Maroc. Près d’un tiers des chômeurs sont des jeunes

L’emploi des jeunes au Maroc est à nouveau d’actualité au Haut-commissariat au plan (HCP). L’organisme public vient de dévoiler des chiffres plus éloquents les uns que les autres qui illustrent la situation difficile que traverse cette tranche de la société sur le marché du travail. Trois tendances s’en dégagent. Le chômage. Selon les statistiques du Haut-commissariat, près de 3 chômeurs sur 10 (29,7%) sont des jeunes. Dans une note d’information, l’institution publique précise que près de 3 jeunes chômeurs sur 4 (75,8%) résident en milieu urbain ; 67,3% sont des hommes et 90,1% sont diplômés. Selon la note, publiée à l’occasion la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août chaque année, « le taux de chômage a atteint, au niveau national, 31,8% pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 13,7% pour les personnes âgées de 25 à 44 ans et 3,8% pour les personnes âgées de 45 ans ou plus ». Il ressort des mêmes données que le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans titulaires d’un diplôme de niveau supérieur s’élève à 61,2%, souligne la même source précisant qu’il est de 30,4% pour les jeunes détenteurs d’un diplôme de niveau moyen et de 12,9% pour ceux n’ayant aucun diplôme. Dans sa note d’information, publiée près de 10 jours après une précédente publication sur « la situation du marché du travail au deuxième trimestre de l’année 2022 », le HCP note que le taux de chômage des jeunes est plus prépondérant en milieu urbain et parmi les jeunes femmes. D’après l’organisme public, « il culmine à 46,7% en milieu urbain contre 15,9% en milieu rural. Le taux de chômage des jeunes femmes est supérieur de 13 points à celui des hommes (41,9% contre 28,4%) ». Ce n’est un secret pour personne que la hausse du taux de chômage est plus accentuée parmi les jeunes. Et comme le rappelle fort bien le Haut-commissariat, entre 2019 et 2021, ce taux a augmenté de 6,9 points contre 3,1 points pour l’ensemble de la population active. Autre précision, et non des moindres : le chômage des jeunes est un chômage de longue durée et de première insertion, rappelle également le Haut-commissariat relevant que 70,4% des jeunes chômeurs sont en chômage depuis un an ou plus, et près de trois quarts n’ont jamais travaillé (73,4%). Sans emploi et non scolarisés. Les données du Haut-commissariat montrent en outre que plus d’un jeune sur quatre âgés de 15 à 24 ans (26% ou 1,5 million) au niveau national ne travaille pas, n’est pas à l’école et ne suit aucune formation. La situation est préoccupante à bien des égards puisque « près de 73,4% d’entre eux sont des jeunes femmes dont 41,3% sont mariées et 65,7% ont un diplôme » et qu’en milieu rural, environ 81,7% de cette catégorie sont des jeunes femmes, souligne l’institution chargée de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc. Autre enseignement émanant de la même note : parmi la population en âge de scolarisation dans l’enseignement secondaire qualifiant (de 15 à 17 ans), 12,6% (270.000 personnes) ne travaillent pas, ne sont pas à l’école et ne suivent aucune formation. Selon le Haut-commissariat, cette proportion est de 19,5% parmi les filles (198.000 personnes) et de 6,5% parmi les hommes (72.000 personnes). Et l’organisme d’ajouter : «Parmi les jeunes âgés de 18 à 24 ans, cette proportion atteint 33,5% (1.259.000 personnes), 49,1% parmi les filles (925.000 personnes) et 17,8% parmi les hommes (335.000 personnes) ». La qualité de l’emploi. Quand bien même certains d’entre eux auront eu un travail, l’analyse des données recueillies revèle que plus de 4 jeunes actifs occupés sur 10 (41,9%) exercent un emploi non rémunéré, les ruraux avec 58,8% plus que les citadins (16,9%) et les femmes avec 49,9% plus que les hommes (39,7%). Et quand ce n’est pas le cas, « 14% des jeunes actifs occupés exercent un emploi de type occasionnel ou saisonnier, 16,7% parmi les hommes et 5% parmi les femmes ». Rien de rassurant. Et ce n’est pas tout. Selon le HCP, « un peu plus de 7 jeunes salariés sur 10 (73,2%) ne disposent d’aucun contrat formalisant leur relation avec l’employeur, 13,2% disposent d’un contrat à durée déterminée, 6,5% d’un contrat à durée indéterminée et 7,1% d’une entente verbale ». Précisons que la part des jeunes salariés ne disposant d’aucun contrat s’élève à 79,3% parmi les hommes contre 48,3% parmi les femmes, comme le relève la note d’information. Alain Bouithy Près de 5 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans sont en dehors du marché du travail Parmi les 5,9 millions de jeunesâgés de 15 à 24 ans, 16,3% exercent un emploi (962.000), 7,6% sont à la recherche d’un emploi (448.000) alors que 76,1% sont en dehors du marché du travail (4.478.000), note le HCP. Les trois quarts des jeunes en dehors du marché du travail (75,5%) sont des élèves ou étudiants et 21,1% sont des femmes au foyer, précise-t-il. Autre observation : les jeunes se caractérisent par une faible participation à la vie active avec un taux d’activité de 23,9% en comparaison avec l’ensemble de la population où ce taux atteint 45,3%. Ce taux d’activité des jeunes s’établit à 28,9% à la campagne contre 20,6% dans les villes. Il est trois fois plus élevé parmi les jeunes hommes (35,4%) que parmi les jeunes femmes (12,1%). Enfin, au cours des cinq dernières années, la baisse du taux d’activité est plus accentuée parmi les jeunes. Leur taux a baissé de 4,3 points, contre 1,4 point pour l’ensemble de la population en âge d’activité (15 ans et plus).
Maroc. Le chômage colle désespérément aux femmes, aux jeunes et aux diplômés

Les difficultés des jeunes à s’insérer sur le marché du travail demeurent préoccupantes, si l’on en croit les récents chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Malgré une baisse modérée voire insignifiante à bien des égards du taux de chômage au deuxième trimestre 2022, la situation de ces derniers sur le marché du travail n’a pas connu d’amélioration notable au cours des six premiers mois de l’année. Tout comme celle des diplômés et des femmes, deux catégories se trouvant logées à la même enseigne. En effet, alors que le taux de chômage est passé de 12,8% à 11,2% au niveau national au deuxième trimestre 2022, de 18,2% à 15,5% en milieu urbain et de 4,8% à 4,2% en milieu rural, les données du HCP montrent qu’il reste plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (30,2%), les diplômés (18%) et les femmes (15,1%). Il n’y a ainsi pas de quoi se réjouir. D’autant plus que la baisse du taux de chômage ne pourrait être en réalité qu’un mirage. Il suffit d’analyser plus en profondeur cette situation pour se rendre compte qu’on n’est à rien d’une évolution spectaculaire. A bien regarder la situation du marché du travail, on n’est pas loin de penser que cette légère baisse du chômage trouve une partie de sa justification dans le fameux programme «Awrach» qui prétend booster l’emploi des jeunes en offrant quelque 250.000 opportunités de travail à ces derniers dans des chantiers publics. Mais qui, faut-il le souligner, ne devraient pour autant véritablement pas inverser la courbe actuelle du chômage. Aussi, en plus de n’être que temporaire (2022 et 2023), il se trouve que ce programme longuement vanté par le gouvernement Akhannouch, s’appuie sur des emplois au demeurant précaires ne nécessitant pas des qualifications spéciales. Autrement dit, un feu de paille qui pourrait à tout moment replonger les jeunes auxquels il s’adresse dans la situation qui a toujours été la leur, celle d’un chômage permanent. Pour rappel, le Groupe socialiste a maintes fois exprimé ses inquiétudes au Parlement quant à la mise en œuvre de cet dispositif interpellant à l’occasion plusieurs ministres du gouvernement actuel. Youssef Aidi, président du Groupe socialiste à la Chambre des conseillers, craignait déjà, en début d’année, que ce dispositif temporaire produise une «coordination pour les victimes du programme Awrach». A ses yeux, ce programme ne garantit pas la pérennité du travail, un salaire minimum et la dignité, malgré le tapage qui est fait autour. Et c’est bien là où le bât blesse. Bien qu’elle ait concerné toutes les tranches d’âge, la baisse du taux de chômage est plus prononcée parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans (-2,2 points), passant de 20,9% à 18,7% et plus faible parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (-0,6 point), passant de 30,8% à 30,2%, a indiqué le Haut-commissariat dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2022. Selon l’organisme public, entre le deuxième trimestre de 2021 et celui de 2022, le nombre de chômeurs a baissé, passant de 1.605.000 à 1.387.000 chômeurs. Ce qui correspond à une diminution de 14%, résultant d’une baisse de 182.000 chômeurs en milieu urbain et de 36.000 en milieu rural, a-t-il estimé. Des analyses de cette institution, il ressort que la baisse du chômage a concerné l’ensemble des catégories de la population et a reculé de 2 points pour les hommes, passant de 11,9% à 9,9%, et de 0,8 point pour les femmes, passant de 15,9% à 15,1%. Il a également enregistré une baisse de 2,4 points parmi les diplômés, passant de 20,4% à 18%, et de 1,4 point parmi les non diplômés, passant de 5% à 3,6%. A noter qu’entre le deuxième trimestre de 2021 et la même période de 2022, l’économie nationale a créé 133.000 postes d’emploi, résultant d’une création de 285.000 en milieu urbain et d’une perte de 152.000 postes en milieu rural. Selon la note d’information du HCP, « le secteur des services a créé 237.000 postes, celui de l’ »industrie » 76.000 postes, des « BTP » 30.000 postes, alors que l’ »agriculture, forêt et pêche » en a perdu 210.000 ». A noter également que le taux d’activité a baissé de 0,9 point, par rapport à la même période de 2021, pour s’établir à 45,2%, suite à l’accroissement de la population en âge d’activité (15 ans et plus) de 1,4 et de la baisse de la population active de 1%. Alain Bouithy
RD Congo. Ces enfants, jeunes et vieillards congolais n’ont pas la chance d’être des Ukrainiens !

TRIBUNE. Il était une fois un Grand Zaïre où, malgré des problèmes économiques que connaissent même les États-Unis, la France et la Belgique, ses habitants avaient la chance de vivre dans un oasis de paix et sécurité au moment où des guerres civiles et tueries des populations civiles étaient régulièrement déplorées dans des pays voisins, qui avait l’une de trois armées les plus fortes du continent et que le Pnud classait parmi l’une de meilleures économies africaines. Mais hélas! Désireuse de faire mains basses sur nos fabuleuses ressources minières dont le « dictateur Mobutu » lui interdisait l’accès depuis son arrivée au pouvoir, la mafia des multinationales embarqua, au début des années 90, des opposants à Mobutu dans une abjecte imposture consistant à promettre à notre population de la sortir de l’Enfer pour l’amener à ce Paradis terrestre que nous vivons aujourd’hui à Beni, Mambassa, Rutshuru et ailleurs où notre peuple, n’ayant pas la chance d’être des humains comme des Ukrainiens dont le sort émeut les mêmes Occidentaux qui sont à la base de cette hécatombe qui se déroule à l’Est de notre pays, est abandonné à son très triste sort dont les Joe Biden, Emmanuel Macron et autres maîtres du monde qui sont les principaux auteurs moraux s’évertuent plutôt à attirer avec beaucoup d’assiduité l’attention de l’opinion mondiale sur ce qui se passe en Ukraine, établissant ainsi un distinguo entre les non-humains que sont les Congolais et les humains que sont les Ukrainiens. Voilà pourquoi, l’esprit du Consensus Nationaliste que prônent les Néomobutistes astreint nos élites politiques à réaliser que la cible du combat de notre peuple n’était pas hier Joseph Kabila et il ne sera pas demain Félix Tshisekedi. C’est plutôt la mafia des multinationales à la base de tous les malheurs que notre pays connait depuis 1960. Bonne réflexion. A suivre !!! Par Faustin Bosengo
Chancen International a procédé à la levée de la première tranche de 21 millions de dollars du « future of work fund » destinée à financer les étudiants

Chancen International (CI) a procédé aujourd’hui à la levée d’une première tranche d’une valeur de 21 millions de dollars dans le cadre du « Future of Work Fund (FWF) ». Une initiative de taille qui vise à concrétiser l’Agenda 2063 de l’Union Africaine qui privilégie la révolution des compétences et des citoyens bien formés, au moyen de la science, la technologie et l’innovation. Le fonds permettra également de soutenir les Objectifs de Développement durable des Nations Unies en Afrique qui visent à garantir une éducation de qualité inclusive et équitable et à promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous. Le FWF permettra de financer les études de 10 000 jeunes, en mettant l’accent sur les femmes et les autres populations traditionnellement exclues. Ces activités cadrent avec la vision du Rwanda qui a pour objectif de créer 250 000 nouveaux emplois chaque année grâce à la formation professionnelle, ainsi qu’à la vision 2050 de ce pays qui ambitionne de favoriser l’accès universel à une éducation de haute qualité pour tous les rwandais. Selon les données de l’UNESCO, les dépenses publiques consacrées à l’éducation, en pourcentage du PIB en Afrique sont très faibles. La moyenne pour 2020, basée sur 14 pays, était de 4,77 %. La valeur la plus élevée est celle de la Namibie (9,41 %) et la plus faible celle de la Mauritanie (1,89 %). Afin de favoriser l’accès éthique et inclusif à une éducation de qualité sur le continent, le FWF va étendre son modèle à d’autres pays, le Kenya étant le prochain bénéficiaire. Batya Blankers, cofondatrice et PDG de CI déclare : « Notre vision est de mettre à disposition un instrument financier équitable et éthique pour permettre aux étudiants d’accéder à une éducation de haute qualité. Les accords de partage des revenus évaluent le potentiel futur d’un individu en termes de risque de crédit plutôt que de se focaliser sur les traditionnels actifs actuels et la situation financière, ce qui limite l’accès aux produits financiers impossible pour de nombreux étudiants. » CI a lancé le FWF en 2021 avec un investissement d’ancrage de la Fondation UBS Optimus, basée en Suisse. Grâce au FWF, les établissements d’enseignement de haute qualité peuvent accéder à un financement destiné à chaque étudiant inscrit. Le FWF a maintenant été doté de ressources financières additionnelles par la US Development Finance Corporation, le Klett Group, Kaizenvest, Ceniarth et Cassiopeia. L’originalité du FWF réside dans le fait que les étudiants eux-mêmes détiennent une participation au capital, ce qui leur permet d’être représentés au conseil d’administration grâce à une généreuse subvention de la Fondation Vitol et d’autres donateurs philanthropiques. Le FWF est domiciliée au Kigali International Finance Centre (KIFC), au Rwanda. « Le Future of Work Fund change la donne en matière de financement des études en Afrique. Le FWF nous permet d’atteindre davantage de jeunes talentueux qui, autrement, ne seraient pas en mesure d’accéder à la formation nécessaire pour passer avec succès de l’apprentissage à la rémunération. Compte tenu des chiffres élevés en termes d’emploi des diplômés de Kepler, il est clair qu’investir dans ces étudiants est un bon investissement », ajoute Nathalie Munyampenda, directrice générale de Kepler, un partenaire éducatif du Future of Work Fund. En ce qui concerne le besoin d’une éducation inclusive, Dhun Davar, Responsable de la finance sociale, UBS Optimus Foundation, ajoute : « Il y a un besoin énorme de formation accrue, inclusive et de qualité au Rwanda et, avec un nombre d’étudiants en forte croissance, nous voyons que le FWF comble une réelle lacune en aidant les étudiants à acquérir de meilleures compétences et à stimuler le développement économique du Rwanda ». AMA
Niger : la Banque africaine de développement et le gouvernement signent deux accords de financement pour désenclaver des zones agricoles et créer des emplois décents pour les jeunes

Le gouvernement du Niger et la Banque africaine de développement ont signé, le 14 avril 2022, à Niamey, deux accords de financements de plus de 72 milliards de francs CFA. L’un porte sur le désenclavement des zones transfrontalières avec le Nigeria, et l’autre, sur l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’action nationale pour l’emploi décent des jeunes dans les secteurs de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. Le ministre nigérien du Plan, Dr Abdou Rabiou, et le représentant pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Niger, Dr John Andrianarisata ont signé les deux accords. « Au vu des résultats attendus après la mise en œuvre de deux précédents projets, je voudrais, au nom des plus hautes autorités du Niger, exprimer toute notre gratitude et notre reconnaissance à la Banque africaine de développement et à sa direction », a déclaré Dr Rabiou. Dr Andrianarisata s’est félicité de la signature des accords de financement et a réitéré la disponibilité de la Banque « à davantage accompagner le Niger dans sa quête de développement économique et social ». Il a souligné que le nouveau Document de stratégie pays en cours d’élaboration « permettra de meilleurs accords et arrangements dans les secteurs prioritaires de développement » du Niger. Le premier accord de financement, d’un montant de 71,05 milliards de francs CFA, vise la mise en œuvre du Projet intégré de désenclavement des zones de production transfrontalière Hamdara-Wacha-Doungass-frontière du Nigeria. Les ressources proviennent du Fonds africain de développement. Le projet est notamment destiné à l’aménagement et au bitumage de 110 kilomètres de route. Il couvre non seulement le secteur des transports mais aussi l’agriculture, l’élevage et les domaines sociaux (santé, éducation et genre). Les travaux seront réalisés dans la région de Zinder, la plus peuplée du Niger. La fin des travaux prévus en 2026 permettra aux populations d’avoir un accès direct au réseau routier bitumé, aux infrastructures à vocation agricole et d’élevage, résilientes au changement climatique. Il leur permettra aussi d’avoir une connectivité aux marchés et à plusieurs zones agro-sylvo-pastorales. Le projet permettra enfin d’autonomiser près de 35 groupements de producteurs agricoles. La deuxième signature porte sur le Projet d’appui à l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’action national pour l’emploi décent des jeunes dans les secteurs de l’agriculture et de l’agro-alimentaire au Niger. Doté de 800 millions de francs CFA provenant de la Facilité d’appui aux pays en transition, le projet est destiné à promouvoir l’emploi des jeunes dans les secteurs agricoles et agro-alimentaires.
Maroc. Le taux de chômage chez les jeunes et les diplômés a la vie dure

Le taux de chômage connaît un léger repli au titre du troisième trimestre 2021, selon les données publiées par le Haut-commissariat au plan (HCP) mercredi. Après deux trimestres consécutifs de hausse, il est passé de 12,7% à 11,8% au niveau national, constate l’institution publique dans sa note relative à la situation du marché du travail au troisième trimestre de 2021. A titre de comparaison, au deuxième trimestre 2021, le taux de chômage s’était élevé de 12,3% à 12,8% au niveau national. Au premier trimestre, il avait bondi de 10,5% à 12,5%. Au troisième trimestre, il ressort que le taux de chômage est passé de 16,5% à 16% en milieu urbain et de 6,8% à 5,2% en milieu rural, selon les chiffres du Haut-commissariat. Une évolution qui temporise la tension sur le front d’un marché de travail malmené depuis des années. «Ce taux a enregistré une diminution d’environ 1 point parmi les hommes, passant de 11,4% à 10,4%, et les femmes, de 17,6% à 16,5%. Il a connu une baisse de 1,3 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 32,3% à 31%», précise le HCP. Selon le HCP, le léger repli de la courbe du chômage s’est traduit par «une baisse de 35.000 chômeurs, résultant d’une réduction de 60.000 chômeurs en milieu rural et d’une augmentation de 25.000 en milieu urbain». Ainsi, poursuit le Haut-commissariat, le volume de chômage a atteint 1.447.000 personnes au niveau national au troisième trimestre dernier. A titre de rappel, au deuxième trimestre dernier, le taux de chômage avait bondi de 15,6% à 18,2% en milieu urbain et de 7,2% à 4,8% en milieu rural. Ce qui s’est traduit par une hausse de 128.000 chômeurs, résultant d’une réduction de 100.000 chômeurs en milieu rural et d’une augmentation de 228.000 en milieu urbain. Le volume de chômage avait ainsi atteint 1.605.000 personnes au niveau national, comme l’avait relevé le HCP dans sa note précédente, relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre. Rappelons également que le taux de chômage enregistré au premier trimestre s’était accru de 15,1% à 17,1% en milieu urbain et de 3,9% à 5,3% en milieu rural et que le volume du chômage avait atteint 1.534.000 personnes au niveau national. Les chiffres d’alors faisaient état d’une hausse de 242.000, dont 185.000 en milieu urbain et 57.000 en milieu rural. Il est à noter que le repli constaté au troisième trimestre n’a pas vraiment changé grand-chose pour certaines catégories, considérées à juste titre comme les plus touchées par ce phénomène. C’est le cas, comme lors des deux précédents trimestres, notamment, chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, les diplômés et les femmes qui enregistrent les taux de chômage les plus élevés, avec respectivement 31%, 18,7% et 16,5%. En ce qui concerne les diplômés, le Haut-commissariat note que le taux de chômage a maintenu le même niveau enregistré pendant le même trimestre de l’année précédente (18,7%). Comme l’explique le HCP, « cette stagnation est le résultat d’une hausse de 2,2 points du taux de chômage des diplômés de niveau supérieur, passant de 23,5% à 25,7%, et d’une baisse de 1,4 point pour les diplômés de niveau moyen (14,7% contre 16,1% une année auparavant) ». Et d’ajouter que le taux de chômage des non diplômés a baissé de 2,5 points, passant de 6,9% à 4,4%. Dans sa note, le HCP révèle qu’entre le troisième trimestre de 2020 et la même période de 2021, l’économie nationale a créé 642.000 postes d’emploi, résultant d’une création de 274.000 en milieu rural et de 368.000 postes en milieu urbain, contre une perte de 581.000 postes d’emploi une année auparavant et une création annuelle moyenne de 145.000 postes au cours des trois années prépandémie. Selon le document, « le secteur des services a créé 306.000 postes, celui de l’ »agriculture, forêt et pêche » 190.000, les BTP 92.000 et l’ »industrie y compris l’artisanat » en a créé 54.000 ». Pour rappel, dans son enquête de conjoncture auprès des ménages au titre du troisième trimestre de l’année 2021, le HCP rapportait une opinion toujours pessimiste. En effet, selon les résultats de cette enquête, au troisième trimestre de 2021, 84,2% contre 5,9% des ménages sondés avaient déclaré s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le HCP en a déduit que « le solde d’opinion est resté ainsi négatif à moins 78,3 points contre moins 69,8 points un trimestre auparavant et moins 82,0 points un an auparavant ». Alain Bouithy
Burundi : les jeunes et les femmes au cœur de la promotion de l’entrepreneuriat et de la cohésion sociale

REPORTAGE. Évelyne Ndikumana est une artiste peintre burundaise âgée de 37 ans qui fabrique des bijoux à partir du papier recyclé et peint des cartes postales depuis quinze ans. En mars 2021, avec le soutien de la Banque africaine de développement et du réseau « espaces d’entreprises au Burundi » (2EB), une initiative du gouvernement burundais d’appui à la réinsertion socio-économique des femmes, Évelyne Ndikumana a suivi, avec d’autres femmes, un stage de formation organisé par le gouvernement du Burundi pour aider les jeunes et les femmes. « J’ai été vraiment satisfaite de cette formation, se réjouit-elle. Toutes les femmes ont pu élargir leurs compétences. Certaines ont approfondi leurs connaissances en poterie, d’autres en création florale. En ce qui me concerne, j’ai pu améliorer mon savoir-faire dans la peinture de cartes postales pour les rendre plus attrayantes. » Après le stage, Évelyne Ndikumana s’est associée à d’autres femmes pour fonder la Coopérative des femmes artistes et artisanes du Burundi (COFAAB). Autofinancée par ses membres, cette coopérative bénéficie de l’appui de 2EB, qui a mis à disposition un espace d’exposition et de vente de leurs produits. Pour accompagner leur dynamisme, une salle entièrement équipée leur a été également allouée pour une durée d’un an. L’espace sert de lieu d’échanges entre artistes et artisans ainsi que de local pour les sessions de formation. « Être réunies au sein de la coopérative est une excellente chose pour nous. Nous nous entraidons, explique Évelyne Ndikumana, qui a été désignée présidente de la COFAAB. Nous sommes unies, ce qui nous permet de nous améliorer et de progresser. Nous nous corrigeons et apprenons les unes des autres. Ensemble, nous sommes plus fortes ! » La coopérative rassemble une quarantaine de femmes venues de tout le pays. Plusieurs autres veulent être membres. Outre le bénéfice d’une reconnaissance juridique et d’une solidarité mutuelle, les membres de la COFAAB partagent les connaissances acquises lors des différents sessions de formation. Tout en s’améliorant en peinture, Évelyne a aussi bénéficié d’une formation en comptabilité, en plus d’autres qui portaient sur l’élaboration d’un plan marketing, les procédures fiscales et administratives et l’amélioration de la qualité des produits. Diane Akimana, vice-présidente de la COFAAB, préside également l’association « Femmes entrepreneures ». Elle est responsable de gestion d’une petite entreprise fondée par une quinzaine d’étudiantes qui ont décidé de se regrouper pour offrir des services de beauté, principalement dans les métiers de la coiffure et du maquillage. Étudiante à l’université du Burundi, Diane espère devenir assistante de direction. Dans le cadre des formations offertes par 2EB, elle a appris à réaliser des études de marché mais aussi à faire de la poterie. « Grâce à mon travail, je gagne de l’argent pour financer mes études et celles-ci me permettront d’acquérir les connaissances nécessaires pour mieux développer mon entreprise et mieux contribuer au fonctionnement de la coopérative. » Évelyne et Diane ont déjà mis en pratique leurs nouvelles compétences. Elles savent pouvoir compter sur la solidarité collective pour développer leurs activités et accroître leurs revenus. Grâce à l’amélioration de leur savoir-faire, les artisanes et artistes récemment formées ont pu vendre une partie de leur production pour 3,5 millions de francs burundais (plus de 1 750 dollars américains) lors d’une foire organisée en clôture des sessions de formation du pôle d’affaires 2EB. Avec l’aide financière de la Banque africaine de développement, le gouvernement du Burundi contribue à accroître le rôle du secteur privé dans la cohésion sociale en plaçant l’entrepreneuriat féminin et les jeunes au centre de ses efforts.
Maroc. Le chômage dans une courbe ascendante : C’est chez les jeunes que le bât blesse le plus

Le Haut-commissariat au plan (HCP) présente dans une nouvelle note d’information les principales caractéristiques du chômage et du sous-emploi en 2020. Moins d’une semaine après la publication d’un rapport relatif à la situation du marché de travail en 2020, le nouveau document «dresse le portrait de la population en situation de chômage et de sous-emploi en 2020 et son évolution par rapport à 2019», a indiqué l’institution publique. Dans sa précédente note, le Haut-commissariat soulignait une détérioration de la situation du marché du travail en 2020 caractérisée par une destruction des postes d’emploi, une chute du volume horaire du travail et une hausse du chômage, du sous-emploi et de l’inactivité. Une situation marquée par une hausse de 29% du nombre de chômeurs qui est passé de 1.107.000 à 1.429.000 chômeurs entre 2019 et 2020. Soit une hausse de 322.000 personnes «résultant d’une augmentation de 224.000 chômeurs en milieu urbain et de 98.000 en milieu rural» et enregistrée exclusivement parmi les personnes ayant déjà travaillé. Dans sa dernière note d’information, le HCP relève la forte hausse du taux de chômage, particulièrement parmi les jeunes, les femmes et les diplômés, soulignant que le taux de chômage a bondi de 2,7 points, entre 2019 et 2020, passant de 9,2% à 11,9%. Le Haut-commissariat rappelle qu’entre 2019 et 2020, ce taux s’est accru aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, respectivement de 3,7% à 5,9% et de 12,9% à 15,8%. Tandis que le chômage a affiché une progression aussi bien parmi les hommes que les femmes, respectivement de 7,8% à 10,7%, et de 13,5% à 16,2%. Il est à souligner qu’en 2020, «cette hausse du chômage a concerné toutes les catégories d’âge, mais plus particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans dont le taux de chômage a augmenté de 6,2 points, passant de 24,9% à 31,2%», a noté l’institution. Selon les dernières données recueillies, le taux de chômage a enregistré une hausse de 2,8 points parmi les diplômés, passant de 15,7% à 18,5% entre 2019 et 2020. Si les diplômés de niveau moyen ont enregistré la hausse la plus importante de 3,1 points avec un taux à 15,5%, les statistiques montrent que «cette hausse est plus prononcée parmi les détenteurs de certificats en spécialisation professionnelle (28,4%), de diplômes en qualification professionnelle (23%) et de diplômes et certificats de l’enseignement fondamental (14,1%)». A en croire les économistes du Haut-commissariat, le taux de chômage des diplômés de niveau supérieur a, de son côté, atteint 23,9%. Il a enregistré sa forte hausse parmi les diplômés supérieurs délivrés par les facultés (26,1%), suivis des techniciens spécialisés et supérieurs (30,6%). En hausse de 13,5 points par rapport à celle enregistrée en 2019, la part des chômeurs ayant déjà travaillé a atteint 56,2% en 2020, alors que celle des primo-demandeurs d’emploi a accusé une baisse de 43,8% l’année dernière contre 57,2% une année auparavant. Le nombre de chômeurs ayant travaillé a augmenté de 331.000 personnes entre 2019 et 2020, passant de 473.000 à 804.000 au niveau national contre une baisse de 8.000 parmi les chômeurs n’ayant jamais travaillé, passant de 633.000 à 625.000, entre 2019 et 2020. Commentant l’évolution de la part du chômage de longue durée (une année ou plus), le HCP note qu’elle a reculé de près de 12 points entre 2019 et 2020, passant de 68,2% à 56,3%. Et d’ajouter qu’en parallèle la durée moyenne de chômage est passée de 36 à 28 mois entre 2019 et 2020. Quant à la part des personnes en chômage, dû au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur, elle s’est de son côté située, en 2020, à 38,7% contre 26,4% une année auparavant. S’agissant du volume des actifs occupés en situation de sous-emploi, il «a augmenté au niveau national, entre 2019 et 2020, de 126.000 personnes, passant de 1.001.000 à 1.127.000 personnes, de 514.000 à 619.000 personnes dans les villes et de 487.000 à 508.000 à la campagne», a indiqué le HCP faisant ainsi savoir que le taux de sous-emploi a atteint 10,7% au niveau national, 10,1% en milieu urbain et 11,6% en milieu rural. Concernant la part du sous-emploi lié à la durée de travail, le Haut-commissariat affirme qu’elle est passée de 38% à 58% durant la même période. Tandis que «le sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé a enregistré une baisse de 20 points passant, au cours de la même période, de 62% à 42%», a-t-il relevé estimant, dans ce contexte, que la population active occupée en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, a atteint, en 2020, 655.000 personnes au niveau national contre 385.000 une année auparavant. Quant à la hausse du sous-emploi lié à la durée de travail, qui a concerné tous les secteurs d’activité économique, l’institution publique a noté que «la hausse la plus élevée est relevée dans le secteur des BTP avec un taux passant de 8% en 2019 à 13,2% en 2020 (+5,2 points), suivi par le secteur de l’industrie y compris l’artisanat avec une hausse de 2,9 points, des services de 2,4 points et de l’agriculture, forêt et pêche de 2,2 points». Alain Bouithy