Le rythme de croissance des exportations de biens intermédiaires ralentit à l’échelle internationale

Les exportations de biens intermédiaires à l’échelle mondiale sont restées sur une tendance haussière au titre du troisième trimestre de 2021, a annoncé l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans un nouveau rapport. Selon ce document rendu public récemment, les exportations mondiales de biens intermédiaires ont continué d’augmenter au troisième trimestre de 2021 grâce notamment à la hausse des échanges d’intrants pour produits médicaux et produits métalliques et aux progressions dans l’ensemble des régions. Dans son rapport, il ressort toutefois que cette évolution a connu un rythme beaucoup plus lent qu’au précédent trimestre de l’année écoulée. Dans le détail, l’OMC indique que les exportations mondiales de biens intermédiaires ont progressé de 27% en glissement annuel au troisième trimestre de 2021, contre 47% au deuxième trimestre de la même année. En progression de 38% en glissement annuel, soit la croissance la plus rapide, la catégorie de produits « Autres fournitures industrielles », qui constitue près de la moitié des exportations totales de biens intermédiaires au troisième trimestre, a représenté 1.225 milliards de dollars. Selon l’organisation, le taux de croissance élevé de cette catégorie de produits s’explique par la hausse de 52% enregistrée au cours du deuxième trimestre de l’année 2021. Précisons que « cette catégorie comprend des biens intermédiaires comme les produits vaccinaux, les parties et accessoires médicaux, les réactifs de diagnostic ou de laboratoire et d’autres biens intermédiaires médicaux », comme l’a relevé l’OMC. La même source ajoute qu’elle comprend également des métaux bruts ou semi-ouvrés tels que les cathodes en cuivre et des articles en fer, acier et aluminium. Dans son rapport, l’organisation constate cependant un ralentissement de la croissance au niveau des exportations mondiales de parties et accessoires de matériel de transport. Selon les données recueillies par l’OMC, celles-ci n’ont augmenté que de 8% en glissement annuel au troisième trimestre, contre 69% au deuxième trimestre. La même tendance a été observée du côté des exportations de minerais et minéraux qui se sont établies « à 16%, contre 47% en moyenne au premier semestre de l’année, en partie à cause de la chute des prix du minerai de fer en septembre 2021 », a relevé le rapport. Selon le document, « toutes les régions ont affiché des augmentations et ont dépassé les niveaux d’exportation de biens intermédiaires de 2019, avant l’apparition de la pandémie de Covid-19 ». Précisons que l’Afrique et l’Amérique du Sud et centrale ont continué de connaître la plus forte croissance des exportations de biens intermédiaires. Il faut dire, en effet, qu’« au troisième trimestre, les exportations de l’Afrique ont augmenté de 42%, car plusieurs pays de la région ont intensifié leur approvisionnement des chaînes de production internationales en métaux et produits primaires ». Pour ne citer que quelques pays de la région, « l’Afrique du Sud, par exemple, a affiché des augmentations de 226% et de 195%, respectivement, de ses exportations de rhodium et de minerai de fer, tandis que le Ghana a vu ses exportations de fèves de cacao atteindre 1,6 milliard de dollars», a noté l’OMC. Selon les données contenues dans ce rapport, et suite à l’augmentation des exportations de minerais de fer et de cuivre (73%) ainsi que de soja (41%), il ressort que les exportations de biens intermédiaires de l’Amérique du Sud et centrale ont connu une progression de 45%. Selon une analyse de l’organisation, « les échanges intrarégionaux de biens intermédiaires en Amérique du Sud et centrale sont ceux qui ont le plus augmenté parmi toutes les régions (56%) ». Il est important de relever ici le fait que la Belgique, dont les biens intermédiaires les plus exportés sont les produits vaccinaux, a enregistré la croissance la plus forte. En effet, après une augmentation de 64% enregistrée au deuxième trimestre 2021, le pays a connu une augmentation de 46% des exportations de biens intermédiaires au titre du troisième trimestre. Autre pays important, la Chine qui continue de détenir les parts les plus importantes des exportations mondiales de biens intermédiaires. Lesquelles ont progressé de 36%. Pour sa part, l’Inde, pour le troisième trimestre consécutif, « a enregistré la plus forte croissance des importations de biens intermédiaires (65%), en raison principalement de la progression des importations d’or non monétaire (+161%) », selon l’OMC. Comme le fait remarquer l’OMC, le commerce des biens intermédiaires, intrants utilisés pour la fabrication d’un produit final, est un indicateur de la solidité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Alain Bouithy
Baisse du volume du commerce des marchandises à l’échelle mondiale

Alors que la valeur des échanges a poursuivi son augmentation au troisième trimestre 2021, le volume du commerce des marchandises est ressorti en baisse au cours de la même période, selon les dernières observations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En effet, après quatre trimestres consécutifs de forte expansion, les données recueillies par l’organisation internationale montrent que le volume du commerce mondial de marchandises a accusé une baisse de 0,8% au titre du troisième trimestre de l’année en cours. D’après les explications de l’OMC, cette baisse résulte des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, des pénuries d’intrants de production et de la hausse des cas de Covid-19 qui ont pesé sur la croissance des échanges. Pour rappel, et malgré de forts vents contraires qui ont contribué à la baisse du troisième trimestre, le volume des échanges était toujours en hausse de 11,9% pour le cumul annuel jusqu’en septembre. A la lecture des données actuelles, il apparaît que «c’est légèrement pire que les prévisions commerciales les plus récentes de l’OMC du 4 octobre, qui anticipaient une hausse de 12,7% sur la même période», a souligné l’organisation dont les règles régissent le commerce entre les pays. Qu’à cela ne tienne, si les données du quatrième trimestre devraient traduire une accélération de la croissance en volume, l’OMC assure que la prévision d’une augmentation de 10,8% du commerce de marchandises pour l’ensemble de 2021 pourrait encore se réaliser. L’organisation en est persuadée : «C’est une possibilité réelle puisque les mesures de déblocage des ports à conteneurs sur la côte ouest des Etats-Unis ont rencontré un certain succès». Ce n’est pas tout, d’autant plus que «même si le baromètre du commerce des marchandises de l’OMC a signalé un ralentissement de la croissance du commerce au cours des derniers mois de 2021, il reste toujours dans la tendance», a expliqué l’organisation dont la principale fonction est de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la liberté des échanges. Dans son rapport, l’OMC estime néanmoins que «l’émergence de la variante Omicron du SRAS-CoV-2 semble avoir fait pencher la balance des risques à la baisse, augmentant les chances d’un résultat plus négatif». Contrairement au volume, la valeur du commerce mondial des marchandises a continué d’augmenter au troisième trimestre, Les prix des exportations et des importations ayant fortement augmenté, l’organisation note que la valeur du commerce mondial des marchandises a continué d’augmenter au troisième trimestre. Ce, contrairement à la courbe suivie par le volume. Mesuré par la moyenne des exportations et des importations, le commerce mondial a enregistré une hausse de 24% en glissement annuel au troisième trimestre en termes nominaux de dollars américains, a indiqué l’OMC précisant toutefois que cette croissance est plus faible que le bond de 46% au deuxième trimestre, mais plus forte que l’augmentation de 15% au premier trimestre. A en croire les explications de l’OMC, «les valeurs commerciales ont été stimulées par les produits de base, y compris les carburants, dont les prix ont plus que doublé entre le troisième trimestre 2020 et le troisième trimestre 2021». Citant les données du Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation mondiale du commerce note que les prix des carburants étaient toujours en hausse de 137% d’année en année, bien qu’ayant chuté en novembre après avoir culminé en octobre. De leur côté, les prix des aliments se sont orientés en hausse de 23% tandis que ceux des métaux de base ont progressé de 13% par rapport à l’année précédente. Quant aux prix de nombreux produits manufacturés, il ressort qu’ils ont également connu une augmentation. Ce qui a entraîné une hausse de l’inflation mesurée dans de nombreuses économies. Revenant sur la baisse du volume du commerce des marchandises au troisième trimestre, l’OMC estime que la principale raison de ce recul «a été des importations plus faibles que prévu en Amérique du Nord et en Europe». Comme le fait remarquer l’organisation dans un communiqué, « cela s’est traduit par une baisse des exportations de ces régions ainsi que de l’Asie. Les importations asiatiques se sont contractées au troisième trimestre, mais cette baisse était anticipée dans les prévisions commerciales d’octobre ». Entrant dans les détails, l’OMC indique que les exportations corrigées des variations saisonnières ont accusé un recul en rythme trimestriel au troisième trimestre en Amérique du Nord (-1,9 %), en Amérique du Sud et centrale (-2,5 %), en Europe (-1,0 %), en Afrique (-3,8 %) et en Asie (- ‑1.2). Alors que les exportations ont progressé dans la Communauté des États indépendants (CEI) dont certains membres anciens et associés (3,8%) et au Moyen-Orient (2,6%). S’agissant des importations, alors qu’elles étaient attendues en croissance de 2,6%, il ressort des données analysées qu’elles ont baissé de 0,5% en Europe au troisième trimestre. La baisse des importations a également été observée dans la CEI (-3,2 %), l’Afrique (-0,7 %) et l’Asie (-1,3 %). Tandis que les importations étaient en hausse de seulement 0,4% en Amérique du Nord au cours de la même période, contre une augmentation plus forte anticipée de 1,5%. Il est à souligner que les expéditions en provenance d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient ont parallèlement bondi de 0,4% et 1,6%. Alain Bouithy
Solide reprise du commerce mondial des marchandises

Après une chute brutale mais brève observée au deuxième trimestre de l’année 2020, suite aux conséquences de la pandémie de coronavirus (Covid-19) sur cette activité, le commerce mondial des marchandises reprend du poil de la bête. Selon les données recueillies par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), une organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce international entre les pays, «le commerce mondial des marchandises continue de se redresser en 2021». En effet, «le baromètre du commerce des marchandises indique une solide reprise du commerce», souligne l’organisation dans son dernier rapport rendu public vendredi 28 mai. Comme le fait remarquer l’OMC dans ce document, «la lecture actuelle du baromètre de 109,7 est près de 10 points au-dessus de la valeur de base de 100 pour l’indice et en hausse de 21,6 points d’une année sur l’autre». Ces données reflètent «à la fois la force de la reprise actuelle et la profondeur du choc Covid-19 l’année dernière », souligne l’institution dont la principale fonction est de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la liberté des échanges. Dans son rapport, l’organisation estime que la dernière lecture du baromètre est globalement conforme à ses prévisions commerciales actuelles publiées le 31 mars dernier. Lesquelles «prévoyaient une reprise de 8% du volume du commerce mondial de marchandises en 2021 après une baisse de 5,3% l’année précédente». Selon l’OMC, le commerce mondial se redresse depuis le deuxième trimestre de 2020, lorsque la propagation du virus Covid-19 a provoqué des verrouillages dans de nombreux pays et déclenché une forte baisse du commerce mondial. L’organisation rappelle que «le volume du commerce des marchandises était en baisse de 15,5% d’une année sur l’autre au deuxième trimestre, lorsque les verrouillages étaient pleinement effectifs ». Une situation qui a évolué depuis lors puisqu’au quatrième trimestre, le commerce avait dépassé le niveau de la même période en 2019, souligne-t-elle. Revenant sur les récentes observations, l’organisation internationale relève que les gains les plus importants observés parmi les indices des composants du baromètre ont été enregistrés dans les commandes à l’exportation (114,8), le fret aérien (111,1) et les composants électroniques (115,2), qui sont tous très prédictifs de l’évolution du commerce à court terme. Poursuivant son analyse, l’OMC estime que « la vigueur de l’indice des produits automobiles (105,5) peut refléter une amélioration de la confiance des consommateurs, la confiance étant étroitement liée aux ventes de biens durables. Cela vaut également pour les matières premières agricoles (105,4), qui sont majoritairement constituées de bois destiné à la construction de logements ». Pour l’organisation, il ne fait aucun doute que « la bonne performance du transport par conteneurs (106,7) est plus impressionnante compte tenu du fait que les expéditions maritimes ont bien résisté pendant la pandémie et avaient donc moins de terrain à rattraper ». En dépit de ces améliorations, l’OMC reste toutefois prudente. Et pour cause : «Les perspectives commerciales à court terme relativement positives sont gâchées par les disparités régionales, la faiblesse persistante du commerce des services et le retard des calendriers de vaccination, en particulier dans les pays pauvres », relève-t-elle. En revanche, quand bien même les statistiques trimestrielles du volume des échanges pour les premier et deuxième trimestres de 2021 n’aient pas encore été publiées, l’OMC affirme qu’«elles devraient afficher une très forte croissance d’une année sur l’autre, en partie en raison du récent renforcement des échanges et en partie à cause de l’effondrement des échanges de l’année dernière». Enfin, l’organisation internationale attire l’attention sur le fait que tout n’est pas pour autant gagné. D’autant plus que la pandémie «continue de représenter la plus grande menace pour les perspectives du commerce, car de nouvelles vagues d’infection pourraient facilement compromettre la reprise», conclut-elle. Alain Bouithy
La numérisation du commerce mondial ne peut se faire dans un vide réglementaire

«La pandémie a mis en évidence l’archaïsme des processus commerciaux encore largement basés sur du papier, avec des conséquences désastreuses sur les opérations commerciales en période de confinement», a déclaré le directeur général adjoint de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Xiaozhun Yi. S’exprimant lors de la deuxième édition du Forum de l’OMC sur le commerce mondial et la chaîne de blocs, tenue mardi 30 mars, il a insisté sur le besoin de numériser d’urgence ces processus obsolètes. Et pour cause, «les 12 derniers mois ont montré que le passage au numérique n’est plus une option. C’est une question de survie pour de nombreuses entreprises, en particulier les plus petites qui ont été durement touchées par la crise actuelle», a-t-il souligné au cours de cet événement qui a réuni des responsables politiques, des fonctionnaires chargés du commerce et des représentants d’entreprises. Pour sa part, le secrétaire général de la Chambre de commerce internationale (ICC), John Denton, a estimé que l’économie ne peut pas être gelée indéfiniment. «Pourquoi prolonger la souffrance humaine et économique, alors que les technologies existantes peuvent être facilement déployées pour restaurer l’activité économique transfrontalière tout en se protégeant contre la propagation sans entrave du virus?», s’est-il interrogé dans son discours liminaire. «Nous parlons depuis des années du potentiel des plateformes numériques et des solutions de blockchain à démocratiser l’accès au système commercial mondial», a fait remarquer John Denton. «Alors que les PME en difficulté ont désespérément besoin de nouvelles sources de demande, il est grand temps de tenir enfin cette promesse si nous voulons assurer une reprise véritablement résiliente et durable dans les années à venir», a estimé le SG de l’ICC. Mais pour cela, «les gouvernements doivent montrer l’exemple à cet égard», a-t-il lancé en marge de ce rendez-vous qui examinait comment utiliser la technologie de la chaîne de blocs pour améliorer la transparence et l’efficacité des chaînes d’approvisionnement et des processus commerciaux. A ce propos, précisons que l’édition 2021 du Forum de l’OMC sur le commerce mondial et la chaîne de blocs visait également à examiner le rôle des gouvernements dans la libération du potentiel de cette technologie. «Alors que le paysage commercial et économique tel qu’il se présente aujourd’hui reste difficile, nous regardons tous au-delà de la pandémie pour en sortir plus forts en tant que gouvernements. Et en tant qu’entreprise, je crois que la transition vers la numérisation du commerce est un pilier clé», a, de son côté, soutenu Lew Chuen Hong, le PDG d’Infocomm Media Development Authority de Singapour. «Nous devons essayer d’harmoniser nos politiques et nos cadres juridiques, et nous aligner sur des normes technologiques ouvertes. Ce sont les bases de la numérisation omniprésente», a-t-il insisté. Il est à souligner qu’au cours de ce rendez-vous, les participants ont passé en revue les derniers développements de la blockchain et comment les technologies numériques telles que la technologie du grand livre distribué (DLT) peuvent aider à faire face aux risques et aux inefficacités des chaînes d’approvisionnement mondiales au profit de tous. Comme l’a rappelé l’OMC dans un communiqué, «un registre distribué est une liste numérique ou une base de données partagée entre les nœuds d’un réseau distribué. La blockchain est un type de registre distribué». Soulignons enfin que le Forum a aussi été l’occasion de lancer une nouvelle publication sur la numérisation du commerce conjointement entre l’OMC et Trade Finance Global, ainsi qu’un nouveau cours en ligne sur la chaîne de blocs pour le commerce. Alain Bouithy
Le commerce mondial des services en phase de reprise

Le commerce mondial des services reprend du poil de la bête, selon les dernières statistiques publiées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). «Après avoir fortement chuté pendant la pandémie, le commerce mondial des services semble être en phase de reprise depuis peu », a indiqué l’OMC. Le Baromètre du commerce des services de l’OMC, qui vise à mettre en lumière les renversements de tendance et l’évolution de la structure du commerce mondial des services, a fortement augmenté à 104,7, au-dessus de la valeur de référence de 100 pour l’indice et bien au-dessus du niveau le point bas de 91,2 au début de la pandémie. En effet, «la dernière valeur relevée est la plus élevée jamais enregistrée (d’une série remontant à 2000) et elle est bien supérieure à la valeur de référence de 100 qui indique une croissance conforme aux tendances récentes», a expliqué l’organisation internationale dans une note. Poursuivant son analyse de l’évolution du commerce mondial des services, l’OMC a également souligné que «cette nouvelle valeur de l’indice est aussi nettement audessus du niveau le plus bas de 91,2 enregistré au mois de mars 2020, au plus fort des mesures de confinement liées à la pandémie». Pour l’organisation, «cela suggère que la croissance du commerce mondial des services s’est accélérée au quatrième trimestre de 2020, après avoir atteint son plus bas niveau au deuxième trimestre et avoir connu seulement une légère reprise au troisième trimestre». Rappelons à ce propos que le commerce des services a plongé au deuxième trimestre 2020 et est resté faible au troisième trimestre malgré l’assouplissement des verrouillages dans de nombreux pays. Dans son rapport, l’OMC prévient toutefois que la faiblesse persistante de certains secteurs et la distribution inégale des vaccins contre la Covid-19 font douter de la durabilité de cette reprise. En effet, en raison de la distribution inégale des vaccins dans le monde et de l’apparition de nouvelles variantes du Covid-19, «les perspectives pour le premier trimestre 2021 et au-delà sont incertaines», a estimé l’organisation craignant que les restrictions de voyage et les verrouillages liés à la résurgence du Covid-19 pèsent également sur la reprise au terme des trois premiers mois de cette année. Des craintes qui seraient justifiées par le fait que «les mesures de confinement prises en réponse à la deuxième vague d’infections par la Covid-19 continuent, depuis le début de l’année, à peser sur la croissance et l’emploi dans les grandes économies». A en croire l’organisation, les statistiques qu’elle a recueillies montrent que l’incidence de la deuxième vague se manifeste dans les indices constitutifs du baromètre. Cela s’est, en effet, traduit par la faiblesse persistante du transport aérien et le ralentissement des services du secteur de l’information et de la communication (TIC) dont les indices se sont établis respectivement à 81,0 et 93,7. Si les gouvernements réussissent à vacciner un grand nombre de personnes contre la Covid-19, l’OMC assure que les vols internationaux de passagers pourraient connaître une reprise partielle au troisième trimestre. Pourvu que la propagation de nouveaux variants ne cause pas de nouveaux revers. En ce qui concerne la chute de l’indice relatif aux TIC, l’OMC précise que celle-ci « pourrait aussi s’avérer temporaire car elle semble avoir été causée par des confinements plus stricts aux Etats-Unis, ce qui a affecté certains services informatiques, alors que les services de télécommunication sont restés stables». Tout bien considéré, l’organisation a noté que la progression de tous les autres éléments constitutifs de l’indice a été supérieure à la tendance. «C’est le cas notamment de l’indice mondial des directeurs d’achats de services (105,3), de l’indice du transport par conteneurs (104,3) et de l’indice relatif à la construction (106,3)», a-t-elle cité. Soulignons enfin que l’indice relatif aux services financiers avait connu une hausse particulièrement forte (119,9), ce qui s’est traduit par la hausse des transactions financières internationales. Alain Bouithy
La reprise du commerce mondial des marchandises pourrait être de courte durée

Selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la forte reprise du commerce des marchandises observée au cours des deux derniers trimestres pourrait être de courte durée. Rien ne serait donc gagné. Pourtant, les données recueillies par l’organisation internationale montrent que le commerce mondial de marchandises a continué d’augmenter fortement au quatrième trimestre 2020, après une reprise au troisième trimestre suivant l’effondrement lié à la Covid-19. Selon le dernier baromètre du commerce des marchandises de l’OMC, la croissance du commerce international est en dessous de la moyenne puisque l’indice global se situe à 103,9 contre 100,7 en novembre 2020, «signe d’une nette amélioration du commerce des marchandises depuis qu’il a fortement chuté au premier semestre de l’année dernière». Dans son nouveau rapport rendu public jeudi 18 février, l’institution chargée d’édicter les règles régissant le commerce mondial a toutefois prévenu que «ce rythme d’expansion ne devrait pas se maintenir au premier semestre 2021 puisque les principaux indicateurs avancés semblent avoir déjà atteint leur point maximal». En effet, si tous les indices des composants sont soit au-dessus de la tendance, soit à la tendance, il reste que «certains montrent déjà des signes de décélération tandis que d’autres pourraient baisser dans un proche avenir», souligne l’organisation. L’OMC estime, en outre, que «l’indicateur pourrait ne pas refléter pleinement la résurgence de la Covid-19 et l’apparition de nouvelles variantes de la maladie, qui pèseront sans aucun doute sur le commerce des biens au premier trimestre de 2021». Après avoir atteint récemment un sommet, les indices des commandes à l’exportation (103,4) et des produits automobiles (99,8), qui comptent parmi les indicateurs avancés les plus fiables pour le commerce mondial, ont tous deux commencé à perdre de leur élan, constate l’organisation internationale. Concernant les indices du transport maritime par conteneurs (107,3) et du fret aérien (99,4), le dernier baromètre de l’OMC indique qu’ils «continuent d’augmenter, bien que les données sur les fréquences les plus élevées suggèrent que le transport par conteneurs a chuté depuis le début de l’année». Selon l’organisation internationale, «si les indices des composants électroniques (105,1) et des matières premières (106,9) sont fermement supérieurs à la tendance, cela pourrait refléter un stockage temporaire des stocks». Dans l’ensemble, le gendarme du commerce soutient que «ces tendances donnent à penser que la dynamique ascendante du commerce pourrait être sur le point de culminer si elle ne l’a pas déjà fait». Il est à souligner que le volume désaisonnalisé du commerce mondial de marchandises a rebondi au troisième trimestre de 2020, suite à une profonde récession enregistrée au trimestre précédent. Comme le souligne l’OMC dans son dernier rapport, cette récession a été «stimulée par la hausse des exportations en Asie et l’augmentation des importations en Amérique du Nord et en Europe». Le même document relève cependant la baisse de 5,6% du commerce des biens au troisième trimestre par rapport à la même période en 2019 après avoir chuté de 15,6% au deuxième trimestre. Bien qu’encore très importantes, l’organisation mondiale du commerce affirme que ces baisses sont moins sévères que de nombreux analystes ne le craignaient au début de la pandémie. Pour rappel, «les dernières prévisions commerciales de l’OMC du 6 octobre 2020 prévoyaient une baisse de 9,2 % du volume du commerce mondial de marchandises en 2020». Mais à en croire l’organisation, tout porte à croire que la baisse réelle pourrait être légèrement moins sévère. Soulignons enfin que les perspectives du commerce mondial des marchandises pour 2021 et au-delà «sont de plus en plus incertaines en raison de l’incidence croissante de la Covid-19 dans le monde et de l’émergence de nouvelles variantes de la maladie», craint l’OMC estimant toutefois que le rétablissement dépendra dans une large mesure de l’efficacité des efforts de vaccination. Alain Bouithy
Une Nigériane prête à diriger l’OMC alors que son rival se retire (CGTN)
Le commerce mondial des services n’est pas encore sorti de l’ornière

La reprise du commerce mondial des services n’est pas encore en vue, à en croire l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon les chiffres dévoilés récemment, ce segment du commerce mondial a accusé une baisse de 24% au terme du troisième trimestre de 2020 par rapport à la même période de 2019. Comme l’a fait remarquer l’organisation internationale dans une note synthétisant l’évolution de ce secteur, « comparativement à la baisse de 30% en glissement annuel enregistrée au deuxième trimestre, cela ne représente qu’une légère augmentation qui contraste fortement avec la reprise bien plus nette du commerce des marchandises ». C’est dire que l’évolution du commerce des services demeure critique d’autant plus qu’au terme de novembre dernier, les données préliminaires montrent qu’il était encore inférieur de 16% aux niveaux de 2019. Pour l’organisation qui édicte les règles régissant le commerce mondial, tout porte ainsi à croire que « les perspectives de reprise restent médiocres ». L’OMC note à ce propos que de nombreux pays ont dû prendre des mesures de confinement plus strictes, accompagnées d’un durcissement des restrictions visant les voyages et les services connexes qui a été maintenu au premier trimestre de 2021, suite à une deuxième vague d’infections liées à la pandémie de Covid-19. Dans sa note, l’organisation indique en outre que les statistiques les plus récentes confirment les attentes antérieures selon lesquelles le commerce des services serait plus durement touché par la pandémie que le commerce des marchandises, lequel n’avait perdu que 5% en glissement annuel au troisième trimestre. Il est à souligner qu’en dépit de la demande latente, l’OMC craint qu’une bonne partie des pertes de revenus liées à l’annulation de vols, de vacances à l’étranger, de repas au restaurant et d’activités culturelles/récréatives soit permanente. Poursuivant son analyse de la situation, l’organisation a indiqué que « les voyages restent le secteur de services le plus touché, en baisse de 68% à l’échelle mondiale par rapport à la même période de 2019 ». Selon les statistiques publiées par l’OMC, au troisième trimestre de 2020, il apparaît que « les dépenses des voyageurs internationaux ont diminué de 88% en Amérique latine et dans les Caraïbes, de 80% en Asie et en Afrique, de 78% en Amérique du Nord et de 55% en Europe ». Ces données montrent également qu’en dépit de l’assouplissement des restrictions de voyage en Europe observé pendant les mois d’été, la reprise du commerce des services n’a été que très modeste au troisième trimestre de l’année écoulée. Les mêmes statistiques montrent également que le commerce des « Autres services » a continué d’enregistrer des résultats inégaux, avec un recul pour la plupart des sous-secteurs à l’exception notable des services informatiques. C’est le cas notamment de la construction, des services récréatifs, des services juridiques et des services financiers, etc. En détail, il ressort ainsi que « les exportations mondiales de services de construction ont diminué de 16% en glissement annuel, et plusieurs exportateurs asiatiques ont enregistré de fortes baisses ». La tendance est aussi à la baisse du côté des services audiovisuels, artistiques et récréatifs qui ont enregistré des baisses à deux chiffres de l’ordre de 14%. Tandis que les services juridiques et les services de gestion, de comptabilité et de publicité se sont distingués par une timide reprise de 1% en glissement annuel. Les exportateurs de différentes régions enregistrant une croissance positive, les chiffres en rapport avec les services financiers montrent, pour leur part, que ceux-ci ont augmenté de 2% au niveau mondial. En hausse de 9%, en raison de l’augmentation de la demande mondiale d’informatique en nuage, de plateformes et d’espaces de travail virtuels, « les services informatiques sont restés le secteur le plus dynamique au troisième trimestre » de l’année précédente, a relevé l’organisation. Alain Bouithy