RD Congo. L’heure de l’élévation ou de la déchéance…

RD Congo. L’heure de l’élévation ou de la déchéance…

TRIBUNE. Le débat sur le changement de la Constitution va redéfinir les cartes au sein de l’Union sacrée pour la Nation. Pour un oui, Jean-Pierre Bemba continuera à être un simple porteur de mallette de l’UDPS. S’il s’y opposait, il rompra, à ses risques et périls, le pacte secret qui l’a fait sortir de la CPI mais lui redonnera en revanche le profil politique qui était le sien avant d’accepter l’inacceptable de 2006. Modeste Bahati dont les intérêts matériels égoïstes ont toujours orienté ses choix politiques, finira par courber l’échine à l’UDPS pourvu que cette dernière lui propose un chiffre et des postes ministériels conséquents. Ses critiques actuelles sont tout simplement pour monter les enchères en vue de grossir ses avantages. Vital Kamerhe, s’il adhérait au projet du changement de la constitution, cracherait sur les avantages politiques que lui accorde l’Accord de Nairobi qui faisait de lui le dauphin direct après le mandat constitutionnel de Félix Tshisekedi. Il subira alors la pire des humiliations de la part de ses alliés de l’UDPS et peut-être rejeté comme une orange pressée. Par contre, en tant que président de la Chambre Basse du Parlement , s’il prenait le courage de bloquer le référendum sur le changement de la constitution, il réitérera son exploit politique de 2009 qui l’avait publiquement opposé au plan de Joseph Kabila de décider unilatéralement des opérations conjointes des FARDC avec les troupes rwandaises sans l’aval du Parlement. Il pourra alors requinquer sa carrière politique et son nouveau prestige politique qui en découlera pourra faire le lit de sa probable victoire en 2028. Pour tout dire, ce qui se passe actuellement autour de la constitution va décider de l’élévation ou de la chute de Kamerhe. Une opportunité qui ne s’offrira pas deux fois dans ce second et dernier mandat de son allié. Germain Nzinga

RDC. Fissure au sein de l’Union Sacrée pour la Nation (USN)

RDC. Fissure au sein de l’Union Sacrée pour la Nation (USN)

INDISCRETION. « Ma conviction en scientifique et acteur politique, c’est que le problème congolais est au niveau des comportements des hommes. Dans notre pays, il n’y a pas de problème de textes. Si on appliquait les textes, tout marcherait bien. Dans notre pays, il n’y a pas un problème de texte. Il y a un problème de comportement humain. Si nous ne changeons pas de comportement, on peut prendre toutes les résolutions qu’on veut mais rien ne changera », celui qui le dit se nomme Modeste Bahati Lukwebo, un des barons de l’USN. Tout récemment encore, Didier Kamerhe qui se veut le fils de Vital Kamerhe et membre influent de l’UNC postait le tweet suivant:”À quand la récupération de Bunagana, Rutshuru et Masisi ? Pensez-vous procéder à la révision constitutionnelle sans qu’une grande partie des congolais n’y participent ? Voulez-vous les punir doublement alors qu’ils n’ont pas pris part aux élections de 2023 ? Apprenons à être patriotes et sérieux, et surtout, bien classer les priorités nationales, mettre nos petits intérêts partisans et égoïstes en second plan après l’intérêt collectif de tous les congolais.” Des voix discordantes s’élèvent de plus en plus au sein même de la coalition présidentielle et un quelconque forcing du parti présidentiel sur cette matière sensible pourra rencontrer une triple farouche opposition et de ses propres alliés, et des membres de l’opposition politique et de la société civile. Tout porte donc à croire que cette fisssure de l’USN va dans le sens d’isoler davantage le président Tshisekedi et de le placer dans une position indélicate d’un contre tous. Germain Nzinga