Reprise partielle du commerce mondial des produits manufacturés

Reprise partielle du commerce mondial des produits manufacturés

Les produits électroniques et les produits de l’industrie automobile ont dopé le commerce des marchandises au troisième trimestre 2020, a indiqué l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les dernières statistiques publiées par l’OMC montrent ainsi une reprise partielle du commerce mondial des produits manufacturés, sous l’effet du redémarrage de la production et de l’assouplissement des mesures de confinement dans les principales économies. Mais en dépit de la nette amélioration observée au cours des derniers mois, l’organisation a fait savoir que le commerce des marchandises reste bien en deçà des niveaux de 2019. Qu’à cela ne tienne, dans un communiqué, rendu public vendredi 4 décembre, l’OMC a constaté que « le commerce des produits manufacturés a reculé de 5% d’une année sur l’autre au cours du trimestre de juillet à septembre, bien plus près des niveaux commerciaux d’avant la pandémie que le déficit de 19% au deuxième trimestre». Selon les statistiques du commerce international, « les ordinateurs et les composants électroniques ont connu une croissance à deux chiffres du commerce, tout comme les expéditions de textile, qui ont été stimulées par la demande de masques faciaux ». Soulignons que le commerce des produits automobiles, qui représente 11% du commerce des produits manufacturés dans le monde, s’est, de son côté, accéléré au troisième trimestre, a relevé la même source. A en croire l’organisation, « le commerce des produits automobiles a reculé de 19% d’une année sur l’autre en juillet, mais seulement de 8% en septembre. Pour l’ensemble du troisième trimestre, les livraisons du secteur ont diminué de 13% par rapport à l’an dernier ». Pour l’organisation, cette évolution traduit une amélioration substantielle par rapport au deuxième trimestre, lorsque le commerce des produits automobiles était en baisse de 53% d’une année sur l’autre en raison, à la fois, de perturbations de l’approvisionnement et de la baisse de la demande aux premiers stades de la pandémie. Avec des expéditions en baisse de seulement 4% d’une année sur l’autre en septembre, le commerce de l’habillement a également montré des signes de résilience au troisième trimestre. A titre de comparaison, le commerce en juillet a reculé de 15% par rapport au même mois en 2019, a rappelé l’OMC. Aussi, quand bien même il reste également en deçà des niveaux d’avant la pandémie, il apparaît qu’au cours de cette même période le commerce des jouets, des jeux, des équipements de sport et des articles de voyage / luxe s’est redressé. Alors que la reprise du commerce de la chaussure semble stagner. En ce qui concerne le commerce des équipements de télécommunications, il a accusé un recul de 11% en septembre par rapport au même mois en 2019, après s’être amélioré d’une année sur l’autre au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, a souligné l’organisation attribuant cette évolution à une saturation du marché. Dans son rapport, l’OMC a ajouté que « le commerce des ordinateurs et des composants électroniques, qui avait déjà enregistré une croissance positive au deuxième trimestre, s’est accéléré au troisième trimestre de 11% et 10%, respectivement ». Autres enseignements des statistiques de l’organisation : la contraction de 1% des échanges de produits pharmaceutiques au troisième trimestre en raison, semble-t-il, de la fin du stockage, en particulier en Europe, où les cas de Covid-19 ont considérablement diminué au cours de l’été. Pour sa part, «le commerce des équipements de protection individuelle (EPI) a continué de croître rapidement, augmentant de 63% au troisième trimestre par rapport à l’année précédente, avec un commerce de masques faciaux, principalement des masques en tissu, en hausse de 102%», fait savoir l’OMC. Malgré toutes les évolutions observées au troisième trimestre, «les estimations préliminaires donnent à penser que le commerce des services reste atone », souligne l’OMC relevant un retard au niveau des services. En effet, selon des estimations fondées sur des statistiques préliminaires de 39 économies, «le commerce des services est resté déprimé, en baisse de 17% d’une année sur l’autre en septembre après avoir enregistré des baisses de 23% en juillet et de 22% en août par rapport aux mêmes mois de l’année précédente». Dans son rapport, l’OMC a également noté que le commerce total des marchandises – qui comprend les carburants et les produits agricoles ainsi que les produits manufacturés – de janvier à septembre a reculé de 11% d’une année sur l’autre. Si le commerce des produits manufacturés s’est contracté de 10% en moyenne au cours des neuf premiers mois de 2020, les données montrent que « la valeur du commerce des carburants et des produits miniers a connu une forte baisse au troisième trimestre, tandis que le commerce des produits agricoles est resté résilient. Le premier en raison de la baisse des prix et le second suite à la demande soutenue de produits alimentaires pendant la pandémie». Alain Bouithy

Le commerce mondial se redresse progressivement face à la pandémie

Le commerce mondial se redresse progressivement face à la pandémie

L’ Organisation mondiale du commerce (OMC) vient de confirmer la tendance observée ces derniers temps. Selon l’institution internationale, «le commerce mondial montre des signes de reprise par rapport à la forte baisse provoquée par le Covid-19». Au lieu de 12,9% annoncés dans le scénario optimiste de la prévision sur le commerce d’avril 2020, le volume du commerce mondial des marchandises devrait chuter de 9,2% pour l’année en cours. «Les bons résultats commerciaux enregistrés en juin et juillet ont redonné un peu d’optimisme quant à la croissance globale du commerce en 2020. La croissance du commerce des produits liés au Covid-19 a été particulièrement forte au cours de ces mois, ce qui montre que le commerce est capable d’aider les gouvernements à assurer les approvisionnements nécessaires», a expliqué l’organisation. L’OMC a toutefois prévenu que le rythme de l’expansion pourrait ralentir fortement une fois que la demande aura été épuisée et que les stocks des entreprises auront été reconstitués.Aussi, en cas de résurgence du Covid-19 au quatrième trimestre, l’organisation n’exclut pas des résultats plus négatifs. Pour l’année 2021, le volume du commerce mondial des marchandises devrait rebondir à 7,2%, mais il resterait à un niveau nettement inférieur à la tendance d’avant crise, a-t-elle souligné dans un communiqué. En effet, comme l’a expliqué l’organisation de même source, «la prévision pour l’année prochaine est plus pessimiste que l’estimation précédente indiquant une croissance de 21,3%, de sorte que le commerce des marchandises serait en 2021 bien en deçà de la tendance antérieure à la pandémie». Mais pour les économistes de l’institution internationale, il est à craindre que le redémarrage soit perturbé par les effets persistants de la pandémie. D’autant plus que «ces estimations sont sujettes à un degré d’incertitude exceptionnellement élevé dans la mesure où elles dépendent de l’évolution de la pandémie et des réponses données par les gouvernements», a expliqué l’OMC. S’agissant du PIB mondial, les données actuelles montrent qu’il reculera de 4,8% en 2020 contre 2,5% dans le scénario plus optimiste décrit dans les prévisions d’avril de l’OMC, puis progressera de 4,9% en 2021. Selon les explications de l’OMC, «contrairement au commerce, le PIB a chuté plus que prévu au premier semestre de 2020, ce qui a entraîné une baisse des prévisions pour l’année».Quant à la croissance du PIB en 2021, son évolution dépend fortement des mesures de politique générale adoptées et de la gravité de la pandémie, a-t-elle précisé. A propos de la croissance du PIB, les économistes de l’organisation pensent qu’il est tout à fait possible que la faible reprise du commerce soit insuffisante pour que ce dernier retrouve la tendance antérieure à la pandémie. A en croire l’OMC, «cela se traduirait par une croissance du commerce des marchandises d’environ 5% l’année prochaine, au lieu de 20% en cas de retour rapide à la trajectoire antérieure», a-t-elle souligné affirmant que les prévisions commerciales actuelles de 7,2% pour 2021 semblent être plus proches du scénario de « faible reprise » que de celui d’un «retour rapide à la tendance». Selon les estimations de l’OMC, toutes les régions du monde devraient enregistrer de fortes augmentations en pourcentage du volume des exportations et des importations en 2021. L’organisation affirme cependant que cette croissance se produira à partir d’une base réduite. A propos des prévisions, les économistes de l’OMC pensent que l’imposition de nouveaux confinements en réponse à une résurgence du Covid-19 pourrait réduire la croissance du PIB mondial de 2 à 3 points de pourcentage l’année prochaine. D’après ces derniers, d’autres risques baissiers pèsent sur les prévisions. Il s’agit notamment des perspectives incertaines pour la politique budgétaire et des marchés de l’emploi difficiles dans de nombreux pays. L’organisation mondiale du commerce assure qu’«ensemble, ces risques pourraient enlever jusqu’à 4 points de pourcentage à la croissance du commerce mondial des marchandises en 2021». A l’inverse, l’OMC affirme que «le déploiement rapide d’un vaccin efficace pourrait renforcer la confiance et faire augmenter la croissance de la production de 1 à 2 points de pourcentage en 2021, ce qui ajouterait jusqu’à 3 points de pourcentage au rythme de l’expansion du commerce». Dans son communiqué, l’organisation a ajouté que d’autres facteurs pourraient contribuer à améliorer les résultats commerciaux. Elle fait, entre autres, allusion aux «effets de richesse créés par la vigueur des marchés de l’immobilier et des marchés boursiers, et un coup de fouet donné à la croissance par de nouveaux secteurs technologiques tels que ceux de l’intelligence artificielle et du commerce électronique». Et l’OMC de souligner, par ailleurs, que la pandémie a stimulé l’innovation dans des secteurs commerciaux traditionnels, qui ont tiré parti des technologies de l’information pour livrer des biens et des services au domicile des clients. Alain Bouithy

L’OMC annonce de modestes gains dans des secteurs clés

L’OMC annonce de modestes gains dans des secteurs clés

Un faisceau d’indicateurs composant le baromètre du commerce des services de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) montre que certains secteurs clés du commerce mondial des services ont fait preuve de résilience au deuxième trimestre 2020. En effet, quand bien même le commerce mondial des services est resté inférieur à la tendance au titre du deuxième trimestre de 2020, du fait des répercussions économiques du Covid-19, l’analyse des données récentes de l’OMC indique «aussi de modestes gains dans des secteurs clés», a constaté l’organisation internationale soulignant que cela témoigne d’une certaine résilience face à la pandémie. «Si la plupart des indices qui composent le baromètre restent inférieurs à la tendance, certains laissent entrevoir une amorce de redressement», a relevé l’institution garante des règles régissant le commerce international entre les pays. Ainsi, «si la valeur de 95,6 en date du 17 septembre est la plus faible jamais enregistrée, nettement en dessous de la valeur de référence de 100, les indicateurs du baromètre sont globalement supérieurs aux tendances récentes du commerce effectif des services – un schéma qui, par le passé, a précédé un retournement positif de la dynamique des échanges», a fait savoir l’OMC. Dans un communiqué, l’organisation note que le transport aérien de voyageurs (49,2) a été le plus durement touché par la pandémie et qu’il a connu la plus forte baisse jamais enregistrée pour un composant du baromètre, en raison de la chute brutale des déplacements liée au Covid-19 et aux efforts déployés pour empêcher sa propagation. Aussi, bien qu’elle semble s’être stabilisée dernièrement, l’OMC note que «la contraction observée dans ce secteur a été suffisamment importante pour peser sur le commerce mondial des services dans son ensemble». Selon les données du baromètre du commerce des services de l’OMC, qui met en lumière les renversements de tendance et l’évolution de la structure du commerce mondial des services, les indices représentant le transport maritime de conteneurs (92,4) et la construction (97,3) et l’indice mondial des directeurs d’achats de services (97,0) montrent également des signes d’un retour à la hausse. Dans son communiqué, l’organisation internationale insiste particulièrement sur ce dernier indice qu’elle considère comme étant la composante la plus prospective du baromètre des services. Malgré la forte demande observée pendant la pandémie, «l’indice des services des TIC est tombé à 94,6», relève l’OMC assurant que celui des services financiers (100,3) était la seule composante du baromètre à suivre encore la tendance à la mi-septembre. Il est à noter que l’indice de l’activité concernant le commerce des services, qui donne une mesure approximative du volume du commerce mondial des services, a accusé une baisse de 4,3% en glissement annuel au premier trimestre de 2020. Bien que substantielle, l’organisation affirme que « cette baisse est plus faible que celles observées pendant la crise financière survenue il y a plus de dix ans, lorsque le commerce des services a chuté de 5,1% au premier trimestre de 2009 par rapport à l’année précédente, avant de subir une baisse encore plus importante de 8,9% au deuxième trimestre». Dans sa communication, l’OMC rappelle que la croissance du commerce des services avait ralenti au second semestre de 2019, affirmant que la récente contraction de ce commerce traduisait aussi bien un ralentissement de la croissance économique mondiale que les premiers stades de la pandémie de Covid-19. Selon les prévisions de l’organisation, «l’indice devrait rester inférieur à la tendance au second semestre de l’année, mais une reprise du transport aérien de voyageurs contribuerait fortement à un redressement», poursuit-elle. Le baromètre du commerce des services est un indicateur connexe qui illustre la situation actuelle du commerce des services un peu à l’avance des statistiques officielles, peut-on lire sur le site officiel de l’OMC. Mais contrairement à son équivalent pour les marchandises, l’indicateur des services enregistre des fluctuations qui coïncident avec les mouvements des flux commerciaux réels plutôt qu’elles ne les anticipent, précise l’organisation dans sa note expliquant qu’un chiffre égal à 100 indique que la croissance suit les tendances à moyen terme. Lorsqu’il est supérieur à 100, cela suggère que la croissance est supérieure à la tendance et indique l’inverse quand il est inférieur à 100. Alain Bouithy

Des liens qui unissent: Un engagement de longue date envers l’Afrique du candidat mexicain à l’OMC

Des liens qui unissent: Un engagement de longue date envers l’Afrique du candidat mexicain à l’OMC

TRIBUNE. Au Royaume-Uni j’étais un jeune professeur voué à la réussite où, après avoir fini mes études universitaires, j’ai obtenu un poste convoité dans une université renommée, suivi d’une promotion véloce et d’une chaire universitaire – il s’avérait que j’étais destiné au monde universitaire: un enseignant dévoué et un expert financier et commercial respecté. Mais ensuite, j’ai rejoint une mission de la Banque mondiale (BM) au Zaïre, connu aujourd’hui comme la République démocratique du Congo. Je suis tombé amoureux des défis du développement et de l’Afrique elle-même. Ma carrière avait rapidement changé – et mon engagement à vie envers l’Afrique commença. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) est à la recherche d’un nouveau directeur général pour la transformer en un organe efficace, dynamique et inclusif, dont le monde et surtout les pays en développement ont cruellement besoin. Cette réforme nécessite d’un leader et d’une main experte : un négociateur commercial infaillible, doté de compétences démontrées et d’un sens aiguisé pour relever les multiples défis et atteindre des résultats dans des contextes difficiles ; requérant en même temps, d’une vaste expérience dans le domaine de l’OMC et des systèmes commerciaux, de peur qu’elle/il ne soit écarté lors de la première discussion entre les principaux négociateurs. Ce candidat doit aussi posséder de solides aptitudes à la négociation, de l’expérience mondiale et d’une personnalité affirmée pour être en mesure de jeter des ponts entre les Etats membres et les cultures de l’est et de l’ouest, avancées et en développement. J’étais le négociateur en chef lors de la création de l’OMC. En tant que Directeur général adjoint du GATT, j’ai eu un rôle indispensable de facilitateur qui a permis la conclusion de ces négociations, alors qu’elles étaient très bloquées; et i également comme Directeur général adjoint fondateur (DDG) de l’OMC qui venait d’être créée. J’ai par la suite été négociateur en chef d’un autre accord commercial le plus ambitieux en place aujourd’hui: il s’agit bien entendu du fructueux nouvel Accord que le Mexique a récemment signé avec les États-Unis et le Canada (AEUMC). En plus de posséder un grand réservoir de compétences et d’expérience en matière de négociation commerciale, j’ai bien connu en tant qu’expert financier et commercial et leader de premier ordre au niveau académique, les pays des quatre coins du monde. Tout cela s’ajoute au profil requis pour occuper ce poste, afin de se mettre au travail sans plus tarder, pour mener une réforme sérieuse de l’OMC. Quant aux principaux enjeux liés à l’OMC, je trouve que ce n’est pas le moment d’expérimenter avec des dirigeants peu exposés aux dures négociations commerciales internationales. Mais ici je voudrais tout spécialement souligner le tronc commun de mon parcours professionnel avec mon grand engagement envers l’Afrique. Peu de temps après la visite en tant que consultant ci-dessus mentionnée, j’ai quitté le monde universitaire pour rejoindre la Banque mondiale, où j’ai continué à travailler sur le (développement) du Zaïre d’e ce temps-ci et du Maroc. C’est ainsi qu’a commencé mon long voyage ayant des postes de haute responsabilité à la BM, à l’OMC et au Fonds monétaire international (FMI) ; dans chacun desquels j’ai choisi de continuer à travailler sur et pour l’Afrique, menant plus de vingt visites dans plus d’une douzaine de pays, dans toute les régions linguistiques de ce grand continent, en apportant un soutien financier ou une assistance technique dans un large éventail de domaines, à savoir en matière de politique commerciale, la gestion douanière, la réforme fiscale et les systèmes budgétaires, entre autres. Étant pleinement épris par les merveilles de l’Afrique, l’ampleur de ses difficultés, la fraîcheur de ses habitants, la beauté de sa musique et de son art, j’ai travaillé et je me suis lié d’amitié avec des ministres, leur personnel et des gens ordinaires, ainsi qu’avec des experts et donateurs étrangers, ce qui m’a permis de prendre connaissance plus approfondie des économies, de la politique, des cultures et des sociétés des différents pays de l’Afrique. Au-delà mon travail en Afrique, j’ai d’autres épisodes mémorables de ma tâche à distance sur l’Afrique. Première. Après huit années éprouvantes, les négociations portant sur création de l’OMC venaient de s’achever. Les pays les moins avancés (PMA), pour la plupart africains et (à l’époque) dirigés par la Tanzanie, ont fait entendre leur voix avec une vive inquiétude: ils n’avaient pas été suffisamment impliqués dans le processus et donc, ne pouvaient accepter leurs obligations proposées. En tant que DDG du GATT en transition pour l’OMC, j’ai réussi à convaincre d’autres pays pour la réouverture des négociations pour les PMA. Suite à cet accord, j’ai été nommé pour présider ces renégociations. Nous avons ensuite fourni la plupart des flexibilités du TSD désormais aujourd’hui disponibles pour les PMA. Deuxième. Juste après avoir eu l’honneur de rencontrer le plus grand héros de notre époque, S.E. Nelson Mandela, lors de sa visite à Genève en 1998 pour une conférence de l’OMC célébrant les 50 ans du GATT, j’ai eu le privilège de travailler à nouveau avec l’Afrique. J’ai rejoint le département clé de l’élaboration et de l’examen des politiques du FMI, où j’ai dirigé, dans le cadre de ce que l’on appelait l’Initiative PPTE, les travaux sur l’annulation de plus de 80% de la dette extérieure de 15 pays africains pauvres très endettés. Plus anecdotique encore mais plein de sens, c’était en 1994, quelques mois avant les élections qui devaient porter le Congrès national africain au pouvoir en Afrique du Sud. Un haut responsable de la mission du SA à Genève, m’a apporté un message secret de l’ANC: ils allaient bientôt gagner mais n’avaient aucune expérience de gouvernance, et ont demandé l’autorisation pour envoyer quatre candidats au cours convoité de commerce du GATT, normalement réservé aux fonctionnaires gouvernementaux. Même si mes conseillers m’avaient prévenu qu’il s’agissait d’un accord très irrégulier, j’ai immédiatement décidé de faire ce qui était juste, d’établir une exception pour permettre leur admission dans ce cours. Et plus récemment, en tant que vice-président de l’Université Lingnan à Hong Kong, j’ai accueilli, en tant qu’artiste en résidence, le

​Le commerce des produits agricoles a été plus résilient face à la crise que le commerce global

​Le commerce des produits agricoles a été plus résilient face à la crise que le commerce global

La crise liée à la pandémie de coronavirus (Covid-19) n’a pas eu d’incidence notable sur le commerce mondial des produits agricoles, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans un nouveau rapport rendu public récemment, l’organisation internationale affirme que l’agriculture a fait preuve de résilience, avec une performance commerciale qui s’est mieux comportée que d’autres secteurs. En effet, « alors que le commerce global des marchandises a fortement chuté au premier semestre 2020, les exportations agricoles et alimentaires ont augmenté de 2,5% au premier trimestre de l’année par rapport à la même période en 2019, avec une augmentation de 3,3% en mars, suivie d’une augmentation de 0,6% en avril, bien que les données préliminaires pour mai indiquent une légère baisse (-1,3%) par rapport à 2019 », souligne le rapport. Selon les auteurs dudit rapport, le commerce des produits agricoles a ainsi été plus résilient que le commerce global. Pour l’OMC, « cela reflète la nature essentielle des denrées alimentaires et l’inélasticité relative des revenus de la demande qui en résulte, ainsi que le fait que la plupart des échanges agricoles (notamment les céréales et les oléagineux) ont lieu dans des expéditions maritimes en vrac qui n’ont pas subi de perturbations majeures ». Dans son rapport, l’institution soutient que cette image globale cache le fait que la demande de certains produits agricoles (par exemple, les produits agricoles non alimentaires tels que les peaux de fourrure crues, la laine ou les fleurs) a chuté de façon spectaculaire, alors qu’elle augmentait pour d’autres (par exemple, les aliments de base, les fruits et légumes transformés). Ce qui reflète la panique initiale et l’augmentation de la consommation à domicile, explique-t-elle. A titre de rappel, «en avril 2020, les exportations ont également baissé pour plusieurs produits alimentaires, notamment pour les produits de plus grande valeur, tels que les produits frais, les produits laitiers et la viande, qui sont généralement plus dépendants des ventes aux restaurants, aux écoles et au secteur du tourisme qu’aux ménages», souligne l’OMC. L’organisation rappelle, en outre, que les produits périssables de grande valeur transportés par voie aérienne ont été plus durement touchés par l’effondrement soudain du trafic aérien de passagers, qui a diminué la capacité de fret aérien et augmenté les coûts. S’il est admis que les impacts ont varié selon les régions, l’OMC fait également remarquer que les prix des denrées alimentaires étaient déjà orientés à la baisse au début de 2020 et que la crise du Covid-19 a exercé une nouvelle pression à la baisse sur les prix, et donc sur les revenus des producteurs. Mais «bien que le mois de juin ait vu la première augmentation des prix mondiaux des denrées alimentaires depuis le début de 2020», l’organisation estime toutefois que «les prix devraient rester à des niveaux bas dans un contexte de ralentissement économique». En outre, «alors que les stocks alimentaires mondiaux et les niveaux de production des produits de base les plus consommés – riz, blé et maïs – sont à des niveaux records ou presque, et que la baisse des prix rend en principe les aliments plus abordables, l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les emplois et les revenus a augmenté le nombre de personnes affamées », fait-elle savoir. Citant les estimations les plus récentes du Programme alimentaire mondial, le document indique que 270 millions de personnes pourraient être en situation d’insécurité alimentaire aiguë d’ici la fin de 2020, soit une augmentation de 82% par rapport à avant la pandémie. « S’il n’y a actuellement aucune raison pour que la crise sanitaire actuelle se transforme en crise alimentaire, les perturbations des chaînes d’approvisionnement alimentaire constituent un risque, les choix de politique commerciale des gouvernements étant susceptibles de déterminer comment la situation évolue », prévient l’organisation. Alain Bouithy

​Baisse historique du commerce mondial des marchandises au deuxième trimestre

​Baisse historique du commerce mondial des marchandises au deuxième trimestre

Comme on pouvait s’en douter, le commerce mondial des marchandises a fortement reculé au deuxième trimestre de 2020, en raison de la crise actuelle induite par la pandémie de coronavirus (Covid-19). D’après le dernier relevé du Baromètre du commerce des marchandises de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le commerce mondial a enregistré une baisse historique au cours de cette période. Ainsi, selon l’indicateur des tendances du commerce mondial, le commerce des marchandises s’est établi à 84,5 au deuxième trimestre dernier, ce qui correspond à une baisse de 18,6 points par rapport à la même période de l’année précédente. Commentant ce repli dans un communiqué publié récemment sur son site Internet, l’organisation a expliqué que cette baisse « est globalement conforme aux statistiques de l’OMC publiées en juin 2020, qui estimaient une baisse de 18,5% du commerce des marchandises dans le second trimestre de 2020 par rapport à la même période l’an dernier ». Selon les analystes de l’OMC, il s’agit du « plus bas niveau jamais enregistré dans les données » depuis 2007 et que ce chiffre est « à égalité avec le plus bas de la crise financière de 2008-09 ». Pour rappel, les statistiques de juin de l’OMC impliquaient une baisse de 14% du volume du commerce mondial des marchandises entre le premier et le deuxième trimestres de cette année. A suivre l’organisation, «cette estimation, ainsi que la nouvelle lecture du baromètre du commerce des marchandises, suggèrent que le commerce mondial en 2020 évolue conformément au moins pessimiste des deux scénarios décrits dans les prévisions d’avril de l’OMC, qui prévoyaient que le volume du commerce des marchandises cette année se contracterait de 13% par rapport à 2019 ». Dans tous les cas, l’OMC estime que « l’ampleur exacte de la baisse des échanges ne sera confirmée que plus tard cette année, lorsque les données officielles sur le volume des échanges pour la période d’avril à juin seront disponibles ». En attendant, l’organisation a fait remarquer que tous les indices des composantes du baromètre sont restés bien en deçà de la tendance au deuxième trimestre. Aussi, quand bien même certains ont commencé à se stabiliser, il apparaît que beaucoup d’entre eux enregistrent des creux historiques, a fait savoir l’OMC sur son site officiel soulignant que les indices des produits automobiles (71,8) et du fret aérien (76,5) sont de loin les pires jamais enregistrés depuis 2007. Si le transport par conteneurs (86,9) reste également profondément déprimé, les commandes à l’exportation (88,4) montrent des signes de reprise alors que cet indice a changé vers le haut. « Parallèlement, les indices des composants électroniques (92,8) et des matières premières agricoles (92,5) ont relativement bien résisté, ne montrant que de modestes baisses », a souligné l’organisation.Si les données recueillies par les analystes de l’agence onusienne confirment une chute brutale des échanges, force est de constater qu’elles laissent toutefois entrevoir un début de reprise. En effet, il apparaît que certains «indicateurs laissent prévoir des hausses partielles des échanges et de la production dans le monde au troisième trimestre », a expliqué l’Organisation soulignant toutefois que la force d’une telle reprise reste très incertaine d’autant plus qu’une trajectoire en L plutôt qu’en V n’est pas à exclure. «Comme les économistes de l’OMC l’avaient averti en juin, le lourd bilan économique de la pandémie de Covid-19 suggère que les projections d’un fort rebond commercial en forme de V en 2021 pourraient s’avérer excessivement optimistes. Alors que l’incertitude demeure élevée, en termes de politique économique et commerciale ainsi que de la manière dont la crise médicale va évoluer, une reprise en forme de L est une réelle perspective », a expliqué l’organisation affirmant, dans ce cas, que cela laisserait le commerce mondial bien en deçà de sa trajectoire prépandémique. Comme le rappelle l’OMC dans ses notes, le Baromètre du commerce des marchandises est conçu pour mesurer la dynamique et identifier les points de retournement de la croissance du commerce mondial. Alain Bouithy

L’OMC met en garde contre la hausse des coûts induite par la pandémie

L’OMC met en garde contre la hausse des coûts induite par la pandémie

La crise liée au Covid-19 pourrait faire augmenter les coûts du commerce, a souligné l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un nouveau rapport rendu public récemment. Mettant en garde contre une augmentation possible des coûts du commerce due aux perturbations engendrées par le Covid-19, le document a estimé que «les frais de déplacement et de transport représentent jusqu’à un tiers des coûts commerciaux selon le secteur». Pour l’organisation onusienne, il ne fait ainsi aucun doute que les restrictions de voyage liées à la pandémie sont susceptibles d’affecter les coûts commerciaux aussi longtemps qu’elles resteront en place. Dans une note d’information, examinant l’incidence de la pandémie sur les principales composantes des coûts du commerce, en particulier celles relatives aux voyages et aux transports, à la politique commerciale et à l’incertitude, l’OMC a indiqué que « la capacité mondiale de fret aérien a diminué de 24,6% en mars 2020 », alors que les vols passagers représente environ la moitié des volumes de fret aérien. L’agence a prévenu, en outre, que l’augmentation des prix du fret aérien qui en résulte ne s’atténuera probablement qu’avec un rebond du transport de passagers. S’il s’avère que les transports maritimes et terrestres n’ont pas subi de chocs comparables, comme l’a fait remarquer la même source, force est de constater que « le transport maritime a connu une diminution du nombre de traversées, tandis que le transport terrestre international a été affecté par la fermeture des frontières, les mesures sanitaires et les détours », a affirmé l’organisation. Dans cette même note, qui identifie également les domaines dans lesquels les coûts pourraient rester plus élevés, même une fois la pandémie maîtrisée, l’OMC a de plus constaté que «les voyages d’affaires, qui sont importants pour maintenir les relations commerciales et gérer les chaînes de valeur mondiales, en plus d’être une activité économique importante en soi, sont perturbés». Si l’on en croit toujours le rapport, «les barrières de politique commerciale et les différences de réglementation représentent au moins 10% des coûts du commerce dans tous les secteurs». Selon l’organisation, ceux-ci comprennent les mesures tarifaires et non tarifaires, les barrières commerciales temporaires, les différences réglementaires et les coûts de franchissement des frontières, ainsi que d’autres politiques qui ont un impact sur le commerce, telles que le manque de facilitation des investissements ou de protection de la propriété intellectuelle, a précisé la même source. Mais «si le Covid-19 a motivé des changements à la fois restrictifs pour le commerce et facilitant les importations dans les tarifs et les pratiques réglementaires, ces mesures n’ont jusqu’à présent affecté qu’un petit sous-ensemble de produits», a reconnu l’organisation. Quoi qu’il en soit, une transition induite par la crise vers la numérisation des procédures douanières et réglementaires pour réduire les contacts physiques pourrait potentiellement réduire les coûts commerciaux associés à long terme, a affirmé le rapport. Dans ce document, il est également indiqué que l’incertitude est un facteur qui amplifie l’impact des coûts liés au commerce existants, pèse sur les flux de financement du commerce et atténue l’appétit des entreprises à investir dans la recherche de nouveaux marchés, l’acquisition de compétences linguistiques et de partenaires potentiels, et de se conformer aux normes étrangères. Pour s’en convaincre, rappelons qu’« au premier trimestre de 2020, une mesure largement utilisée du niveau mondial d’incertitude a enregistré des niveaux 60% plus élevés que ceux déclenchés par la guerre en Irak et l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003. A la mi-mars, un indice distinct de la volatilité des marchés financiers s’est rapproché des sommets observés pour la dernière fois en 2008 après l’échec de Lehman Brothers », a relevé l’OMC. Pour l’avenir, le rapport reconnaît que de nombreux gouvernements ont mis en œuvre des mesures pour atténuer les perturbations de l’activité économique liées à la pandémie, par exemple en exemptant certains membres du personnel de transport des restrictions de voyage, ou en améliorant la qualité et l’accès aux TIC. Mais pour les auteurs dudit rapport, quand bien même «bon nombre des changements dans les coûts du commerce reviennent une fois la pandémie maîtrisée, certains effets peuvent persister», soulignant que la consolidation de l’industrie aéronautique et l’évolution de l’appétit des passagers pour les voyages aériens pourraient entraîner une hausse des coûts du transport aérien. Enfin, le rapport soutient que «les choix de politique gouvernementale – qui pourraient réduire ou augmenter l’incertitude de la politique commerciale – seront importants pour façonner les coûts commerciaux liés à l’incertitude à l’avenir», conclut-il. Alain Bouithy

Diminution de la disponibilité du financement du commerce mondial

Diminution de la disponibilité du financement du commerce mondial

Les écarts entre l’offre et la demande de financement du commerce pourraient sérieusement entraver la capacité du commerce de soutenir la reprise économique de l’après Covid-19, ont prévenu l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Chambre de commerce internationale (ICC) et le B-20 saoudien. Dans une déclaration conjointe invitant à l’action, rendue publique récemment, l’OMC, l’ICC et le B-20 saoudien ont déclaré craindre une diminution de la disponibilité du financement du commerce. Le financement du commerce étant un élément essentiel pour relancer la croissance mondiale des importations et des exportations, ils ont exhorté ainsi les acteurs des secteurs privé et public à travailler ensemble pour combler ces écarts. La déclaration conjointe souligne que des interventions opportunes sont essentielles pour faire en sorte que les MPME, en particulier, continuent d’avoir accès au financement du commerce pour faire face à la crise actuelle. « Etant donné que le besoin de financement du commerce est estimé entre 2000 et 5000 milliards d’USD, il sera difficile de répondre à cette demande et de combler le déficit », ont-ils souligné dans leur déclaration. La situation est tellement préoccupante que d’aucuns s’inquiètent vivement que l’écart croissant entre la demande et l’offre n’affecte particulièrement les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et les entreprises des pays en développement. Si rien n’est fait, cela aura d’importantes répercussions sur l’emploi et les revenus. « Si nous ne remédions pas au déficit de financement du commerce, nous compromettrons sérieusement les efforts en cours pour donner au commerce l’impulsion dont il a besoin pour contribuer à la reprise économique mondiale », a estimé le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo. Félicitant la volonté du secteur privé de travailler de concert avec le secteur public pour combler les lacunes, il a déclaré : «Cette initiative complète celle récente de l’OMC, en collaboration avec les banques multilatérales de développement, visant à souligner l’importance qu’il y a à soutenir le financement du commerce dans le contexte des crises sanitaires et économiques en cours». A ce propos, rappelons la récente promesse conjointe des dirigeants de l’OMC et de six banques multilatérales de développement de surveiller et de combler les lacunes en matière de financement du commerce, en particulier pour les pays en développement et les petites entreprises. A noter que la déclaration conjointe souligne que des interventions opportunes sont essentielles pour faire en sorte que les MPME, en particulier, continuent d’avoir accès au financement du commerce pour faire face à la crise actuelle, indique-t-on dans un communiqué. « Le rétablissement du commerce transfrontalier sera sans aucun doute essentiel pour stimuler une reprise économique mondiale dans le sillage de la pandémie de Covid-19 », peut-on lire dans cette déclaration signalant qu’un retour à une croissance tirée par le commerce dépendra de la création de conditions permettant aux entreprises d’importer, d’exporter et de desservir les marchés internationaux. En plus d’appeler à un échange de vues sur la manière dont les autorités réglementaires pouvaient aider à alléger les contraintes pesant sur la fourniture de financement du commerce, la déclaration propose également « un partage accru des risques pour soutenir le financement du commerce et l’extension des programmes des banques de développement afin d’atténuer les risques », indique la même source. La disponibilité de financements commerciaux constitue un élément essentiel d’un environnement commercial propice. « Globalement, une part importante des échanges est financée par une forme de crédit, de garantie ou d’assurance », rappellent l’OMC, l’ICC et le Be-20 saoudien. « Ce qui signifie que la plupart des entreprises auront besoin de crédits commerciaux rentables pour soutenir la reprise des importations et des exportations », ont-ils estimé. Alain Bouithy