Jean-Luc Melenchon : l’impuissance absolue des européens devant la conclusion de la guerre d’Ukraine met en lumière une défaite totale et sans espoir

Jean-Luc Melenchon : l’impuissance absolue des européens devant la conclusion de la guerre d’Ukraine met en lumière une défaite totale et sans espoir

PARLONS-EN. « L’impuissance absolue des européens devant la conclusion de la guerre d’Ukraine met en lumière une défaite si totale et sans espoir qu’on en reste sidéré », affirme Jean-Luc Melenchon dans une tribune sur son blog constatant que la paix en Europe est négociée en Arabie saoudite sans la présence des premiers concernés, Ukrainiens et Européens. La gueule de bois à l’Élysée Ce jeudi, le président Macron recevait les responsables des partis représentés à l’Assemblée nationale. Ce n’était pas pour rompre son étrange silence sur l’affaire Bétharram, mais pour traiter des conséquences de la mise à l’écart de l’Europe par le tandem Trump-Poutine. L’extrême droite RN, désinvolte, avait mandaté Louis Aliot, maire de Perpignan, dont la principale qualification sur le sujet semble être d’avoir été invité à la cérémonie d’investiture de Donald Trump… La plupart des gens présents autour de la table ont été des faucons partisans de la guerre à outrance, de l’usage des armes de tir en profondeur et de toutes les gesticulations qui ont tenu lieu de politique européenne depuis trois ans. Ils ont été tous unis dans un même refus de la solution diplomatique et des garanties de sécurité mutuelle. Évidemment, ils ont été tous hostiles à toute lucidité sur le caractère désastreux pour l’Union européenne des sanctions économiques contre la Russie. Ils continuent à l’être en votant allègrement un seizième plan de sanctions, que personne n’appliquera plus évidemment, car les quinze précédents n’ont jamais empêché plus de quatre mille entreprises européennes et mondiales de continuer leurs activités en Russie. Les autres sont parties et ont été dûment remplacées par d’autres. La chambre de commerce des Français pourra sans doute un jour présenter un bilan de ce suicide de notre présence parfois séculaire. Représentés par le coordinateur du mouvement Manuel Bompard, les insoumis sont évidemment dans une toute autre situation. Le ralliement du président à la thèse du non-alignement, annoncé au cours de la réunion, est évidemment une démonstration de la bascule qui fait son chemin dans les esprits après la débâcle instituée par la convergence USA-Russie. La gueule de bois pousse aux bonnes résolutions ? Bompard a souligné à juste titre, dans son intervention à la sortie de la rencontre, que ce nouveau non-alignement présidentiel collait mal avec ses références continuelles au cadre de l’Otan dont il avait dit pourtant naguère qu’elle était en état de mort cérébrale. Dans les zigzags, tout dépend du moment où l’on rencontre le président. À cette heure, si elle aboutit sur un accord avec la Russie, la manœuvre entreprise par Trump à propos de l’Ukraine sera un coup terrible pour l’Europe. Non pas tant à cause du résultat matériel obtenu par les deux compères. Mais surtout parce qu’il sera prouvé que la politique européenne a bien été la suite de non-sens que nous avons dénoncés mille fois comme adversaires du traité de Lisbonne qui tient lieu de Constitution européenne. Certes, il y a eu la concurrence libre et non faussée, le libre-échangisme commercial, l’interdiction de l’harmonisation fiscale et sociale par le haut, le refus de la clause de non-régression, l’indépendance de la banque centrale interdite de prêt direct aux États et focalisée sur la seule stabilité de la monnaie. Certes, toutes ces merveilles ont rempli les poches des agioteurs, des actionnaires et des corrompus. Certes, les salariés pris à la gorge ont été humiliés, poussés à accepter des reculs sociaux très profitables pour les puissances d’argent. Quant aux peuples, leur situation est résumée par la dénatalité spectaculaire du vieux continent. L’avenir s’éteint irrémédiablement parce qu’il n’intéresse plus ou bien parce qu’il est encore plus déprimant que le présent. Ici, je veux laisser le bilan économique de côté. Nous l’avons fait tant de fois ! Le présent confirme toutes nos thèses sans exception. Mais l’impuissance absolue des européens devant la conclusion de la guerre d’Ukraine met en lumière une défaite si totale et sans espoir qu’on en reste sidéré. La paix en Europe est négociée en Arabie saoudite sans la présence des premiers concernés, Ukrainiens et Européens. Invraisemblable. Les Glucksmann, Bernard Henri-Lévy, Jadot, Cohn-Bendit et autres va-t-en-guerre illuminés ont prôné une ligne d’action directement répétée des éléments de langage des ambassades de Biden. Ils ont disparu ! Mais je les mentionne pour faire le lien entre cette déroute historique (les nouveaux munichois sont servis) et celle de Biden lui-même sous la forme de Kamala Harris. Le néolibéralisme de centre droit ou de centre gauche, c’est une seule et même chose à l’intérieur d’un pays et sur le plan international. C’est le club des Gamelin de l’histoire, chefs des déroutes les plus improbables. Le PS propose même de taper dans la caisse des actifs russes sous séquestre pour continuer la guerre aux côtés des Ukrainiens. Les actifs ? C’est illégal. N’importe quoi pour faire semblant… La guerre bidon après la censure bidon ? Mais là, on joue la peau des peuples. Continuer la guerre ? Il faut deux cent mille combattants sur les 3 400 kilomètres de frontière commune entre l’Ukraine et la Russie, disent les experts ukrainiens. Qui va les fournir ? Et pour combien de temps ? Avec quelles armes ? Quelles munitions ? Rien de tout cela n’existe. À part la France nucléarisée, tous les autres sont nus comme des vers devant quelque agresseur que ce soit. Il va de soi que les amoureux transis de l’oncle Sam ne feront jamais le moindre bilan des conditions dont tout cela s’est mis en place, depuis les provocations européennes sur l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’OTAN à Bucarest en 2008. Mais, bien sûr, l’idée d’une invasion de l’Europe par la Russie est un de ces trompe-l’œil dont raffolent les gros malins. Ça leur donne une posture avantageuse, tout menton en avant. Mais surtout, ça permet de justifier une entrée sans complexe dans l’économie de guerre. Car tel est le nouveau facteur de développement européen en panne sèche quant au reste. L’Allemagne, en récession depuis deux ans, n’a qu’un secteur en expansion réalisant des beaux résultats : l’industrie d’armement. Tout le monde s’y est mis semble-t-il. « Quand la Russie produit mille chars, nous n’en

L’examen de l’aide par Trump est une victoire pour l’Afrique – Les nations doivent rejeter l’aide et les subventions qui sapent le pétrole et le gaz africains

L’examen de l’aide par Trump est une victoire pour l’Afrique – Les nations doivent rejeter l’aide et les subventions qui sapent le pétrole et le gaz africains

TRIBUNE. Après l’annonce par le président Trump d’un gel de 90 jours des dépenses à l’étranger, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que « chaque dollar » devait être « justifié » par la preuve qu’il rendait les États-Unis plus sûrs, plus forts et plus prospères. Je reconnais que cette position peut sembler ingrate. À première vue, beaucoup pourraient rétorquer que les personnes affamées n’ont pas d’agenda. Les parents démunis doivent toujours nourrir leurs enfants. Fermer les yeux sur leur sort est inhumain. Permettez-moi d’expliquer pourquoi la Chambre africaine de l’énergie ( AEC ) continue de préconiser des solutions basées sur le marché libre plutôt que des dons de bonne volonté de la part de l’USAID. Il fut un temps où l’Afrique et la musique pop occidentale étaient étroitement liées. L’augmentation de la production de gaz pour pallier le manque d’accès à l’électricité créera des milliers de nouvelles opportunités d’emploi en Afrique Des artistes occidentaux ont organisé un certain nombre d’événements de renommée internationale pour sensibiliser au sort des Africains affamés et générer des fonds pour l’aide à la famine. En décembre 1984, le supergroupe Band Aid a chanté pour nourrir le monde, en demandant « Do They Know it’s Christmas ? ». En l’espace d’un an, le groupe a récolté plus de 9 millions de dollars. Trois mois plus tard, USA for Africa publiait « We Are the World » et récoltait 44,5 millions de dollars en un an pour son fonds humanitaire africain. Enfin, par une chaude journée de juillet 1985, le concert mondial Live Aid a permis de récolter plus de 150 millions de dollars pour lutter contre la famine en Afrique. Il ne s’agit là que d’une poignée de gestes nobles et grandioses destinés à sortir l’Afrique de la pauvreté. On peut dire que ces événements célèbres ont permis de sensibiliser l’opinion publique et de collecter des fonds. Malheureusement, ces efforts – et d’autres semblables – sont loin d’apporter un réel changement socio-économique. En fait, certains affirment que l’injection d’aide monétaire en Afrique, à maintes reprises, a fait plus de mal que de bien. L’histoire de l’aide Même l’aide réellement apportée pour aider l’Afrique a tendance à faire plus de mal que de bien. Depuis 1960, plus de 2 600 milliards de dollars ont été injectés en Afrique sous forme d’aide. Entre 1970 et 1998, lorsque l’aide était à son apogée, la pauvreté a en fait augmenté de façon alarmante – de 11 % à 66 % – en grande partie à cause de cet afflux massif d’aide étrangère qui a contrecarré les effets bénéfiques escomptés. L’aide a freiné la croissance économique à long terme en alimentant la corruption systémique, dans laquelle les puissants bénéficiaires de l’aide ont canalisé les fonds étrangers vers une réserve personnelle au lieu de les investir dans le secteur public. De nombreux dirigeants ont réalisé qu’ils n’avaient plus besoin d’investir dans des programmes sociaux pour leurs électeurs grâce aux revenus des donateurs étrangers. L’afflux massif d’aide a également provoqué une hausse de l’inflation, entravant la compétitivité internationale des nations africaines en matière d’exportation. Cela a entraîné une diminution du secteur manufacturier – qui est essentiel pour aider les économies en développement à croître – sur tout le continent. Les Occidentaux bien intentionnés qui ont constaté le déclin économique ont continué à injecter de plus en plus d’argent dans « le problème », créant ainsi un cercle vicieux qui a favorisé la corruption et le déclin économique. Mais voici le hic : la Banque mondiale a admis que 75 % des projets agricoles qu’elle a mis en œuvre pour aider l’Afrique ont échoué. Alors pourquoi la Banque mondiale et d’autres fournisseurs d’aide continuent-ils à financer ces efforts voués à l’échec ? Exemples d’échecs Sur l’ensemble du continent, les exemples d’échec des projets d’aide se succèdent, les projets agricoles ne profitant que très peu, voire pas du tout, aux agriculteurs africains. Au Mali, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a injecté 10 millions de dollars dans l’opération « Mils Mopti » afin d’augmenter la production de céréales. Le gouvernement a imposé des prix « officiels » pour les céréales, ce qui a contraint les agriculteurs à vendre leurs récoltes à des prix inférieurs à ceux du marché et a entraîné une chute de 80 % de la production céréalière. L’USAID a également dépensé 4 millions de dollars pour aider les éleveurs à faire passer le nombre de bovins dans la région de Bakel de 11 200 à 25 000, mais n’a finalement réussi à l’augmenter que de 882 têtes. Un autre montant de 7 millions de dollars a été injecté dans la région de Sodespt, mais cet investissement n’a permis de vendre que 263 bovins et aucune chèvre ou mouton. Les exemples se succèdent d’Occidentaux qui « aident » à tort et à travers sans rien comprendre à la situation locale. Des agences d’aide norvégiennes ont construit une usine de congélation de poisson pour améliorer l’emploi dans le nord du Kenya, une région où la population locale ne pêche traditionnellement pas en raison de son mode de vie pastoral semi-nomade. Si l’on ajoute à ce manque d’expérience en matière de pêche le fait que l’usine nécessitait plus d’énergie que celle disponible dans toute la région, l’usine de transformation flambant neuve est restée inactive. La Banque mondiale a financé une expansion de plus de 10 millions USD des capacités de transformation de la noix de cajou en Tanzanie, ce qui a permis de créer 11 usines capables de transformer trois fois plus de noix de cajou que le pays n’en produisait chaque année. Les usines étaient trop efficaces pour la main-d’œuvre disponible et leur coût de fonctionnement était si élevé qu’il était moins cher de transformer les noix brutes en Inde. La moitié des usines étaient inopérantes et l’autre moitié ne fonctionnait qu’à environ 20 % de sa capacité. Je ne dis pas que nous, Africains, sommes ingrats face à l’afflux de soins sincères. La compassion de l’Occident est certainement réelle.

USA. Trump suspend l’aide aux pays étrangers pour trois mois

USA. Trump suspend l’aide aux pays étrangers pour trois mois

Le président Donald Trump a signé un décret lundi, la suspension de l’aide américaine aux pays étrangers pour une période de 90 jours, afin d’en vérifier la conformité avec la politique extérieur de son pays. « Par l’autorité qui m’est conférée par la Constitution et les lois des États-Unis d’Amérique en tant que président, j’ordonne par la présente […] que l’aide au développement étranger soit suspendue pendant 90 jours afin d’évaluer l’efficacité des programmes et leur cohérence avec la politique étrangère des États-Unis », lit-on dans le texte du décret publié sur le site de la Maison-Blanche. L’aide pourra être rétablie à l’expiration de la période spécifiée après l’examen approprié de chaque programme dans le cadre d’une ordonnance distincte. Le document note que la sphère de l’aide étrangère américaine et la bureaucratie qui y règne « ne sont pas conformes aux intérêts américains et sont, à bien des égards, contraires aux valeurs américaines ». « Ils servent à déstabiliser la paix mondiale en promouvant dans les pays étrangers des idées qui s’opposent au développement de relations harmonieuses et stables au sein des pays et entre eux », indique le document. M. Trump, qui a pris ses fonctions de président des États-Unis le 20 janvier, a signé des dizaines de décrets dès son premier jour à la tête du pays. AIB avec TASS

Notre-dame ou l’activation des 36 portes de Paris qui font courir Trump et Sassou ?

Notre-dame ou l’activation des 36 portes de Paris qui font courir Trump et Sassou  ?

LIBRES PROPOS. That the question, quand on sait que, Donald Trump s’est imposé à venir et Sassou Nguesso a jugé impérieux de saigner à blanc le trésor public pour effectuer le déplacement de Paris. Paris a plusieurs portes. Mais nous planchons uniquement sur les 36 conçues à l’origine pour former le cercle en 36 stations. Dans la mystique juive, le nombre 36 a une signification spéciale en raison de la croyance dans les 36 justes (les Lamed Vav Tzadikim) qui, selon la tradition, sont des âmes cachées dont la pureté et la droiture maintiennent le monde en équilibre. 36 est aussi vu comme un nombre parfait, car il est le carré de 6 (6 × 6). Ce qui lui confère une signification de complétude et de perfection l’équivalent de 7×7 chez les chrétiens. 12 x 2 = 36 et 36 x 2 = 72 Les 72 Disciples : selon l’Évangile de Luc, Jésus a envoyé 72 disciples pour prêcher et préparer les villes à sa venue. Ce nombre symbolise la mission universelle de l’Église. Ce sont donc les 72 génies de la Kabbale pour symboliser la réalisation d’un cycle complet de transformation spirituelle et matérielle. Dans le mythe d’Osiris, Seth conspire pour assassiner son frère Osiris afin de prendre le pouvoir. Une partie clé de cette conspiration est l’aide de 72 conspirateurs. Seth organise un banquet et propose un jeu où chacun des invités doit essayer un magnifique coffre (ou sarcophage) qui, en réalité, a été fait sur mesure pour Osiris. Lorsque Osiris entre dans le coffre, Seth et les 72 conspirateurs le scellent de plomb et le jettent dans le Nil, entraînant la mort d’Osiris. Le Nil est la seine qui passe en dessous de Notre-dame (Isis/Ashera). Trump le Roux vient donc activer l’arche d’alliance et seuls les 72 réels initiés seront autorisés à participer au festin du banquet. Le TRGM (Très Respectable Grand Maître) Sassou Nguesso tente d’en faire partie au prix de sa vie et de son pouvoir. Si le mystique Trump se bat pour la grandeur de l’Amérique; le syncrétiste Sassou, Gourou de la secte « Ossa a Pâlé » milite lui pour la destruction du Congo en l’enfonçant dans la gadoue. Nous reviendrons longuement sur le dossier Notre Dame. Ghys Fortune BEMBA DOMBE

USA. Trump est élu et après????

USA. Trump est élu et après????

TRIBUNE. L’Afrique a toujours été un continent de “merde” pour reprendre la formule de Donald Trump. Et donc l’actuelle élection de Trump ne changera point cette sous-évaluation. La petite fenêtre d’espoir s’ouvrira à la fois dans la volonté de plus en plus manifeste d’auto-détermination de nouveaux leaders africains et dans la probable implosion de la relation USA-UE. Ce qui pourra valoir une occasion en or pour de nombreux pays Africains de se dégager définitivement des griffes d’une Europe affaiblie et désorientée. Quant au nouveau profil des USA de demain, ne perdons pas de vue que Trump est dysfonctionnel. Son approche de la redynamisation de la puissance américaine via un isolationnisme politique et économique pourra s’avérer une erreur très coûteuse contre les Usa dont le secret de puissance mondiale est justement leur contrôle sur la plupart des leviers de pouvoir du monde. La politique trumpienne consistant à démanteler cette architecture internationale va inévitablement affaiblir à la fois l’Union européenne et les États-Unis eux-mêmes. Et ce double affaiblissement peut justement devenir un atout majeur pour les opprimés d’hier comme la RDC qui peuvent renégocier autrement leur destin. Pour que la RDC fasse partie de ces pays qui peuvent tirer profit de la probable mise à mal des forces atlantiques, il lui faut un leadership visionnaire, patriote, intelligent , stratège qui devra être audacieux dans l’anticipation et opportuniste dans sa volonté de tirer bénéfice du contexte géopolitique actuel. Comprenez-moi bien : ni la politique de Trump ni celle d’aucun autre président américain ne sauveront le Congo. C’est plutôt le nouveau tournant géopolitique qu’est en train de négocier le monde ou les erreurs collectives des “ commanditaires de la crise congolaise” qui sont en voie d’ouvrir une petite porte(très étroite certes) vers un avenir souverainiste et multipolaire. Germain Nzinga

USA/RD Congo.. La prise du Capitole et la politique intérieure congolaise…

USA/RD Congo.. La prise du Capitole et la politique intérieure congolaise…

TRIBUNE. Ce sujet de réflexion a pour objet de mesurer les conséquences sur la politique intérieure congolaise, de la récente prise du Capitole par les émeutiers pro-Trump et de la précipitation des événements avant l’investiture officielle du nouveau président démocrate. S’il est vrai que le vice-président Mike Pence a renoncé de recourir au 25 e amendement contre le président Trump, le camp démocrate n’est pas pour autant prêt à lui pardonner la bavure du mercredi de l’Epiphanie. Nancy Pelosi, la présidente de la chambre des représentants, a annoncé son projet de lancer dès ce lundi 11 janvier 2020, la procédure d’impeachment au motif que le président Trump a sciemment incité à la révolte contre les institutions démocratiques états-uniennes. Elle est allée jusqu’à le qualifier de président « instable » et, a-t-elle ajouté, dans ces conditions, Trump n’est plus en mesure de détenir le mot de passe des codes nucléaires. Pour passer des paroles aux actes, elle a eu ce vendredi matin, une rencontre de travail avec Mark Milley, le chef d’état – major des forces armées américaines, étudiant avec lui des voies et moyens pour empêcher ce président instable de déclencher de nouvelles hostilités militaires ou d’avoir accès au code de lancement d’armes nucléaires. Ceci dit, il est obvie que la démarche des démocrates vise à pousser Trump, sinon à la démission du moins à la délégitimisation de toute nouvelle  initiative qu’il prendra dans les tout derniers  jours de son mandat. Laquelle démarche est partagée également par une grande partie d’élus républicains. Ce nouvel environnement politique fragilise au plus haut point le président Trump qui venait d’annoncer ne pas vouloir participer le 20 janvier à la cérémonie de passation de pouvoir avec son successeur. La presse internationale n’est pas non plus tendre à son endroit et va jusqu’à le comparer aux présidents despotes africains et l’accuser de « tiers-mondisation » des Etats-Unis avec les fosses communes des covid-19 et la prise d’assaut du parlement par ses émeutiers. De toute évidence, cette fragilisation à grande envergure de Trump va de pair avec la perte momentanée du Soft Power de la première Démocratie mondiale qui l’investissait d’une mission « messianique » et du droit d’intervenir dans toutes les parties du monde accusées de violations de droit de l’homme ou des institutions démocratiques. L’opinion intérieure américaine encore sous le choc, la démarche de Pelosi de le soumettre à une gestion “contrôlée » de derniers jours de son pouvoir et la grande clameur des dirigeants du monde contre ce que l’histoire nommera désormais le grand scandale du Capitole constituent autant des facteurs défavorables à toute initiative de Trump d’exécuter pour les deux semaines restantes de son mandat, des projets de dernière minute qu’il envisageait entre autres au Mexique (renforcer le verrou contre l’immigration), en Iran (bombardements éventuels des sites d’nstallations nucléaires) et en RDC ( défenestration de Kabila avant l’arrivée des démocrates). La position officielle prise sur les tristes événements du Capitole par Mike Hammer, la pièce maîtresse de la politique trumpienne à Kinshasa, est elle-même très lourde de signification politique. « Les criminels qui ont commis des actes de terreur violents contre notre démocratie hier, écrit-il sur Twitter, seront tenus pour responsables conformément à l’état de droit aux États-Unis ». En remerciant dans ce même message, le peuple congolais qui lui a témoigné de sa compassion en ce moment difficile que traverse son peuple, le diplomate américain ne s’est peut-être pas rendu compte de la certification qu’il donne sur le degré de palissement de l’étoile américaine sur le monde et sur l’opinion congolaise. Cet infatigable donneur de leçons aux politiciens congolais se retrouve lui-même pris dans le piège de l’arroseur arrosé, le plaçant dans une posture très inconfortable de par la tempête qui secoue la Maison Blanche et l’administration dont il reçoit et exécute des ordres. Qu’on le veuille ou non, ce qui est en train de se passer à Washington DC impactera énormément sur l’orientation prochaine de la politique intérieure du Congo, obligeant tous les acteurs politiques congolais (toutes tendances confondues) et leurs tireurs de ficelle de revoir leurs calculs politiques suite au possible renversement des alliances et aux nouvelles perspectives qui se dessinent à l’horizon. Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)

Les USA en naufrage

Les USA en naufrage

TRIBUNE. Nous sommes sidérés. Littéralement. Un monde vient de prendre fin aux USA. Un symbole s’écroule. En témoigne le ton pleurnichard de Joe Biden aussi consternant que tout le reste de la situation. À l’heure à laquelle je tape sur mon clavier, il faut faire appel à ce que nous connaissons de plus stable et de plus sur dans ce genre de circonstances : soutenir ceux qui incarnent la démocratie à cette heure. C’est à dire : les parlementaires de tous bords du congrès des USA soumis à la violence des manifestants d’extrême droite. De tous côtés, de toutes opinions, les soutiens sont les bienvenus pour barrer la route aux putschistes. Plus le monde et les autorités réagiront contre les putschistes, plus ils seront isolés, plus forts seront ceux qui leur résistent. Aucune naïveté n’est possible. Tous les putschistes du monde agissent de la même manière : ils ne s’arrêtent que s’ils sont stoppés. Les personnages décomposés que l’on voit s’agiter à l’intérieur du Congrès US à moitié nu ou dans de défroques improbables sont des marionnettes. Autrement significatif est le comportement permissif des prétendues forces de l’ordre qui ont laissé les manifestants entrer et se répandre dans un pays où on a la gâchette bien plus facile en temps ordinaire dès qu’on porte un uniforme de policier. Autrement plus significatif encore est le caractère coordonné des attaques contre d’autres congrès dans les États fédéraux. Chaque réaction compte dans ce type de moment ; car à travers elle c’est la résistance à la contagion qui se construit. À travers elle se rendent concrets les liens qui unissent les peuples entre eux et avec leur démocratie. En France, deux heures après le début des évènements on aura été frappé par le consternant silence et manque de solidarité des responsables politiques gouvernementaux LREM, dont Emmanuel Macron. Sans doute parce qu’ils ont été pris à revers de leur solidarité ostentatoire avec Trump. Même silence au RN, ce qui est moins étonnant puisque Marine Le Pen avait accompagné le refus des résultats dénoncés par Trump. Même silence à LR, à l’exception remarquable de Xavier Bertrand. Le plus pitoyable aura été le « président » de LREM Stanislas Guérini uniquement soucieux d’une polémique avec moi. Son compère président du groupe LREM majoritaire à l’Assemblée nationale, Christophe Castaner s’est inscrit aux abonnés absents. S’il ne s’agissait que de ceux-là on s’en moquerait. Mais la France qu’ils sont censé représenter ? L’OTAN Londres et Berlin ont immédiatement condamné les putschistes. Où est passée la France ?! Jean-Luc Mélenchon Député de Marseille et président du groupe «La France insoumise» à l’Assemblée nationale (France).

Jusqu’où iront D. Trump et les USA?

Jusqu’où iront D. Trump et les USA?

TRIBUNE. La scène de violents incidents qui se passent présentement au Capitole américain est tout simplement surréaliste. A l’issue du vote en Giorgie qui a donné la victoire à deux démocrates Raphaël Warnock et Jon Ossof, vote qui a fait basculer la Chambre des représentants et le Sénat américains à la majorité démocrate, les partisans de Trump ont carrément envahi le siège de la loi états-unien. Ils ont brisé des fenêtres et pénétré par effraction à l’intérieur du bâtiment du Capitole qui était pourtant verrouillé. Joe Biden qui dispose désormais d’une majorité nécessaire et au congrès et au sénat pour faire passer ses réformes importantes de son gouvernement est confronté, avant son investiture du 20 janvier prochain, à l’impératif de gérer l’imprévisibilité extra- constitutionnelle de Trump et de ses troupes. Ce qui lui reste de faire, c’est d’éviter de tomber dans les pièges de provocation de Donald Trump qui joue au piromane et pompier à la fois. Pendant qu’il fait semblant d’appeler ses partisans à la raison dans un message Twitter : “Vous devez rentrer chez vous, en paix. Vous devez respecter nos forces de l’ordre. Nous voulons que personne ne soit blessé », Trump en profite quand même pour jeter deux barils d’huile au feu : « Je sais votre peine, écrit-il à ses partisans, je sais votre douleur. Cette élection nous a été volée et tout le monde le sait ». Après être revenu de sa décision imminente de décréter la loi martiale pour renverser les résultats électoraux, il a changé de stratégie de victimisation. En optant pour cette rhétorique de l’élection présidentielle frauduleuse, il sait sciemment qu’il ravive davantage les tensions sociales qui peuvent déboucher à des émeutes ou carrément à une guerre civile. Comme le reconnaît lui-même Joe Biden : « Notre démocratie fait l’objet d’une d’agression sans précédent », comme président élu, il doit éviter de faire à Trump ce dangereux cadeau d’en faire une victime. Trump est entré dans une stratégie de provocation et une moindre violence verbale du camp démocrate ou une éventuelle bavure policière sur les partisans pro-Trump ne fera que faire prévaloir la thèse idéologique du « pauvre petit blanc » maltraité par la diversité culturelle qui a confisqué la majorité élective des blancs et est venue casser le rêve américain de leurs pionniers américains. Beaucoup d’imprévu pourra se produire dans les deux semaines qui nous séparent de l’investiture du nouveau président démocrate. Et cette prise du Capitole n’est peut-être qu’un premier test de la part de Trump pour jauger la réaction du peuple. Dans les jours à venir, l’on pourra s’attendre à d’autres surprises plus désagréables. L”Amérique sort très divisée de ce scrutin présidentiel et, à l’heure actuelle, tous les ingrédients d’une fracture sociale semblent donc réunis. Dans pareil contexte, une quelconque moindre erreur de la part de démocrates agira comme une étincelle qui peut allumer le feu d’une guerre civile capable d’embraser tout le pays. Pour un pays où le port d’armes est autorisé, personne ne leur souhaite un pareil scénario du pire! Par Germain Nzinga (Chercheur indépendant)