les minerais essentiels. Parallèlement, 27% des mesures ont renforcé les conditions. Les économies développées ont mis principalement l’accent sur les restrictions à l’entrée, notamment le filtrage des investissements. Les économies en développement ont plus souvent modifié le mode de fonctionnement des entreprises étrangères, notamment par la réduction des incitations et l’imposition de conditions d’emploi de travailleurs et d’intrants locaux. Environ 80% des nouveaux différends entre investisseurs et Etats ont été engagés contre des pays en développement. Le rapport appelle à des politiques d’investissement ciblées et pratiques, à un filtrage proportionné et à une réforme accélérée des accords d’investissement. L’objectif est de préserver la marge de manœuvre des gouvernements pour réglementer, d’offrir prévisibilité et sécurité juridique aux investisseurs et de placer le développement durable au centre »( Source : CNUCED).
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