Parfait Onanga-Anyanga à Bambari (RCA): il faut travailler à défaire les populations de l’emprise des groupes armés

« S’il est vrai que la stabilisation de Bambari est devenue le plus grand défi de la MINUSCA, nous ne pourrons pas le relever seul », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga. S’exprimant lors d’une visite qu’il a effectuée à Bambari, samedi 21 juillet, pour constater les progrès accomplis dans le rétablissement de la sécurité dans cette ville, le chef de la MINUSCA a exprimé son souhait de voir les leaders communautaires s’impliquer davantage dans « des actions de sensibilisation à la paix et la vulgarisation de messages de rassemblement en direction des communautés ». Avant d’inviter autorités et société civile locales à ne pas se lasser de travailler pour la paix. « Quoique nous soyons tous meurtris par les violences qui, en mai dernier, ont ébranlé Bambari, je suis venu vous assurer que cette ville phare continuera à bénéficier de l’attention de la MINUSCA et des partenaires internationaux », a déclaré Parfait Onanga-Anyanga devant les acteurs locaux rencontrés surplace. «Ensemble, nous combattrons tous ceux qui s’opposent à ce que l’Etat retrouve ici sa pleine autorité », a-t-il promis. Adrien Thyg
Centrafrique: un nouveau pas vers la restauration de l’autorité de l’État

Grâce aux efforts conjugués du gouvernement centrafricain, des pays donateurs et des Nations Unies, la République Centrafricaine a procédé mercredi 18 juillet à l’inauguration des écoles de Police et de Gendarmerie réhabilitées à Bangui. L’ouverture de ces deux infrastructures, qui servent de cadre à la formation des 500 nouveaux élèves policiers et gendarmes recrutés post-crise, dont 116 femmes, a eu lieu en présence notamment du Président centrafricain Faustin Archange Touadéra, du Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji et du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, Parfait Onanga-Anyanga, . Notons que des représentants du corps diplomatique accrédité en RCA et plusieurs acteurs de la Réforme du secteur de la Sécurité (RSS) ont également pris part à cette cérémonie qui témoigne du pas décisif franchi par la RCA vers la restauration de l’autorité de l’État. « Pour ce premier recrutement depuis plus d’une dizaine d’années, la MINUSCA, avec le PNUD, a appuyé l’élaboration de manuels de formation dans 42 différentes matières. Les Nations Unies ont également été impliquées dans le processus de recrutement des élèves dont la délibération transparente a tenu compte des critères de mérite, de représentativité et du genre », a déclaré à cette occasion Parfait Onanga-Anyanga, précisant que les Nations Unies y ont contrbué à travers son « Fonds pour la consolidation de la paix » et ses différents programmes. Notons que le chef de l’État centrafricain, qui s’est félicité de cette avancée a exhorté les populations à « prendre soin de ces écoles, qui si elles n’avaient pas été vandalisées, auraient permis d’effectuer plus rapidement la formation des nouveaux FSI ». A propos de la formation technique et professionnelle dont doit bénéficier les nouvelles recrues, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilité en Centrafrique (Minusca) a affirmé sur son site web que le Comité des sanctions avait octroyé une exemption pour le transfert de munitions par le Service de luttes antimines des Nations Unie (UNMAS) à la Police et la Gendarmerie du pays. Ce, à la demande des autorités centrafricaines. C’est un pas de plus dans la formation d’une « nouvelle génération de forces de défense et de sécurité professionnelle, apolitique, représentative et équilibrée au service exclusif des populations centrafricaines », s’est réjoui le ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité publique, Henri Wanzet Linguissara. Adrien Thyg
Centrafrique: 13 officiers des FSI de Berberati formés aux techniques d’enquêtes complexes

La composante police de la MINUSCA, en partenariat avec le PNUD, a lancé, mardi 10 juillet à Berberati en République centrafricaine, une formation de dix jours sur les techniques d’enquêtes complexes, apprend-on. Inscrite dans le cadre de son accompagnement à la professionnalisation du travail des Forces de sécurité intérieure (FSI), cette formation est destinée à 13 officiers, directeurs d’enquêtes policières et gendarmes en poste dans le chef-lieu de la préfecture de la Mambéré-Kadéi, indique la MINUSCA sur son site web. Comme l’a souligné le chef du bureau MINUSCA de Berberati, Pericles Gasparini, cette formation vise à renforcer les capacités dans les procédures se rapportant aux rôles et attributions d’un directeur d’enquêtes. S’adressant aux principaux bénéficiaires de cette formation, il a indiqué que « ce sujet est d’une importance capitale pour les partenaires que nous sommes, mais aussi pour le pouvoir public centrafricain. C’est pourquoi je vous demande d’être attentif et de participer activement aux sessions en interagissant avec les formateurs ». Il est à noter qu’en plus des techniques d’enquête, les participants seront appelés tout au long de leur formation à suivre des modules sur les droits de l’homme. L’objectif étant de les aider à appréhender les questions liées à la protection des droits fondamentaux des victimes et des bourreaux. « Cette formation vient à point nommé, car les FSI, notamment les officiers de police judiciaire, sont tous les jours confrontés à des enquêtes à la fois complexes et délicates », a estimé le chef de poste de la composante police de la Mission, le Commissaire Yamoutou Keita. Selon lui, « elle permettra de d’outiller et aider les participants à s’approprier les standards internationaux en matière d’enquêtes complexes. Cela pour le bien des victimes et la clarté de la procédure. » Adrien Thyg avec CP
Marie-Thérèse Keita Bocoum: la situation en Centrafrique s’est fortement détériorée

« Malgré des progrès dans le domaine des réformes institutionnelles depuis le début de l’année, la situation sécuritaire et même politique s’est fortement détériorée en Centrafrique, a récemment déclaré Marie-Thérèse Keita Bocoum devant le Conseil des droits de l’homme. Selon cette experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine (RCA), la situation est telle qu’elle affecte gravement les populations dont le sentiment d’insécurité et la perte de confiante dans les acteurs de protection s’accroissent. Marie-Thérèse Keita Bocoum dont la dernière visite à Bangui et Bangassou s’est déroulée du 12 au 22 juin, a aussi déploré « la détérioration de la situation humanitaire, le nombre croissant contre les humanitaires, leurs équipements et les casques bleus ». Dans son exposé, l’experte a exhorté les autorités locales à renforcer leurs « autorités légitimes » et les a invité à « condamner ces actes odieux ». « L’Etat a fait des efforts pour protéger la population, déployer l’administration et les forces de sécurité nationale dans quelques régions, mais il reste fragilisé par les abus continus des groupes armés méprisant leur engament pour la paix », a-t-elle affirmé. Devant le Conseil des droits de l’homme, Marie-Thérèse Keita Bocoum n’a pas manqué de condamner également toutes les attaques contre les lieux de culte y compris l’assassinat récent de l’Abbé Firmin Gbagoua par des hommes armés à Bambari. A ce titre, elle a appelé l’Etat centrafricain et la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) « à protéger efficacement la population et les lieux de culte afin d’éviter une dérive confessionnelle du conflit ». Alain Bouithy
Centrafrique : la situation reste très fragile et instable, selon la MINUSCA

La flambée de violence qui a touché l’est de la République centrafricaine (RCA) ces derniers mois atteste de la fragilité du pays, a souligné récemment une haute responsable de l’ONU en Centrafrique. « Cette violence a continué ces dernières semaines. Et malheureusement, nous avons vu un certain nombre d’attaques qui ont eu pour conséquences un nombre important de victimes civiles », a déclaré la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général et Chef adjointe de la Mission multidimensionnelle de stabilisation intégrée des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA), Diane Corner, lors d’une conférence de presse depuis Bangui. Mme Corner a précisé que les violences récentes étaient principalement concentrées sur trois villes du pays : Bangassou, Alindao et Bria. « Les anti-Balakas se sont renforcés. Ils ont attaqué la ville de Bangassou, une ville qui avait été jusqu’à présent extrêmement calme », a indiqué la Représentante spéciale adjointe. « C’est la première fois qu’elle a connu une flambée majeure de violence de cette échelle ». Le 8 mai, cinq Casques bleus ont été tués dans l’attaque de leur convoi par des éléments anti-Balakas sur l’axe Rafai-Bangassou. Un sixième soldat de la paix est mort le 13 mai lors de l’attaque de la base de la MINUSCA à Bangassou par des groupes armés qui s’en sont également pris à la population civile de la ville, notamment musulmane. L’attaque délibérée de la base de la Mission de l’ONU a été menée avec des armes lourdes telles que des mitrailleuses AK47, des lances-grenades, et des mortiers, a précisé Mme Corner. « Nous sommes dans un Etat très fragile et les seuls forces sur place sont celles de la MINUSCA », a rappelé Mme Corner, précisant l’absence de forces de police ou de gendarmerie dans beaucoup de localités. « De facto nous sommes la seule force. Nous sommes les seuls à faire face aux groupes armés. Nous représentons les forces de l’ordre ». Le calme commence à revenir à Bangassou. « Nous reprenons progressivement le contrôle », a indiqué Mme Corner. « Les soldats de la paix de l’ONU poursuivent leurs patrouilles et sont en renfort. Le Commandant de la Force de la MINUSMA est arrivé jeudi à Bangassou pour s’assurer que le dispositif adéquat est en place pour répondre à la menace présente sur le terrain ». Selon la MINUSCA, la dernière série d’attaques sur Bangassou aurait fait 115 victimes jusqu’à présent, mais ce chiffre pourrait augmenter davantage. 7.200 personnes sont déplacées à Bengassou et 3.000 se sont réfugiées dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) actuellement touchée par l’épidémie d’Ebola. La MINUSCA est constamment en contact avec les autorités locales, les membres de la société civile sur place. L’Archevêque de Bangui, le Cardinal Dieudonne Nzapalainga s’est également rendu à Bangassou ces derniers jours pour y conduire des efforts de médiation et essayer de calmer la situation, « et cela semble avoir un impact positif, mais la situation reste extrêmement fragile et nous prenons nos précautions », a prévenu la Chef adjointe de la MINUSCA. Dans la ville d’Alindao, neuf combattants auraient été tués lors d’affrontements entre groupe armés le 9 mai dernier. La MINUSCA a envoyé sur place une de ses forces de réaction rapide. « Le nombre de morts est difficile à estimer et les informations rapportées doivent être considérée avec précaution », a souligné Mme Corner, précisant toutefois qu’un grand nombre de personnes déplacées (environ 8.500) se trouvent actuellement à la Mission catholique de la ville. A Bria, des combats entre deux factions de la coalition FPRC anti-Balaka ont éclaté le 14 mai et se sont poursuivis pendant quelques jours. La MINUSCA estime à environ 15.000 le nombre de personnes déplacées vivant actuellement dans la ville, principalement regroupées autour de sa base. « La MINUSCA et les agences onusiennes partenaires apportent une réponse sur le terrain », a déclaré Mme Corner. « Nous avons atteint nos limites mais nous sommes extrêmement actifs avec toutes les ressources que nous avons et nous sommes également très alertes en ce qui concerne les besoins humanitaires ». La Mission de maintien de la paix onusienne effectue des vols en direction de Bangassou et de Bria. La Mission a également envoyé des fournitures humanitaires à Alindaou. Cette dernière étant éloignée et difficile d’accès, « il est donc difficile de savoir ce qui s’y passe », a dit Mme Corner qui a rappelé que l’est de la RCA dispose de peu de routes et de faibles infrastructures. « Se déplacer rapidement est un défi. La météo est souvent contre nous mais nous répondons avec vigueur et suivons la situation de près », a ajouté la Représentante spéciale adjointe.
Les soldats marocains en première ligne pour le maintien de la paix et de la sécurité en Afrique et dans le monde

Des soldats des Forces Armées Royales marocaines de la Mission Multidimensionnelle de Stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), en mission d’escorte et de sécurisation d’une équipe de génie militaire cambodgienne, ont été victimes, le 08 mai 2017, d’une lâche agression près de Bangassou, Sud-Est de la ville de Bria, près de la frontière avec la République Démocratique du Congo. Une horrible embuscade perpétrée par des éléments armés appartenant soit à l’Unité Pour la Centrafrique (UPC), une faction issue de l’ex-Seleka, pro-musulmans, soit à des villageois apparentés aux ex-anti-balakas, majoritairement chrétiens, qui s’entretuent pour le contrôle des mines aurifères et de diamant mais aussi du bétail entre autres ressources du pays. Le bilan de cette attaque, très lourd, s’élève à quatre soldats cambodgiens tués, dont trois sauvagement assassinés, sept militaires marocains, blessés, dont un grièvement, et un soldat marocain toujours porté disparu. Cette violente attaque, la plus meurtrière contre la MINUSCA depuis sa création en avril 2014, vient renforcer le climat d’insécurité croissant qui règne en République de Centrafrique, où en janvier 2017, deux Casques bleus marocains avaient déjà été tués dans des circonstances similaires et confirme la spirale de violence jamais vue dans laquelle s’est enfermée ce pays depuis 2014 et qui n’épargne aucune région, exceptée Bangui, la capitale. Cette attaque criminelle a été fermement condamnée par le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies (ONU), Antonio Guterres, qui l’a qualifiée de « crime de guerre ». Aussi, après avoir appris cette sanglante attaque, contre des éléments des Forces Armés Royales marocaines de la MINUSCA, le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, a contacté par téléphone, le 09 mai 2017, l’Ambassadeur Représentant Permanent du Maroc auprès des Nations-Unies pour lui demander de transmettre au Roi Mohammed VI « sa solidarité personnelle et celle de l’ensemble de l’ONU avec le Maroc » et il a « salué la bravoure des casques bleus marocains qui paient un lourd tribut au maintien de la paix et de la sécurité en Afrique ».
Ban Ki-moon condamne les violences survenues en début de semaine à Bangui

Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’organisation des Nations Unies (ONU), a condamné les violences commises lundi 24 à Bangui, qui ont causé la mort tragique d’au moins quatre civils et en ont blessé plus de neuf. Dans une déclaration communiquée par le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, ce dernier a déploré aussi les attaques à l’encontre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Pour rappel, cinq Casques bleus ont été blessés lors des attaques contre la MINUSCA. Ban Ki-moon, qui s’est félicité des importantes mesures prises par le Gouvernement pour résoudre les causes profondes du conflit par le biais d’un processus politique inclusif, a salué la détermination de ce dernier « à garantir que les auteurs et les instigateurs de ces attaques soient traduits en justice », peut-on lire sur le site web des Nations Unies. Par ailleurs, il a réitéré que « les actes de ceux dont l’objectif est de déstabiliser le Gouvernement et de nuire aux perspectives de paix et de stabilité dans le pays, ne doivent pas saper le travail important de reconstruction des infrastructures du pays et de sa cohésion sociale, de promotion de la réconciliation et du redressement économique, de renforcement de l’état de droit, et de création d’opportunités pour tous », a indiqué la même source. Enfin, le patron de l’ONU a salué l’engagement de la MINUSCA à enquêter sur ces évènements qui ont entraîné des morts et des blessés, assurant que celle-ci prendra toutes les mesures nécessaires conformément à son mandat pour protéger les civils et pour renforcer la stabilité.