
Paiements électroniques et inclusion financière
La Banque africaine de développement (BAD) accorde un don à Bank Al-Maghrib (BAM) en vue de développer les paiements électroniques et renforcer l’inclusion financière au Maroc, a annoncé l’institution financière.
A travers son Fonds pour l’inclusion financière numérique en Afrique (ADFI), lancé en juin 2019, hébergé et géré au sein de la Division de l’inclusion financière et de l’intermédiation, la Banque panafricaine a octroyé un don de 510.000 dollars américains au Fonds de développement de l’acceptation des paiements électroniques mis en place par la Banque centrale du Maroc.
Développement d’un réseau structuré d’acceptation des paiements électroniques chez les commerçants
S’inscrivant dans le cadre de la Stratégie nationale de développement des paiements numériques, qui promeut la promotion des paiements, la digitalisation des transactions et la réduction de la dépendance au numéraire, ce financement vise à soutenir l’extension des paiements numériques, à renforcer l’inclusion financière et à réduire l’usage du numéraire au Maroc, a fait savoir l’institution financière.
Justifiant son intervention en faveur du Royaume, la BAD a indiqué que la participation de l’ADFI répond à des enjeux cruciaux définis par la Banque centrale du Maroc sur les plans national et sectoriel.
Explications. « Bien que le Maroc ait réalisé des avancées significatives dans le développement des infrastructures numériques et l’adoption des technologies, des défis majeurs persistent, notamment l’utilisation limitée des paiements électroniques, la forte dépendance à l’argent liquide, et le poids de l’économie informelle représentant environ un tiers du PIB », a-t-elle constaté estimant que ces obstacles freinent l’inclusion financière des populations vulnérables, des femmes, des jeunes et des habitants des zones rurales.
Dans ce contexte, le financement apporté « vise à accélérer la transition vers les paiements numériques tout en élargissant l’accès à des services financiers adaptés aux besoins de tous », a expliqué l’institution convaincu qu’il contribuera à combler l’écart entre les capacités technologiques croissantes du pays, telles que la pénétration élevée des smartphones et d’Internet, et leur faible utilisation pour les paiements numériques.
La Banque panafricaine estime également que ce soutien joue « un rôle essentiel dans l’atténuation des risques économiques en renforçant l’intégration des populations marginalisées dans l’économie formelle, et en développant des mécanismes sécurisés tels que les transferts numériques et les micro-assurances ».
Cité par la MAP, Achraf Tarsim, responsable du bureau pays de la BAD au Maroc, affirme que « cet accord contribuera à élargir l’accès aux services financiers pour les populations et les commerçants et renforcera l’écosystème national des paiements, consolidant les bases d’une économie numérique inclusive et durable ».
Directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza estime pour sa part que « le Fonds d’acquisition constitue un levier structurant pour accélérer l’adoption des paiements électroniques au Maroc ».
Il est important de préciser que les donateurs actuels de l’ADFI sont la Fondation Gates, l’Agence française de développement (AFD), le ministère des Finances du gouvernement luxembourgeois, le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de la France, le ministère des Finances du gouvernement indien et l’Initiative pour le financement des entreprises féminines (We Fi), comme le rappelle la BAD dans un document disponible sur son site Internet.
Présent au Maroc depuis 1970, le Groupe de la Banque africaine de développement s’est illustré dès 1978 en finançant en priorité le secteur de l’eau potable et de l’assainissement.
Depuis lors, plus de 150 opérations, pour un total de 15 milliards de dollars américains, ont été déployées dans les secteurs de l’énergie, du développement social et humain, du secteur privé, de l’eau et de l’assainissement, des transports et de l’agriculture.
Alain Bouithy