Un niveau de financement historique approuvé par les pays donateurs du FIDA pour soutenir le développement rural et lutter contre la faim et la pauvreté

Un total de 3,8 milliards d’USD, c’est le montant que le Fonds international de développement agricole (FIDA) des Nations Unies pourra désormais investir dans les populations rurales pauvres du monde. Ceci, grâce à un objectif de financement record établi le 18 février par les gouvernements de 177 pays lors du Conseil des gouverneurs annuel du FIDA. À l’heure où de nombreux pays sont confrontés à de graves difficultés économiques, cette décision montre l’importance que les dirigeants mondiaux accordent à l’investissement dans un développement rural efficace sur le long terme, qui est essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable. Cette décision est une forte marque de confiance et elle renforce considérablement la capacité du FIDA à aider les populations rurales à faire face aux retombées socio-économiques dévastatrices de la COVID-19 et des changements climatiques. Grâce à ce capital sans précédent, le FIDA touchera environ 140 millions de personnes dans les régions les plus fragiles et les plus reculées du monde sur une période de trois ans (2022-2024). Avec également une extension du programme pionnier du FIDA d’adaptation aux changements climatiques ASAP+, un nouveau programme de financement du secteur privé et des cofinancements de partenaires nationaux et internationaux, le FIDA visera à réaliser un programme de travail total d’au moins 11 milliards d’USD entre 2022 et 2024. « Aujourd’hui, nos États membres ont clairement fait savoir que le sort des pauvres et des affamés nous importe. Nous sommes tous unis dans notre lutte contre les effets de la COVID-19 et de changements climatiques très rapides, mais personne n’en ressent plus profondément les conséquences que les populations rurales des pays les plus pauvres du monde », a déclaré Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA. « Il est moins coûteux d’investir dans le développement durable et dans une meilleure résilience aux chocs à long terme que de répondre à des urgences humanitaires répétées. C’est la raison d’être des objectifs de développement durable et ce niveau accru d’engagement à l’égard du FIDA est une étape importante en vue de les atteindre. Les contributions qui ont été annoncées jusqu’à présent montrent que nos États membres sont déterminés à éradiquer la pauvreté et la faim, et qu’ils ont confiance dans l’impact que peut avoir l’action du FIDA », a ajouté Gilbert F. Houngbo. Soixante-sept pays donateurs ont déjà annoncé leur nouvelle contribution pour un montant total de plus de 1,1 milliard de dollars dans le cadre de la Douzième reconstitution des ressources du FIDA (FIDA12), un processus par lequel les États membres définissent des priorités stratégiques et engagent des fonds en faveur de l’organisation pour ses activités sur la période 2022-2024. D’autres annonces sont attendues tout au long de l’année 2021. Affichant très explicitement tout leur soutien au FIDA, l’Allemagne et la France ont rendu publique une déclaration conjointe précisant: « Les gouvernements allemand et français ont tous deux décidé d’augmenter considérablement leur soutien financier au FIDA pour atteindre un niveau sans précédent, en réponse au caractère à la fois ambitieux et nécessaire de FIDA12 pour lutter contre la pauvreté rurale en cette période critique. Nous demandons à tous les États membres de nous rejoindre avec une contribution ambitieuse ». Le FIDA occupe une place à part parmi les institutions financières internationales car un grand nombre d’États membres – plus d’une centaine en règle générale – contribuent volontairement à son financement de base. Parmi eux figurent certains des pays les plus pauvres du monde, qui ont été parmi les premiers à annoncer leurs contributions l’année dernière, en soulignant la valeur qu’ils accordent à leur partenariat avec le FIDA, et faisant ainsi pression sur les bailleurs de fonds traditionnels pour qu’ils aillent plus loin. De nombreux pays parmi les gros bailleurs de fonds du FIDA ont annoncé leur intention d’augmenter très nettement leur niveau de contribution. Les États-Unis, qui sont historiquement le plus gros bailleur du FIDA, ont annoncé une contribution de 129 millions d’USD, soit une augmentation de 43% par rapport à la précédente. Une déclaration publiée par le pays souligne le rôle du FIDA comme un « partenaire efficace sachant rassembler les bailleurs dans un cadre multilatéral afin d’avoir un véritable impact sur la pauvreté rurale au service des plus pauvres ». Des augmentations de leur contribution ont également été annoncées par la France (106 millions d’USD – une hausse de 50%), l’Italie (96 millions d’USD – une hausse de 45%), la Suède (87,3 millions d’USD – soit une hausse de 60% en couronnes suédoises) et l’Irlande (14,3 millions de dollars – une hausse de 66%), entre autres. La Finlande et la Norvège ont également augmenté leurs contributions de base de 40% en monnaie nationale, et l’Allemagne, la Chine, les Pays-Bas, le Japon et le Canada ont annoncé des contributions importantes respectivement de 101 millions d’USD, 85 millions d’USD, 82,9 millions d’USD, 57,3 millions d’USD et 55,5 millions d’USD. D’autres pays, dont le Cambodge, Madagascar, la Mauritanie, le Pakistan, les Philippines et la République démocratique populaire lao ont également annoncé des contributions plus élevées, rejoignant ainsi tous ceux qui ont promis des augmentations significatives l’année dernière, notamment le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Grèce, le Luxembourg, le Mali, l’Ouganda, Sao Tomé-et-Principe et la Sierra Leone. Contribuant pour la première fois depuis 2013, Haïti a annoncé un versement représentant plus du double de sa dernière contribution, tandis que la Somalie a annoncé sa première contribution en trente ans. Dans le cadre du processus de FIDA12, les États membres ont convenu de financer un Cadre pour la soutenabilité de la dette réformé afin de garantir que les pays fortement endettés puissent continuer à recevoir des dons du FIDA. Ils ont également convenu qu’au moins la moitié des fonds reçus soutiendront des projets de développement rural en Afrique subsaharienne, et que plus d’un quart seront destinés à des pays connaissant des conflits ou autres situations de fragilité. Au moins 40% seront investis pour faire face aux changements climatiques, contribuer à la réalisation de l’Accord de Paris et faire en sorte que davantage de financements de l’action climat parviennent aux petits producteurs. L’investissement
Congo. Décentralisation : Pierre Ngolo invite les décideurs à veiller au transfert du financement des collectivités locales

«Nous devons nous engager à veiller au contrôle en déployant les rapporteurs spéciaux. Notre effort est de veiller à ce que les moyens inscrits au budget soient affectés aux collectivités et ce qui est mis à la disposition des collectivités locales soient gérés dans l’intérêt des collectivités locales», a dit le président du Sénat, Pierre Ngolo. Le président du Sénat a fait cette invite, le 22 décembre 2020 à l’occasion de la séance plénière de réflexion sur la décentralisation, invitant le gouvernement et les sénateurs à veiller au transfert du financement des collectivités locales inscrit au budget de l’État pour leur part. Pour lui, les bureaux de ces conseils ne fonctionnent pratiquement plus à l’exception de ceux de Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie. Il a de ce fait dénoncé la faiblesse et dit en substance qu’en cas d’échec de la décentralisation, la responsabilité sera partagée entre le gouvernement et les parlementaires notamment les sénateurs qui sont les représentants des collectivités locales». Pour lui, la décentralisation ne doit pas être une simple vision, mais doit être effective afin qu’à compter de ce jour, la situation soit améliorée. Selon lui, le manque de ressources financières est emblématique de tous les maux dont souffre la décentralisation. Pour lui, la fin de ce mandat doit marquer de l’application de la Constitution de 2015 à savoir l’élaboration du cadre juridique et du renforcement de la gouvernance local. Les sénateurs ont adopté les projets des lois modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°24-2017 du 9 juin 2017 relative à la création des Zones économiques spéciales (Zes), à la détermination de leur régime et de leur organisation et de la loi n°19-2018 du 5 juin 2018 portant création de la Zes de Pointe-Noire. Le ministre en charge de la Zes, M. Gilbert Mokoki, a révélé que les anciennes lois avaient des insuffisances. La première stipule que la Zes doit s’étendre sur un espace d’un seul tenant. « Lorsqu’on examine les plans des zones d’Oyo-Ollombo et Ouesso, on se rend compte qu’il y a des villes et des agglomérations à l’intérieur de ces zones qui amputent les superficies spécifiques de ces Zes créant de ce fait plusieurs emprises distinctes». S’agissant de la deuxième, le ministre des Zes a indiqué que la modification va permettre de créer la Zes de Djeno. Cette Zone va s’étendre au sud de la ville de Pointe-Noire au-delà de Djeno dans les environs des villages Fouta et Nkoti-Fouta. Florent Sogni Zaou
Le fossé en matière de financement de la protection sociale a augmenté de près de 30% sous l’ effet de la pandémie de Covid-19

«45%seulement de la population mondiale est couverte de manière concrète par au moins une prestation en matière de protection sociale», selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Le reste de la population, soit plus de 4 milliards de personnes, ne bénéficie d’aucune protection, a souligné l’agence onusienne dans une nouvelle étude intitulée «Déficits de financement de la protection sociale : estimations mondiales et stratégies à l’intention des pays en développement dans le contexte de la crise du Covid-19 et au-delà». Selon l’étude dont les résultats ont été rendus publics récemment, la situation s’est aggravée depuis le début de la pandémie de Covid-19, le fossé en matière de financement de la protection sociale ayant augmenté de près de 30%. Pour l’OIT, «cela s’explique, d’une part, par le besoin accru de soins de santé et de sécurité du revenu pour les travailleurs ayant perdu leur emploi en raison du confinement et d’autres mesures, et d’autre part, par la réduction du PIB due à la crise». Ainsi, «pour la seule année 2020, les pays en développement auraient besoin d’investir environ 1.200 milliards de dollars américains, soit en moyenne 3,8% de leur PIB, afin de garantir au moins une sécurité minimale en matière de revenu, ainsi que l’accès à des services essentiels en matière de santé», a indiqué l’organisation. Et de préciser qu’il s’agit là de la conséquence des besoins accrus en services de santé et de sécurité en matière de revenu pour les personnes ayant perdu leur emploi pendant le confinement, et de la réduction du PIB occasionnée par la crise. A en croire l’agence, la situation est particulièrement grave dans les pays à bas revenu qui «doivent investir environ 80 milliards de dollars, soit près de 16% de leur PIB, afin de garantir à tous au moins une sécurité minimale en matière de revenu, ainsi qu’un accès aux services de santé essentiels», a affirmé Shahrashoub Razavi, directrice du Département de la protection sociale de l’OIT. D’après les auteurs de l’étude, au niveau régional, le fardeau respectif pour combler l’écart est extrêmement lourd en Asie centrale et occidentale, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne (entre 8 et 9% de leur PIB). A noter que pour la seule année 2030, l’étude de l’OIT montre que le déficit de financement annuel à combler pour parvenir à une couverture universelle s’élèverait à 1.200 milliards de dollars pour l’ensemble des pays en développement (soit 2,2% de leur PIB), dont 686,3 milliards de dollars. Pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (1,7% du PIB), 413,4 milliards de dollars pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (3,2% du PIB) et 100,9 milliards de dollars pour les pays à faible revenu (11,5% du PIB). Au regard de la situation notamment dans les pays à bas revenu et afin d’honorer ses engagements en matière d’extension de la couverture, l’organisation exhorte la communauté mondiale à consentir d’importants investissements. Etant donné que «les ressources financières au niveau national sont loin d’être suffisantes, combler le fossé financier annuel nécessitera des fonds venus de l’extérieur et basés sur la solidarité internationale», a estimé Shahrashoub Razavi. L’agence onusienne rappelle à ce propos que les institutions financières internationales et les agences de coopération au développement ont déjà débloqué plusieurs enveloppes budgétaires afin d’aider les gouvernements des pays en développement à gérer les différents aspects de la crise. Cela n’empêche que des ressources supplémentaires sont nécessaires afin de combler le fossé financier. L’OIT a tout de même prévenu : «La mobilisation au niveau mondial doit venir en complément des efforts réalisés sur le plan national». Alain Bouithy
Madagascar bénéficie de 75 millions de dollars de la Banque mondiale pour atténuer les impacts du COVID-19

La Banque mondiale annonce qu’elle a approuvé en début de ce mois une opération d’appui budgétaire d’un montant de 75 millions de dollars en faveur de Madagascar afin d’atténuer les impacts de la crise du COVID-19. Selon l’institution internationale, ce financement contribuera à combler un déficit de financement budgétaire causé par la crise du COVID-19 tout en soutenant des réformes clés pour renforcer l’efficacité et la transparence de la réponse du gouvernement à la crise et jeter les bases d’une reprise durable et résiliente. Cité dans un communiqué, Marie-Chantal Uwanyiligira, Représentante de la Banque mondiale à Madagascar, déclare que « ce financement soutiendra les efforts du gouvernement à sauver des vies, à protéger les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables et à préserver les emplois, tout en mettant en œuvre des réformes politiques et en renforçant les institutions afin de jeter les bases d’une reprise sociale et économique plus forte ». Comme le relève la Banque dans son communiqué, cette opération vise à atténuer l’impact immédiat de l’épidémie de COVID-19 ainsi qu’à aider à reconstruire une économie plus forte et plus résiliente. Elle vient en complément de la facilité de crédit rapide du Fonds Monétaire International (FMI), de l’appui budgétaire supplémentaire de l’Agence française de développement (AFD) et de la Banque africaine de développement (BAD), et la participation à l’Initiative de suspension du service de la dette du G20, portant le montant total de l’aide d’urgence à 476 millions de dollars cette année, ce qui équivaut à 3,1% du PIB, précise l’institution. Martin Kam Avec CP
Côte d’Ivoire : la BAD approuve un financement de 62 millions d’euros pour l’électrification de plus de 1300 localités rurales

La Banque africaine de développement a approuvé, récemment, un prêt de 62,35 millions d’euros à la République de Côte d’Ivoire destiné au financement de la première phase du Projet de renforcement des ouvrages du système électrique et d’accès à l’électricité appelé « PROSER I ». La réalisation du projet, d’une durée de quatre ans, permettra le raccordement au réseau électrique de 1388 localités dont 1039 (75%) ont moins de 500 habitants et jusqu’ici non concernées par les premières opérations financées par la Banque et les autres Partenaires au développement. L’électrification des 1 388 localités dans le cadre du présent projet permettra de porter à 100% le taux de couverture nationale. Ces 1 388 localités sont réparties dans les 11 districts suivants : Comoé, Denguelé, Lacs, Lagunes, Montagnes, Sassandra, Woroba, Savanes, Vallée du Bandama, Yamoussoukro et Zanzan. Au total, près de 797 000 habitants vont en bénéficier. Par ailleurs, il est prévu de donner accès à l’électricité à près de 114 000 ménages aux conditions sociales du Programme électricité pour tous (PEPT) de la Côte d’Ivoire. « Ce projet d’électrification rurale constitue une contribution à la redistribution équitable des fruits de la croissance économique que connaît le pays depuis une dizaine d’années, en fournissant aux populations rurales, généralement à faible revenu, un service social de base pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Avec ce projet, les populations ne verront pas simplement les lignes électriques passer au-dessus de leurs habitations, le projet financera également les frais de raccordements de milliers de ménages afin de leur donner un accès effectif à l’électricité. », a déclaré Mme Marie Laure Akin Olugbade, directrice générale pour l’Afrique de l’Ouest de la Banque. Le PROSER I est inscrit dans le Programme national d’électrification rurale (PRONER) qui vise, entre autres, le renforcement des capacités énergétiques du pays et l’amélioration des conditions de vie des populations. Il prévoit la construction de 6 460 km des lignes de 33 kV, 3 419 km de lignes basse tension et 1 394 postes de distribution rurale. De plus, 11 postes de transport d’énergie seront sécurisés afin d’assurer la fourniture continue d’électricité aux populations. La seconde phase du projet consistera au renforcement de onze postes de transport d’énergie afin d’assurer la fourniture continue d’électricité aux populations. Le PROSER I vient s’ajouter aux 37 projets du portefeuille de la Banque en Côte d’Ivoire pour un total d’engagements de 2,1 milliards d’euros. Ce portefeuille est prédominé par les infrastructures de transport et celles de l’énergie, qui représentaient 72% des engagements au 31 janvier 2020. Avec CM
Lutte contre le coronavirus: la Banque mondiale annonce la fourniture d’une aide allant jusqu’à 12 milliards de dollars

La Banque mondiale a annoncé récemment qu’elle fournira une aide d’un montant allant jusqu’à 12 milliards de dollars aux pays en développement pour faire face à l’épidémie de coronavirus (COVID-19) qui touche désormais plus de 60 pays. « Ce premier financement est conçu pour apporter un appui rapide aux pays en proie aux conséquences sanitaires et économiques de cette pandémie », a indiqué l’institution internationale précisant qu’il devrait aussi aider les pays membres de l’institution à prendre des mesures efficaces pour faire face et, si possible, atténuer les conséquences tragiques du COVID-19. Selon la Banque mondiale, « ce nouveau mécanisme accéléré permettra à l’institution financière d’aider les pays en développement à renforcer leurs systèmes sanitaires ». Il permettra notamment à améliorer l’accès aux services de santé dans le but de protéger les populations de l’épidémie, renforcer la surveillance de la maladie, intensifier les interventions de santé publique et collaborer avec le secteur privé afin de minimiser les répercussions de l’épidémie sur les économies. Dans un communiqué, elle explique: « ce financement mixte, composé des ressources de l’Association internationale de développement (IDA), de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de la Société financière internationale (IFC) et coordonné à l’échelle mondiale, devrait accompagner les interventions menées dans les pays ». De même source, la BM indique que le programme de financement accéléré de la lutte contre le coronavirus permettra de décaisser un premier montant allant jusqu’à 12 milliards de dollars, dont 8 milliards de dollars répartis de la manière suivante : jusqu’à 2,7 milliards de dollars de nouveaux financements de la BIRD, 1,3 milliard de dollars de l’IDA, complétés par la réaffectation de 2 milliards de dollars du portefeuille existant de la Banque et 6 milliards de dollars de l’IFC, dont 2 milliards de dollars provenant d’instruments commerciaux existants. Selon elle, « le programme comprendra également des services de conseil et une assistance technique s’appuyant sur l’expertise mondiale et les connaissances de l’institution spécifiques aux pays ». Président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass assure que son institution s’efforcera « d’apporter une réponse rapide et modulable, basée sur les besoins des pays en développement, pour faire face à la propagation de COVID-19 ». Ainsi qu’il l’explique « cela comprend des financements d’urgence, des services de conseil et une assistance technique, basés sur les instruments et l’expertise existants du Groupe de la Banque mondiale afin d’aider les pays à répondre à la crise ». A noter que la Banque mettra en œuvre tous ses instruments opérationnels en vue du traitement accéléré des financements sous forme de dons et de crédits à faible intérêt de l’IDA en faveur des pays à faible revenu, et de prêts de la BIRD pour les pays à revenu intermédiaire. Pour sa part, l’IFC apportera aux acteurs concernés l’appui leur permettant de poursuivre leurs activités et de préserver les emplois. Il est à souligner que l’appui ainsi fourni par la Banque mondiale couvrira un ensemble d’interventions visant à renforcer les services de santé – notamment les services de base – à encourager le suivi de la maladie et la diffusion de comptes-rendus, à former les agents de santé de première ligne, à promouvoir la participation citoyenne afin de maintenir la confiance du public et à améliorer l’accès des malades les plus pauvres au traitement, précise-t-on. La Banque fournira aussi des services de conseil et d’assistance technique censés faciliter l’accès des pays à l’expertise mondiale, peut-on lire dans le communiqué. Notons qu’outre le fait qu’elle collaborera avec les clients des banques commerciales pour développer le financement du commerce et les lignes de fonds de roulement, « l’IFC soutiendra également directement ses entreprises clientes, en se concentrant sur des secteurs stratégiques tels que les équipements médicaux et les produits pharmaceutiques, afin de soutenir les chaînes d’approvisionnement et de limiter les risques de perte ». Selon la Banque, les solutions ainsi envisagées s’inspireront des enseignements tirés d’événements antérieurs similaires avec pour but la réduction au minimum des conséquences négatives du coronavirus à l’échelle mondiale, sur le double plan économique et social. Par ailleurs, les niveaux de risque et de vulnérabilité face au coronavirus variant d’un pays à l’autre, la Banque Mondiale affirme que l’appui apporté aux uns et aux autres sera tout aussi différencié. Et d’ajouter qu’elle ciblera en priorité les pays les plus pauvres ainsi que ceux les plus à risque et dépourvus de capacités suffisantes. Enfin, elle promet adapter « son intervention et les modalités d’allocation de ses ressources s’il y a lieu, en fonction de la propagation de la maladie et de l’évolution de ses effets ». Martin Kam
Financement du développement durable : comment relever les grands défis

TRIBUNE. En l’absence de financements adéquats, les plus nobles intentions de la communauté internationale, exprimées sous la forme des objectifs de développement durable (ODD), resteront irréalisables. Les décideurs devraient donc tenir compte des récentes difficultés rencontrées en matière de financement du développement et recentrer leur attention sur des stratégies nationales résolues afin que leurs meilleures intentions puissent se concrétiser. Les ressources nécessaires pourraient être obtenues en alliant mobilisation des recettes, financement privé et développement du secteur financier. Pour atteindre ces objectifs mondiaux, les décideurs seront donc appelés à mener des actions collectives et à pratiquer un « nouveau multilatéralisme ». Une nouvelle étude de l’ONU, réalisée grâce aux importantes contributions du FMI, du groupe de la Banque mondiale, de l’Organisation mondiale du commerce, du Programme des Nations Unies pour le développement et d’autres agences onusiennes, dresse un bilan détaillé des mesures prises par les pays et la communauté internationale pour mobiliser les financements nécessaires. Les besoins de financement sont loin d’être modiques—selon une étude du FMI publiée plus tôt cette année, dans les pays à faible revenu et les pays émergents, les principaux ODD en matière d’éducation, de santé, d’électricité, de routes, d’eau et d’assainissement, dont la réalisation permettrait d’élargir l’accès des populations à ces services, requièrent des dépenses annuelles supplémentaires de 2.600 milliards de dollars jusqu’à 2030. Les pays à faible revenu et les pays fragiles affichent des besoins de financement particulièrement importants car leur niveau de départ est bas, leur croissance démographique est rapide et leur trajectoire de croissance est faible ; ils représentent un cinquième des besoins de financement totaux. Il ressort également du rapport de l’ONU que certaines des récentes évolutions pourraient rendre la mobilisation des financements encore plus difficile : la croissance mondiale semble avoir atteint son sommet, les restrictions commerciales s’intensifient, certains pays émergents connaissent une inversion des flux de capitaux et les risques liés à la dette s’amplifient, sachant qu’environ 30 pays à faible revenu sont à un risque élevé de surendettement ou en surendettement (voir aussi le blog du FMI La dette, un obstacle sur la route des objectifs de développement durable). Nous sommes bien à un « moment délicat » pour l’économie mondiale, comme l’a remarqué la directrice générale du FMI au début du mois. Relever le défi du financement Le rapport sur le financement du développement durable comporte plus de quarante recommandations spécifiques à l’usage des États membres de l’ONU pour mieux aligner financements et investissements en faveur des objectifs de développement durable. Quatre propositions méritent une attention particulière : Mettre au point un cadre de financement. Le financement est souvent le maillon faible des plans nationaux de développement durable : une étude récente a montré que plus des trois quarts des 107 plans nationaux ne contiennent pas de chiffrage ou de détails sur le financement. Le rapport fournit des recommandations concrètes sur l’opérationnalisation d’un cadre de financement ainsi que des exemples de pays ayant élaboré des plans basés sur des flux de financement à la fois publics et privés. Améliorer les stratégies de mobilisation des recettes à moyen terme. Le rapport recommande d’établir des stratégies de mobilisation des recettes à moyen terme résultant d’un consensus national, capables d’appuyer les réformes tout au long du cycle politique et de mettre en évidence le lien entre recettes supplémentaires et prestation de services publics efficaces et équitables. La stratégie de mobilisation des recettes ambitieuse de l’Indonésie constitue un bon exemple, celle-ci vise à augmenter les recettes de 10 à 15 % du PIB à moyen terme (plus de détails dans le présent ouvrage du FMI. En outre, les stratégies nationales pourraient être appuyées par un effort concerté à l’échelle internationale pour réformer le régime fiscal des entreprises. Assurer la viabilité de la dette. Fondées sur un examen approfondi des risques liés à la dette, une série de démarches sont proposées pour aider les pays à détecter rapidement les facteurs de vulnérabilité et à mieux gérer leur dette. Le rapport souligne le fait que chaque crise de la dette a ses propres particularités et examine les efforts déployés par la RDC, le Niger et le Mozambique pour restructurer leur dette et les difficultés auxquelles il se heurtent pour y parvenir. Se préparer aux crises futures. Les plans, stratégies et outils, aussi bons soient-ils, ne suffisent pas à préparer les pays en développement à une éventuelle crise financière et aux effets de contagion des pays avancés. Le rapport réaffirme qu’il faut veiller à ce que le dispositif mondial de sécurité financière soit adéquat et exhaustif, notamment au moyen de l’actuel examen des accords de financement du FMI (quinzième révision des quotes-parts). Bien qu’elles soient grandes, les difficultés de financement ne sont pas insurmontables pour la plupart des pays. Des efforts considérables seront néanmoins nécessaires pour changer la donne en Afrique et dans certaines régions du Moyen-Orient, dont la mise en œuvre de politiques nationales d’appui aux investissements en faveur des ODD et une coopération internationale pour trouver des solutions aux défis nouveaux et émergents. À ce titre, le rapport sur le financement du développement durable contribue grandement à la réflexion sur les mesures qu’il convient d’adopter. Par Christopher Lane Représentant spécial du FMI auprès des Nations Unies.
Burkina Faso : la Banque mondiale approuve un don de 70 millions de dollars pour soutenir l’enseignement supérieur

La Banque mondiale a approuvé dernièrement un don de 70 millions de dollars, alloué par l’Association internationale de développement (IDA), pour renforcer les institutions d’enseignement supérieur au Burkina Faso. Ce financement permettra au pays d’accroître l’accès et dispenser un enseignement de qualité dans les domaines prioritaires tels que l’agro-industrie, l’entrepreneuriat, le commerce, la santé, les sciences environnementales et le développement durable, a indiqué l’institution internationale soulignant ce don financera également la formation des enseignants aux pratiques modernes d’enseignement des mathématiques et des sciences. Dans un communiqué, elle explique que le Projet d’appui à l’enseignement supérieur découle des recommandations et des enseignements tirés de l’étude économique et sectorielle intitulée « Burkina Faso : développement de l’enseignement post-primaire » de 2017. D’après Cheick Kanté, responsable des programmes de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, « ce projet est en phase avec le Plan national de développement économique et social (PNDES), et aidera le gouvernement du Burkina Faso à renforcer le capital humain, physique, naturel et institutionnel du pays ». La création d’une université virtuelle, l’appui aux institutions d’enseignement supérieur sélectionnées et le renforcement des capacités aussi bien de ces institutions que celles du ministère de tutelle constituent les composantes du projet, a ajouté la BM. Soulignons que l’appui aux institutions d’enseignement supérieur et de recherche se fera notamment par le financement d’acquisition d’équipements et de fournitures de laboratoire, de manuels et de revues scientifiques, la formation des enseignants et le recrutement d’enseignants contractuels nationaux et étrangers, notamment pour constituer une masse critique d’universitaires qualifiés dans des domaines choisis pour lancer des programmes de recherche et de doctorat. La même source indique que le projet veillera à financer le renforcement des capacités dans les domaines des politiques de planification, de contrôle et de gestion des institutions d’enseignement supérieur et de la recherche. Chef d’équipe du projet à la Banque mondiale, Shobhana Sosale explique « le projet vise à réduire le taux d’échec grâce aux méthodes pédagogiques adaptées, aux cursus révisés, à la fourniture des intrants adaptés et à un plus grand nombre d’enseignants qualifiés ». Adrien Thyg