Niger : l’Union africaine rejette toute intervention militaire et se désolidarise de la Cedeao
A l’issue d’une réunion « tendue » et « interminable », selon des diplomates, le CPS, organe chargé de statuer sur les questions de règlement des conflits, a refusé l’usage de la force. Cette position devait être officialisée mercredi. Plus les jours passent, plus l’état de fait qui prévaut à Niamey, depuis la prise du pouvoir par les militaires, le 26 juillet, semble s’imposer et plus le doute s’immisce dans l’esprit de leurs adversaires. Alors que la junte menée par le général Tiani ne fléchit ni devant les sanctions économiques et financières imposées par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), ni devant les menaces d’un recours à la force agitées par les pays de la région, les divisions se creusent entre les pays africains sur l’attitude à adopter. Une réunion « tendue », « interminable », « de plus de dix heures », selon plusieurs diplomates présents, du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), l’organe chargé de statuer sur les questions de règlement des conflits, en a été le révélateur… Lire la suite sur Le Monde
RDC. Francine MUYUMBA NKANGA : « Monsieur Moussa Faki est au grand service du Rwanda »

HAUT ET FORT. La République démocratique du Congo (RDC) « ne doit rien attendre de l’Union Africaine », répète à qui veut l’entendre la sénatrice Francine MUYUMBA NKANGA. « Monsieur Moussa Faki a été soutenu par la RDC pour son élection à la tête de la commission de l’AfricanUnion mais aujourd’hui il ne se gêne pas du tout de prendre position contre la RDC en faveur du Rwanda », constate-t-elle. Pour l’ancienne Présidente de l’Union panafricaine de la jeunesse, « il ne fait que répéter la position du Rwanda chose qui n’est pas digne d’un président de la commission qui doit être au service de l’ensemble des états. C’est clair qu’il est au grand service du Rwanda sur le Continent Africain et dans le monde ». Selon l’avocate, « l’Union Africaine ne sait plus résoudre les problèmes des africains à cause des positions partisanes. Ses affinités avec le Rwanda ne sont plus à prouver. En plus, ils lui ont mis une vice présidente de la Commission pour bien bloquer la RDC et non servir l’Afrique ». Ainsi, « le Congo ne doit rien attendre », car « Monsieur Faki incarne l’injustice et des manœuvres qui violent les textes qui régissent l’organisation », déplore-t-elle. Face à cela, Francine MUYUMBA NKANGA « regrette l’inefficacité diplomatique de Kinshasa », alors que « les manipulations rwandaises se renforcent de plus en plus contre la RDC et profitent des fissures internes politiques de la RDC ». Enfin, conclut-elle, « le régime de Kinshasa doit comprendre que la politique étrangère et le reflet de la politique interne et s’il n’arrive pas à résoudre ses propres problèmes en interne, le pays soufrera d’avantage ». Adrien Thyg
Que peut bien cacher la visite de ces 4 présidents africains à Kiev????

TRIBUNE. Hier vendredi, les internautes ont été fort surpris de voir une délégation de quatre présidents africains : Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud), Macky Sall (Sénégal), Hakainde Hichilema (Zambie), ainsi que Azali Assoumani (Comores), qui dirige l’Union africaine – et des représentants congolais, ougandais et égyptien, débarquer en Ukraine pour le prétendu motif de servir de médiation à la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie. Il importe d’aller au-delà des apparences et de déchiffrer les messages subliminaux à lire derrière cette visite inédite. 1. Exiger de part et d’autre, la désescalade de la guerre. « Appeler toutes les parties belligérantes ( Kiev et Moscou) à la désescalade » tel est le message central que la délégation africaine a voulu délivrer hier à Zelensky puis dans la suite à Poutine qu’elle entend rencontrer fin cette semaine à St Petesburg. Mais cette délégation ignore-t-elle que ce qui se joue dans cette région est loin d’être une guerre entre l’Ukraine et la Russie et qu’en réalité c’est une guerre de la Russie contre l’Otan sur le sol ukrainien? Quel poids politique peut détenir la parole des africains dans ce conflit aussi complexe? Et pour qui cette initiative de paix a finalement davantage d’intérêt? Pour les médiateurs ou pour les belligérants ? Pour être sincère et direct, dans ce conflit à dimension intercontinentale, les dirigeants africains présents à Kyiv hier vendredi donnaient la nette impression de n’avoir aucun moyen de pression (ni carotte, ni bâton) sur les acteurs du conflit. L’on peut dès lors imaginer la suite d’une montagne qui accouchera d’une souris. 2. Cette initiative de médiation qui vient d’ailleurs. Ce qu’ignore l’opinion publique, c’est que ce voyage des dirigeants africains n’est pas l’initiative des instances de l’Union Africaine. Elle a été conçue et organisée par un homme d’affaires français très proche du président Sassou-Nguesso, nommé Jean-Yves Ollivier et qui est à la tête de la Fondation Brazzaville, spécialisée dans les actions de diplomatie parallèle. Le businessman, qui a fait fortune dans le négoce de matières premières, aurait conçu et composé une délégation présentée comme «neutre» dans le conflit ukrainien, ou plutôt se voulant «équilibrée», alors que tout le monde sait que le Sud-Africain Ramaphosa a déjà affiché ses positions pro-russes, au nom des liens tissés avec Moscou pendant la lutte anti-apartheid, tandis que le Zambien Hichilema est plutôt considéré comme pro-ukrainien. Lors des réunions préparatoires, l’hebdomadaire Jeune Afrique a aussi révélé la présence d’un ami de longue date de Jean-Yves Ollivier, le marchand d’armes sud-africain Ivor Ichikowitz, fondateur du groupe Paramount. Ce facteur exogène non négligeable dans la conception et l’organisation de ce voyage donne la nette impression que la délégation des présidents africains était en “service commandé”. Par qui??? L’identité du businessman français Jean-Yves Olivier et le réseau du marchand d’armes sud-africain peuvent en être des balises très révélatrices. 3. La grande symbolique de bougies à Boutcha La délégation Africaine a commencé son étape en Ukraine par une visite à Boutcha, cette banlieue de Kiev où l’armée russe est accusée d’avoir massacré des civils. Erreur diplomatique monumentale pour une délégation qui se dit équilibriste et veut jouer la médiation entre deux belligérants. Voici pourquoi ? Cette visite qui semble être en « service commandé » semble poursuivre plusieurs mobiles et s’illustrer comme une opération de communication politique dans laquelle de toute évidence, ces présidents africains ont été instrumentalisés. Comment ? En acceptant d’assister à la cérémonie d’hommage aux victimes à Boutcha, ville martyre de l’occupation russe dans la banlieue de la capitale ukrainienne, devenue le passage obligé des visiteurs de marque étrangers, les dirigeants africains sont tombés dans un piège tendu par le camp otanien qui vise à mettre en relief les crimes commis par la Russie en vue de pouvoir ainsi accréditer le projet de son inculpation pour crimes de guerre devant les juridictions internationales de la CPI. En allant avec des bougies aux monuments de morts comme cela se fait au mémorial de Vad Yashem à Jérusalem pour commémorer la Shoah ( 1940-1945)ou au mémorial de Gisozi à Kigali pour commémorer le genocide contre les tutsis (1994), la délégation africaine a entériné la thèse du génocide russe en Ukraine, thèse soutenue par le camp otanien pour des raisons que l’on sait. Ce qui remet en cause la neutralité de leur mission de médiation et crispera inévitablement toute initiative de paix lors de leur déplacement à Moscou. 4. L’enjeu politique majeur de cette visite se joue ailleurs… De tous les présidents présents dans cette délégation de médiation, c’est Cyril Ramaphosa, le sud-africain, qui étonne tous les analystes. Sans le savoir, le président sud-africain complique le jeu politique au sein de BRICS et remet sur la table de négociations la question épineuse de l’accueil de Vladimir Poutine en Afrique du Sud, conformément à la législation du Traité de Rome dont son pays est signataire et qui exige l’arrestation de tout sujet ayant reçu mandat d’arrêt international pour motif d’accusations de génocide. Le gouvernement de Cyril Ramaphosa est soumis à une pression croissante de la part des États-Unis en raison de son soutien présumé à la guerre menée par la Russie. Ces pressions se concentrent sur les allégations de livraison d’armes à Moscou, que l’Afrique du Sud a démenties. L’administration Biden attend les résultats de l’enquête officielle de Pretoria, mais un groupe bipartisan de législateurs américains souhaite que la Maison Blanche punisse l’Afrique du Sud en reconsidérant d’importants avantages commerciaux préférentiels. Derrière cet acharnement contre le gouvernement sud-africain se profile la volonté de l’Occident qui joue son va-tout par crainte manifeste de voir l’économie la plus développée d’Afrique s’aligner sur la Russie et entraîner dans son sillage d’autres pays en développement, à un moment où les tensions mondiales s’exacerbent. Pour tout dire, Ramaphosa et son pays sont en train de devenir la clef majeure de cette crise internationale entre l’occident d’un côté et de l’autre, la Russie et les restes du monde qui la soutiennent. Face à Moscou qui cultive son influence en Afrique pour faire contrepoids à l’Occident et
Kigali va abriter le siège de l’Agence africaine du médicament créée par l’UA
Le Rwanda a signé ce samedi après-midi 10 juin un accord avec l’Union africaine pour accueillir à Kigali le siège de l’Agence africaine du médicament, destinée à réguler et harmoniser ce marché sur le continent, à encourager les productions en Afrique et à contrer le trafic de faux médicaments. Une agence créée récemment par l’UA encore en phase initiale de mise en marche. Plus de quatre ans après l’adoption en 2019 du traité de création de l’Agence africaine du médicament, c’est un premier pas vers la mise en opération de ce nouvel organe de l’Union africaine, selon le ministre rwandais de la Santé, Sabin Nsanzimana. « Avoir cette agence au Rwanda, ça nous donne aussi le devoir de s’assurer que ça fonctionne et très rapidement. La prochaine étape, c’est de s’assurer que le personnel de cette agence est mis en place, parce que le bâtiment est là, pour que l’agence puisse avoir un bureau officiel de l’Agence africaine du médicament. » Le recrutement du personnel sera discuté dans une dizaine de jours, toujours à Kigali… Lire la suite sur RFI
Congo/Santé mentale : Un plaidoyer pour la mise en place d’un réseau de contrôle de l’usage de la toxicomanie

SOCIETE. « Nous sommes venus faire le plaidoyer auprès du ministre de la Santé et de la Population, qui gère le volet prise en charge des usagers de la drogue, pour mettre en place un réseau sur l’usage de la toxicomanie, afin d’avoir accès à toutes les structures qui s’occupent de la question », a indiqué le chef de la délégation de l’UA, Philippe Sekoné Wenyam, le 28 février 2023 à Brazzaville, après une séance de travail avec le ministre la santé et de la population, Gilbert Mokoki. C’est une délégation de l’Union africaine (UA), en charge des questions de lutte contre l’usage de la drogue qui est en séjour à Brazzaville pour faire le plaidoyer auprès du ministère de la Santé et de la Population sur la mise en place, sous peu, d’un réseau de contrôle de la toxicomanie au Congo. Le réseau à créer aura pour mission essentielle la collecte des données sur la toxicomanie, qui est l’usage abusif des stupéfiants et somnifères, entre autres, l’alcool, le tabac, les amphétamines, la caféine, le cannabis, la cocaïne, l’ecstasy, l’héroïne, les hallucinogènes et la méthadone qui entraînent des troubles mentaux. Cet organe à créer aura aussi la responsabilité de faire l’état des lieux de la situation des personnes souffrant des troubles mentaux dans le pays. Les données collectées permettront d’élaborer un rapport national contenant des statistiques fiables sur le fléau de la drogue au Congo. Selon Philippe Sekoné Wenyam, elles serviront aux institutions habilitées d’élaborer des statistiques sur le fléau de la toxicomanie aux niveaux régional et continental. Pour le directeur du Programme national de santé mentale, le Dr Paul Gando, au Congo, la situation des maladies mentales est certes alarmante mais semble stable ces derniers temps et nécessite une intervention urgente du gouvernement, ajoutant que la situation des maladies mentales est certes en standby mais s’améliore progressivement. Il est urgent, à son avis, de mettre en place un plan stratégique de cinq ans sur la question qui permettra d’établir toutes les stratégies de prise en charge des malades mentaux au Congo. Florent Sogni Zaou
Le sommet spécial sur la RDC ouvert ce vendredi à Addis-Abeba

C’est dans la salle Julius Nyerere au siège de l’Union Africaine que le sommet spécial de la Communauté de l’Afrique de l’Est ( CAE/EAC) élargi à l’Angola s’est ouvert ce vendredi matin. Les présidents William Rutto (Kenya), Joâo Lourenço (Angola), Paul Kagame (Rwanda), Evariste ndayishimiye (Burundi), Suluhu Hassan (Tanzanie) , Felix Tshisekedi (RDC) ont répondu présent à ce rendez-vous, seuls les présidents Yoweri Museveni (Ouganda) et Salva Kir (Soudan du Sud) sont représentés au niveau ministériel. A la séance publique d’ouverture, seulement deux Chefs d’Etat ont pris la parole : Joao Lourenço, médiateur désigné de l’UA et Evariste Ndayishimiye, le président en exercice de la CAE/EAC ayant présidé le dernier sommet extraordinaire de cette institution sous-régionale le 4 février dernier à Bujumbura. Dans son allocution, le président angolais a déploré la détérioration de la situation sécuritaire sur terrain à la suite du refus des troupes terroristes du M23 appuyées par le Rwanda de se retirer des zones occupées comme l’exigeait le sommet de Luanda . Pour lui, la discussion de ce vendredi devrait tourner autour « de la détermination des zones de cantonnement des troupes du M23, la préparation de ces zones de cantonnement et le financement de ces opérations. » Pour sa part , le président Evariste Ndayishimiye, tout en déplorant la reprise des combats et hostilités par le M23 , ce qui a entraîné la légitimite réaction foudroyante des FARDC, a exhorté ses pairs à trouver une solution définitive à cette situation. Le président en exercice de la CAE/EAC a reconnu « la crise de confiance d’une certaine opinion congolaise envers la force sous régionale. » Le président Ndayishimiye explique la détérioration de la situation sur terrain par le non respect des engagements par le M23 et le manque d’un mécanisme de suivi et évaluation. Pour lui, la réunion de ce jour doit » étudier un mécanisme efficace chargé du suivi et évaluation des décisions et résolutions, structure dont toutes les parties prenantes devraient faire partie « . Cet ordre du jour n’a pas suscité de réaction des autres chefs d’Etat pendant la petite séance publique d’ouverture mais les chefs d’Etat ont poursuivi les vraies discussions à huis clos , dans un format 1+4 , c’est à dire un Chef de l’Etat et 4 accompagnateurs . Côté Rdc, le Président Félix Tshisekedi est accompagné du VPM Christophe Lutundula, de la dircaba Nicole Bwatshia, du Haut Représentant Chargé du suivi des processus de Luanda et Nairobi, Serge Tshibangu, et du Ministre de la communication et médias Patrick Muyaya. Le communiqué final de ce sommet est très attendu.
Mali/Situation humanitaire : le Président de la Transition a reçu une délégation de l’Union africaine

En mission humanitaire au Mali depuis quelques jours, Mme Minata SAMATE, Commissaire de l’Union africaine en charge de la Santé, des Affaires humanitaires et du Développement social, a été reçue en audience, ce jeudi 9 février 2023, par le Président de la Transition, SE le Colonel Assimi GOÏTA, Chef de l’État. Mme Minata SAMATE a rendu compte au Président GOÏTA des résultats obtenus lors de sa mission à Gao et à Ménaka. L’objectif final de cette mission était d’évaluer comment l’Union africaine pourrait soutenir le Mali. La Commissaire de l’Union africaine en charge de la Santé, des Affaires humanitaires et du Développement social s’est réjouie de la couverture de 30 % des besoins des déplacés par les autorités maliennes. Cette mission, a-t-elle rappelé, fait suite à la visite de Moussa Faki MAHAMAT, Président de la Commission de l’Union africaine, au Mali, la semaine dernière. « Nous sommes ici dans la suite logique de sa mission, en solidarité avec le Mali, en soutien aux autorités de la Transition, dans cette difficulté de la gestion de la problématique du déplacement forcé et aussi une mission d’écoute », a précisé l’hôte du jour du Président de la Transition. Mme Minata SAMATE soutient que cette visite permettra de mobiliser les États membres de l’Organisation. Car, « la solidarité doit être d’abord africaine. Nous devons être solidaires les uns avec les autres ». Elle a rassuré que cette mission donnera l’occasion, dans quelques jours, de sensibiliser les Ministres, qui auront leur Conseil exécutif et, par la suite la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, « sur la nécessité de soutenir les pays qui sont en difficulté, dont le Mali, et le Sahel, d’une manière générale en Afrique de l’Ouest ». Le Président GOÏTA a salué cet engagement de l’Union africaine à vouloir soutenir le Mali dans la gestion du déplacement forcé des populations. Il s’est réjoui de cette visite, considérant surtout que les Africains doivent être sur la première ligne dans la gestion des problèmes auxquels leurs peuples sont confrontés.
Le Maroc classé deuxième sur l’Indice 2022 de l’industrialisation en Afrique

Plusieurs pays africains dont le Maroc ont progressé sur la voie de l’industrialisation au cours de la dernière décennie, révèle un nouveau rapport de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Selon le rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII), publié récemment par la Banque africaine et ses partenaires, « trente-sept des cinquante-deux pays africains ont vu leur niveau d’industrialisation s’accroître au cours des onze dernières années ». D’après les auteurs de ce document, qui fournit une évaluation à l’échelle nationale des progrès réalisés par les 52 pays africains sur la base de 19 indicateurs clés, « l’Afrique du Sud a conservé un classement très élevé tout au long de la période 2010-2021, suivie de près par le Maroc, qui occupait la deuxième place en 2022 ». L’Égypte, la Tunisie, Maurice et Eswatini complètent le top six sur la même période, fait savoir le rapport intitulé « Indice de l’industrialisation en Afrique 2022 » (IIA 2022). Au cours de la période couverte, Djibouti, le Bénin, le Mozambique, le Sénégal, l’Éthiopie, la Guinée, le Rwanda, la Tanzanie, le Ghana et l’Ouganda ont tous progressé de cinq places ou plus dans le classement, poursuit le rapport. Dans un communiqué, l’institution financière panafricaine explique que l’évaluation de l’industrialisation des pays s’effectue sur la base d’une série de paramètres. 19 indicateurs de l’indice couvrent les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique, souligne-t-elle. « L’indice établit également un classement du niveau d’industrialisation des pays africains selon trois axes : les performances, les déterminants directs et indirects », poursuit en outre la Banque de même source. Précisons que les déterminants directs comprennent les dotations en capital et en main-d’œuvre et la manière dont elles sont déployées pour stimuler le développement industriel. En ce qui concerne ce sous-indice, le rapport révèle que le Maroc se place à la tête du Top 5 du classement, à l’échelle continentale. Le Royaume est suivi par l‘Afrique du Sud, la Tunisie, l’Egypte, et l’Algérie. Quant aux déterminants indirects, ils comprennent les conditions environnementales favorables telles que la stabilité macroéconomique, des institutions et des infrastructures solides, selon la BAD. Ici, le Maroc vient en deuxième position derrière l’Afrique du Sud. Il est suivi par l’Egypte, la Tunisie, et l’ile Maurice. Il est important de préciser que « les pays les plus performants ne sont pas nécessairement ceux dont l’économie est la plus importante, mais plutôt ceux qui réalisent la plus forte valeur ajoutée manufacturière par habitant », comme le relève le rapport dont la première édition a été lancée en marge du Sommet de l’Union africaine sur l’industrialisation et la diversification économique qui s’est tenu à Niamey, au Niger. Les experts qui se sont penchés sur le rapport notent par ailleurs que l’Afrique du Nord reste la région africaine la plus avancée en matière de développement industriel, suivie par l’Afrique australe, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. Si l’Afrique a fait des progrès encourageants en matière d’industrialisation au cours de la période 2010-2022, force est de constater que la pandémie de Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont freiné ses efforts et mis en évidence des lacunes dans les systèmes de production, a déploré Abdu Mukhtar, directeur du Développement de l’industrie et du commerce à la Banque africaine de développement. Qu’à cela ne tienne, il est persuadé que « le continent a une occasion unique de remédier à cette dépendance en renforçant davantage son intégration et en conquérant ses propres marchés émergents. » Pour Abdu Mukhtar, qui représentait la Banque africaine lors de l’événement de lancement du rapport, « la Zone de libre-échange continentale africaine constitue une opportunité inédite de créer un marché unique de 1,3 milliard de personnes et de générer des dépenses cumulées des consommateurs et des entreprises pouvant atteindre 4 000 milliards de dollars, ce qui offre la possibilité de renforcer leurs liens commerciaux et de production et de tirer enfin parti de la compétitivité industrielle de l’intégration régionale, comme l’ont fait d’autres régions. » Le rapport « permettra aux gouvernements africains d’identifier des pays de référence afin de mieux évaluer leurs propres performances industrielles et d’identifier plus efficacement les meilleures pratiques », selon la Banque africaine qui a investi jusqu’à 8 milliards de dollars au cours des cinq dernières années dans le cadre de sa priorité stratégique « High-5 » dénommée « Industrialiser l’Afrique ». Comme l’a relevé Abdu Mukhtar, « rien que dans le secteur pharmaceutique, nous avons l’intention de dépenser au moins 3 milliards de dollars d’ici 2030 ». Alain Bouithy