RD Congo: les rebelles du M23 progressent jusqu’à Uvira sans affrontements

RD Congo: les rebelles du M23 progressent jusqu’à Uvira sans affrontements

GUERRE DE L’EST. Ce mercredi, peu avant midi, le M23 est entré à Uvira, chef-lieu temporaire du Sud-Kivu, sans combats, seon une information de Radio Okapi. « Ce midi, plusieurs témoins confirmaient la présence visible de groupes de rebelles dans les principales artères de la cité, tandis que d’autres rebelles se dirigeaient vers Kavinvira à la frontière avec le Burundi », rapporte la chaine onusienne. « Selon des témoins, c’est peu avant midi que la situation a pris une nouvelle tournure.  Les rebelles sont entrés dans la cité sans rencontrer une résistance, progressant en file indienne vers Kavinvira, à la limite avec le Burundi », poursuit-elle. Patricia Engali

RDC. Trois petites observations sur la crise qui secoue le Kongo Central

RDC. Trois petites observations sur la crise qui secoue le Kongo Central

PARLONS-EN. 1. Depuis plus de deux décennies que dure la guerre de l’Est du Congo, la province du Kongo central fait l’objet de nombreuses convoitises et elle semble être mise au centre des enjeux hautement stratégiques non avoués en vue de contrôler le pouvoir politique et économique de l’ensemble de la République. 2. Ce qui en conséquence entraîne un autre phénomène : les peuples autochtones de cette province ne contrôlent plus rien de leur destin car toute décision en matière de nomination dans les différentes institutions provinciales est téléguidée à partir de la capitale. Et ce téléguidage de la gestion du pouvoir provincial (en total désaccord avec la volonté constitutionnelle de forte décentralisation de 22 provinces congolaises) ne se fait point au nom des intérêts de la province mais au profit de quelques individus appelés abusivement « Notables kongo » et qui s’arrogent le droit de profiter de leur position au niveau du pouvoir central pour placer en province, leurs pions qui leur serviront de POMPES À SOUS. Tout se passe comme dans cette équation : « Je te fais nommer à un poste et, à ce titre, tu me dois en millions de $ si tu tiens à garder ton poste». 3. Dans ce jeu très perfide du commerce de pouvoirs, il s’installe un mal-être, un véritable malaise généralisé dans la marche générale de la province de plus en plus APPAUVRIE à la fois par la non-rétrocession de 40% de recettes de la province telles que disposées par la constitution et par le siphonage de l’argent de la province vers des poches privées à Kinshasa et à Matadi. Je crois comprendre que le cycle des violences initiées à l’assemblée provinciale depuis déjà l’époque d’Anatole Matusila, puis de Jean-Claude Mvuemba et dans le cas actuel ne s’arrêtera pas avec un simple changement des individus et par la passation de pouvoir à un des 22 pétitionnaires. Si l’on veut arrêter des telles exhibitions “honteuses” de violence et de barbarie où la province ne gagne rien-mais alors rien-, il faut attaquer le mal à la racine en procédant à la RETENUE DES 40 % À LA SOURCE, en imposant par la base l’exigence de TRANSPARENCE dans la gestion des recettes de la province et par la neutralisation de ces réseaux maffieux des officiels kongo à Kinshasa qui, au nom de leurs intérêts particuliers, s’emploient à déstabiliser la marche entière de la province. Tant que cette triple hémorragie (blocage de rétrocession, opacité dans la gestion du trésor provincial doublée en amont du téléguidage de nominations et en aval du siphonnage de recettes provinciales) ne sera pas stoppée, la province va continuer à saigner jusqu’à son extension lente mais sûre. Et nous le petit peuple nous serons sévèrement jugés pour avoir gardé silence et pour avoir laissé faire la médiocrité s’installer au sommet de la province. Germain Nzinga

RD Congo. Info sur le front militaire de l’Est

RD Congo. Info sur le front militaire de l’Est

PARLONS-EN. Le Conseil de La Défense s’est réunie autour du Président Félix Tshisekedi sur des questions militaires et opérationnelles au Nord Kivu. Au sortir du Conseil, Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre, ministre de la défense nationale a annoncé des points suivants : 1. Le Conseil supérieur de la défense lance un message à toute la population que tout est mis en œuvre pour que la ville de Goma ne tombe pas. L’armée met également tout en œuvre pour récupérer toutes les localités occupées par les Forces rwandaises. 2. “Il faut faire attention aux réseaux sociaux qui alimentent pour créer une certaine peur, une fragilité dans les esprits. Attention, ce n’est pas la réalité. L’ennemi y est pour quelque chose. L’armée congolaise fait un travail extraordinaire”, a poursuivi Bemba 3. « Enfin, le Conseil supérieur de la défense a demandé au Chef de l’État de pouvoir lever le moratoire sur la peine capitale, en ce qui concerne les questions de traîtrise au sein des Forces de défense et de sécurité », a conclu M. Bemba QU’EN DIRE ????? Au point 1 du communiqué, en disant que Goma ne tombera pas, c’est la preuve qui confirme qu’il y a menace réelle et sérieuse sur la ville de Goma déjà encerclée par des forces militaires ennemies. On nous répétait les mêmes rengaines idéologiques à la télévision zaïroise le soir du 14 mars 1997 : “la ville de Kisangani ne tombera jamais” lorsque les radios étrangères annonceront la chute de la ville entre les mains de l’AFDL le lendemain. Tout récemment encore en début juin 2022, les autorités nous rabâchaient: : “ la ville de Bunagana ne tombera pas”, aujourd’hui force est de constater que c’est depuis 600 jours que cette ville est sous occupation étrangère. Pour le point 2 du communiqué relatif aux réseaux sociaux, le gouvernement est loin de comprendre qu’on a affaire à une guerre de l’information qui est une partie intégrante de la guerre. Celui qui contrôle l’information dit tout ce qui concourt à son avantage et réussit à semer la panique dans le camp adverse. La nature a horreur du vide, dit-on. La RTNC en choisissant de garder un mutisme sur l’insécurité qui sévit à l’Est laisse le champ libre aux spéculations et à la manipulation de l’ennemi. Pour le point 3, il nous faut revenir à la boutade de Wole Soyinka en 1964 :  » Est-ce que le tigre proclame sa tigritude ?  » Non! repond-il. Elle saute sur sa proie et la déchire.” Le Conseil de la Défense serait crédible si elle venait annoncer à l’opinion nationale l’incarcération et la peine capitale déjà opérationnelle contre les traîtres de la patrie. Ici il ne devrait plus parler d’un simple PROJET de moratoire sur la question de traîtrise dans les FARDC. Il faut agir. Car tout le monde sait déjà depuis deux décennies les noms des officiers supérieurs étrangers traîtres qui ont été infiltrés dans la chaîne du commandement des FARDC mais aucun dirigeant ni le président de la République ni le ministre de la Défense ni le conseil national de la Défense ne les a jamais inquiétés. Pour des raisons inconnues du peuple, personne ne se décide de prendre ses responsabilités pour rendre ces ennemis hors d’état de nuire. Pourquoi alors parler de peine capitale là où vous êtes incapables d’interpeler et d’incarcérer des ennemis de la patrie qui s’avèrent être vos proches collaborateurs? C’est hallucinant. Croyez-moi: cette décision non du moratoire de peine capitale mais d’un projet de moratoire ( la nuance est très importante ) est on ne peut plus cosmétique. Elle semble être un coup d’épée dans l’eau. L’avenir nous le dira… Par Germain Nzinga

RDC : Que peut entraîner un possible décès de Yoweri Museveni ???

RDC : Que peut entraîner un possible décès de  Yoweri Museveni ???

ANALYSE. La nouvelle du président Kaguta Museveni qui serait dans le coma dans un hôpital de Kampala est lourd de significations pour la situation sécuritaire et politique de la RD Congo. Qu’il guérisse ou pas, son état d’âge avancé pose déjà la question de sa succession et de son impact dans la sous-région. Pourquoi ? Cet acteur politique est l’une de deux pièces-maîtresses sur lesquelles s’est basée l’administration américaine pour sous-traiter la direction des affaires intérieures du Congo-Kinshasa depuis Bill Clinton jusqu’à ce jour. Qu’adviendrait-il si sa mort venait d’être confirmée? 1. Le premier scénario en vue, c’est de voir son fils le général Muhoozi Kainerugaba lui succéder et prendre la tête de l’Ouganda, ce pays régi par une dictature féroce depuis plus de trente ans et qui ne connaît point des opposants solides. L’on se souviendra du « Muhoozi Project »divulgué en avril 2013, par le général David Sejusa, ancien conseiller du président et coordinateur des services de renseignements, pour parler d’un plan organisé par le président Museveni visant à assassiner tout haut fonctionnaire s’opposant à une candidature présidentielle de Muhoozi Kainerugaba. Plusieurs analystes et de nombreux Ougandais avaient compris qu’effectivement le président Museveni voulait déjà en ce moment faire de son fils, le prochain président de l’Ouganda. Les deux opposants civils Bobi Wine et Kizza Besigye qui sont sans soutien militaire ni de grandes foules de sympathisants derrière eux ne font pas le poids face à celui qui a été préparé longuement par son président de père pour exercer le contrôle sur une armée dont il a déjà été commandant en chef des forces terrestres. Mais ici encore rien ne rassure que l’Ouganda post-Museveni sera stable. Les nombreux clivages ethniques qui caractérisent ce pays et la possible dissidence des têtes couronnées de l’armée contre le rejeton de Museveni considéré par beaucoup d’entre eux comme un fils à papa, alcoolique et imprévisible, peuvent bien déstabiliser ce pays de l’intérieur. 2. Il est également difficile d’affirmer que la probable investiture présidentielle de Muhoozi ouvrira une ère nouvelle dans le jeu politique de la sous-région des Grands-Lacs. Muhoozi, cet ancien diplômé de l’académie royale militaire de Sandhurst en Angleterre, est bien trempé dans la politique anglo-saxonne de la région interlacustre. De toute vraisemblance, son nouveau pouvoir va pérenniser la politique de son géniteur vis-à-vis de la politique intérieure du Congo-Kinshasa, dans sa volonté de déstabiliser le Nord-Est congolais pour piller l’or et d’autres richesses du sol et du sous-sol. Muhoozi Kainerugaba nouvellement nommé, en juin 2021, commandant en chef de l’armée de terre ougandaise par Yoweri Museveni, commandant en chef de l’armée, il sera missionné en novembre 2021, en République démocratique du Congo pour lancer une opération militaire conjointe, appelée Shujaa, dans l’est de la RDC en vue d’éliminer les Forces démocratiques alliées. Muhoozi Kainerugaba aurait joué un rôle important dans cette campagne La construction des routes par le génie civil ougandais sur le territoire congolais et tout récemment lors de la visites des parlementaires congolais auprès de Kaguta, la volonté ougandaise de renforcer des partenariats commerciaux avec des provinces congolaises limitrophes et d’installer des consulats à Bunia et à Aru marquent indubitablement la volonté ougandaise de s’installer et de contrôler durablement cette zone. 3. Toutefois le néo-president ougandais peut ou ne pas réussir la pérennisation de cette politique ougandaise en RDC. Tout dépendra largement de la position diplomatique et militaire que va adopter son voisin Paul Kagame envers ce nouveau venu en politique sous-regionale. Sur ce dernier, Kagame a l’avantage d’avoir la maîtrise de la machine sécuritaire ougandaise où il a travaillé comme responsable de renseignements militaires de l’Armée ougandaise avant de devenir président du Rwanda. Il connaît très bien tous les rouages de l’appareil militaire ougandais et il détient beaucoup de cartes de nuisance entre ses mains. Quoique Muhoozi ( pressentant la fin de règne de son père) ait pris les dispositions de multiplier des visites privées comme officielles à Kigali auprès de celui qu’il a pris l’habitude d’appeler affectueusement « uncle Kagame », rien ne rassure que Paul Kagame se laissera bercé par ces flatteries pour accepter la montée en puissance du successeur de celui qu’il a toujours traité depuis juin 2000 à la guerre de six jours à Kisangani comme son principal RIVAL pour le contrôle et le pillage des ressources du Congo. D’autre part, le soutien médiatisé du président Museveni au projet de loi anti-LGTBQ du parlement ougandais peut disqualifier tout simplement l’Ouganda dans son rôle de sous-traitant américain dans la sous-région des Grands-Lacs. 4. L’adoption de ce projet de loi, le mois dernier, à la quasi-unanimité du Parlement ougandais a déjà déclenché une vague d’arrestations, d’expulsions et d’agressions collectives contre les LGBTQ ougandais, selon des membres de la communauté. Et qui pis est, Yoweri Museveni en a fait son arme de combat contre les forces impérialistes. « L’Europe est perdue. Ils veulent donc que nous soyons perdus, mais pour nous battre, nous devons être patriotes. C’est ainsi que l’on devient une prostituée parce que l’on craint les sacrifices, les difficultés. Quelqu’un vous dit que je vous donnerai de l’argent si vous devenez une prostituée. Et c’est ce qu’ils veulent que nous soyons. Ils veulent que l’Afrique soit une prostituée. Faire ce en quoi nous ne croyons pas parce que nous voulons de l’argent », a ajouté le président de l’Ouganda. Les réactions dans le monde ne sont pas faites attendre soit de la part des organisations internationales, soit de la part du Département d’Etat américain qui a organisé ( comme jamais dans le passé) un gay-pride à la Maison Blanche pour faire l’éloge de l’homosexualité. Dans la même foulée, Joe Biden a lancé un fatwa et des menaces claires au régime de Kampala une semaine avant que le président ougandais tombe gravement malade. Pour nous résumer, deux facteurs seront déterminants dans le maintien du statu quo de cette maffia triangulaire anti congolaise ( USA – OUGANDA – RWANDA) comprise comme comme relai nécessaire en vue de téléguider la politique intérieure du Congo. Primo, les intérêts personnels

Le sommet de Windhoek a approuvé le déploiement de la Force de la SADC en RDC

Le sommet de Windhoek a approuvé le déploiement de la Force de la SADC en RDC

Le Président de la République, Chef de l’État et Président en exercice de la SADC a participé au sommet de cette organisation sous-régionale ce lundi 8 mai 2023 à Windhoek en Namibie, sommet consacré principalement à la restauration de la paix dans la partie Est de notre pays. Un tournant décisif vient d’être pris par une prise de position ferme des pays membres. Christophe Lutundula Apala pene Apala, Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires étrangères, en a livré la quintessence à la Cellule de Communication du Chef de l’État en ces mots : « Je pense que la grande annonce se trouve dans le communiqué final de ce sommet des chefs d’État de la Sadc : Le sommet a approuvé le déploiement de la Force de la SADC dans le cadre de la force en attente de la Sadc comme pour soutenir la Rdc afin de restaurer la paix et la sécurité à l’Est. Donc c’est clair que la Sadc s’engage militairement sur le terrain et va déployer incessamment une force. La Sadc a recommandé que la Rdc réunisse toutes les conditions requises pour un sommet de coordination de tous les intervenants et tous les acteurs internationaux sur le terrain afin d’arriver à une action efficace et harmonisée. » Le Chef de l’État, toujours à l’écoute de sa population, a donc opté pour cette solution qui verra les forces de la Sadc jouer un rôle prépondérant dans la restauration d’une paix définitive en faisant respecter le sacro-saint principe de l’intangibilité des frontières de chaque pays et ce, conformément aux chartes et traités internationaux.

RDC. Les révélations de Charles Onana sur Azarias Ruberwa 𝐞𝐭 Laurent Nkundabatware confirmées par Jean-Pierre Bemba

RDC. Les révélations de Charles Onana sur Azarias Ruberwa 𝐞𝐭 Laurent Nkundabatware confirmées par Jean-Pierre Bemba

LIVRES. On croyait tout savoir sur les différents conflits armés auxquels la RD Congo est confrontée depuis 1996. L’incroyable enquête de Charles Onana sur l’Holocauste congolais et l’omerta de la communauté internationale qui le caractérise vous fera déchanter. Le livre-choc du politologue et journaliste d’investigation franco-camerounais tombe à pic, pour ne pas dire à point nommé, alors que la RDC est confrontée à une énième agression militaire pilotée par le Rwanda via ses supplétifs du M23 (Mouvement du 23 mars). Explosif, il fourmille de révélations et d’anecdotes sur certains acteurs impliqués dans le drame qui frappe la partie orientale du Congo, le Kivu. C’est notamment le cas de deux personnages bien connus dans la région des Grands Lacs ainsi que dans les chancelleries occidentales : Azarias Ruberwa Manywa et Laurent Nkunda Mihigo. Le premier a été vice-président dans le gouvernement de transition « 1+4 » et plusieurs fois ministre, et le second a été officier supérieur avec grade de général dans les Forces armées congolaises (FARDC). Mais qui est Laurent Nkunda ? L’état-major de la MONUC (actuelle MONUSCO) a rédigé un rapport spécial (special report) d’une dizaine de pages sur ce chef milicien et criminel de guerre. Ainsi, dans ce rapport de la MONUC du 19 janvier 2006 révélé par Charles Onana, Laurent Nkunda Mihigo est présenté comme « un Munyamulenge du Rwanda » qui a étudié dans une école d’infirmiers à Bukavu. Ayant échoué à ses examens et n’ayant jamais achevé sa formation d’infirmier, il n’a pu obtenir de diplôme pour exercer ce métier. Toujours selon le rapport de la MONUC, « il est ensuite retourné CHEZ LUI AU RWANDA où il a rejoint l’armée » de Paul Kagame et est devenu sergent. « C’est en 1996, lors de la première rébellion des Banyamulenge qu’il rejoint l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila. À cette époque, Nkunda devient capitaine avant de se retrouver peu après à Kisangani comme commandant de brigade au sein du RCD-Goma », lit-on dans le même rapport. La MONUC reconnaît aussi que « durant sa période de commandement, Laurent Nkunda s’est rendu coupable de nombreuses violations de droits humains, notamment des crimes de masse à Kisangani » et qu’il a reçu, à de nombreuses reprises, l’aide militaire du Rwanda. Bien que nommé au sein des FARDC, il refusera d’aller à Kinshasa de peur d’être arrêté pour les atrocités qu’il avait commises, précise le rapport onusien. Contrairement donc à tout ce qui a été écrit et avancé dans les médias sur les attaches de Laurent Nkunda et son histoire familiale en RDC, la MONUC semble dire sans hésitation que son pays c’est le Rwanda. Ces conclusions de la Mission des Nations unies au Congo correspondent exactement à ce que disait le vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, chef de guerre lui aussi, au sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines, Donald Yamamoto, le 22 juin 2004, à Kinshasa. S’appuyant sur un document confidentiel, Charles Onana montre en effet que Bemba avait, à cette occasion, lourdement insisté auprès du représentant américain en affirmant que Laurent Nkunda n’est pas Congolais mais Rwandais et qu’il avait connu ce dernier lorsqu’il était officier de renseignement de Paul Kagame à Kisangani. Les révélations et anecdotes de ce genre, le livre en fourmille. Le cas d’Azarias Ruberwa est tout aussi emblématique que celui de Laurent Nkunda. On apprend ainsi que celui-ci serait né dans trois endroits différents ! Dans son livre, Ruberwa affirme en effet qu’il est né à Minembwe, au Sud-Kivu. Il ne serait donc pas Tutsi rwandais mais Tutsi rwandophone du Congo ou Banyamulenge. Seulement voilà: lorsqu’il obtient, le 31 octobre 1984, son diplôme d’État au Zaïre (l’équivalent du baccalauréat sous le régime du président Mobutu), il est clairement mentionné dans son diplôme qu’il est né à Rugezi, une localité située au nord du Rwanda, proche de la frontière avec l’Ouganda. Juste avant l’obtention de son diplôme d’État, Ruberwa Manywa a reçu son « certificat d’aptitude physique » le 11 octobre 1984, lequel mentionne qu’il est né à Itombwe, dans la province du Sud-Kivu. Et Charles Onana de s’interroger : « Alors, Monsieur Ruberwa est-il né au Rwanda ou en RDC ? Est-il né le 20 août 1964 à Rugezi, à Itombwe ou à Minembwe, soit le même jour à trois endroits différents ? » Le politologue et journaliste d’investigation franco-camerounais de souligner : « Cette situation résume à elle seule toute la confusion et les ambiguïtés qui règnent autour de la question des Tutsi rwandophones et leur appartenance tantôt au Rwanda tantôt au Congo-Zaïre. Les guerres qu’ils alimentent à l’est de la RDC donnent plus que jamais l’impression qu’ils travaillent davantage pour le Rwanda que pour la RDC. L’exemple de Laurent Nkunda, aujourd’hui réfugié au Rwanda, est emblématique. Cet individu, recherché comme criminel de guerre et criminel contre l’humanité, a longtemps péroré sur son statut de Tutsi Rwandophone et de défenseur inconditionnel des Banyamulenge. En découvrant dans le rapport spécial de la MONUC de janvier 2006 qu’il était plutôt Rwandais, nous avons été surpris. Comment cet homme a-t-il réussi à devenir général des FARDC sous le matricule 614655k, à la suite du décret N°019/2003 du 19 août 2003 signé par Joseph Kabila ? » Comme susmentionné, le livre de Charles Onana tombe à point nommé au regard de l’actualité. En tant que Congolais, on est concerné par le sujet et choqué par ce que révèle l’auteur. C’est aussi un appel à l’éveil patriotique parce que l’Holocauste qui y est décrit ne peut ni ne doit plus perdurer. À la classe politique et à ce qui reste de l’élite congolaise, c’est une invitation à une prise de conscience collective face au danger qui guette la RDC et sa population. Les quelques révélations présentées ici seront-elles prises en compte par les dirigeants congolais dans leur appréciation de la crise que connaît aujourd’hui la RD Congo ? Félix Tshisekedi et sa présidence continueront-ils à faire perdurer le statu quo ? Le gouvernement congolais finira-t-il par rompre avec la stratégie de l’autruche ? Le tout nouveau ministre

Angola: le déploiement de soldats en RDC sera discuté à l’Assemblée

Le Parlement angolais examinera, vendredi 17 mars, le déploiement d’un contingent militaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce déploiement a été annoncé, samedi 11 mars, par la présidence de l’Angola. Le président en exercice de la Conférence internationale sur la région des grands lacs (CIRGL) et médiateur dans la crise, João Lourenço, a décidé ainsi d’impliquer davantage son pays. La présidente de l’Assemblée nationale angolaise, Carolina Cerqueira, a annoncé aux journalistes, la suivant en déplacement, que les députés seraient amenés à débattre, vendredi 17 mars, du déploiement en RDC de soldats angolais. Ce déploiement a été annoncé, samedi 11 mars, via un communiqué de la présidence. La validation des députés est obligatoire, ce qui ne devrait pas poser de problèmes, le MPLA au pouvoir disposant de la majorité absolue. Si on ne sait pas combien de militaires angolais seront envoyés dans l’Est congolais, leur mission a été précisée dans le communiqué : ils devront sécuriser les zones de cantonnement du M23 et protéger les membres du Mécanisme ad hoc de vérification, dirigé par un militaire angolais… Lire la suite sur RFI

RDC/Guerre. Cinq questions qui fâchent…

RDC/Guerre. Cinq questions qui fâchent…

ON VA PLUS LOIN. 1.Pourquoi les zones prétendument abandonnées par les M23 ne sont pas rétrocédées au contrôle direct de FARDC mais curieusement à la Force régionale de l’EAC, à l’état-major de laquelle siègent les armées étrangères? Quelle doctrine politique se cache derrière les zones-tampons et l’extension de la force régionale en plein territoire d’un pays souverain??? 2.Les médias congolais refusent de parler ouvertement de l’Arrivée hier à l’aéroport de Kisangani vers 14 h d’un contingent kenyan à bord de 3 avions Kenya air force. Que viennent-ils chercher à environ 1000 km du champ de bataille? Quand l’on parle de l’EXTENSION de la force régionale, pourquoi le gouvernement refuse de voir là une autre formule de l’extension de l’OCCUPATION du territoire souverain par les forces ennemies? 3.Dans l’état-major de la Force régionale siègent également les généraux burundais, rwandais et ougandais. Aucun congolais n’ignore que ce sont les RDF ( armée rwandaise) qui sont les véritables combattants de M23 ; que tout récemment au mois de novembre dernier, l’armée ougandaise était venue en soutien à l’armée rwandaise pour la prise de Bunagana et que début cette semaine en cours, l’armée burundaise a été aperçue encerclant une usine congolaise d’or dans le Sud Kivu. Rwanda, Burundi et Ouganda demeurent jusqu’à nos jours des alliés indéfectibles depuis l’AFDL qui avait envahi le grand Zaïre en 1997. Comment dès lors peut-on prétendre trouver une solution à la crise sécuritaire congolaise par l’intermédiaire de ceux-là mêmes qui en sont les principaux pyromanes? 4.Pourquoi la RDC se sent-elle obligée sinon condamnée à coopérer avec l’EAC (dont l’objectif d’occuper le Congo ne se cache plus) plutôt qu’avec la SADC qui dans le passé a fourni les preuves d’aider les FARDC à défendre l’intégrité territoriale? Quel deal secret peut bien conditionner cette alliance suicidaire pour le destin du peuple congolais ??? 5.Hier nous avons assisté ahuris aux pleurs sur la place publique de madame Bintu Keita ( cheffe de la Monusco en tête d’une armée de 19.000 soldats) en train de supplier le M23(3000 soldats) de quitter le territoire congolais. Le président congolais (commandant en chef de FARDC avec ses 175.074 soldats) s’étale piteusement en lamentations dans tous ses voyages étrangers. Le président de la république pleurniche. La représentante de la mission de la paix avec ses 19.000 soldats pleurniche. Mais que peut bien cacher ce théâtre de mauvais goût? Que peuvent bien cacher ces larmes de crocodiles? Qui est au fait le véritable visage de l’ennemi du peuple congolais ???? Par Germain Nzinga