L’OMS s’inquiète de l’augmentation des cas de Covid-19 chez les jeunes en Europe

A quelques semaines de la rentrée scolaire et alors que le virus circule toujours en Europe, l’OMS s’inquiète de l’augmentation des contaminations au coronavirus en Europe où dans les deux derniers mois le nombre de nouveaux cas a augmenté de façon régulière. En Europe, il y a eu 40.000 cas de plus durant la première semaine d’août, par rapport à la première semaine de juin, où les cas étaient au plus bas. Chaque jour, la région européenne rapporte une moyenne de plus de 26 000 nouveaux cas de Covid-19. Selon une étude récente, parmi les 15-24 ans, les cas de Covid-19 sont passés d’un taux de 4,5% à la fin février à 15% à la mi-juillet. « Cela est dû en partie à l’assouplissement des mesures sanitaires et sociales, les autorités ayant assoupli certaines des restrictions et les gens ayant baissé leur garde », a indiqué le Directeur de l’OMS Europe, le Dr Hans Kluge, lors d’une conférence de presse, jeudi. « Lorsque les décisions politiques étaient rapides et réactives, la réponse était efficace. Mais le virus a été impitoyable là où il y avait des querelles partisanes, de la désinformation et du déni », a-t-il ajouté. Personne n’est invicible « Faible risque ne signifie pas absence de risque. Personne n’est invincible. Bien que les jeunes soient moins susceptibles de mourir que les personnes plus âgées, ils peuvent quand même être très gravement touchés » a déclaré le Directeur de l’OMS Europe. Il a remercié les jeunes « pour les sacrifices faits pour vous protéger et protéger les autres de Covid-19. Aucun jeune ne veut manquer un été. Répandez la joie, mais ne propagez pas le virus. Protégez vos parents et vos grands-parents ». Il a répété la liste de mesures de protection que chacun doit suivre, dont le port du masque, la distanciation physique. Il les a exhortés à éviter les foules et les grands rassemblements. Il a également annoncé la tenue d’une réunion le 31 août avec 53 pays de la zone sur les dispositifs à mettre en place pour la rentrée scolaire. Selon l’OMS, ces mesures pourraient consister à renforcer l’hygiène et l’éloignement physique en milieu scolaire pour tous, et à introduire rapidement et efficacement des mesures ciblées adaptées aux circonstances locales : ouvrir les écoles lorsque les niveaux de virus sont faibles ; adapter les horaires scolaires et limiter le nombre d’élèves lorsque les cas sont plus répandus ; et envisager de maintenir temporairement les écoles fermées dans les zones où la transmission communautaire est élevée. « Nous devons nous assurer que nous adoptons les bonnes mesures de santé publique pour permettre un retour à l’école en toute sécurité, gérer l’approche de la saison de la grippe, soutenir nos économies et faire face aux risques accrus pour la santé des personnes âgées à cette période de l’année », a dit le Dr Hans Kluge. Il estime que l’on peut « à la fois gérer la pandémie et faire fonctionner l’économie et le système éducatif ». CMP
L’exclusion des jeunes de l’emploi et de la formation s’accroît à l’échelle mondiale

Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), le nombre de jeunes actuellement non scolarisés, sans emploi ni formation (NEET) augmente à travers le monde, et les jeunes femmes sont deux fois plus susceptibles d’être concernées que leurs homologues masculins. Les jeunes (âgés de 15 à 24 ans) qui travaillent sont aussi davantage exposés que les travailleurs plus âgés au risque de perdre leur emploi du fait de l’automatisation, et ceux qui ont une formation technique sont particulièrement vulnérables, comme le montre un nouveau rapport de l’OIT. «Cela illustre combien les compétences liées à un métier acquises par la formation professionnelle peuvent vite devenir obsolètes, plus vite que les compétences de formation générale», précise le document rendu public dernièrement. Il appelle à réviser les programmes de formation professionnelle, à les moderniser afin qu’ils répondent aux exigences nouvelles de l’économie numérique. Les dernières Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2020: La technologie et l’avenir des emplois (GET Youth 2020) montrent que, depuis le précédent rapport GET Youth de 2017, une tendance à la hausse du nombre de NEET a été observée. En effet, 259 millions de jeunes étaient classés comme NEET en 2016, un chiffre qui aurait grimpé à 267 millions en 2019 et devrait continuer d’augmenter pour atteindre 273 millions en 2021. En termes de pourcentage, la tendance est aussi à la hausse – de 21,7% en 2015 à 22,4% en 2020. Ces tendances impliquent que l’objectif assigné par la communauté internationale de réduire sensiblement le taux de NEET d’ici à 2020 ne sera pas atteint. “On ne crée pas suffisamment d’emplois pour ces jeunes […] Nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher ces talents ni ces investissements dans l’apprentissage si nous voulons relever les défis liés aux technologies, au changement climatique, aux inégalités et à la démographie.» Sukti Dasgupta, Chef du Service de l’emploi et des marchés du travail au sein du Département des politiques d’emploi de l’OIT On compte actuellement 1,3 milliard de jeunes dans le monde environ, parmi lesquels 267 millions sont classés comme NEET. Deux tiers des NEET, soit 181 millions, sont des jeunes femmes. «Trop de jeunes gens de par le monde sont coupés de l’éducation et du marché du travail, ce qui peut compromettre leurs perspectives à long terme et nuire, au bout du compte, au développement social et économique de leurs pays», a déclaré Sangheon Lee, Directeur du Département des politiques d’emploi de l’OIT. «Mais les raisons qui les conduisent à devenir des NEET sont extrêmement variées. Le défi consistera à conjuguer l’approche flexible dont on a besoin pour toucher ces jeunes gens avec des politiques et des mesures fermes, nécessaires pour obtenir des résultats. Une approche ‘unique pour tous’ ne fonctionnera pas », a-t-il estimé. Le GET Youth 2020 montre que les jeunes qui ont effectué des études supérieures ont moins de risque de voir leur poste remplacé par l’automatisation. Cependant, ils sont confrontés à d’autres difficultés puisque la hausse rapide du nombre de jeunes diplômés dans la population active a dépassé la demande de main-d’œuvre diplômée, tirant les salaires des diplômés vers le bas. «On ne crée pas suffisamment d’emplois pour ces jeunes, ce qui veut dire que le potentiel de millions d’entre eux reste largement inexploité», déplore Sukti Dasgupta, Chef du Service de l’emploi et des marchés du travail au sein du Département des politiques d’emploi de l’OIT. A l’entendre, «nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher ces talents ni ces investissements dans l’apprentissage si nous voulons relever les défis liés aux technologies, au changement climatique, aux inégalités et à la démographie. Nous avons besoin de cadres stratégiques intégrés et de systèmes de formation réactifs, élaborés dans le cadre d’un dialogue entre gouvernements, travailleurs et employeurs.» Avec OIT
Economie : Nécessité de respecter la quotité réservée aux femmes, aux jeunes et aux personnes vulnérables

La ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’artisanat et du secteur informel, Mme Yvonne Adelaïde Mougany, a insisté, le 12 mars 2020 à Brazzaville, sur la nécessité de respecter la quotité de 40% réservée aux femmes, aux jeunes et aux personnes vulnérables dans la mise en œuvre du Concours de plans d’affaires (Cpa) et du Fonds d’appui au développement des petites et moyennes entreprises (Fadpme). Elle a fait cette annonce à l’occasion de la cérémonie de lancement des activités de la composante 2 du Padec et de la sensibilisation du Cpa et du Fadpme. La ministre a demandé à ses collaborateurs de se souvenir, dans les deux cas, des cibles que constituent les participants, tout au long des opérations et activités, d’où sortiront les 200 meilleurs plans d’affaires simplifiés. Mme Mougany a ajouté, s’agissant des finalistes, que 100 auteurs de meilleurs plans d’affaires définitifs seront sélectionnés, parmi lesquels 50 lauréats qui bénéficieront des prix allant de cinq à 15 millions de Fcfa pour le Cpa. En ce qui concerne le Fadpme, les objectifs à atteindre seront de 200 entreprises et de 10 groupements d’intérêt économique à appuyer et à accompagner effectivement sur une durée de trois ans. Selon la ministre, le but du Cpa et du Fadpme est d’officialiser l’opérationnalisation des deux instruments de la composante 2 du Projet d’appui au développement des entreprises et la compétitivité (Padec) et favoriser l’adhésion et la participation des potentielles cibles. Elle a souligné en outre que le Cpa-Fadpme va induire un processus intégrateur comprenant la formation, le financement, le conseil et l’accompagnement du créateur ou de l’entrepreneur à tous les obstacles pour créer et développer une entreprise performante et pérenne, motrice et vectrice d’une croissance continue et d’une diversification efficace de l’économie. Mme Mougany a par ailleurs fait savoir que l’ambition du ministère, au terme de ce passage par ces moules de bonnes pratiques internationales, se renforce sur le fonds d’un épanouissement de l’initiative privée, la symbiose de la culture entrepreneuriale et managériale dans la société congolaise, afin de faire émerger les nouvelles générations d’entrepreneurs professionnels et modèles dotés d’une forte capacité d’entraînement. «Cela concerne aussi bien les textes et procédures comme les incubateurs, les pépinières et les accélérateurs, sans oublier les nouveaux mécanismes plus ancrés dans la modernité, offerts par l’environnement international», a expliqué la ministre en charge des Pme qui envisage de mettre à profit les expertises reconnues, en vue du perfectionnement de l’écosystème global d’appui à l’entreprenariat congolais. Elle a également souhaité la promotion d’une expression de plus en plus ordonnée et accessible, des opportunités d’investissements et d’affaires, notamment à travers l’approche des clusters et chaînes de valeur tout en appelant à susciter une adhésion massive à l’aventure entrepreneuriale, source de création d’emplois et de richesses, mais aussi de réalisation individuelle et collective. Elle a, à cet effet, interpellé les consultants et les experts de son ministère afin qu’ils apportent le plus grand soin aux présentations dont ils ont la responsabilité, car la réussite dans l’exécution du Cpa et du Fadpme dépend du niveau de compréhension et d’appropriation de la démarche par la population en général, les jeunes et les femmes en particulier. Mme Kouroutoumou Ouattara, représentante résidente du groupe de la Banque mondiale au bureau de Brazzaville, a estimé que ces instruments sont dédiés exclusivement au soutien direct aux entrepreneurs, aux micros et aux Pme, dans les secteurs porteurs et prioritaires comme l’agro-business, les technologies de l’information et de la communication, le tourisme, les transports et la logistique, le long du corridor Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso. «Ces défis seront relevés en particulier par la mise en place de la composante 2 du Padec, dont l’enveloppe est de 12 millions de dollars US. La composante 2 est mise en œuvre par deux instruments qui sont le Cpa, d’une part, et le Fadpme, d’autre part», a-t-elle dit. Mis en vigueur en 2019, le Padec est financé par un prêt de 25 millions de dollars US, soit approximativement 14,6 milliards de Fcfa, conclu entre la république du Congo et la Banque mondiale pour sa mise en œuvre. Le Padec, a-t-on appris, vise la relève des défis importants auxquels le Congo fait encore face, et qui entravent le processus de diversification de son économie, à savoir, l’amélioration du climat des affaires et la faible contribution du secteur privé. Les activités de ce projet contribueront à la réalisation des objectifs du gouvernement tels qu’énoncés dans le Plan national de développement (Pnd) 2018-2022, dans le 3ème axe stratégique qui cible trois secteurs porteurs que sont l’agriculture, l’industrie et le tourisme. Florent Sogni Zaou
Du travail sans contrat pour les jeunes et les non-diplômés (Maroc)

C’est une des facettes du monde du travail dont on ne parle pas souvent, voire très peu et à des rares occasions. C’est qu’en plus d’être peu organisé, l’environnement professionnel est loin de servir d’exemple en matière de protection des employés. C’est ce qui ressort des résultats de l’étude menée par le Haut-commissariat au plan (HCP) sur les principales caractéristiques de la population active occupée au titre de l’année 2019. Selon l’étude, «un peu plus de la moitié des salariés (54,9%) ne disposent d’aucun contrat formalisant leur relation avec l’employeur », a relevé l’institution publique précisant qu’un peu plus du quart (26,5%) disposent d’un contrat à durée indéterminée (CDI), 11,4% d’un contrat à durée déterminée (DDD) et 5,8% d’un contrat verbal. A en croire le Haut-commissariat, la part des salariés ne disposant d’aucun contrat s’élève à 76,4% en milieu rural contre 47,6% en milieu urbain. Elle passe de 43% parmi les femmes à 58% parmi les hommes. Déjà durement frappés par le chômage qui affecte 24,9% d’entre eux, les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont les plus touchés par le travail sans contrat (75,4%). Tout comme les personnes n’ayant aucun diplôme dont 75,7% souffrent aussi de l’absence de contrat formalisant leur relation avec leur employeur. Soulignons toutefois que l’absence de contrat n’est qu’une des nombreuses facettes du monde du travail. En effet, l’étude du Haut-commissariat montre, par ailleurs, que près du quart des actifs occupés (24,1%) seulement bénéficient d’une couverture médicale liée à l’emploi. Ils sont 36,4% dans les villes et 7,8% à la campagne. Il apparait, en outre, que la part des actifs occupés affiliés à un système de couverture médicale augmente avec le niveau de diplôme, passant ainsi de 10,8% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 72,1% parmi les détenteurs d’un diplôme supérieur. En détail, l’étude montre que les actifs occupés exerçant dans l’«industrie y compris l’artisanat» enregistrent le taux de couverture médicale le plus élevé (41,4%), suivis de ceux relevant du secteur des services (36,2%), des BTP (12,8%) et de l’agriculture, forêt et pêche (4,7%). Selon le Haut-commissariat, «au niveau national, 45,3% des salariés bénéficient d’une couverture médicale assurée par l’employeur; 52,4% en milieu urbain et 24,5% en milieu rural; 54,4% parmi les femmes et 42,9% parmi les hommes». L’autre enseignement apporté par l’étude, concerne l’affiliation au système de retraite. A ce propos, il ressort que plus d’un actif occupé sur 5 (22,4%) est affilié à un système de retraite, 34,5% en milieu urbain et 6,1% en milieu rural. Selon les observations du HCP, «le taux de couverture par un système de retraite est presque de même niveau aussi bien parmi les hommes que les femmes, avec respectivement 21,6% et 24,9%». Et de noter qu’il passe de 15,7% parmi les jeunes âgés de 15 à 29 ans à 24,3% parmi les personnes de 30 ans et plus et de 8,9% parmi les actifs occupés n’ayant aucun diplôme à 70,7% parmi les détenteurs d’un diplôme supérieur. A noter que les taux de couverture de retraite les plus élevés sont enregistrés dans les secteurs de l’«industrie y compris l’artisanat» et des «services» avec respectivement 39,1% et 33,7% alors que les taux les plus bas sont relevés dans les secteurs des «BTP» et de l’«Agriculture, forêt et pêche » avec respectivement 10,3% et 4,4%. Soulignons, en outre, que «plus de 4 salariés sur 10 (42,4%) sont affiliés à un système de retraite, 50% en milieu urbain et 19,2% en milieu rural», selon le Haut-commissariat notant que cette proportion est de 53,1% parmi les femmes contre 39,3% parmi les hommes. Notons également que le sous-emploi touche particulièrement les actifs occupés hommes et ceux exerçant dans le BTP. «En 2019, l’effectif de la population sous employée est de 1.001.000 personnes. Le taux de sous-emploi atteint 9,2% au niveau national, 8,3% en milieu urbain et 10,4% en milieu rural », selon l’étude précisant que le phénomène du sous-emploi concerne 15,9% des actifs du secteur des BTP suivi de l’ »agriculture, forêt et pêche » (9,8%), des « services » (8%) et de l’ »industrie y compris l’artisanat » (6,4%). Alain Bouithy
Le chômage reste le lot des jeunes et des diplômés (Maroc)

«Les plus forts taux de chômage restent le lot des jeunes, des femmes et des diplômés ». C’est en ces termes que le Haut-commissariat au plan (HCP) résume la situation du marché du travail qui a prévalu en 2019. Près d’une quinzaine de jours après la publication de sa note d’information relative à « la situation du marché du travail en 2019 », l’institution publique revient sur cette problématique en s’intéressant particulièrement aux principales caractéristiques de la population active en chômage telles qu’elles sont ressorties en 2019. Dans sa dernière note, le HCP a ainsi relevé que le taux de chômage a atteint 24,9% parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus, précisant qu’il a enregistré respectivement 39,2% et 9,9% en milieu urbain. « Le phénomène du chômage touche les femmes plus que les hommes, avec des taux respectifs de 13,5% et de 7,8%. Dans les villes, le taux de chômage des femmes est plus que le double de celui des hommes avec respectivement 21,8% et 10,3% », a constaté l’institution. Dans sa note, le HCP a souligné également que le taux de chômage croît avec le niveau de qualification. En 2019, il est ainsi passé de 3,1% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme à 15,7% pour les détenteurs d’un diplôme et de 12,4% parmi les personnes ayant un diplôme moyen à 21,6% pour celles ayant un diplôme supérieur. Le Haut-commissariat a toutefois relevé que ce taux « reste relativement plus élevé parmi certaines catégories de diplômés dont particulièrement les détenteurs des diplômes délivrés par les facultés (23,6%), des diplômes de techniciens et cadres moyens (23,9%) et des certificats en spécialisation professionnelle (20,9 %) ». L’autre grand enseignement de cette étude est que les chômeurs sont en majorité des citadins, des hommes et des jeunes. En effet, les chiffres publiés par le HCP montrent que plus de 8 chômeurs sur 10 (83,8%) résident en milieu urbain, 2 sur 3 sont de sexe masculin (65%), 8 sur 10 (80,3%) sont âgés de 15 à 34 ans et 4 sur 10 (40,8%) sont détenteurs d’un diplôme supérieur. Selon ces données statistiques, cinq régions ont abrité 71,6% des chômeurs l’année écoulée; Casablanca-Settat vient en première position avec 25%, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (15,8%), de Fès-Meknès (11%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,9%) et de l’Oriental (9,9%). Il ressort également de toutes ces analyses que 6 chômeurs sur 10 sont des primo-demandeurs d’emploi. En détail, il apparaît que « 57,2% des chômeurs sont à la recherche de leur premier emploi, 50,9% parmi les hommes et 69,0% parmi les femmes », a souligné le HCP précisant que les primo-demandeurs d’emploi sont en majorité des citadins (85,2%), des jeunes âgés de 15 à 34 ans (92,9%) et des détenteurs d’un diplôme (91,9 %). En outre, près des trois-quarts d’entre eux (73%) sont concentrés dans 5 régions, à savoir Casablanca-Settat avec 21%, Rabat-Salé-Kénitra (18%), Fès-Meknès (12,9%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,4%) et Marrakech-Safi (8,7%). Sur un autre volet, l’étude a révélé une prépondérance du chômage de longue durée, relevant que plus des deux-tiers des chômeurs (67,8%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus, les femmes plus que les hommes avec respectivement 75,9% et 63,5%, les jeunes de 15 à 34 ans plus que les personnes de 35 ans et plus (respectivement 71,1% et 54,8%) et les détenteurs d’un diplôme supérieur plus que ceux ayant un diplôme moyen (respectivement 78% et 67,5%). S’il est un autre enseignement à tirer de ce travail, c’est bien le profil des chômeurs ayant déjà travaillé qu’il révèle. A ce propos, il ressort qu’au cours de l’année dernière, « plus de 4 chômeurs sur 10 (42,7%) ont déjà exercé un emploi avant de se retrouver en situation de chômage. Ils sont en majorité des citadins avec 81,9%, des hommes (74,6%) et des jeunes de 15 à 34 ans (63,4%) », a fait savoir le HCP précisant que plus des deux-tiers (69,1%) ont un diplôme, 46,9% de niveau moyen et 22,2 % de niveau supérieur. L’étude du Haut-commissariat a, par ailleurs, permis de se rendre compte que 87,9% de ces chômeurs étaient des salariés et 9,2% des indépendants et que près de la moitié d’entre eux (50,8%) exerçaient dans le secteur des services, 20,7% dans l’industrie y compris l’artisanat et 19,1% dans les BTP. En outre, près d’un tiers exerçait en tant que manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs de petits métiers (30,4%), tandis que 23% étaient des artisans et ouvriers qualifiés des métiers artisanaux et 20,7% des employés. La répartition par région montre que la majorité des chômeurs ayant déjà travaillé (80%) sont concentrés dans 5 régions. A savoir : Casablanca-Settat avec 30,4%, l’Oriental (14,2%), Rabat-Salé-Kénitra (12,8%), Sous-Massa (12,1%) et Fès-Meknès (8,5%). A noter que deux autres enseignements ont été relevés dans cette étude : le faible recours à l’intermédiation institutionnelle dans la recherche d’emploi et le salariat présenté comme le statut d’emploi le plus recherché. Concernant le premier point, il ressort que dans leur recherche d’emploi, les deux-tiers des chômeurs (64,9%) font appel aux personnes parentes ou à l’entourage (31,4%) ou au contact direct des employeurs (33,5%). Ces deux modes sont employés par les hommes (70,6%) plus que les femmes (54,2%). Si la participation aux concours et les réponses aux annonces ont été déclarées comme modes de recherche d’emploi par 18,2% des chômeurs, le recours aux institutions d’intermédiation ne représente que 5%. Quant au deuxième point, il apparaît que près de 7 chômeurs sur 10 (71,9%) souhaitent travailler en tant que salariés. Ainsi que l’a affirmé le HCP, « ce statut est recherché par les femmes (78,3%) relativement plus que les hommes (68,4%) et par les détenteurs d’un diplôme supérieur (78,7%) plus que les non diplômés (64,9%) ». Pour rappel, la population en chômage est passée, entre 2018 et 2019, de 1.137.000 à 1.107.000 personnes, selon le HCP. Dans sa précédente note, l’institution avait relevé que le taux de chômage est passé de 9,5% à 9,2% au niveau national, de 13,8%
Le chômage continue à frapper durement les jeunes (Maroc)

Les nouvelles en provenance du marché du travail ne sont pas rassurantes. Elles sonnent creux à l’oreille de nombreux demandeurs d’emplois qui vont devoir continuer à prendre leur mal en patience. Et pour cause : ils étaient encore nombreux à n’avoir pu trouver un emploi au troisième trimestre 2019. Selon les chiffres peu encourageants pour ces derniers, publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le nombre de chômeurs a enregistré une hausse de 26.000 personnes, 23.000 en milieu rural et 3.000 en milieu urbain, au neuvième mois de l’année qui s’achève. La hausse est telle que « le nombre de chômeurs est passé, au niveau national, de 1.088.000 à 1.114.000 personnes entre le troisième trimestre de 2018 et la même période de 2019 », a relevé le HCP dans une note d’information relative aux principaux indicateurs du marché de travail au troisième trimestre de 2019. Ainsi que l’a déduit cette institution publique, le taux de chômage est passé de 9,3% à 9,4%, de 13,1% à 12,7% en milieu urbain et de 3,9% à 4,5% en milieu rural. Rien de rassurant donc pour les centaines de milliers de chômeurs qui devront continuer de broyer du noir. L’analyse des données rendues publiques par le HCP suggère que le chômage continue d’affecter les jeunes âgés de 15 à 24 ans, puisqu’il demeure relativement élevé parmi cette catégorie avec des taux frisant les 26,7%, contre 7% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus. Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants qu’ils font également état de taux relativement élevés parmi les femmes, soulignant que 13,9% d’entre elles ont été concernées au cours de la même période par ce fléau social, contre 8% parmi les hommes) et les détenteurs d’un diplôme (15,5%, contre 3,7% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme). Au troisième trimestre, il ressort que plus de la moitié des chômeurs (55,3%) sont à la recherche de leur premier emploi, 49% parmi les hommes et 67,4% parmi les femmes. « Les deux-tiers (66,8%) sont en situation de chômage de longue durée, 62,2% parmi les hommes et 75,1% parmi les femmes », a relevé le Haut-commissariat soulignant, en outre, que plus du quart des chômeurs (27,8%) se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur. A en croire le Haut-commissariat, les taux de chômage les plus élevés sont relevés dans les régions du Sud avec 15,5%, de l’Oriental (14,2%), du Souss-Massa (11,7%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,2%). En revanche, le HCP a constaté qu’au cours de la période étudiée, les régions de Marrakech-Safi et de Béni Mellal-Khénifra ont enregistré les taux les plus bas du pays avec respectivement 6,3% et 4,7%. Selon toujours l’institution publique, 79,2% des chômeurs sont concentrés dans six régions. Il s’agit des régions de Casablanca-Settat (24,1%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,9%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,6%), de l’Oriental (9,8%), de Souss-Massa (9,4%) et de Fès-Meknès (9,4%). Concernant les taux d’activité, il apparaît que celui-ci a connu, au niveau national, une stagnation autour de 44,9%, entre le troisième trimestre de 2018 et la même période de 2019. « Il s’est accru de 41,1% à 41,7% en milieu urbain et a régressé de 51,9% à 50,8% en milieu rural », a noté le HCP soulignant que l’écart entre hommes et femmes a atteint 49,6 points, avec des taux d’activité respectifs de 70,1% et de 20,5%. S’agissant du taux d’emploi, qui a atteint 40,7% témoignant également d’une stagnation au niveau national, il « a connu une hausse de 0,7 point en milieu urbain et une baisse de 1,4 point en milieu rural. L’écart entre hommes et femmes a atteint 46,8 points avec des taux d’emploi respectifs de 64,5% et de 17,7% », a relevé l’institution. Autres enseignements de la note du HCP : l’emploi non rémunéré, constitué d’environ 97% d’aides familiales, a régressé de 95.000 postes, conséquence d’une perte de 113.000 en zones rurales et d’une création de 18.000 emplois en zones urbaines. Alors que le taux de sous-emploi est passé de 9,6% à 9,1%, au niveau national, de 8% à 7,8% en milieu urbain et de 11,7% à 10,8% en milieu rural. Alain Bouithy
Le chômage continue de narguer les jeunes et les diplômés (Maroc)

Bien qu’il ait été déclaré au centre des attentions des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années, le chômage continue de faire des ravages. Au grand désespoir des jeunes et des diplômés, premiers touchés par ce fléau, qui parfois doutent des capacités des pouvoirs publics à l’éradiquer ou tout au plus à le réduire de façon significative et durable. Année après année, la question du chômage demeure aussi poignante malgré l’élaboration d’une multitude de stratégies et programmes. L’évolution du taux de chômage frise encore les 10% et risque de s’emballer. Ceci d’autant plus que les projections du Haut-commissariat au plan (HCP) font état d’un ralentissement de la croissance nationale pour l’année en cours. Ce qui n’est pas pour raviver le moral des ménages marocains qui touche désormais l’abîme. A ce propos, rappelons que les résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages relatifs au deuxième trimestre de l’année 2019 dans le volet « chômage » sont révélateurs du climat régnant au sein des foyers. En effet, il ressort de l’enquête menée par cette institution publique que la perception par ces derniers de l’évolution du nombre de chômeurs laisse à désirer. Selon le HCP, la majorité des ménages marocains (83%) sondés déclarent s’attendre à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le Haut-commissariat en déduit que « le solde d’opinion est resté négatif à moins 76,9 points, en dégradation aussi bien par rapport au trimestre précédent où il a enregistré moins 75,6 points que par rapport au même trimestre de l’année précédente où il était à moins 61,7 points ». C’est dire qu’en dépit de l’amélioration des indicateurs du marché du travail à laquelle fait allusion la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) dans sa dernière publication annuelle « Tableau de bord social », indiquant une baisse tendancielle du taux de chômage passé de 13,4% en 2000 à 9,8% en 2018, la question du chômage continuera de hanter les esprits, particulièrement des jeunes et des diplômés. Et ce malgré le lancement, ces dernières années, d’une série d’initiatives visant la promotion de l’emploi et la réforme du marché du travail. C’est dans ce cadre qu’a été initiée la Stratégie nationale pour l’emploi (SNE) 2015-2025 qui cible notamment la promotion d’un emploi décent à travers une croissance riche en emplois productifs et de qualité, l’accroissement de la participation des jeunes et des femmes dans le marché du travail, souligne la Direction précisant que cette stratégie a pour principal objectif de réduire le taux de chômage à 8,5% à l’horizon 2021. Dans sa dernière publication, la DEPF fait état d’une baisse tendancielle du taux d’activité et du taux d’emploi ainsi qu’une disparité de la répartition spatiale et sectorielle. Selon elle, la population active a connu un accroissement continu à raison de 90 mille actifs nets additionnels annuellement, passant de 10,278 en 1999 à 11,979 millions d’actifs en 2018. Cependant, poursuit la DEPF, cet accroissement demeure inférieur à celui de la population en âge d’activité qui a augmenté de 371 mille personnes annuellement durant la même période, ce qui s’est traduit par une baisse du taux d’activité de 54,4% en 1999 à 46,2% en 2018. « Cette baisse du taux d’activité, essentiellement en milieu urbain, s’explique par le recul important de l’offre de travail des jeunes âgés de 15 à 24 ans qui participent de moins en moins au marché du travail », précise-t-elle notant que certains prolongent la durée de leur scolarité et d’autres se retirent du marché du travail face aux difficultés croissantes d’insertion. A noter aussi que la baisse du taux d’activité a concerné l’ensemble des tranches d’âge mais avec des niveaux différentiés. Ainsi, « pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce taux a reculé de 21 points entre 1999 et 2018, alors que chez les personnes âgées de 25 à 34 ans, il a baissé de 4,7 points et parmi celles âgées de 35-44 ans de 3,5 points ». Soulignons qu’en dépit de l’accroissement du volume de la population active occupée, le taux d’emploi a, de son côté, baissé de 46,0% en 2000 à 41,7% en 2018 (-4,3 point), selon la DEPF notant qu’il a également baissé de 1,0 point en milieu urbain et -6,3 en milieu rural. Si le nombre de chômeurs a baissé, entre 2000 et 2018, de 1.367.769 à 1.168.000 personnes, permettant ainsi au taux de chômage de gagner 3,6 points de pourcentage en passant de 13,4% à 9,8%, il faut cependant relever que « cette évolution cache des disparités selon le milieu de résidence, le sexe, l’âge et le niveau de diplôme ». Aussi, à l’instar des années précédentes, le chômage reste encore élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans. D’après la DEPF, « il a atteint 26% au niveau national (43,2% en milieu urbain) en 2018 enregistrant ainsi une baisse de 0,5 point au niveau national, 1 point pour cette catégorie en milieu rural et une augmentation de 0,7 point en milieu urbain ». Enfin, entre 2017 et 2018, le taux de chômage des diplômés a augmenté de 0,3 point pour atteindre 17,1% parmi ceux-ci contre seulement 3,5% pour ceux n’ayant pas de diplôme. Alain Bouithy
Maroc: Amélioration de l’accès des jeunes à des opportunités économiques

La Banque mondiale apporte son soutien au projet « Soutenir l’insertion économique des jeunes au Maroc », une initiative visant principalement l’amélioration de l’accès des jeunes à des opportunités économiques dans la région de Marrakech-Safi. Représentée par sa directrice du Département Maghreb et Malte, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Marie Françoise Marie-Nelly, l’institution financière internationale et le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaaboun, ont procédé récemment à Rabat à la signature d’un accord de prêt relatif audit projet. L’accord a été signé en présence des ministres de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saïd Amzazi ; de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle, Mohamed Yatim et du ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi. Etaient également présents à cette cérémonie : Mohamed Derdouri et Abdelmounaim Madani, respectivement wali et coordinateur national de l’Initiative nationale pour le développement humain et directeur de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences. Inscrit dans le cadre du partenariat stratégique 2019-2024 entre le Maroc et la Banque mondiale, le projet «Soutenir l’insertion économique des jeunes au Maroc» permettra de mobiliser 55 millions de dollars sur cinq ans, indique le ministère de l’Economie et des Finances dans un communiqué publié au terme de cette cérémonie. Ainsi que le rappelle également le département des Finances, ce projet s’articule autour de trois composantes. La première porte sur la promotion de l’employabilité et l’insertion économique des jeunes, à travers la mise en place d’un réseau régional d’Espaces d’emploi des jeunes (EEJ) dans les sept provinces et la préfecture de la région et l’organisation de formations d’insertion professionnelle au profit de 19000 jeunes. La deuxième composante vise « le développement de l’écosystème entrepreneurial et le soutien à la création d’opportunités d’entrepreneuriat pour les jeunes dans les domaines aux chaînes de valeur à fort potentiel d’emploi; à travers la mise en place d’un réseau régional de Centres d’appui à l’entrepreneuriat et au développement économique local ». Selon le ministère, cette composante porte aussi sur la mise en œuvre d’un programme régional d’entrepreneuriat au profit de 25 000 jeunes avec la création de 1500 entreprises. Comme précisé de même source, par le département l’Economie et des Finances, elle porte également sur « la mise en œuvre d’un programme régional d’appui au profit des micros, très petites, petites et moyennes entreprises et des coopératives intégrées dans des chaines de valeur et activités économiques locales ayant un potentiel de croissance et de création d’emplois dans la région ». La troisième composante du projet fait allusion au renforcement des capacités des institutions et de mise en œuvre du projet. A noter que lors de la signature de l’accord de prêt, « les ministres présents à cette cérémonie et le directeur de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences ont procédé à la signature de la convention de mise en œuvre de ce projet », souligne le département de l’Economie et des Finances. Alain Bouithy