Maroc. Le chômage colle désespérément aux femmes, aux jeunes et aux diplômés

« Awrach » et son caractère aléatoire mis à part

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Les difficultés des jeunes à s’insérer sur le marché du travail demeurent préoccupantes, si l’on en croit les récents chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP).

Malgré une baisse modérée voire insignifiante à bien des égards du taux de chômage au deuxième trimestre 2022, la situation de ces derniers sur le marché du travail n’a pas connu d’amélioration notable au cours des six premiers mois de l’année. Tout comme celle des  diplômés et des femmes, deux catégories se trouvant logées à la même enseigne.

En effet, alors que le taux de chômage est passé de 12,8% à 11,2% au niveau national au deuxième trimestre 2022, de 18,2% à 15,5% en milieu urbain et de 4,8% à 4,2% en milieu rural, les données du HCP montrent qu’il reste plus élevé parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (30,2%), les diplômés (18%) et les femmes (15,1%).

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Il n’y a ainsi pas de quoi se réjouir. D’autant plus que la baisse du taux de chômage ne pourrait être en réalité qu’un mirage. Il suffit d’analyser plus en profondeur cette situation pour se rendre compte qu’on n’est à rien d’une évolution spectaculaire.

A bien regarder la situation du marché du travail, on n’est pas loin de penser que cette légère baisse du chômage trouve une partie de sa justification dans le fameux programme «Awrach» qui prétend booster l’emploi des jeunes en offrant quelque 250.000 opportunités de travail à ces derniers dans des chantiers publics. Mais qui, faut-il le souligner, ne devraient pour autant véritablement pas inverser la courbe actuelle du chômage.

Aussi, en plus de n’être que temporaire (2022 et 2023), il se trouve que ce programme  longuement vanté par le gouvernement Akhannouch, s’appuie sur des emplois au demeurant précaires ne nécessitant pas des qualifications spéciales.

Autrement dit, un feu de paille qui pourrait à tout moment replonger les jeunes auxquels il s’adresse dans la situation qui a toujours été la leur, celle d’un chômage permanent.

Pour rappel, le Groupe socialiste a maintes fois exprimé ses inquiétudes au Parlement quant à la mise en œuvre de cet dispositif interpellant à l’occasion plusieurs ministres du gouvernement actuel.

Youssef Aidi, président du Groupe socialiste à la Chambre des conseillers, craignait déjà, en début d’année, que ce dispositif temporaire produise une «coordination pour les victimes du programme Awrach». A ses yeux, ce programme ne garantit pas la pérennité du travail, un salaire minimum et la dignité, malgré le tapage qui est fait autour. Et c’est bien là où le bât blesse.

Bien qu’elle ait concerné toutes les tranches d’âge, la baisse du taux de chômage est plus prononcée parmi les personnes  âgées  de 25 à 34 ans (-2,2 points),  passant de 20,9% à 18,7% et plus faible parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (-0,6 point), passant de 30,8% à 30,2%, a indiqué le Haut-commissariat dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2022.

Selon l’organisme public, entre le deuxième trimestre de 2021 et celui de 2022, le nombre de chômeurs a baissé, passant de 1.605.000 à 1.387.000 chômeurs. Ce qui correspond à une diminution de 14%, résultant d’une baisse de 182.000 chômeurs en milieu urbain et de 36.000 en milieu rural, a-t-il estimé.

Des analyses de cette institution, il ressort que la baisse du chômage a concerné l’ensemble des catégories de la population et a reculé de 2 points pour les hommes, passant de 11,9% à 9,9%, et de 0,8 point pour les femmes, passant de 15,9% à 15,1%.

Il a également enregistré une baisse de 2,4 points parmi les diplômés, passant de 20,4% à 18%, et de 1,4 point parmi les non diplômés, passant de 5% à 3,6%.

A noter qu’entre le deuxième trimestre de 2021 et la même période de 2022, l’économie nationale a créé 133.000 postes d’emploi, résultant d’une création de 285.000 en milieu urbain et d’une perte de 152.000 postes en milieu rural.

Selon la note d’information du HCP, « le secteur des services a créé 237.000 postes, celui de l’”industrie” 76.000 postes, des « BTP » 30.000 postes, alors que l’”agriculture, forêt et pêche” en a perdu 210.000 ».

A noter également que le taux d’activité a baissé de 0,9 point, par rapport à la même période de 2021, pour s’établir à 45,2%, suite à l’accroissement de la population en âge d’activité (15 ans et plus) de 1,4 et de la baisse de la population active de 1%.

Alain Bouithy

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